TÉMOIGNAGES ANGLO-FRANÇAIS SLR 1814 ET
Waterioo, à ia seconde abdication et à la Terreur blanche, rien qoen relevant et en groupant systématiquement les indications données en références. 11 ne manque quune table alphabétique pour faciliter les recherches. Mais tous les faits peuvent être vérifiés sur les textes originaux, grâce aux noies, et, vérification faite, ils sont exacts. L'œuvre de M. Houssaye est de lecture passionnante ])arce ((uVHe est vraie , et elle n*est vraie que parce qu elle est scientifique.
Mais précisément parce quelle est scientifique, elle na quune valeur provisoire. Sans doute les vues générales dont M. Houssaye traduit et transmet l'impression correspondent-elles à la réalité. Trois idées dominantes se dégagent de la multiplicité des détails. En premier lieu, il semble que du commencement à la fin du drame , ce qui a été aurait pu ne pas être. Il n'était pas fatal que Napoléon devait être battu en \6l^ ni à Waterloo, et que, même battu, sa défaite devait amener la restauration des Bourbons. Reconstituée au jour le jour, l'histoire est faite de chances plus que de nécessités. Le fatalisme est de toutes les explications la plus commode (»t la plus fausse. A tout moment il semble que Tempereiir vaincu va ressaisir la victoire. L'àpre beauté, l'émotion douloureuse du récit n'ont pas d'autre cause.
Il apparaît, d'autre part, que, puisque jus([u'au dernier jour Napoléon pouvait vaincre , il eût été souhaitable qu'il vainquit. Il ne défendait plus seulement son trône et sa dynastie, mais la France avec lui. À la vérité, M. Houssaye n'explique pas pourquoi fEmpire et ses gloires étaient devenus si impopulaires dans le pays vers la fin de 1 8 1 3 : le récit ne •commence qu'avec l'année 1 8 1 4, et il manque au lecteur un élément essentiel d'appréciation. Mais, et voici la troisième idée générale, il n'en va plus de même aux Cent jours. Dans le minutieux exposé des faits s'est étalée au grand jour la maladresse du gouvernement de la première Restauration. Napoléon est revenu de l'île d'Elbe aux Tuileries, non par une révolution militaire, mais par un mouvement national. lie «vol de l'aigle » a été populaire. Lies soldats ont-ils aidé les habitants, ou les habitants les soldats.'^ Peu importe. Militaires et civils s'entendaient. L'Empire libéral n'a pas vécu, non parce que la France n'en voulait pas, mais parce cpie l'Europe ne voulait plus de Napoléon. M. Houssaye a mis en pleine lumière le caractère véritable de la « révolution du ao mars », et il serait surprenant, tant sont nombreux les faits qu'il énumère, que ses conclusions générales ne soient pas désormais définitivement acquises.
II. Mais dans le déUiil, il est permis de se demander si dès à présent il ne reste plus rien à faire après M. Houssaye pour la connaissance com-
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plète des années 1 8 1 4 et 1 8 1 5 , et d'abord si toutes les sources ont été épuisées. Taine, un des premiers, a su tirer parti des relations écrites par les étrangers qui résidèrent ou voyagèrent en France pendant la Révolution et TEmpire. Les Anglais ont été les plus nombreux. Ils vinrent en foule après la paix d'Amiens. Tous ceux qui se trouvaient sur le territoire français lors de la rapture furent « détenus » et assimilés à des prisonniers de guerre , auxquels s'ajoutèrent bientôt les prisonniers faits sur mer et en Espagne. L'entrée des alliés à Paris détermina un nouvel afflux de voyageurs, qu'interrompit à peine l'ère des Cent jours. Ainsi les touristes de 1 802-1 8o3 et de 181 Â-i8i5 précèdent et suivent les détenus et les prisonniers de i8o3à 181 1\.
Ces derniers sont les plus intéressants. Plusieurs ont séjourné en France sans interruption pendant tout le Consulat et l'Empire. Ils n'ont pas les naïvetés et les ignorances des explorateurs improvisés, à qui l'on doit cependant de précieux renseignements. Ils savent le français ; ils sont en relations avec les habitants, ils se sont fait des amis, parfois même ils sont en situation d'êlre particulièrement bien renseignés. Ils ne sont pas arrivés dans le pays avec les armées d'invasion , ils ne vivent pas dans le camp ennemi; ils voient les choses telles que peuvent les voir les Français, et pourtant ils sont étrangers. Leur témoignage est composite, tout ensemble anglais et français, sans être pleinement ni l'un ni l'autre, et il peut être qualifié d'anglo-français.
La liste en est longue et difficile à dresser. On en trouvera les éléments dans les répertoires généraux de bibliographie anglaise et napoléonienne , ainsi que dans la Bibliographie parisienne de M. Lacombe (1887), dans la» Bibliografta del hlocco continentale de M. Alb. Lumbroso (1897), ^^^^ Les Anglais en France après la paix d'Amiens de M. Alb. Babeau (1898), dans les Napoléons British Visitors and Captives de M. John Goldworth Alger (1904) et au tome IX (p. 792 et suiv.) de The Cambridge Modem Histoij (1906). Encore toutes les indications données jusqu'à présent sont-elles incomplètes. Aussi convient-il sans doute de donner ici la bibliographie sommaire des témoignages anglo-français qui se rapportent particulièrement aux années 181 4 et 181 5. On suivra, pour plus de commodité, l'ordre alphabétique des auteurs, les anonymes identifiés étant nommés entre parenthèses et classés à leur rang :
L (Sir Archibald Allson et P.-F. ïytler), Travels in France. Londres, 181 5, 2 vol. in-12; 2* édit., Edimbourg', 1816, 2 vol. iii-8'. — 2. (R.-B. Barnard, député au Parlement), Tour through some paris of France. Londres, 181 5, in-8'. — [], Maur. Birbeck, agriculteur, Soles on a joarney throagh France. Londres, 181 5, in-8'; 5* édit., ibid,, 181 5. — k. Le major général lord Blavney, Narrative of a