‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 33 sur 151 · EMILE BOURGEOIS · texte numérisé non relu

EMILE BOURGEOIS

Éd er aber am Crop | parvenir à son tour à la charge qu'avait recherchée Bérnis et déloger, il l'imita : revenant de son ambussade à Rome, « il passa DU Le us MM HA denau fou ei Subiml de Vienne». C'était un plan formé par Bernis lui-même, si l'on en juge par cette curieuse lettre à Choiseul que nous a conservée l'abbé dans ses Mémoires (10 janvier 1757):

Vous trouverez l'Infante dans de bonnes dispo: s nous. C'est à vous de 1 ES fi à cl dim de po D AO = de P. et l'alliance avec Vienne est tacitement contrariée par tout

le monde. Je crois nécessaire que vous soyez envoyé à cette cour ,

Quand on voit ainsi les deux hommes d'État, de Bernis.et Choiseul, employés par Madame de Pompadour à négocier ou à soutenir les deux premiers traités de Versailles, désignés par la duchesse de Parme, avant toute démarche de l'Autriche, à la faveur de son père, destinés par elle à remplacer des ministres pacifiques qui regrettaient eux-mêmes de l'avoir vue si mal pourvue par le traité d'Aix-la-Chapelle, l'intrigue s'éclaire, qui devait bouleverser l'Europe. Madame Infante n'avait pas peur de la

« Vous savez trop mon amour pour la gloire et l'avantage du roi, ivait-elle au premier bruit de la rupture avec les Anglais, pour ne pas sentir mon impatience là-dessus. Je ne désirais assurément pas la guerre, mais peu de Français regretteront le dernier traité fi, Elle surtout, qui avee Madame de Pompadour ébauchait des projets propres à « donner la loi partout », et un meilleur établissement, dans un changement total des conditions européennes, pour son mari.

Madame de Pompadour était à oëtte heure critique où elle avait besoin de soutenir auprès du roi «une amitié qui depuis trois ans avait fait Le la galanterie », transition délicate entre la faveur de Madame de

lontespan et l'autorité de Madame de Maintenon. Le concours ou tout

au moins la neutralité de la famille royale devait être pour elle d'un prix

dans cette conquête d'un pouvoir définitif et solide, Le Secret

de l'Infante devint très aisément le sien, et l'on comprend qu'aux pre-

miers pourparlers de Babiole, l'Autriche à son tour offrit à Louis XV

« des avantages qui devaient intéresser son cœur sensible et paternel par rapport à ses enfantset petits-enfants»,

(9 Revue de Pari, 1" septembre @ Lettre an maréchal de Noailles, 1899 , p: 22. a août 1755. — Archives du Minis- Bernis, Mémoires et Lettres, tère des Affaires art Parme,

éd. Masson, Il, 111. folio 65.

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