‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 35 sur 151 · LA POTERIE GALLO-ROMAINE , PRODUCTION ET COMMERCE · texte numérisé non relu

LA POTERIE GALLO-ROMAINE , PRODUCTION ET COMMERCE

J. Décaecxrre. Les vases céramiques ornés de la Gaule romaine. Deux volumes in-4°. Paris, Aph. Picard et fils, 1904.

M. Déchelette aurait pu prendre pour épigraphe le vers de Martial qu'il cite quelque part :

Arrelina nimis ne spernas vasa monemus.

Rien ne prouve mieux, en effet, que ce travail he l'archéologié et, par elle, l'histoire peuvent retirer des moin fragments antiques lorsqu'on a la patience de les recueillir, de les classer et de les

rer entre eux, avec la science nécessaire pour en tirerune doctririe générale. Qu'y a-t-il de si peu instructif, à première vue, qu'un morceau

1 Bernis, Mémoires, Il, p. 204 et 281.

198 Lib Ai MRACAGNATIN rit) Pr re -vernissées où mates, qu'on ramasse à chaque pas anciennes villes romaines? et pareil

s eux-mêmes pe Peer es eur à travers autrement dit sur un

rl ta et commerciale du monde ancien. ee

(LS ne dE ee alor qq due pis émet où, comme on: dit aujourd'hui, sigillées, soit moulées, soit à reliefs re soit ornées à la barbotine, soit à décor incisé; mais ce sont l'étude prête aux conclusions les plus nettes; car, tandis que

pour les autres on ne peut guère s'attacher qu'à la couleur de Ja pâte, à la forme et parfois à la marque du fabricant, il existe pour celles-ci un élément nouveau très varié, très fécond , qui est la décoration. On cam- Lqu'à combiner tous ces renseignements, qui. se contrôlent l'un l'autre, on puisse atteindre la précision nécessaire | pour passer de constatations! techniques. à des faits d'une portée générale. Les résultats auxquels l'auteur est parvenu méritent ; par leur incontestable nouveauté,

d'être signalés en quelques pages.

ï caractérise cette poterie ornementée de la Gaule romaine, di MA le ne procède pas d'une industrie indigèné, née sur le sol. Assurément les Gaulois fabriquaient des vases d'argile pour leur usage, les-ans grossiers, d'autres plus élégants; assurément aussi ; ils possédaient des procédés d'ornementation et comme un certain style qui leur était propre; mais leurs produits, que nous connaissons, n'avaient rien de commün avec les vases dont on se servit à l'époque gallo-romaine; il suffira de dire que l'ornementation en est presque exclusivement géométique et obtenue au pineeau : c'est de la poterie peinte. Elle était répandue dans toute la Gaule vers l'époque de la conquête de César et continua quelque temps encore à se fabriquer et à se vandte. ‘

À ce moment il existait en Halie une officine céramique très importante, celle d'Arretium, en Étrurie, dont la célébrité, remontait à ane dite asbes reculée. Les potiers d'Arezzo avaient, comme leurs confrères des autres parties de l'Italie, produit d'abord des vases à couverte noire; puis, vers le n° siècle avant notre ère, ils avaient échangé le vernis noir

contre le vernis rouge, qui devint désormais leur caractéristique; dès

LA POTERIE GALLO-ROMAINE, 199 lors tous leurs produits furent revêtus d'une couche d'un beau rouge corallin où capueine, homogène, bien adhérent.et d'uné extrême ténnité. Quant aux motifs qui les ornaient, ils étaient imités des meilleurs modèles bellénistiques : le dessin Cas rs le modelé souple; l'exécu- PE apte de fortes touches et d'indications

parties secondaires. On! songe en! les voyant à ces

ss en den tm (et aa mar an 271

rm En are va des poinçons usités à De Dre 48 a a cb dem rs L ul Staaihmtie tac h mord ie

“La eee Pourie rnérimblore lle ate des pauvres, = ‘firent apprécier non seulement sur :mais dans tontes etes avaient commerce avee J'Htalie. En Gaule, Éme ry

ndiioehimethnGeqee SEAT A consacrés à la France pour s'en convaincre. l semble bien pourtant qu'on ait fait venir surtout, pour commencer, des! vasès sans ornementation , moins fragiles et par suite d'un: transport moins hasardeux; joint à cela, eee remarque fort justément M. Déchelette, « que la clientèle,

qu'elle ne fut pas. phaétréé paru ciittortomaine}, ne pouvait Arr ES 274 à cette céramique dont les motifs d'ornement étaient empruntés souvent à des scènes de mythologie gréco-romuines qui néllui étaient pas familières ». On peut répéter la même chose: à d'autres

pu être encore localisé.

en Alu cet qui: doppersient à ia diflsion:es Gaule de ie po terie italienne , difficultés des transports et indifférence artistique de la clientèle, le dernier devait assez vite, disparaître avec les progrès de la romanisation: mais le premier subsistait et le makétait sans remède : onine pouvait pas simplifier les communications entre l'Italieet sa voisine de LOuest ni Rires quel doignement n'augmentät pas sensiblement le prix de revient. C'est alors que les artisans de Gaule eurent l'idée d'imiter sur place les poteries d'Arezzo ou similaires et de détourner à leur profit la yogue dont elles jouissaient. Une telle entreprise ne pouvait point réussir sur tous les points du pays indistinctement, dans l'une quelcanque des nombreusesioficines de poterie commune qui y existaient; la fabri-

Page 1