‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 115 sur 130 · V. HENRY · texte numérisé non relu

V. HENRY

sujets variés, mais de longueur considérable t*^; les livres XIU-XVIIl ont au contraire pour marque caractéristique l'unité de sujet. Quant aux deux derniers, ils sont hors cadres (p. cxlj) : le livre XIX, qui ne nous est parvenu que dans un état d'extrême incorrection , semble une compilation faite après coup, une simple glanure de paralipomènes; le XX* est un rituel de lofiBciant brahman, composé avec des fragments du Rig- Véda^^' à lusage de ce prêtre, probablement pour lui assurer dans la liturgie un rôle plus actif que sa fonction muette de « médecin du sacrifice » , la seule qui lui incombât à l'origine ^^K La littérature afférente à TAtharva-Véda Ips ignore presque entièrement tous deux, et, si la matière du livre XIX figure, il est vrai, en grande partie, dispersée dans la recension de la Paippalâda-Çâkhâ , celle du livre XX en est, ou bien peu s en faut, complètement absente.

Cette dernière recension , divisée , elle aussi , en vingt livres , mais où les hymnes sont répartis dans un ordre tout différent, contient le texte du livre saint tel qu'il s'était conservé dans le pays de Cachemire. Elle fut découverte en 18 -7 4, sous les espèces d'un manuscrit unique et resté unique jusqu'à présent. Il va de soi que, dès qu'on en eut connaissance, le plus vif intérêt se porta vers cette rareté, qui en promettait une autre : l'éventualité d'une critique de texte à introduire dans l'exégèse védique. Mais l'éloignement , la défectuosité de l'écriture cachemirienne , le mauvais état du manuscrit, l'impossibilité de le consulter sans mettre en péril la fragile écorce de bouleau qui lui sert de support, étaient autant d'obstacles à l'utilisation de cette source nouvelle : obstacles levés aujom^d'hui, mais en partie seulement, par la publication du beau fac-similé dû aux soins de MM. Garbe et Bloomfield. Reste toujours, en effet, la difficulté de retrouver une stance donnée du Çaunaka dans le fouillis du Paippalâda, où elles se suivent dans un tout autre ordre et presque sans marque de division. La concordance que nous en donne M. Lanman (pp. 101 3- 102 3) remédiera désormais à ce grave inconvénient; toutefois il ne disp&iraitra entièrement que lorsqu'un védisant se sera dévoué à la tâche de

^*î Le grand et bel hymne à la Terre (XII. 1) se compose de 63 stances. Le plus iôhg de tout le recueil est XVIII. 4 , qui en a 89.

^*^ Ce ({ai explique suffisamment que Whitney n'ait pas jugé à propos de le traduire. Mais on comprend moins aisément pourquoi le petit et très intéressant recueu des kantâpasûktàni , qui termine ce livre XX, manque à sa traduction.

i^) Cf. Oldenberg. R. F., I. p. 346.— Il n'est donc plus exact aujourd'hui,

— surtout après le lumineux article de M. Caland ( Uber dos Vaitàna-Sâtra imd die Stellnng des Brahman im vedischen Opfer, in Wiener Zeitsckriftjur die Kiinde des Morgenlandes , 1 900 , p. 11 5- 1 a 5 ) ,

— d'écrire qu'on ne sait « when and why it was added thereto ».

ATHARVA-VEDArSAMHITÂ.

publier, dun bout à l'autre, en transcription lisible, le texte du manuscrit de Cachemire. De cette édition indispensable M. Lanman (p. Ixxxvj) trace le plan et les grandes lignes, et Ton ne peut que souscrire aux conditions qu'il lui impose ^*l

Si tous ceux qui depuis 1874 se sont occupés de TAtharva-Véda ont cherché, pour autant qu'elles leur étaient accessibles, à collationner les variantes de Paippalâda , aucun à cet égard n'était en meilleure posture que Whitney , à qui ses constants rapports de collaboration et d'amitié avec Roth , possesseur de l'unique original , en assuraient la consultation permanente. Aussi figurent-elles presque toutes dans ses notes, et, si M. Lanman nous avertit loyalement (p. Ixxxv) que lui-même ne les a point coUationnées sur le fac-similé paru en 1901, c'est là une formalité dont nous le dispensons sans ti'op de peine : outre qu'en lui coûtant beaucoup de temps elle eût fort retardé la publication de l'ouvrage, il est probable que l'exactitude d'un relevé fait par l'impeccable Whitney n'eût que bien peu gagné à ce contrôle. Mais c'est, bien entendu, sur le texte de Çaunaka ou de Beriin que se fonde toute la traduction. On serait même tenté, à lire la préface, de blâmer la trop grande servilité de l'auteur à le suivre, là même où une altération évidente rendait plausible une correction facile (p. xcvj) : ne va-t-il pas jusqu'à s'interdire de remettre sur pied un vers faux, alors qu'y suffirait un simple déplacement de syllabes ^^) ! Mais, à parcourir son livre, on constate assez vite que ces déclarations de principe ne sont que pour le principe , et qu'heureusement pour nous le grand védisant et son continuateur ont fait un large usage du droit qui appartient à tout exégète sensé en face d'un texte manié et remanié durant des siècles par d'ignorants praticiens de magie ^^\

^^^ Comme aussi à ses considérations (p. xxxvij] sur la nécessité d*un commentaire systématique, élaboré par les efforts communs de toute une équipe de védisants, pour servir de préliminaire à la traduction définitive du Big- Véda.

('^ N*en déplaise à sa noble mémoire, il y a là une exagération manifeste.

Peut-être suis-je tombé dans Texcès contraire : on m*a fort aimablement reproché mes corrections prosodiques, en m'objectant que les Atbarvans versifiaient plus mal que moi. £t voici que Whitney proclame (p. cxxvij) : tThe text, as Atharvan, never was metrically

regular» ! Qu*en sait^il au juste P a-t-il eu entre les mains la recension princeps ? Taurons-nous jamais ? et, dans le doute, n*est-il pas licite d*admettre que , comme un prêtre de toute autre école , T Atharvan était au courant des premiers éléments de Tart poétique ,

Legîlimumqiie «onum digitû collebat et aure.

t'i Sur I. 3a. 4 = p. 33, .the first pâda is transiated according to the Ppp. version»; sur II. 6. 5 = p. 47» «the translation implies emenaation . . . »; sur U. 37. 5 =p. 68, idem; sur VII.

4a. a « p. 4i5, «read asmé for the ungrammatical asmàt in a » , comme moi ;

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