LEOPOLD DELISLE
Pareille mention est répétée dans un inventaire du trésor rédigé en 1 5 g 6 , huit années avant le don que le roi Jacques I*^ fit du joyau au connétable de Casiille, ambassadeur du roi d'Espagne.
LÉopoLD DELISLE.
RELEVÉ DES JOYAUX EXECUTES EN L'HONNEUR DE SAINTE AGNES QUE POSSÉDAIT LE ROI CHARLES V ^^K
item ung autre joyau d'or, par manière de tabernade , gamy de pierreries et de perles , et y a une ymage de Noslre Dame assise , et y a d'une part Tymage de saincte Katherine, et d autre de saincte Agnès, armoyé devant et derrière des armes de France, et poise neuf marcs neuf onces. (N" 174.)
Item ung hanap d*or esmaiiié a convescie de la vie sainte Agnès; pesant six marcs. (N* 392.)
Item ung autre ymage de Nostre Dame , d'argent doré , qui est dedans une roche environné d*angeloz, et a d'une part saint Jehan Teuvangeliste et sûncte Agnès d'autre , et au dessus dn dit ymage a troys angelz qui soustiennent une couronne, ou il y a un Agnus Dei dessus. Et est le dit joyau garny de doublayz de voirre et de peines d'argent , dont il en fault plusieurs, pesant xlviu marcs. (N° 865.)
Item ung ymage de saincte Agnès, d'argent doré, qui tient en une maing ung rcliquiaire de cristal garny d'or, ouquel a des relicques de la dicte saincte , et a sur le fruitelet une perle , et en l'autre main , une palme torse , et a sur l'entabiement encontre le dit ymage , ung aignelet d'argent qui a la teste d'un amatiste. Et est sur ung hault entablement d'argent doré, a fenestrages, esmaillez de sa vie. (N- 907.)
hem ungs tabieaulx d'argent, dorez par dehors a la Trinité et de l'Annonciation, et est esmaiiié par dedens et saint Jehan , qui escript devant luy, et es ^es du dît tableau sont saincte Katherine et saincte Agnès, et sont les ditz tableaux assiz sur ung hault pié cisellé; pesant cinq marcs quatre onces et demye. (N** aio3.)
Item ung autre joyau, de très menu ouvrage, ou est Nostre Dame assise en une chayère, et plusieurs arbres, environ luy saint Michel, saincte Agnès, saint George et deux angeiez assis devant elle , et au dessus est ung escu a troys fleurs de lys . dont le champ est d'un saphir, et est ledit joyau garny de grosses peries et mennes, d'esmeraudes^ ballais et saphirs; pesant un marc et demye once. Et y fault cinq perles. (N* ^^^i.)
Item ung petit ymage de saincte Agnès, tenant a une main la palme, et a l'autre ung petit reliquiaire de cristal , sur lequel a une grosse perle ; et est l'entablement d'argent; pesant ung marc quatre onces quinze esteliins. (N* a5a5.)
Item ung très petit ymage de sainte Agnès et son mouton, sur ung entablement carré, tenant ung reliquiaire de cristal; pesant quatre onces cinq esteliins. (N« 3537.)
Item ung ymage d'argent de saincte Agnès assise sur un mouton blanc , et i'yniage doré; pesant quatre marcs sept onces treize esteliins. (N* a 636.)
^*^ D'après l'inventaire publié par Labarte.
Item ang petit reHqmaire dor a pié, ou dedens est ung petit y mage de saincte Agnès f endoM dedens ung petit cristal au dessus, ouquel sont deux bailays et troys perles, pesant troys onces quinze estellins. (N* aB^Q.)
Item ung petit ymage de saincte Agnès, qui est dedens un tabernacle d*or, pendant à une cnesne, garny de TÎngt quatre peries; pesant deux onoes cinq estcflins. (N* a»93.)
Item ungs tableaux d*or, eamaillex de rAnnonciation Nostre Dame, saint Denis, saincte Agnès, saint Chariemaine, esleté ou mylieu, pesant quatre onces cinq estellins; et est en ung estuy armoyé des armes de la royne Jehanne de Bourbon.
Item une croix d*or, garnye de pierrerie, e est assairoir une saincte Agnès en ung camahieu, les quatre erangelistes en quatre antres quatre saphirs « quatre ballaiz et vingt perles; pesant trois onces. (N* agSa.)
DBUXlblE ET DEKNIEa ARTIGLB^^^
IV. Nous avons arrêté notre analyse du récit de M. Mill au moment où Ross revenait en triomphateur dans son pays. Il semblait alors qu un tel soccès dût avoir un lendemain immédiat. La chose s'imposait même; car dès le retour de ÏErebas et du Terror, on fut amené à reconnaître que les données physiques rassemblées par Texpédilion perdaient une grande partie de leur vdeur, faute d*observatîons magnétiques simultanément poursuivies dans les hautes latitudes de TOcéan Indien.
C*est pourquoi, dans Tété de iS64« TAmirauté organisa une croisière dans ce but« Mais les instructions données n avaient pas tenu un compte suffisant des circonstances météorologiques, telles qu'il aurait fallu les apprécier d*après l'expérience acquise depuis Gook jusqu a Ross. D'autre part l'expédition ne fut pas h^ireuse et ne sut ni retrouver l'île Bouvet ni atteindre la terre d'Enderby. EUe revint sans avoir fait autre chose que de combler quelques lacunes des itinéraires antérieurs. Avec elle allait être close l'ère des campagnes antarctiques entreprises sans le secours de k vapeur.
Cependant, en An^eterre, l'opinion publique, enthousiasmée drs résultats obtenus par Ross, semblait rédamer un nouvel eflbrt. Seule-
^*^ Hugfa Robert Mill. ne Sieye €f Alston Rivers, 1905. — Voir le preike Soath Pôle, 1 vol. in-8*. Londres, mier article dans le caUerd avril, p. 177.
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ment, cest vers le Nord que rattenlion commença par se diriger. I/idée d'un passage navigable au nord-ouest de l'Atlantique continuait à hanter les esprits. D parut qu'on pouvait se flatter d'obtenir, de ce côté, im succès analogue à celui de la campagne antarctique et, à peine revenus en Angleterre, YErebas et le Terror furent mis en réquisition dans ce but. Malheureusement les circonstances allaient tourner de façon à faire oublier pour longtemps le pôle austral , et cela par la faute bien involontaire de celui même que les découvertes antarctiques avaient le plus vivement passionné, sir John Franklin.
En eflfet, Ross ayant été obligé, pour diverses raisons, de décliner le commandement qui lui était offert, l'ancien gouverneur de laTasmanie, bien qu'âgé de cinquante-neuf ans, se chargea d'une tâche pour laquelle le désignait aussi la recommandation de la Société Royale de Londres. En juillet i845, un baleinier signalait son passage dans le détroit de Davis, après quoi, pendant longtemps, un sombre voile pesa sur sa destinée. Depuis lors , la recherche des restes de l'expédition , où la vaillante lady Franklin déploya une si énergique persévérance, absorba toutes les forces vives de l'Angleterre, et voilà comment, durant trente ans , le pôle Sud fut absolument délaissé par cette nation.
À ce moment, les magnifiques travaux de Maury imprimaient un nouvel essor à la navigation américaine, en montrant la possibilité de trouver des routes maritimes plus favorables par la mise à profit des vents et des courants. Pour perfectionner son système, Maury reconnut bientôt la nécessité d'une meilleure connaissance des circonstances propres aux mers antarcticpies et, en 1860, il lut à ce propos, devant la Société de Géographie de Londres, un mémoire qui fut fort approuvé, mais ne reçut aucune suite. L'année d'après, une lettre adressée par Maury aux représentants des diverses puissances fut transmise à l'Association britannique, lors de sa réunion à Manchester. Le savant oflicier, pronostiquant un hiver austral moins rigoureux qu'on ne se le figurait, dressait le plan d'une expédition, qui partirait de l'Australie, pour rechercher un point où deux navires pourraient hiverner pendant deux oti trois saisons consécutives, leur ravitaillement étant périodiquement assuré par les soins de la station de base; chose facile depuis que la vapeur avait mis l'Australie à une semaine seulement du cercle polaire.
Malheureusement la guerre de Sécession éclate, et Maury, obéissiuit à ce qu'il regardait comme son devoir, vient prendre place parmi les défenseurs du Sud, tandis que Wilkes, l'ancien chef de l'expédition de 1860, se rangeait sous le drapeau du Nord, Ainsi l'Amérique va laisser a d'autres le mérite d'une nouvelle initiative.
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Les premiers efforts viendront de l*Allemagne, et seront dus à Tinfluence prépondérante d'un homme plein de science, de résolution et de persévérance, Georges Neumayer. Passionné dès 1849 P**" '^* découvertes de Ross ainsi que par les déductions scientifiques de Gauss et de Sabine, il avait débuté par un voyage à l'Amérique du Sud , en vue de se familiariser avec la pratique de 1 astronomie nautique. Revenu à Hambourg, il y donna des leçons sur la théorie de Maury ; puis, s embarquant comme simple matelot, il se rendit en Australie, occupé tantôt à la recherche de for, tantôt à des conférences sur la navigation. En i854, ii rentrait dans sa patrie, résolu à tout faire pour provoquer une campagne antarctique.
En relation avec Humboldt , Liebig et Dove , Neumayer obtint du roi de Bavière Maximilien II les fonds nécessaires à la création d'un observatoire à Melbourne, qu'il dirigea de i856 à i865. A ce moment, il revient en Europe, plsiide à Francfort la nécessité de fonder un établissement où serait centralisée l'étude systématique des océans et de la météorologie maritime, rêve qu'il est parvenu à réaliser ultérieurement par la création de l'Observatoire nautique {Seewarte)de Hambourg. Puis il suggère fidée de profiter du passage de Vénus, prévu pour 1 87Z1 , afin d'organiser une campagne australe. A Vienne, Vamiral Tegethoff fait accepter cette pensée , et promet à Neumayer le commandement d'une expédition autrichienne qui partirait en 1870. Mais alors éclate la guerre franco-allemande. Comme dit M. Mill , le prophète ne devait pas avoir la satisfaction d'entrer dans la terre promise! Car Tegethoff, que cette coïncidence n'avait pas découragé, et qui voulait reprendre l'affaire après la conclusion de la paix, mourut subitement en 1871, ce qui fit perdre à l'Autriche-Hongrie l'honneur de ressusciter les recherches antarctiques, comme à Neumayer celui d'inscrire son nom sur la liste des grands explorateurs.
En vain, en Angleterre, l'astronome royal Airy et le commandant Davis, ancien compagnon de Ross, insistent pour qu'au moins le passage de Vénus en 1882 soit utifisé dans cette >iie. Aucune mesure n'est prise et c'est pour un autre dessein que la navigation à vapeur va enfin s'aventurer dans les parages du pôle Sud.
V. Les ambitions de la science ont grandi. Ce n'est plus seulement le magnétisme, ni la question des vents et des courants, qui absorbent son intérêt. L'histoire naturelle entre en lice, et la zoologie aspire a savoir ce qui peut se passer dans les abtmes océaniques. Pour satisfaire h cette curiosité, le Gouvernement anglais, stimulé par la Société royale,
SAVAST5. 3 a
équipe tout exprès un navire de recherches, le Challenger. G est une corvette en bois, munie d'une machine à vapeur qui ne doit fonctionner qu a titre auxiliaire , et beaucoup mieux adaptée à Ih navigation antarctique que tous les vabseaux du passé. Nares la commandera, accompagné d'un état*major scientifique où figurent WyviUe Thomson et John Murray. x\ son programme est insoîte une pointe au sud de TOcéan Indien^ aussi près que possible de ia grande banquise. Le 1 1 février 187^, le Chai" lenger, qui a visité fîie de Kerguelen, rencontre les icebergs dont, pour la première fois, des photographies sont prises. Bientôt, tout près du cercle polaire, d'heureux coups de sonde révèlent une richesse insoupçonnée en êtres vivants , pendant que la drague rapporte du fond des pierres qui ne peuvent provenir que dun très ancien continent, formé de roches cristallines, de quartzites, de schistes et de calcaires. Si le navire ne voit pas ce continent, dont une ceinture de ^aces le sépare, du moins, par la vertu des cailloux que la drague ramène, il a définitivement prouvé son existence, et John Murray en peut esquisser un contoiu* que les recherches ultérieures ne modifiercMit pas sensiblement Gett€ découverte , ainsi que la constatation d'un régbne permanent de hautes pressions dans ces parages, donnent à la campagne du Challenger une importance toute spéciale , et réagiront utilement sur toutes les recherches qui viendront après.
Pendant ce temps, l'infatigable Neumayer fondait à Hambourg une société allemande pour la navigation polaire, et le généreux directeur de cette société, M. Rosenthal, envoyait dans le Sud un baleinier à vapeur. Peu fructueuse sous le rapport de ia chasse aux phoques, cette expédition rappoita au moins qudques • données nouvelles sur la Terre de (kaham. Quant aux résultats obtenus par les navires américains qui firéquentaient alors ces contrées, ils n'ont jamais fait l'objet d'une publication.
L'expérience du Challenger était-elle faite pour encourager une reprise de 1 attaque du pâle? Ce n'était pas l'avis du chef scientifique de l'expédition. Sir Wy ville Thomson; car, en 1876, dans une conférence où il passait en revue toutes les douloureuses péripéties des campagnes antérieures, il concluait que la somme des désastres serait cent fois plus grande si le pôle Sud devait servir de théâtre à une lutte d'émulation entre les diverses puissances. En revanche, ses anciens compagnons, notamment Sir John Murray, pensaient tout différemment à cet égard.
Vers 1 880, l'Italie faillit arborer son pavillon dans les mers antarctiques. Neumayer avait élaboré un plan d'observations à poui^uivre
L'ÊPOPfiE AM AIICTIQUK. 243
autom* du pôle Nord, et dont toutes les nations civilisées prendraient leur part. L'Anaérique seule se rendh h cet appel, qui devait aboutir à la catastrophe arctique deGreely. Le lieutenant italien Dove, qui avait espéré voir son gouvernement s associer à des recherches du môme ordre dans les mers australes, d ayant pu trouva dans son pays les ressources nécessaires, se mit au service du Gouvernement argentin, mais fit naufrage sur les côtes inhospitalières de la Patagonie méridionale.
G est alors quen i885 ïamîral anglais Ommaney proposa à l'Association britannique de nommer un comité chargé d'attirer lattention sur Topportunité de nouvelles recherches antarctiques. Chaudement accueilli en Australie, le projet provoqua, en Angleterre, une communication de Sir John Murray, estimant que, pour faire ceuvre utile, il conviendrait d'y employer deux navii'es et de prévoir une dépense de près de 4 millions de francs. Mais le comité de l'Association perdit du temps à attendre l'avis des diverses sociétés savaiïtes. L'Australie, qui subordonnait son concours à l'initiative de ta métropole, se lassa de ce retard, mais ne réussit point à organiser l'entreprise par ses seules forces, et compta vainement sur le concours de quelque Mécène. Enfin, ce que ni le zèle des savants, ni la sollicitude des gouvernants, ni la libérailité des millionnaires n'étaient parvenus k réaliser, des hommes d'affaires hardis, en quête de grandes aventures, réussirent à le mettre en train.
VI. Très florissante au début du xfx* siècle dans le» ports de l'Angleterre et de l'Ecosse, la navigation balrinière avait décliné de telle façon quelle n^occopait plus que quelques vapeurs, réduits k estimer que la capture d'une seule barleîne suffisait à l'aire considérer une cam* pagne comn>e fructueuse. Dans ces conditions, le capitaine Gray, le dernier des anciens chasseurs de cétacés du Nord, pensa qu'il conviendrait de s'assurer si les baleines antarctiques, différentes de tasUe et d'espèce , pourraient apporter quelque secours k son industrie expirante. Après une enquête approfondie, où toutes les relations des campagnes antérieures avaient été soigneusement compulsées, il lança en 1891 un prospectus pour réclamer l'appui du public en vue de l'envoi, dans la mer de Weddell , de deux navires emmenant des naturalistes. La réponse fut insuffisante et le projet, remarquablement étudié,* dut être abandonné. Enfiii', en 1899, une maison de Dundee se décida à tenter l'expérience en envoyant au Sud quatre bateaux, ^lidement construits pour cet Usage, ayant déjà subi le contact des glaces, bons voilier.^ et munis d'un pit^ul^eur auxiliaire à vapeur. Ges navires, Balœnat Diana,
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Active, Polar Star, étaient commandés par des officiers d expérience, et à l*état-major était adjoint un naturaliste d'Ecosse, W. Bruce.
Saluée au départ avec un grand enthousiasme, la flottille, en arrivant aux Malouines, apprit quun navire norvégien, Le Jason, conduit par le capitaine Larsen , lavait déjà devancée. La campagne fut peu fructueuse , et on chercha à se dédommager sur les pauvres phoques, dont seize mille furent tués, au cours dune chasse si active que Texploration proprement dite ny put trouver place. Quant au Jason, qui voyageait pour le compte dune maison de Hambourg, il avait fait, ou tout au moins amorcé, une découverte capitale au point de vue scientifique. Sur rtle Seymour, au sud de la terre Louis-Philippe, quelques fossiles d'âge secondaire avaient été recueillis, attestant pour la première fois qu'un ruban de terrains sédimentaires occupait au moins le bord de TAntarctide.
L année 1896 trouva Le Jason avec Larsen dans la mer de Weddell. La campagne autour de la Terre de Graham fut fertile en trouvailles géographiques, parmi lesquelles il convient de mentionner la rencontre de deux petits volcans actifs, situés précisément à Topposé de TErèbe. Mais, à ce moment, le navire dut interrompre ses succès antarctiques pour aller, sous le nom de Stella polare, s'illustrer au pôle Nord dans lexpédition du duc des Abruzzes. Pendant ce temps, deux autres navires de même nationalité , Hertha et Castor, parvenaient à s'approcher de la terre Alexandre I*' plus qu'on n'avait encore fait.
C'est alors que le Norvégien Bull, pris comme tant d'autres de la fièvre du pôle Sud et ne pouvant trouver en Australie les moyens de la satisfaire, eut l'idée daller solliciter à Tônsberg M. Svens Foyn, le chef incontesté et le vétéran des baleiniers norvégiens. Ce vieillard de quatre-vingt-quatre ans, qui avait fait fortime en découvrant le moyen de capturer la baleine bleue, mit à la disposition de Bull un baleinier qui Ait rebaptisé sous le nom diAntarctic. On y admit par faveur, à condition qu'il s'engageât comme simple matelot , un autre Norvégien , M. Borchgrevink , que hantait comme une obsession l'idée d aborder sur la grande terre australe, jusqu'alors vierge de tout contact humain.
Parti de Melbourne en septembre 1894, YAntarctic atteignit les Ballenys le i4 novembre, franchit le pack comme avait fait Ross, et, le là janvier iSgS, toucha au cap Adare, encombré de pingouins tout comme en 1861. M. Borchgrevink obtint, non sans peine, lautorisation d'y aborder un moment, et il eut le temps d'y cueillir un lichen, en même temps qu'il ramassait un échantillon d'une roche de nature
iranchement cristalline. L'expédition revint à Melbourne le i4 mars 1895, sans avoir obtenu le succès commercial quelle espérait. Du moins a-t-elle servi à démontrer, ime fois de plus, combien est facile labord de la Terre Victoria , constamment longée en été par une mer libre.
A peine rentré en Europe, M. Borchgrevink se hâtait d*accourir à Londres. 11 y arrivait deux jours avant la clôture du congrès géographique international , où la question des recherches australes venait de faire Tobjet d'une ample discussion. On applaudissait en lui Thomme ([ui, le premier, avait eu Thonneur de fouler du pied lancienne TVrra incognita, et son exploit apparaissait comme un nouvel encouragement à faire plus ample connaissance avec le continent polaire.
Ainsi le dernier effort des chasseurs de baleines et de phoques, infructueux en ce qui concernait Tobjet propre de leurs ambitions, devait avoir ce double résultat, de raviver l'intérêt porté à la question australe et de préparer à leur tâche, en les entrainant^ les hommes qui allaient devenir les conducteurs des grandes expéditions scientifiques par lesquelles l'épopée antarctique va se terminer.
Vn. Cette nouvelle phase des explorations se distinguera des précédentes par plusieurs particularités remarquables. En premier lieu, on ne craindra pas d'y affronter la nuit polaire, que nul n'avait encore osé braver dans ces parages, alors que depuis des centaines d'années lliiver arctique était célèbre.
Ensuite, l'entreprise n'aura plus désormais qu'un but exclusivement scientifique. C'est aux sociétés savantes que reviendra Thonneur d'en dresser le programme et d'en réunir tous les éléments. Si les gouvernements s'y associent, ce sera sous la pression, maintes fois répétée, des hommes de science , et après que l'exemple aura été donné par de généreux Mécènes, heureux d'encourager par leurs intelligentes largesses des efforts qui , en honorant l'esprit humain , perpétueront aussi le souvenir des hommes assez bien inspirés pour faire un si bel emploi de la fortune acquise.
Ënfîn, l'amour-propre des pavillons respectifs va s'effacer plus ou moins devant la nécessité reconnue d'une coopération internationale, et cette association des bonnes volontés ne se fera pas jour seulement par l'élaboration des programmes dans les congrès scientifiques; il lui arrivera de se traduire, dans l'exécution, par une heureuse combinaison des plans de campagne , où chacun , en vue de l'œuvre commune , acceptera de se cantonner dans une tâche détenninée.
Cependant, avant que cette méthode si salutaire devienne d'usage
2/16 A- D^ U\PPARK^iT;
oouraiiit;, noufi allons encore assister à quelques efforts individuels , honorabifis sans doute pour eeux qui en auront pris Imitiatiye, mais dont le ptrincipal imérite sera de mieux faire ressortir la nécessité d'opéré sur une tout autre échelle.
.Gest d^abord la campagne de biBelgica, cet ancien baleinier norvégief)^ autrefois connu sous le nom de Patria, que M. de Gerlache ne craindra pas d'enfoncer dans la banquise. Malgré i appui de M. Solvay et; une subvention du gouvernement belge, on na pu réunir que 3oo,ooo irancs, somme ridiculement insuffisante. Mais la fièvre antarctique, qui tient M. de Gerlache depuis sa jeunesse, est trop forte pour qu'il hésite à s aventurer. Il part, en août 1897, *^^ ^^ P®^*^ état-major oosiïiopolite de jeunes hommes de science, où la Belgique, laAoumanie, la Pologne, la Norvège, f Amérique même, sont représentées. . En 1 898, il touche aux Shetland , découvre derrière la Terre de Pcdmer un grand détroit, sur les bords duquel ses collaborateurs atterrissent à nudntes reprises , affirmant pour la première fois Tinvasion par la science des terres australes. Le 1 5 février 1898, il a franchi le œrcle polaire , et il aperçoit de loin la terre Alexandre I"". Puis il pousse délibérément au Sud à travers les glaces flottantes, et parvient le 3 mars à -^i^So' de latitude. Mais il est déjà trop tard pour S échapper. Non seulement il va subir, im peu malgré lui, à partir du 1 5 mai, une nuit ininterronâpue de soixante-dix jours , dont les rigueurs eoàteront la vie au lieutenant Danco, trop faible de santé pour une telle épreuve; mais la captivité. du navire durera treize mois, pendant lesquels W Belgica ne cessera d'être ballottée k droite et à gauche, au sein d*une prison flottante qui recouvre une mer peu profœide, ce qui atteste la proximité de la terre ferme. Elncore faudra-il des efforts inouïs pour tailler, à travers une glace de 3 mètres d'épaisseur, le chenal qui permettra, le ib mars 1899, d'atteindre enfin la n>er libre.
Par la durée et la r^ularité des observations scientifiques poursuivies à une telle latitude, par Tan^pleur des collections recueillies, par le zèle et le courage de ces naturalistes qui n'étaient pas des marins, et auxquds la diversité des languies rendait la vie conunune moins facile quà d'autres, la campagne était sans précédents. Il n'en est pas moins vrai qu'elle démontrait l'impossibilité d'obtenir de grands résultats avec; des moyens aussi restreints.
' Pareille démonstration étut fournie, juste en même temps, de l'autre côtq du pôle, sur la Terre Victoria. Depuis qu'il; y avait mis le pied, M. Borchgrevink était obsédé par Tidée 4'y. revenir, avecia persuasion qu'iiy avait là de faciles lauriers à oueiltir. La libéralité de Sir Georges
L'EPOPEE AXTAHCTIQUE. 2'47
Newnes lui ayant permis d'équiper un vieux baleinier norvégien, le Pol* lax, destiné à naviguer désormais sous pavillon anglais avec le nom de Southern Cross, il emmène avec lui deux savants, a soin de se munir, en vue des courses en traîneaux, dattelages de chiens, conduits pair des Lapons, et, le i y février 1899, il atteint heureusement le cap Adare, où il va subir un rude hive^mage, pendant que son bateau retourne en Nouvelle-Zélande. Le 28 janvier 1900, le capitaine Jensen ramène ce naN-îre, avec lequel on refait exactement la route de Ross, pour se heurter comme lui au mur de glace de f Ënebus et en suivre le bord jusqu'à y 8" al^ Une légère échancnu>8 de cette banquise permet un débarquement, et, par une pointe en tmineau sur une plaine de lieige indéfinie, jusqua 78*" 5o^ M. Borchgrevink s'assure quelque temps le record antarctûjae. Mais c'est tout, et il lui faut rev^oir en Europe sans avoir sensiblement acciii nos connaissances sur la région parcourue, sinon qu^il a pu s'assurer que , depuis Ross , la banquise avait dû reculer d'une cinquantaine de kilomètres.
VUL Arrivons enfin au suprême effort, celui-là préparé de longue date et soigneusement ordonné, qui a brillamment marqué les débuts du x\' siècle. Un nom est inséparable de cette histoire, celui du président de la Société royale de géographie de Londres, Sir Cléments Markbam. C'est vraiment lui qui, par son inlassable persévérance, a suscité, entretenu et fait aboutir le grand mouvement dont il nous reste à parler.
Bien posée à Londres devant le Congrès géographique de 1896, où l'on entendit successivement Sir J. Uooker, Sir J. Murray, l'amiral Qm-*maney, en un mot tous les vétérans de l'exploration, la question lut définitivement mise à l'ordre du jour le 26 février 1898, à la suite d'une séance exceptionnellement brillante de la Société Royale, qui se termina à une heure si tardive que jamais les annales de cette Compagnie, depuis deux siècles et demi, n'avaient rien enregistré de semblable. Un mouvement analogue se produisait en Allemagne, sous f influence de Neumayer, et dès ce moment les deux pays résolurent d'agir de concert. Pendant que, sous la conduite de M. de Drygalski, Fexpédition allemande étudierait la région située au sud de Kerguelen, les Anglais se chargeraient des abords de la Terre Victoria. Mais voilà qu'en Angleterre le Gouvernement refuse son concours. Non seulement il ne donnera pas d'argent, mais l'Amirauté déclare qu'il lui est impossible de prêter ni navire ni ofliciers ! .
L'opinion s'émeut et sa protestation reçoit une Ibitne singulièrement efficace par l'intervention de deux membres de la Sodélé de ^éograplûe.
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M. Longstaif, qui promet 760,000 francs à lui seul, et M. Alfred Harmsworth, qui, ayant déjà fait les frais de lexpédition arctique do Jackson, trouve encore le moyen de consacrer i!2 5,ooo francs au pôle Sud. Gett« fois le Gouvernement ne saurait hésiter. li ne peut faire moins que les particuliers. Une subvention de 1 ,1 98,000 francs est accordée, et l'Amirauté consent à fournir le personnel nécessaire. Un navire, tout spécialement construit en vue des observations magnétiques les plus délicates , sera affecté à l'expédition et fera revivre le nom d'un des vaisseaux de Cook , la Dbcoveiy. L'état-major scientifique est rompu aux observations polaires, et un de ses membres a hiverné au cap Adai'e.
Mais ici éclate un conflit. D'après les plans élaborés par les sociétés savantes, c'était un homme de science qui devait conduire la campagne; mais la Marine exige que le commandement lui soit laissé; le savant déjà désigné se retire, et sa place est donnée au capitaine Scolt, homme d'ailleurs distingué et énergique. Cette décision ne s'imposait pas , la navigation devant jouer en cette occasion un rôle tout à fait secondaire. On a dû la regretter, pensons-nous; car, il faut le reconnaître, l'importance scientifique des résultats obtenus n'a pas répondu à ce qu'on se croyait en droit d'attendre. Mieux inspirés , les Allemands , chez qui le Gouvernement faisait tous les frais de la campagne , devaient laisser à M. de Drygalski la conduite de l'expédition, dont le caractère scientifique s'affirmait encore parle nom donné au navire, le Gauss.
Il n'y a pas lieu d'entrer ici dans des détails abondants sur les péripéties traversées par les deux navires, et dont le récit est encore présent à toutes les mémoires. Rappelons seulement qu'après avoir refait sans encombre les traversées de Ross et de M. Borchgrevink , l'expédition an- ^aise reconnut que le grand mur de glace commençant au mont Erebus s'appuyait de l'autre côté contre une terre, la Terre d'Edouard VU; qu'ensuite on trouva un hivernage facile au pied de l'Erebus , situé avec le Terror sur une île détachée de la Terre Victoria; enfin que pendant l'été de 1 90ÎI , tandis qu'à travers mille difficultés un groupe explorait le versant abrupt de la Terre Victoria, une campagne en traîneaux fut entreprise vers le Sud. Tout allait à souhait au départ; les équipages de chiens semblaient pleins d'entrain , quand tout à coup ces animaux donnèrent des signes de faiblesse , et bientôt la plupart succombaient. On avait bien préparé , à leur intention , le genre de nourriture que recommandait l'expérience des explorateurs polaires; mais, sans doute par suite d'un emballage défectueux , la prorision avait dû s'altérer à la traversée de la ligne. Ce fut un grand malheur; car si le capitaine Scott et ses lieutenants surent faire de vrais prodiges d'énergie et d'endurance , la
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mort rapide de presque tous les chiens paralysait grandement leurs moyens. Cependant ils réussirent, en longeant toujours une haute chaîne de montagnes, à atteindre le 3o décembre la latitude de 8îi* 1 7', voyant se dresser devant eux, sous le 83* parallèle, le mont Markham, haut de 6i5oo mètres, et le mont Longstaff, qui en atteint 2,900. Un voyage de retour vraiment héroïque les ramena, après quatrevingt-trois jours d absence, à leur navire, dont ils s'étaient éloignés de 600 kilomètres.
Pendant ce temps, avec une prévoyance digne de toute louange, Sir C. Markham avait fait équiper, en vue du ravitaillement de lexpédition, le navire Morning, qui, sous Thabile conduite du capitaine Colbeck, réussit à rejoindre le mouillage de la Discovery en janvier 1 goS , pour repartir le 3 mars avec celui des officiers que la campagne en traîneaux avait le plus épuisé. Alors, munie de bonnes provisions presque toutes fraîches, l'expédition put supporter un nouvel hivernage, après lequel une exploration , non moins difficile que la précédente en mison de la raréfaction de lair et de l'absence de chiens, permit de reconnaître qu'au delà des montagnes s'étendait, à perte de vue, un plateau neigeux complètement dépounu d'inégalités, à une altitude de près de 3, 000 mètres. Après ce rude voyage, poussé jusqu'à 4oo kilomètres du bateau, il fallut, au prix d'efforts inouïs, dégager le navire de sa prison , en vue du Morning déjà de retour et prêt à ramener l'équipage seul, s'il le fallait. Enlin, le 1 8 février 1 90^, la Discovery flottait en mer libre et revenait en explorant les parages autrefois visités par Wilkes.
Quant au Gaass, dès le mois de février 190a, il se trouvait emprisonné , non dans une banquise flottante , mais dans une masse immobile , collée à une terre d'où sortait, jusqu'à 3oo mètres d'altitude, un petit cône volcanique , le Gaussberg. On était alors juste sous le cercle polaire, qu'il fut impossible de dépasser, mais où beaucoup d'observations intéressant la physique terrestre furent recueillies.
Pendant que s'accomplissaient ces événements, avait lieu, au sud-est de la Terre de Graham, l'émouvante odyssée de l'expédition suédoise dirigée par Otto Nordenskjoeld, et où le concours le plus inouï de circonstances fortuites permit de n'avoir à déplorer d'autres désastres que la perte du navire AntarctiCf en même temps que le pavillon argentin s'illustrait par le sauvetage des naufragés. Ceux-ci d'ailleurs avaient admirablement employé leur temps, rapportant des îles Seymour et Snow Hill une ample collection de fossiles , dont l'étude a prouvé qu'à l'époque de la craie les mers antarctiques nourrissaient des anunonites en tout semblables à ceUes des gisements de l'Inde, du Japon et de la Californie ,
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lartiaimiB lATtoiAU.
résdtat qui, à lui seul, est d'un prix inestimable pour Thistoire de notre planète.
Enfin, en igo^, M. W. Bruce « ancien médecin de la Balœna, ayant obtenu le concours financier de M. Coats, faisait flotter le pavillon écossais sur la mer de Weddell. Plus heureux que Ross, il parvenait à s y avancer jusqu a y 4* i ' de latitude Sud et jetait Tancre totit contre une nouvelle terre, la Terre deCoats. Et un an plus tard, grâce au D* Charcot, la France prenait aussi, par un hivernage au sud de Tarchipel Palmer, sa petite paH de la grande campagne qui venait de finir.
IX. A présent, selon la juste expression de M. Mill, le siège da pôle Sud est levé. U a &llu s y résoudre , sans avoir fait beaucoup plus que de reconnaître les abords de la place qu'on se proposait d'enlever. A la conception purement hypothétique dun grand continent austral, qui eût formé le Troisième Monde, a succédé la claire notion d'une terre réelle, mais dont iétendue n a cessé de diminuer à mesure que sa certitude devenait pius formelle. Seulement on en connaît de mieux en mieux les amorces, et la chaîne de hautes montagnes de la Terre Victoria, reconnue actuellement sur près de i,5oo kilomètres du sud au nord, permet d'apprécier l'importance de ce noyau austral , sur lequel s abattent les neiges, où s'entretiennent les énormes tables de glace de la mer environnante, et qui fait im si curieux contraste avec la mer profonde découverte par Nans^i au pôle Nord.
Les anciens n'avaient pas tort de parier de symétrie sur le globe; mais cette symétrie est à l'inverse de ce que leur goût pour l'équilibre leur avait fait imaginer; c'est-à-dire qu'en général, aux deux bouts d'un mém<' diamètre, à toute saillie correspond une dépression.
On sait de plus maintenant que le noyau austral e^t de fort ancienne date. On soupçonne déjà qu'il a dû être, autrefois, beaucoup plus étendu vers le Pacifique, et l'idée d'y chercher, en dépit des neiges étemelles qui le couvrent aujourd'hui , le berceau des étranges mammifères fossiles de la Patagonie n'a plus rien d*inATaiseroblaMe , depuis que les récoltes de l'expédition Nordenskjoeld ont montré quelle douceur de climat devait caractériser les mers australes vers la fin de» temps secondaires.
Ce sont là de beaux résultats, sans doute; maïs ce n'est qu'une pai tie de ce qu'on avait espéré conquérir du premier coup. L'heure est venue maintenant de se recueillir, pour être en mesure d'apporter une préparation plus méthodique à une reprise d'efforts qui ne peut guère avoir lieu (si elle a lieu!) avant quatre ans. Une fois de plus on a laissé les équipages s'éparpiller, les navires chaîner de destination , gaspillant ainsi
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des foi'ces et des ressources quon avait eu grand'peine à réunir. Il conviendrait que la ooopératioD internationale fût plus sérieusement organisée, quon choisit des points de départ moins éloignés du pôle, que l'attaque fût menée avec plus de constance, et non, comme jusqu'ici, par à-coups spasmodiques. Peut-être, à cet égard, en raison de sa situation, la République argentine est-elle destiiiée à £auire mieux que TËurope.
Il est vrai que la question financière restera toujours la pierre d achoppement. Mais il nest pas défendu d'espérer qu'il se rencontrera, sinon dans le Vieux Monde, du moins dans le pays des Carnegie, trop désintéressé jusqu'ici du problème austral, quelque millionnaire original et bienfaisant, pour attacher son nom à une telle entreprise. En tout cas, on ne peut qu'applaudir à la déclaration finale de M. Mili, à savoir que tous les secrets de la région australe pourraient être conquis au prix d'une dépense inférieure à celle que réclame la construction d un seul navire de guerre, et sans occasionner autant de dommages qu'un combat naval, ou même seulement que dix années de pratique du jeu, si fort à la mode, qui s'appelle iefoot*4)alL