‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 147 sur 151 · LE MAROG AU XVI SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE MAROG AU XVI SIÈCLE

devant Tanger (1434) l'élan d'une nouvelle expédition sons anais le sultan n'était rien dans ce succès. :

Le règne du Mérinide Abd el Hak, TU ut M er Pr son tuteur El-Ouattasi (milieu du xv siècle), est rempli par des luttes contre les marabouts et des confréries religieuses formées autour d'eux. Ce prince, qui parait doué d'intelligence et d'énergie, fait disperser plusieurs zaouïas, châtie des tribus rebelles, participe probablement au mouvement qui entraine l'assassinat d'El-Djazouli, + que de la congrégation la plus redoutable. Préocoupé de réformes financières, il accorde sa confiance à des non-Musulmans, notamment au Juif Haroun, qui tente de soumettre à impôt les marabouts et les chérifs et de supprimer les remises qui leur étaient consenties sur ce qu'ils envoyaient au sultan. Innovations fiscales, amitiés exotiques . c'est plus qu'il n'en faut

pour perdre un sultan dans l'esprit des Marocains. Abd ul-Axiz en fait Foi ianods en ce début du xx' siècle, trois cent cinquante ans après Abd el-Hak. Ce dernier était à l'armée, du côté de Geuta , lorsque Haroun l'informe d'une émeute à Fer; ä veut rentrer dans sa capitale: la peine à s'en faire ouvrir les portes et, comme il voulait s'expliquer devant le peuple, il est égorgé; les biens des Juifs sont pillés, Haroun massacré aveo ses coreligionnaires; un chérif est proclamé par ses compagnons et complices {1 465). Les Mérinides directs ont vécu.

IL, La sivalité daneles ecibone) dl'ans parts les mérahouts et quelques chérifs de l'autre, continue, pes serbe ee encore, pendant un siècle environ , sous les Mérinides-Ouattas U), | descendants du tuteur d'Abd el-

Hak.1l est inutile d'en retracer-ici Les principaux épisodes. Rappelons D M MO RE fin des

dans la péninsule et de la poussée castillane la | vive sur les côtes d'Afrique : en 1463 , les Castillans ont enlevé ven 1469; Fer-

dinand d'Aragon épouse Isabelle de Castille, et l'union effective des deux royaumes est consacrée en 1479, après plusieurs années de guerres civiles ; Malaga test prise par les chrétiens en 487 et Grenade, la dernière capitale des « Maures», en 1492. Dès 1481, les Espagnols se sont de Mélilla, sur la côte du Rif marocain, et bientôt le cardinal Ximénès va décider et diriger lui-même la célèbre expédition d'Oran

1507); Alger et Dellys se soumettent aux : De leur côté ; les s'établissent sur la côte atlantique à + à Safi, à Santa Cruz (Agadir) et imposent leur protectorat aux indigènes du voi-

& Voir leur généalogie dans Cour, p. 47.

LE MAROC AU XVI SIÈCLE. 673 cherche de tous côtés des alliances pour résister au: «chérif victorieux ; il négocie avec les Tures, récemment installés à Alger, puis avec les Chré: liens d'Espagne, Un instant, le faible Ahmed libéré par Mohammed-ech- Cheikh. rentre dans Fez; mais il a dû livrer à son ennemi Méquinez, pour prix de: sa rançon, c'est-à-dire que Fez est à la merci d'un coup de main du chérif. Vainement Abou Hassoun tenta dé convertir son neveu à sa politique d'alliances chrétiennes ; Ahmed devait du moins à sa triste expérience d'avoir compris qu'un tel expédient renforcerait les armées du: chérif sans le servir lui-même; il refusa; Abou Hassoun, irrité, fit dé: fection et bientôt (1549) le chérif fut maître deda ville et du royaume de Fez,

Mohammed n'arrèta pas là ses conquêtes ; d'émuir dei Tsnoeh s'était déshonoré aux yeux pe ver Musulmans en acceptant de prêter hommage au roi de Castille; ce prince peu fanatique, après avoir tâté les chef tures d'Alger, avait pressenti qu'il trouverait en eux des alliés trop exigeants et s'était tourné vers les Espagnols, moins redoutables parce qu'ils n'avaient d'établissements que sur les côtes et de ravitaillement possible que par mer. Devançant ses troupes, le chérif eut l'udresse d'envoyer à Tlemcen des confrüres des associations religieuses dont il était membre, si bien quel'émir étaitvaineu sans avoir combattu : Tlemcen fat livré dès que parurent les trente mille hommes d'El-Hassan , général du chérif, et les soldats marocains s'avancèrenten maraudant jusqu'aux portes de Mostaganem (1551). L'émir avait pris la fuite et s'était réfugié chez les Chrétiens : ce n'était pas fait lui sa pere ne, lors beau jeu à dénoncer son infamie. Mais les suceès de Mohammed n'avaient pas inquiété seulement les Espagnols, établis sur la côte du Rif et de l'Oranie; ils portaient ombrage aussi aux Tures d'Alger, et de ce côlé-vint une résistance que l'orthodoxie militante Le chérif n'avait sans doute pas prévue.

IL Dès le début du xvr siècle, lors des expéditions triomphales qui avaient livré aux Espagnols plusieurs ports africains, les” habitants d'Alger avaient appelé à leur secours les corsairés turcs qui, sous les ordres de Haroud} et de Khéreddin, écumaient la Méditerranée oceidéntale ; les chefs pirates, heureux de cette occasion d'acquérir un port, avaient accueilli volontiers-ces propositions mais: à peine débarqués à Alger, avaient assassiné les marabouts qui les avaient appelés et n'avaient pas lardé à se révéler ce que leurs compatriotes furent plus tard en Egypte, une milice brutale, indifférente aux besoins locaux, une colonie

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