LA POLITIQUE; DU GRA.ND ÉLECTEUR. S
peut venir de Poiogoe en Flandre sans ioger qu'une nuit ou deux hor^ des terres de son obéissance^M ». Mais l'Électeur n'a pas sou «pré carré », et la dispersioii itiéme de ses États le force à prendre fiarti dans presque toutes les affaires que discutera la diplomatie européenne, delà BaltiqueauRhin et, dansii'Ailemagne entière. Aussi, k plus: pouvant, est*ii très perpleiie, car de, quelque façon qu-ou prenne l'aflaîre, elle est pleine de dangers : « der KuffirH ùi sehr perpkx în der Sache^ dtifkn me matk $i^ auck an^ijit bo ist mvQller Gefahri^ éçrivslt le conseiller Schwerin, en icet allemand du xvu* siècle, dont Vincroyatde gaucherie est parfois si amusante. « Dieu veuille. nous inspirer ce que Ton devra faire ou ne pas faire : Goti MH>Ue ums in s. Hertz g^e^rwa^man tkum oder klssen soUe h H (a.\xlvlpoixr prendre la moindre décision^ une application doiteus. les instants, vtn labenr $outenu, et^ je Grand Électeur luyman^ quaitMpas^ : « Miror isbum ekeiorem^' notait Lisda, q^i m detidU habet lim^ relatimet cum mn^tiasmis€irc^m$k^^ûk et 1^ ex/meâse miHisiri$md$ denuudat ; omnialefii, revoUfiii eœpiedil; ad omMarespoÊdet, combinai anam ctm alia et nû negUgit^'^^ », jusqu'au* nnoment où, excédé de tant dlnuliles travaux, Frédéric^Guitlaume demeurait dans ImdiiFéreace aifectée, ou» sans plus réfléchir, se lançait è corps perdu dani^ 1 action la .plus dangereuse. . , • .: !..■
Son but est très net : il veut devenir, considérable : cçnsiierabel werdmi et laisser un bel héritage à ses successeurs r t SoUie ic\ sUrbeii^inwMfiir eineii» Zusiande itmrde kh meinô Kmdet eetzen^^^ » Dans une remarqu^le lettre à Masar^, il émvait :,«.Sa mes* ancêtres^ ont eu ces maximes de préférei^ rintérdt des autres fHrinces à la oonservation de leurs propres États, j avoue quejemeUf Joigne, me trouvant obligé enmaconsoience d^ défenÂ^ les puisque parlai!p&pe de Dieur)e,posside,et en. faisant :oela« je ne vois pas, par qûislle rûsonje pourrais être, blanié d^ qui (pus tk soil^^^. » li i a été pourtant,, et méfaie en terme» fortrvifs^ Qn Taoeuse d adopter touj^airs le parti lé pdus fort : n Quel est odui ;qtii gagne? €Vst de son cAté que je'mé mets imerim.Qtwmnùti mil demthM kWa >; de se vendre au plus offrnt :■ n Bnuid0t^bmrg mmxkëmdirie^ a écn> Leihniii yf€r mir ammtUimk yiU,\4em adhuirifeidi »^(nde^ tie pas tenir ses. eangaur gemebts et de sacrifiée saliiscnfpvdeisaiparQleç à. ses» inlériHsL Uni avisi dn Conseil impérial à Vienne, remis à TEmpereiu* en i685, est à cet égard très significatif r « L'^émence prouve que le BralMtehouig opnsèdiire son
^*) InritaptioD à LeMtÎQft^ énvoyéde ' ^-^ Pagéaip. ;i77^ 2i5ii et>il2/l). 1$,
PffsacA àiBeiiîn ea iMi, pdMiée-par (?^ B%ès, pw!9n>it4.i..
Albert WaMingiM, Beêmeitiu iMÊno- («^ WadUngteH, U k,.pt S3..
/loiu. XVI : Prusse, igoi, p^70« .. ' i^ . v u > -i; r .M .K '.l. ^ • ii »..
propre intérêt pto centra omniam actionum et comiUorttm et n a jamais montré aiseune constance dans ses engagements ^^^^ »
Le Graiid Electeur a donc une politique d'intérêt. H cherche, de toute manière, à augmenter ses territoires, ses revenus et son prestige; et comme, tout «grand terrien» qu'il est en AUen^agne, sa puissance est encore bien petite, il faut de toute nécessité qu'il modèle son attitude sur celle des monarques plus forts que lui. En ce sens, son activité €st passive. Les allées et venues de ses alliances multiples sont déterminées par des combinaisons dont il n est pas fauteur, par des ambitions dont il n est pas responsable. Les premières années de son règne sont prises par la paix générale qu'on attend , qu'on négocie et qui est signée en i6d8. Puis, jusqu'en 1669, il s'occupe de l'exécution du traité de Westphalie, des affaires allemandes et du Nord, de la question bakique et. de la succession de Pologne ^^ Mais son attention est rappelée 'v^^is l'Ouest, et depuis 1 66&, 1 665 et surtout 1669, il entre dans l'aliittice irançaise, à laquelle il restera presque fidèle jusqu'à sa mort, sauf en 167Î-1673, de 1676 à 1679 et après i685, quand le cathbliqae Jacques II devient roi d'Angleterre et que i'Edit de Nantes est révoqué. Trois dates : 16 48, 1669 ^^ i685 circonscrivent ainsi quittre périodes dans l'histoire diplomatique du Grand Électeur de 1 66 o à 1 688 , et 4âns chaque période, même dans la secondé; c'est en définitive aux projets de Louis XIV que Frédéric-Guillaume doit suspendre les siens.
De là la longue série des traités qu'après la paix de Westphalie il a conclus avec f Empereur et dans l'Enripire ^*^ avec les Provinces-Unies (i65S, 1666, 167a, 1674, 1678, i685) et l'Angleterre (1661 )♦ avec le Danemark (1657. 1666, 1677, 1679, 168a, i683, 168/i), laSuède (i653, i656, 1660, 1666, i&7;Sv^t^79« i686)et la Pologne (i655, 1667, 1660), enfin et suvtoiii!>ai?«êD Itî France (i656, i664t 1667, 1669, •673, 29 juin 1679, î 5 octobre 1679, 1681, 1682, i683). Cette dernière série* donne la clef de toutes les autres, et il est important de noter que les sentiments du Grand Electeur à l'égard de Louis XIV ont toujours été ies mêmes. Lisola les définit assez exactement : n Cerium est qaod odit GatKam , sed tmet ae ad rnnnescasos volt esse comparatus. » Une alliance d'intérêts est donc possible. Mais quand l'ambition
(*) Pages, p. a88et565ii. 1. dm Nord et U paix d'OUva (i8ç3).
(*) L'excellent exposé au en donne ^'^ En i65t, i65d« i655, 1657,
M. Wnddington, clair, solide etjudi- 1 658, 1660, i66d« 1 665, 1666,1672,
cieux, à son ordinaire (livre lli), com- 1674, 1678, 1681, 1682, i68dt i685,
plète, sans toutefois la rendre inutile, 1686, pour ne dornier que les dates
la thèse de M. Haumant sur la Guerre principales.