‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 4 sur 130 · LES IDÉES SOCIALISTES E\ FRAXCE DE 1815 À · texte numérisé non relu

LES IDÉES SOCIALISTES E\ FRAXCE DE 1815 À

Gaston Isambërt. Les idées socialistes en France de 1815 à 18U8. i voL in-S". Paris, Alcan, iQoô.

Depuis le revirement qui s'est produit contre le marxisme, et qui paraît bien définitif, étant appuyé sur une étude plus approfondie de la doctrine et des faits, l'étude des publicistes revient volontiers vers le socialisme français davant 1 848 , qu'on a appelé « utopique » et qui mérite mieux le nom d'i» idéaliste » que lui donne M. isambert. 11 a eu tort d'y ajouter l'épithète de « solidariste » , qu'il emploie souvent en parlant des écoles ou des réformateurs qui vont de i83o à la révolution de Février. C'est un néologisme, relativement très récent, et que n'aurait probablement compris aucun des écrivains dont il qualifie ainsi les écrits. « Solidarité » même au sens social, n'a guère été employé avant Pierre Leroux.

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Il nexiftle pa», yt orok^ uue seule foi» daas ies IWres sdint-simoRÎens, ni même dans cem de Fomier. Quant au « solîdarisme » , c est un système né- d'biet ^mf porétend se leow daj»6 son entier, qui part de la « dette socûde V et du a qaasv-contmt » pour aboutir à une sorte de monde nouvette^sanctiomiée par de» mesures d?Ëtat ayant en Yue d obliger ie» plu» favorisés de Tordre social à s acquitter par des sacrifices vis-à-vis des iBokifi» iavoriâés. Je omis \» système très firagiie dans ses bases et très dangereux dans ses- conséquences, et je Tai combattu aill^urs^^); mais je pense qu'il faut lui laisser son indifvifluabté ^ et ne pas confondre ses conclusions de réformes étatistes avec ies visées beaucoup pkis vastes , beaoeoup plus rénovatrices dans un sens générai , des réformateur» ou des rêveurs de la première mtoUîé du xi\*' siècle.

A ce point de vue, M. isambert aurait mieux fait de s en tenir à l'analyse en quelque sorte objective des systèmes qu'il voulait étudier, et de ne pas chercber, autant qu'il Ta tenté,* à relier le mouvement des idées d'avant i8â8 à nos piX}pres courants d'opinions ou d'aspirations contemporaines. L'historien doit rester avant tout dans l'histoire ^ et ne se servir du présent que pour mieux comprendre le passé. S'il veut encore chercher dans celui-ci des ai^uments en Éaveur de tellie ou telle réforme actuelle , il risque bien d'affaiblir l'impartialité de son enquête historique et même d'oblitérer en lui-même ImteHigence des faits anciens. C'est plutôt une étude profonde de ces derniers, et non seulement dans le domaine social proprement dit, mais dans l'évolution entière d(*s idées et des institutions, qui est nécessaire pour donner aux systèmes ou aux doctrines dites socialistes du passé leur valeur relative réelle, pour en comprendre Forigine, l'épanouissement partfel, l'échec, et la survivance dans un certain nonîbre d'esprits et de cœurs. L'histoire du soctsdisme ne peut être qu un morceau de l'histoire générale : sans quoi l'auteur est amené a consacrer trop de place à des essais mort-nés, à des écoles sans retentissement véritable ; et même lorsqu'il touche à celles qui ont eu plus d'éclat et qui ont porté des finits pias durables, il a de la peine à séparer en elles ce qui a été le résuhat passager de telle ou telle influence politique et sQcidie , et ce qui est resté vraiment vivant et d'accord avec les tendances générales de l'évohition civilisatrice.

M. Isambert a bien compris ce point de vue en cherchant à mettre en relief, au début de son livre, les oaïases profondes qui, après la Révolution, TEmpire et les premières années de la Restauration, ont amené la première germination, puis l'explosion des idées socialistes. Mais dans

^'^ Vmr La formation des richesses et ses comiiiion$ socinks nctneiles, p. 38a et »uîv.

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