‹ Journal des prison de mon père, de ma mère et des miennesChapitre 4 sur 13 · EXÉCUTÉS LE 4 THERMIDOR^ 22 JUIL- LET · texte numérisé non relu

EXÉCUTÉS LE 4 THERMIDOR^ 22 JUIL- LET

La pièce suivante m'a été remise d'office, par Robert Lindet^ quand j'allai au tribunal séant à Tabbaye Saint-Germain, réclamer les testaments de mon père et de ma mère, qui me furent remis :

Convention nationale.

(( Comité de sûreté générale de la Convention nationale. Du cinquième jour de la troisième décade du premier mois de la République française, une et indivisible.

(c Le Comité autorise le citoyen Braut à se transporter à Mouchy, près Beauvais, pour mettre en arrestation le citoyen Noailles-Mouchy, dont le fils est émigré; le ci-devant prince de Poix; la femme dudit

l86 NOTES SUR MES PRISONS.

Mouchy et même les personnes qui se trouveront comme suspectes -, les conduire dans la maison d'arrêt de la Grande-Force -, faire toutes les recherches et perquisitions nécessaires des papiers ; apposer les scellés ; apporter ceux qui se trouveront suspects. Après que les scellés seront mis^ le citoyen Braut pourra^ en vertu du présent pouvoir^ faire arrêter le citoyen Mouchy^ partout où il se trouvera^ ainsi que sa femme et autres personnes suspectes. Il pourra^ en outre, demander assistance aux autorités constituées et à la force armée.

ce Signé : Vadier^ Panis^ Lavicomterie, Jagot, David et Dubarrat (i).

(( Certifié conforme au mandat déposé au greffe de la maison d'arrêt de la Force, par moi soussigné :

« Paris, 5 prairial an II».

« Signé: S. F. Richelot, greffier, y

(ij Le premier tribunal révolutionnaire avait été établi par la loi du 17 août 1792.

Extrait des minutes du Greffe du Tribunal RÉVOLUTIONNAIRE^ ÉTABLI A PaRIS^ LE 10 MARS 1793.

(c Par jugement rendu le 9 messidor an IP de la République française, en l'audience publique du tribunal^ à laquelle siégeaient : Naulin, vice-président; Bravet, Legarnier, Launay^ juges^ qui ont signé à la minute j avec le commis greffier^ sur la déclaration du jury du jugement^ portant que Philippe Noailles-Mouchy^ et autres dénommés en ladite minute,, sont convaincus d'avoir été les ennemis du peuple^ en se rendant les complices du traître Capet et des distributions de sommes que ce tyran employait à soudoyer les prêtres réfractaires à l'aide desquels on fomentait la guerre civile; en secondant de tous leurs efforts et de tous leurs moyens tous les projets de la ci-devant Cour^ pour renverser la liberté^

l88 NOTES SUR MES PRISONS.

écraser le peuple et rétablir le despotisme ; en entretenant des intelligences avec les ennemis de la République pour leur fournir des secours en hommes et en argent, pour favoriser l'invasion du territoire français, en provoquant par des discours et des écrits Favilissement et la dissolution de la représentation nationale et le rétablissement de la monarchie; en assassinant les patriotes au Champ de Mars, comme aussi en exécutant la guerre civile et cherchant à animer les citovens les uns contre les autres: en cherchant enfin par des moyens quelconques à anéantir la liberté publique.

« Appert le tribunal^. l'accusateur public entendu en son réquisitoire, sur l'application de la loi, avoir condamné à la peine de mort Philippe Noailles-Mouchy, âgé de soixante-dix-neuf ans, né à Paris, ex-noble, ex-duc, et maréchal de France^ ci-devant gouverneur des Maisons de Versailles^ Marly et autres lieux, demeurant à Mou-

chy, département de TOise^ et à Paris^ rue de rUniversité, et déclaré ses biens acquis à la République.

c( D'un acte d'accusation dressé par Fouquier^ accusateur public, le 8 messidor an 11% a été extrait littéralement ce qui suit :

(( Noailles-Mouchy était Fagent de Capet pour la distribution des sommes au moyen desquelles il soudoyait les prêtres réfractaires, les émigrés, et tous les autres complices de leurs infâmes manœuvres, et dont le tyran payait les crimes.

(( Pour extrait conforme à la minute; délivré gratis par moi, dépositaire-archiviste.

K Signé : Perret. »

igO NOTES SUR MES PRISONS.

Copie de Tétiquette placée sur Técritoire de M. le maréchal de Mouchy^ trouvée parmi les effets qu'il avait au Luxembourg, et qui ont été remis à ses parents :

Noailles, dont le glaive de la loi a fait

justice.

Diîférentes lettres et billets de ma bellesœur^ écrits de la prison du Luxembourg :

A M. Greletj instituteur de ses enfants, qui leur a servi de père.

(( Je confie et remets entre les mains du citoyen Grelet mes trois enfants^ mes deux garçons et ma fille. Je déclare que mon intention la plus formelle et la plus expresse^ actuellement et dans le cas où je viendrais à manquer, est qu'il en soit toujours chargé.

Je lui cède et je dépose entre ses mains tous mes droits et mon autorité sur eux. Je le prie de leur servir de mère^ et de s'opposer fortement à tout ce qui pourrait tendre à le séparer d^eux. Je l'autorise à les faire changer de lieUj à les placer où bon lui semblera, enfin à disposer de mes enfants comme des siens. J'ai la confiance que tous ceux qui conserveront quelque souvenir de moi regarderont cette intention de ma part comme la plus sacrée.

ce Fait en la maison d'arrestation du Luxembourg^ ce 24 messidor an IT de la République française, une et indivisible.

a Signé:

(c Louise NoAiLLEs^ femme Noailles. »

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