‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 21 sur 130 · PALL APPELL · texte numérisé non relu

PALL APPELL

avec l'éloge de Lejeune-Dirichlet. Il a publié un volume entier de 554 pages, dune exécution typographique parfaite , contenant la liste de tous les mémoires de Jacobi , dans leur suite chronologique et dans leur enchaînement avec la vie du grand savant; chaque mémoire est accompagné d'une analyse qui montre sa place dans l'œuvre totale , qui permet de suivre l'évolution de la pensée de l'illustre analyste ; des notes , des fragments, non compris dans l'édition des œuvres complètes, ajoutent à l'intérêt du livre; la publication de nombreuses lettres, l'ingénieuse disposition qui consiste à mener de front l'histoire de la vie et l'exposé des travaux, font de ce volume une œuvre originale et vivante.

L'ouvrage de M. Kœnisgberger est divisé en six périodes de la vie de Jacobi.

La première période comprend les années de jeunesse depuis la naissance de Jacobi à Potsdam le lo décembre 180 4 jusqu'à son entrée à TUniversité en 1821. Admis en novembre 1816 dans la classe de seconde du collège de Potsdam , il passa , au bout d'une demi-année d'études , en première où , à cause de son jeune âge , il dut rester quatre ans. À la date de Pâques 1821, Jacobi, à peine âgé de i 6 ans, subit l'examen de sortie du gymnase, Abiturienien-Examen, sorte de baccalauréat que les Prussiens ont la sagesse de faire passer dans le gymnase même. Une composition allemande « sur l'égoïsme ... et les moyens de se préserver de ce nîci* » , ime composition de mathématiques sur un calcul astronomique bien audessus de ce (pi'on pourrait demander aujourd'hui en France à n'importe quel bachelier, furent parfaitement traitées par le jeune homme; son examen oral fut remarquable, et le i 1 avril i8'ii le certificat d'études secondaires [Abiturienten-Zeagnis) lui fut délivré avec les attestations suivantes :

Heui^eusement doué par Dieu des qualités d^esprit les plus rares, il possède dos connaissances aussi profondes que distinguées en langue, en mythologie et en archéologie latines, et tout à fait remarquables en mathématicpies ; il possède surtout des connaissances entièrement exceptionnelles en langue grecque et en histoire.

La deuxième période nous montre Jacobi à l'Université de Berlin de Pâques 1821 à Pâques 1825, d'abord membre du séminaire philologique, puis exclusivement occupé de l'étude des mathématiques. Il écrit alors à son oncle Lehmann :

... Il faut que j'abandonne entièrement la philologie. Pour comprendre et pénétrer à fond Tinmiense colosse édifié par les travaux d'un Euier, d un Lagrange, d'un Laplace, il faut une force et une application immenses de la pensée. . .

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