‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 19 sur 130 · PAUL APPELL · texte numérisé non relu

PAUL APPELL

Cependant le travail du marbre fait son apparition et marque ui> progrès décisif, car les sculpteurs athéniens vont désormais mettre en œuvre la matière définitive. Pourtant ils n'abandonnent pas du premier coup les habitudes qu'ils ont lentement contractées. Des œuvres comme le Moschophore , comme la Coré d'Eleusis et les deux sphinx de Spata et du Pirée, attestent que si les artistes utilisent les qualités propres au marbre pour serrer le modelé de plus près, ils nont pas perdu tout souvenir du travail du bois et de la pierre. Ainsi tout se suit logiquement dans cette évolution dont M. Lechat retrace minutieusement les différentes phases. Avec une admirable discipline, les Attiques passent des matériaux les plus faciles à travailler au marbre qui offre plus de résistance; ils procèdent avec prudence, assurant leur main par des expériences méthodiquement conduites et ne réalisant qu'à coup sûr un nouveau progrès.

Les conclusions qui terminent la première partie de l'ouvrage semblent inattaquables. Tel qu'il apparaît déjà constitué dans les œuvres du vu" siècle et de la première moitié du vi®, l'art attique se distingue, par ses qualités originales, de l'art des pays ioniens et doriens. Si les sculptures de l'Acropole ont des traits communs avec des œuvres ioniennes, comme la frise d'Assos, ou avec des œuvres doriennes, comme les plus anciennes métopes de Sélinonte , elles gardent leurs caractères» propres : un accent viril et ferme , qui s'oppose à la mollesse ionienne , une souplesse qui contraste avec la sévérité rigide du style dorien. Elle oc<îupe, suivent le mot de M. Lechat , « un juste milieu » , sans que cette expression implique l'absenée de personnalité. Ces conclusions sont, croyons-nous,, définitivement acquises. Ce n'est pas le moindre mérite de M. Lechat de les avoir si nettement dégagées.

Max. COLLIGNON.

[La fin à un prochain cahier.)

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