V. HENRY
Et par là même ils m enhardissent à leur proposer quelques suggestions ou interprétations nouvelles, ou à en défendre contre eux d'anciennes qu'ils ont cru pouvoir négliger.
C'est avec regret» par exemple, que je vois encore vrâs traduit par «troupes» (IL i. i=p. Sy sq.), alors que, bien avant M. Pischel, Bergaigne avait mis en évidence le sens de « femelles »^*^; et quoi de plus concordant à la nature du Gandharva, mâle puissant, que les acclamations des « femmes célestes »?
Sur II. 5 =p. /i3 , M. Lanman a omis l'argument topique qui l'autorise à soupçonner, sous les interpolations qui troublent le mètre, des répons liturgiques récités par l'assistance ou un assistant : c'est qu'ailleurs (VII. 56. 7 = p- à'^G) l'opérateur invite expressément l'assistance à répéter après lui ime sorte de refrain.
Sur IL 1 1.2 — p. 53 ^^^ je persiste à croire qu'on n'a pas épuisé le sens du nom de l'amulette sràktyà, en disant qu'elle est faite de bois de grakti. II me parait impossible de ne pas tenir compte des épithètes qu'elle reçoit et qui la décrivent comme « revenant sur elle-même »; et dès lors on se demande si sràktyà ne signifie pas ici ce que signifie son étymologîe, soit « angideux », et si l'arbre tilaha n'a pas été surnommé srakti simplement parce qu'il fournissait la matière première du talisman sràlèyà, lequel dessinait une figure « à angles rentrants » pareifle au sceau de Salomon.
Je comprends tout autrement, et plus logiquement, ce me semble, la succession des idées dans les deux stances III. i3.3-4-»p. io8:leseaini délivrées par Indra ont commencé par ^couler apakàmdm « contre son gré à lui »^^^ et alors il les a entravées; puis elles se sont mises à couler, non pas « at their will », mais selon son désir à lui, et alors il est monté sur elles [àpy (ttûpiat), il s*est fait charrier par elles qui haletaient [dd ànisar) sous cette charge gigantesque.
IV. 3. 6 «=p. 1 49, je maintiens, par comparaison avec VII. 10. 1 «=
même sur VIll. 1. 16= p. A75, que j*ai traduit et essayé d'expliquer tel quel , «a bold emendation», etc., etc. — 11 Ta aaiM dire qne les corrections croissent en nombre et en importance dans le Uvre XIX , où le manvais état des leooni ks rend absolument indispeniables.
(') QmarmiUe Hymnes dm R. V,, p. i4 =r iUm, Sùc. Lmf.» Vm, p. i4.
^') Et par conséqoent auni sor VUl.
5. 1 et 4 = p. 490 sq.; cf. Henry, il. V», VlII-IX, p. 5i, et Mofk, p. 9a sq.
(') Apparenunenten prenant un court irrégolier, on diffèrent de celui €|a*9 voulait leur donner; on siaplement Indra ne les Jugeait pas encore asseï fortes pour les abandonner à ettes* mêmes, et il Toulait auparavant les «nourrir», ce qu'implique R. V. iv.
ATHARVA-VEDASAMHITÀ. 663
p. 395, que la traductioD étymologique de {sojraj^fi, « qui poursuit le lièvre », est préfârable à toutes les conjectures. H s agit de se défendre d*une bête de proie; et Ton a beau nous dire quun « hare-hunting animal» nest guère redoutable; de Taigle ou de la panthère il fait bon se garder.
IV. 16. 6 sq. =p. 177 sq., l'interprétation de ces stances gagne^ rait beaucoup à un discret rapprochement avec les formules de folklore relatives à lordalie du serment ^^K
rV. 3o. 6»» p. 201, pourquoi traduire âhanàs par «heady » avec un point d'interrogation ? Cette épithète signifie presque certainement « en rut » : àhanasyàd vai retaft sicyate. Ait. Br. VI. 36.5.
V. 2 3. i3»p. a 63, non pas simplement «ail the worms», mais «ail the he-worms», les vei's mâles opposés aux vers femelles; le magicien atharvanique se targue de lumières toutes spéciales sur le sexe des annélides.
VI. 47-48 = 316 : il eût fallu dire expressément que ces stances sont récitées à Tagnistoma, par lofficiant brahman , respectivement à titre de clôture de chacun des trois pressurages du matin, de midi et du soir.
VI. ia8«=p. 377 : l'explication de cet hymne, d'ailleurs très obscur, laisse fort à désirer; mais l'allusion à la Voie Lactée, « qui fait dans le ciel comme une mince traînée de fumée » (p. 378), projette du moins une lueur sur l'énigmatique vocable çakadhàma et doit être signalée comme une ingénieuse et très séduisante trouvaille.
VII. Qo. 4 "" p. 4o3 , la banale traduction de sadtnu par « généreuse » est doublement fâcheuse : elle pèche contre l'étymologie, et elle eSkce l'un des caractères essentiels de la déesse visée : Ânumati est une entité lunaire et à ce titre elle a « de bons effluves humides » , puisqu'elle distille la rosée.
VIL ai«=»p. 4o3, la stance, étant funéraire, s'adresse à Yama bien plutôt qu'au Soleil; mais cela revient au même, si l'on admet avec moi que Yama, dieu des morts, est un soleil couché.
VII. 64. 1 «=»p. 43 1 , je m*étonne que les auteurs n'aient pas voulu voir que le mot abhinispàUui, qui introduit dans le vers une syllabe de trop, a en outie le grave défaut de ne rien signifier, puisque les deux préverbes se contredisent : l'oiseau sinistre ne peut pas tout à la fois assaillir le conjurateur et s'envoler loin de lui. Le texte portait abhipdtan « volant vers [moi] », avec indication d'une variante facultative nis-, et l'on employait l'un ou l'autre préfixe suivant la direction actuelle du vol de l'oiseau : Terreur d un scribe a fait un seul mot de ce qui n'était que l'option
Cf. Magie, pp. a35 sqq.