‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 36 sur 151 · R. CAGNAT · texte numérisé non relu

R. CAGNAT

cation de la céramique sigillée exigeait un ensemble de conditions assez spéciales et que l'on ne pouvait réunir aisément : la qualité de l'argile, le perfectionnement de l'outillage, l'expérience des ouvriers, l'éducation de ceux qui étaient appelés à modeler les poinçons. Elle se limita donc à quelques centres plus favorisés. Nous sommes arrivés à les connaître à la suite de fouilles méthodiques.

En certains endroits, en effet, où la poterie ornementée se trouvait plus abondante qu'ailleurs, on a regardé avec attention et l'on est à recueillir, parmi les tessons accumulés et les vases de rebut, des moules entiers ou brisés, des objets se rattachant à la fabrication, tels que roues pour ou calibres pour exécuter les moulures; parfois même on à reconnu la présence de fours anciens, dont on a pu relever le plan, Dès lors le doute n'était pas possible on était sur l'emplacement de manufactures anciennes; les vases qu'on y recueillait en provenaient, les moules qu'on y ramassait avaient servi à la fabrication. Or, comme beaucoup de ces moules portent soit des ornementations caractéristiques, soit des marques d'atelier qui se retrouvent sur des poteries sorties de ces moules ou sur des tessons, il suffit de les noter partout où l'on en rencontre des exemplaires pour se faire une idée très nette de la diffusion de ces produits gallo-romains en Gaule ou ailleurs. Je ne m'attacheraï ici qu'aux deux ou trois fabriques les plus importantes du pays).

IL Vers la fin du #* siècle av. J.-C. , ainsi qu'il a été dit plus haut, la Gaule ne connaissait encore que les poteries sigillées d'importation italique; dès le début de notre ère on voit se produire des essais d'imitation. Les potiers qui habitaient les bords de l'Allier, Saint-Rémy-en-Rollat, Gannat, Vichy, donnèrent l'exemple. On leur doit des vases que caractérisent la couleur blanchâtre de la pâte, souvent recouverte d'une glaçure jaune, ét une décoration assez imparfaite; le nombre des types figurés est encore très restreint ét les ornements assez maladroïtement tracés.

à la même époque un atelier du département de l'Aveyron entréprenait la fabrication de poteries à vernis rouge; il était établi à l'endroit appelé aujourd'hui la Graufesenque, sur la voie de Rodez à Lodève, On le connait bien grâce aux fouilles de MM. l'abbé Gérès, l'abbé Hermet et de Garlshausen. Là on s'attacha surtout à reproduire les produits d'Arezzo, soit que des potiers arrétins soient venus importér sur ce point l'industrie de la céramique, ce que certaines marques

1 Pour les autres, par exemple celle Rhône, je me contente de renvoyer le de Banassac où celles de la vallée du lecteur au livre de M, Déchelette,

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