‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 112 sur 151 · LES BAULADES DU DÉCAMÉRON · texte numérisé non relu

LES BAULADES DU DÉCAMÉRON

s'ajouter à l'élément eq 24 (Filostrato) où de pure imagination es qu'un coup d' œil rapide nous a permis de reconnaître dans tion des ballades; et c'en est assez sans doute pour montrer que da rer 2 VAN d'une Façon trop systématique. RS arr nee étrangère à la conception Éric des mec vi cerne la première et la troisième, dont MM. Manicardi et Masséra ont renoncé à tirer le moindre sens, la chose ne saurait faire aucun doute, et M. Crescini a bien remarqué qu'il fallait recourir ici à ane interprétation allégorique 0), Mais laquelle? Voilà précisément ce qu'il reste à trouver, et sans prétendre donner à ce petit problème une solution définitive, il n'a pas semblé inutile d'en proposer une 7 om era prie ee f nee mue de ballade met en scène une nm s un miroir + éprise de sa beauté, au par amour, élle est assurée, dit-elle, drititriarert ainsi pme: ri tion, Mais dans cette agréable variation sur le thème connu de la coquetterie, se glissent quelques vers qu'une interprétation purement littérale est impuissante à justifier. Dès le début: par exemple : lavcoquette déclare qu'elle découvre dans l'image de sa propre beauté « quel ben che fa contento lo'ntelletto »; et cette satisfaction intellectuelle, appliquée par Dante à la connaissance de Dieu , est assez surprenante à cette place. I faut surtout remarquer la troisième strophe : cette joie de sonesprit, que savoure la coquette, à laquelle elle «abandonne avec volupté, est pour elle la promesse d'un bonheur prochain plus encore , et tel qu'ici bas on n'en connut jamais d'aussi charmant. le est done cette à tu db res

L'allégorie de la troisième ballade est au moins aussi obscure, et elle se cache sous des images plus compliquées. [1 y est question d'une femme qui a eu deux maris, ou deux amants : le premier l'a passionnément aimée; illui avait donné tout son cœur, toutes ses pensées, sa vie entière, et elle a avait récompensé « en le rendant digne d'elle ». Maisla mort a séparé

amants, et voici que la pauvre femme est devenue la proie dur prisonptueut . plein d'orgueil et de vaines prétentions, qui la traite avec due car est jaloux : il la: + lle qui est «venue au monde pour le bien d'un grand nombre (3° str.). Elle maudit In

13 Au reste Boccace lui-même le fait frain, bien danseurs en ayaient entendre clairement dans les réflexions ‘saisi le pr qu qui suivent ces deux ballades, et d'où il 27 1 ben dell iatéllettos, Int, HI, résulte que, tout en en répétant le re. +18,

avi HENAI HAUVETIE.

faiblesse qui l'a fait rm adieu ue dehors brillants, il la réduit à une condition déshonorante: et détresse, elle adresse une ardente prière à celui qu'elle mem desc elle implore sa protection : « Fais-moi sentir qu'elle n'est pas éteinte la flamme dont tu as brûlé pour moi, et obtiens. que je ere haut » (5° str.}. 1 faut ajouter que. dès les premiers vers de cette femme, par une rimimiscence dantesque évidente, est donnée comme un rellet de li beauté divine, destiné na EE | gences vraimenbnobles (r° st). LE Eutre ces deux ballades nchinriseut dlépeniqes. Lichaiians bolique de la seconde est moins manifeste: elle est cependant C'est un chant d'amour satisfait, d'amour partagé, mais nullement, ser suel, comme celui qu'exprime la ballade VII par exemple; -or le bonbewr pre qu'éprouve l'aimable chanteuse sont, dit-elle, promesse d'une ité dans l'autre monde {3° str.), [n'est ainaturel, ni conforme ice de la poésie lyrique du x et du xiv' siècle, d'introduire la pensée de la mort au milieu.de tant d'allégresse, Si Dieu doit nées:

sairement ner nitegen à mn 2 208 pra à

sans tarder qu'aueune des sept autres ballades ne - ne + en ne peut entrevoir le moindre sous-entenda derrière leur sens littéral, lequel se suffit parfaitement à lui-même. 1] est done permis de supposer qu'après ces trois essais de Le allégorique Bocæace abandonna la voie dans laquelle il s'était Peut-être avait-il aperçu les difficultés auxquelles il allait se mi déjà la ballade I laissait fort à désirer, sous le rapport du mâturel etde ln clarté. En tout cas ce changement de front , dans la coneeption des ballades, sd titielonterest/priniel( es Donne qu'à aucun autre endroit. du livre : semi ipar le préambule. de ka quatrième, journée — vigoureuse réponse de Boceace aux détraeteurs de son œuvre — les trois premières décades de nouvelles avaient été, sinon publiées, du moins communiquées à quelques lecteurs avant l'achèvement du reste. Si l'on peut apercevoir une coupure dans la trame du Décaméron ; c'est bien iei. BL n'est donc pas-déraisonnable de supposer que, tout d'abord, Boccuce avait vouke donher pou couronnement à chaque journée une poésie allégorique, mais que, chemin faisant, pour uni raïson où pour une autre, il y renonca.

Peut-on reeonstituer ce plan primitif, dont Jes wois premières ballades paraissent être le seul vestige Personne ne saurait le faire avec certitude;

LES BAULADES DU DÉGAMÉRON. 495 toutefois on est en droit d'affiner que ke symbolisme en aurait été tout différent de celui dela Divine Comédie : il est inadmissible rise den livre aussi volontairement frivole, — Le Pmemäo et introduction de quatrième journée sont assez explicites — Boccace ait voulu. sus ane conception mystique de la vie. Si, au contraire, où se reporte aux

qui ont dominé toute da formation de son esprit, on me peutmanquer d'être frappé de d'ardeur avèe laquelle il à constamment recherché la science. par l'étude des lettres anciepnes, de la grammaire, de la rhétorique, de la poésie, sans oublier da mythologie ni mème f'astrologie. Pourquoi Boccace n'auraitäl paseu en vue un profane, correspondant ises aspirations et d'énodit ? Dante n'avait il pas associé déjà une classification des, sciences à l'allégorie des dix régions célestes décrites dansson paradis # ? Ne oyait-on1pas à Florence mème, presque au moment oùétaient composéesmos ballades, un artiste admirable, dont de nom malheureusement ne nous est pas: parvenu ; peindre sur des murs d'une célèbre chapelle, attenante. à Sainte-Marie- Nouvelle — l'église du Décaméron — un Triomphe de saint Thomas . où les tions des sciences, au nombre dedix, jouent un rôle capital #2 Donner de cette allégarie. ou d'une toute pra kr tune in ter prétation que , était une entreprise asser maturelle, jet d'on peut arms 4 aux, arc anse Pourme vie dire des descriptions de sen Ameto et de-sonAmurusa wisione; que don aile chercher, au divre XIV (ch. 14} de sa Génédogie des Dieux ; le portrait en pied qu'il a dessiné de dat losophie, nssise sur un trône, le front ceint d'une couronne d'or, vêtue Re fre la main gauche appuyée sw des livres, tandis que. de, la droite elle porte son sceptres on y verra un bel'exemple MR PORTO 2e donner une forme concrète À de purés abstractions

(Can, 0h. w1 : act con è Ces oansidé- à son -tour, chacun le sait, rées par los meilleurs Lomme re entre nSig et 2358. | ! montant au milieu da xn* siècle, sims #} On relève encore cette pihrase dans qu'il soit possible d'affirmer $ elles sont 1 gé VE XV, 12 2 «l'avoue antérieures où poëléricares à 2360, que sont obscurs, vrais M: Guido Mamomi veut bien m'avertir toujours in! si d'on rocherches, encore iné. mn esprit sains ceux qui se pl de d'undesesélèves, l'émspirateur de cette wbscanité, ont des yeux de hiboux

196 AALLU Si réellement les dix ballades du Décaméron avaient dû personnifier ix formes de l'activité intellectuelle, les trois premières, d'après la elassiion traditionnelle, devraient correspondre aux sciences du érivéun

— grammaire, dialectique, rhétorique, Est-ce possible ? 4 Le nf er y ares de la première ballade est ttribut de cette seience austère

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