NORVEGE
ACADÉMIE DES SCIENCES DE CHRISTIANIA (VIDBNSKABS-SELSKABET I CHRISTIANIA).
Cette Académie, fondée en 1867, est divisée en deux classes : histoire et philosophie , mathématiques et sciences naturelles.
Elle publie annuellement des comptes rendus (Forhandlinger) depuis i858, et des Mémoires (Skrifter)^ divisés en deux classes, depuis 1894.
Nous résumons ici les travaax de la classe d'histoire et de philosophie , ainsi que les communications, intéressantes aux mômes points de vue, faites dans les séances conununes aux deux classes.
Séance da 15 janvier 190 U. Knudtzon : Populations et langues en Syrie lUOO ans avant J.-C. Trois races différentes semblent avoir habité ce pays : les Sémites au Sud, en Palestine et Phénicie; au Nord une race inconnue qui s'était établie aussi en Mésopotamie et dans les régions voisines , et qui a laissé en Syrie des traces de sa langue , absolument semblable à celle qui se parlait dans le royaume de Mitani. Enfin , les Indo-Européens se sont répandus sur toute la Syrie : les seuls restes de leur langue sont une série de noms d'hommes. À la race indo-europ(*enne appartenaient sans doute les Hethites, et le peuple qui dominait dans le royaume de Mitani, où la population soumise seule appartenait à la race incx)nnue.
Séance du 19 février. S. Bugge : Fricco, Frigg et Priape. Priape, dieu groc de la fécondité, Fricco, dieu de la fécondité chex les anciens Suédois, Frigg, déesse de Tamour chez les anciens Norvégiens, offrent ensemble, par leurs noms comme par les mythes , des analogies certaines. — Lieblein : Les résultats des fouilles m Crète.
Séance commune du 18 mars. Lieblein : Voyage d'un Egyptien en Syrie au x' siècle avant J.-C. Du récit de ce voyageur résulte que la Syrie avait reçu d'Egypte art, technique et culture supérieure. La civilisation égyptienne parvint en Grèce soil directement, soit par l'intermédiaire de la Syrie et de la Oète.
Séance commune du 3 mai. A. Bugge : La culture et la vie pondant l'époque de transition des Vikiugs au moyêu âge. Pendant que l'expansion du chiistianisme , préparée par deux siècles de relations avec l'Europe occidentale, gagnait la Nor\ège et
l'Islande, la religion Scandinave conservait sur les esprits une sorte d'empire poétique; aussi beaucoup des hal)itants du Nord étaient-ils, encore au xi* siècle, chrétiens et païens tout ensemble. C*est ce dont témoignent les poésies des scaldes , et les sculptures mi-païennes, mi-chrétiennes, de Gotland et de l'ile de Man.
Séance du 22 inai. Yng>ar Nielsen. L'expédition du roi Sverre à travers le Lœrdal et son retour de Voss en 1177. — Knudtzon. D'après une inscription, récemment découverte , du roi assyrien Salmanassar I , la date de l'accession au trône du roi égyptien Aménophis IV n'est vraisemblablement pas postérieure à i4oo av. J. C.
Séance du 16 septembre, Knudtzon, ayant revu les inscriptions cunéiformes de Berlin, en langue Arzawa, est arrivé à des résultats différents de ceux qu'il avait obtenus auparavant. Son exposé donne lieu à un échange d'observations avec S. Buggc. — Konow rapporte que divers phénomènes linguistiques observés dans les langues de l'Himalaya démontrent qu'il y eut là, à une certaine époque, une population apparentée aux races Mundâ. — L'Académie décide l'impression du mémoire de A. Trampe B^dtker : Partenopeus de Blois; étude comparative des versions islandaise et danoise.
Séance commune du 7 octobre, Torp : De l'origine des mots Fader et Moder (pater, mater), — A. Brugge parle d'une saga irlandaise, datant de l'an i loo environ, qui raconte les luttes des Vikings et des Irlandais, au temps du roi Cellachan de Cashel, soit en Munster, où elle mentionne les établissements (probablement danois) de Cork, Cashel et Limerick, soit dans les établissements norvégiens de Dublin et du Nord-Ouest. Elle finit par le récit d'un combat naval à Dundalk en Ulster. Parmi les chefs vikings qu'elle nomme se trouve Erik, roi des îles (Hébrides). Cet Erik peut être Erik Blod^xe, qui fut en effet roi du Northumberiand , en fut chassé, et vint alors aux Hébrides et en Mande , où il périt en 964. — S. Bugge compare l'inscription runiquc du navire d'Oseberg avec celle d'un chaudron du navire de Gokstad. Il conclut de l'analogie des caractères à l'origine suédoise de l'écriture employée en Suède et en Norvège au temps des Vikings. Gustafson se range à l'avis de S. Bugge.
Séance du 21 octobre. Torp : Sur quelques nouveaux noms de nombre étrusques, — Eitrem : Des héros argiens Cléobis et Uilon. ( Communication qui sera imprimée dans les « Forhandlinger » de igoS, n** 1.) — Torp : Etruscan notes. (Ce mémoire formera le n° 1 des «Skrifter» de igoS.) — Lieblein analyse le Livre du Paradis, recueil manuscrit de textes syriaques, publié aux frais de Lady Meux, et traduit en anglais par E. A. VVallis Budge (Londres, igo4).
E. Capet.
GR.\NDE-BRETAGNE.
La Royal Economie Society de Londres tiendra son premier con^'rès annuel en octobre 1906. Elle a invité l'Académie des Sciences morales et politiques à s*y faire représenter.
Le Gérant : Eug. Langlois.
JOURNAL