‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 55 sur 151 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

À. Lacronx, membre de Mise, La Re Pelée et ses érupw" ne Le LE

re F ave 3 anche 23 Br Masson et Ce, î

Ce nr ni qu pe rar de soleil. cela se disait en latin du temps de nos pères. mn raison sommes-nous en droit de croire l'humanité assez vieille e des des sont define, où qu aie La rise de est un perpétuel recommencement, + Fa et prop x te quand à cit de Thin ds hommes, parce que les mêmes passions continuent à s'agiter dans un »invariable, iln'en est plus de même pour l'histoire

Ce sont des millions d'années qui ont EE — es “humaines est absolument négligeable, et nous ne sauions actuellement nous flatter d'avoir connu et défini tout | Si va

4 la surface de notre planète.

anne de Frs produit ER la Martinique a une stupeur d'autant D la plus foudroyante de toutes les hécatombes s'ajoutait la surprise Reniee entièrement nouveau pour les hommes de science. C'était un chapitre imprévu qui s'ouvrait dans l'histoire du volcanisme, Le Moloch à qui tant de victimes ont été déjà sacrifiées,

SAYANTS, 38

CTPTPRETEEOTTOR

manifestations éruptives ont té nombreuses et vuriées. Écrire le: récit de léraption de 1402 ne suffisait pass il fait encore la rattacher à ce er Poor et si l'on songe , depuis 1640, la région a donné lien à près de deu cons ci ame PM Beta lil a fallu de travail pour: résumer, discuter et enordonner des indiit oh menthe troie parfois même contradictoires.

C'est ainsi que, dès le début, l'auteur s'est trouvé en Biôe d'ine dif:

culté : celle de préciser la date de la première manifestation du volcan de er ser) Pelée. Avant ri auoun éerit ne fait ane allusion quelconque à la nature particulière de cette montagne, défendue d'ailleurs contre la curiosité, d'abord par la crainte des Caraibes, ensuite par les forêts impénétrables dont ses flancs étaient garnis, entourant un sommet qui, de loin, semblait pelé, parce que k végétation, Mae à vents, ny dépassait pas rm décimètres de hauteur.

‘Cest en r763 que, Esgethrii première fois, ‘Fhibaalt de Chanvallon constate que la montagne en question rt here ur ancien volcan +, et il ajoute : « C'est aussi le sentiment des anciens habitants. » Mais nn op 4 de ré avé les autres volcans des Antilles, et il n'est fait aucune mention d'une éraption-donties populations D éme mm soit msi soitrpar tradition.

En fait, c'est seulement à la fin du: nes que in Montagne Paée estsortie de son sommeil, Mais à quelle date? Est-ce le 22 janvier 1 762, ou le 24 janvier 1792? L'une de ces dates: est donnée par Humiboldt, l'autre par Léopold de Bueh. Mais iliest établi que tous deux n'ont eu connaissance du fait que par une courte note, publiée en 1795 dans le Journal des Mines. Cette note faisait suite à un mémoire d'un officier français, Dapuget, tem ls « Coup d'œil rapide sur la Physique générale et la Minéralogie des Antilles. » Elle indique formellement la date du 22 janvier 1792 , et décrit le phénomène , qui a consisté seulement en un fort dégagement , très localisé, de gaz sulfureux, ayant entrainé la mort de dixneuf petits animaux (de l'espèce! Dédelphis opossum) et de plusieurs oiseaux, et accompagné de la sortie d'une eau noïrâtre, sulfareuse et chaude, dut cela, ilsemble évideniléue l'hdsontidii dé 1762, donnée par de Buch} doive être considérée comme le résultat dune faute d'i sion. Pourtant la chose ne paraît plus aussi simple quand on 3

avee M. Mercalli , a irons D Amen ol 1784 à “ \ 4 Attï della Soc. itil. di Sciensé natarol®, Milano (rgox), XL

202 A. DE LAPPARENT, 1786, il est impossible que cet officier ait pu parler d'un événement postérieur à cette date, Aussi Je savant italien opine-t-il pour 1762.

Mais à cette conclusion M. Lacroix oppose une réfutation toire. En premier lieu, dans le corps même de son mémoire, Dupuget ne parle de la Martinique que pour dire : « amet benne 4 de Sainte-Lucie, de la Dominique, de la Guadeloupe, ne sont que d'anciens volcans dont l'activité a diminué par suite de défaut d'aliments. « L'éruption du 22 janvier n'est mentionnée que sous la forme d'une annotation, laquelle est rédigée en style impersonnel, au lieu que le mémoire est essentiellement le récit d'un voyageur. H est done fort à croire que Dupuget a appris la chose par une communication qui lui a été faite après son retour en France, au moment de l'impression de son mémoire, Autrement, s'il avait connu, étant aux Antilles, un événement qui à ce moment eût été vieux de plus de vingt ans, et à la suite duquel (c'est l'annotation ellemême qui le constate) les voyageurs à venir avaient été invités à consigner leurs observations, comme annexe au procès-verbal rédigé par les Martiniquais au lendemain du phénomène, il n'eût certainement pas manqué de faire connaître dans quel état il avait trouvé le volcan.

Du reste, l'insignifiante manifestation de 1792 avait produit si peu d'effet que la correspondance officielle de la Colonie, à la date de eette même année, n'en fait aucune mention, et que, soixante ans plus tard, personne n'a songé à en évoquer le souvenir lorsque s'est produit le second réveil d'activité, celui de 1851.

Cette fois la chose ne devait pas demeurer inaperçue, et elle a fait l'objet de rapports officiels, rédigés par Leprieur au nom d'une Gommission que le gouverneur de l'ile avait instituée. Ces rapports font savoir qu'au printemps de 1851 une odeur sulfhydrique commença à incommoder les habitants du Précheur, et que l'origine de ces émanations se trouvait au lieu dit la Soufrière, à la naissance de la Rivière Glaire, où depuis longtemps des sources sulfureuses étaient connues. Le 5 août, dans la nuit, dé fortes détonations réveillèrent jusqu'aux habitants de Saint-Pierre et, le lendemain matin, une couche mince de cendre, sem blable à du givre, recouvrait la contrée, pendant qu'un panache de vapeurs se déployait au-dessus de la Montagne, D'autre part, da Rivière Blanche roulait des eaux boueuses, entraînant de nombreux troncs d'arbres,

Le g août, ces divers symptômes s'accentuaient encore, puis, après plusieurs semaines d'accalmie, les détonations, les bouffées désvapeurs et les torrents de boue recominencèrent à la fin d'octobre pour durer jus-

UN CHAPITRE DE L'HISTOIRE DES VOLCANS. 293 qu'aux premiers jours de novembre, Après cela, l'activité diminua peu à peu; elle durait encore pendant les premiers mois de 1852. Lorsque, au début de février, la Commission put se risquer à examiner la haute vallée de la Rivière Claire, elle constata que sur un périmètre de 800 à go0 mètres autour des orifices d'où les vapeurs étaient sorties, la végétation, qui, à la fin d'août, s'était montrée simplement souillée de boue, avait cette fois complètement disparu; et Ja température de quelques famerolles atteignait 115 degrés.

En résumé, les circonstances de l'éruption de 1851 n'ont différé que par leur moindre intensité de celles qui ont signalé les derniers jours d'avril et les premiers jours de mai 1902. Elles n'ont fait aucune victime humaine et les dommages ont été limités à une très petite surface, à ce point que le propriétaire du sommet de la Montagne, qui habitait non loin de là, au Morne Balai, n'avait pas quitté sa demeure, sur laquelle il était tombé à peine quelques traces de cendres; et lui-même, en 1902, dans la case qu'il habitait sans interruption depuis 1847, a pu renseigner M. Lacroix sur tout ce dont il avait été témoin.

Arrivons maintenant à l'histoire de la catastrophe de 1902. À cette époque, à environ 300 mètres sous le sommet de la Montagne, s'ouvrait au Sud-Ouest un gouffre aux parois abruptes, dont le fond portait le nom caractéristique d'Étang Sec. Par une échancrure en forme de V, barrée à sa base par un sorte de digue naturelle, ce gouffre débouchait dans la haute vallée de la Rivière Blanche. Dès 1889, de petites fumerolles sulfhydriques avaient apparu dans la partie orientale de l'abime. En 1900, puis en 1901, des touristes avaient constaté, mais sans y attacher d'importance, un accroissement d'activité dans ces émissions. C'est en février 1902 que les dégagements sulfhydriques commencèrent à incommoder les habitants du Prêcheur. Un peu plus tard, l'odeur se faisait sentir jusqu'au voisinage immédiat de Saint-Pierre et déterminait

j es à faire le 27 avril l'ascension de J'Étang See.

Déjà ce nom traditionnel était devenu une amère dérision. Le fond de l'abime eratériforme était oceupé, sur un diamètre d'au moins 100 mètres, par un lac sur lequel flottait de la cendre noire, qui lui donnait l'aspect d'une mer de plomb fondu, On percevait distinetement le mouvement tumultueux d'un liquide en ébullition dans le cratère. De ce dernier la fumée s'envolait par gros flocons et l'eau, rejaillissant en cascades, allait se répandre dans le lac, où elle gardait encore une température de 37 Lib La profondeur était assez forte pour qu'on y vit émerger seulement les cimes d'arbres que cette invasion d'eau avait noyés.

D'où venait cette formation d'une masse d'eau importante, dans cute

cuvelle qui, depuis un temps immémorial, n'avait cessé d'être à see?

de ap ep ré »

Du reste, les événements se CLR 28, de forts gran dements se font entendre et om voit tripler le débit de in. Rère Bancs, qui rond source au pol de l'Étang Sec, preuve évidente

le barrage de ce dernier commençait à faiblir sous k1 pression de l'eau. Le 30 avril, de petites sseousses sont ressenties à Saint-Pierre ek la Rivière Blanche entre en erue. Enfin, le à mai, à quatre heures du soir, la colonne noire qui s'élève du cratère est silonnée d'éclairs; la cendre tombe à Saint-Pierre et s'étend mème sur toute la surface de l'ile, attestant que la projection était devenue assez violente pour que les débris entrainés atieignissent les hautes régions où règnent les eontre-alisés.

De tels symptômes étaient absolument décisifs. La cendre, on de sait depuis longtemps, n'est que de la lave dans un grand état de division, enirainée par les gaz que dégage un volcan dans ses paroxysmes. Les éclairs qui sillonnaient par instants la colonne de fnée ne pouvaient être produits que par ln réverbération d'une: nappe ignée sous-jacente. Le danger était done tout proche et 1x menace devait s'accentuer encore le 5 mai, quand vers midi une violente éraplion buueuse ravagea la Rivière Blanche en détruisant une sucrerie et noyant 25 personnes. C'était l'Étang Sec qui se vidait.

Cette irruption, du moms, marquait-elle la in du paroxysme? Nullement; car, le lendernain des phénomènes lumineux étaient constatés au cratère, Le 7 mai, la pluie de cendres augmentait et, dans la nuit, plusieurs éruplions boueuses dévastaient les bourgs situés sur le pourtour de la Montägne. Enfin, le 8 mai au matin, par un ciel clair, on vit tout d'un coup arriver sur la ville, avec une rapidité foudroyante, une nuée noire, sillonnée d'éclairs, qui roudait sur le sol. Quelques minutes après, il me restait plus rien de Saint-Pierre ni de sa population, et tous les navires de la rade avaïent été coulés.

Cette nuée ardente, qui malheureusement devait se renouveler à pla. sieurs reprises, dans le courant de 1902 et de 1903, a été l'événement caractéristique du paroxysme, événement tellement imprévu, si fort en

UN CHAPITRE DE L'HISTOIRE DES VOLCANS. 205 dehors de ce que nous avait appris l'expérience des éruptions volcaniques, que les hommes , même de science, sont excusables dene l'avoir point prévu. Jusqu'ici, les seuls dangers qu'on rrût avoir à redouter dans le voisinage des volcans étaient les pluïes de débris, fes déluges de boue, ou da descente des conlées de lave. Or fa pluie de cendres n'avait encore rien d'alarmant, les torrents de boue trouvaient leur action limitée aux pentes mêmes de la montagne et la lave n'avait pas encore paru hors du cratère. Comment des habitants de Saint-Pierre ae onpgomné bombardement instantané qui les attendait ?

Pourtant , res valeanologiste érudit aurait pu trouver, dans ne 2 ee hate té her 513 à ce qui sernblaîit si nouveau etai inexpliautrefois publié sur les éruptions des Acbres, Er ren Fouqué, beau-père de M. Lacroix, a mis ve nier sur Ja trace de documents qui remontent au xvr siècle et sont con. node Mretder Sorti 1580, la petite île de San Jorge, située dans cet archipel, a été dévastée par une éruption. Au cours du désastre, quelques hommes, ayant voulu sauver des «objets laissés dans une maison située près du rivage, s'y étaient rendus en bateau, lorsqu'ils k par un nuage qui les brûla, consamant da peau et les cheveux.

La même chose se reproduisit en 1808, lors d'une nouvelle éruption du volcan de San Jorge. Un nuage ardent, suivant l'expression d'un des témoins, envahit le village d'Urzelina et brûla grièvement des habitants. L'auteur du récit constate que este à 14 terminée quand survint « éruption d'un nuage obscur qui se sar le sol en descendant les pentes de l'ile jusqu'à lu mer; il avait une force

+ détruisait et brülait tout ce qui se trouvait sur son passage. Les personnes qui le respiraient mouraient sûrement. Les effets de ce phénomène rappellent ceux du simoun du désert qui, dans ee cas, devrait s'appeler sûmown volcanique ». Un autre témoin à vu aussi un nuage « se trainant sur les flancs de l'ile» et il ajoute, comme le précédent, « que l'introduction de la plus légère partie de ces nuages dans les poumons nous bservés dans la sont exactement ceux qui ont été ol

carpe de Sn Pere, € qi dpi c'est le mode de formation de ces nées ardentes. Mais avant de montrer eumment des observations de M. Lacroix et de’ses collaborateurs paraissent avoir résolu le problème il importe de diriger notre attention vers ane autre partieularité du paroxysme de la Montagne Pelée, qui n'a pas, moins que li

première, excité la surprise des horomres de science.

Après le terrible bombardement de Saint-Pierre, le sommet de la Montagne est, pendant de long jours, demeuré invisible, caché qu'il était pur d'épais nuages. Lorsque ce rideau se dissipa, on reconnut qu'un changement s'était produit à la cime. Autrefois celle-ci était constituée par une dent assez hardie, surplombant le cratère, et connue sous le nom de Morne La Groix. L'altitude de sa pointe était d'environ 1,350 mètres. Or, le 22 mai, on ne mesurait plus pour la cime que 1,277 mètres. Une partie notable de la dent du Morne était done éeroulée lors de la catastrophe. À ce moment, du Morne Rouge, on n'apercevait plus, en ce point, qu'une insigniliante protubérance au-dessus du grand cône

ique aplati. x

Le 16 Lirs un rapport du brigadier de gendarmerie du bourg relate le fait suivant : « Ce matin, on à aperçu sur le versant nord de ln montagne un pie plus élevé que la montagne elle-même; les habitants disent que ce pie n'existait pas hier soir; la gendarmerie ne l'avait pas vu non plus.» Le 27, la hauteur de ce pic s'était accrue de 100 à 150 mètres, et il changeait d'aspect à tout instant par suite d'éboulements.

Hélas ! à partir de ce moment, le Morne Rouge, jusqu'alors protégé, allait se trouver sous le feu de la partie active du volcan. Aussi, le 30 août, était-il à son lour ravagé par une de ces nuées ardentes qui, antérieurement, se contentaient toujours de partir, par 'échancrure du cratère, dans la direction de la mer,

Ce nouveau désastre provoqua le retour immédiat à la Martinique de M. Lacroix, qui organisa un service permanent d'observations, grâce auquel on a connu, jour par jour et dans le plus grand détail, la marche de ce phénomène si intéressant. Contentons-nous de résumer les résultats obtenus.

Aussitôt après la destruction de Saint-Pierre, on avait pu constater, à la faveur de quelques éclaircies, qu'en arrière de l'échancrure en V du cratère se dressait un amas conique, et que, sur cet amas, il se produisait une descente continuelle de blocs, dont l'incandescence était visible pendant la nuit. À quelques reprises, on avait vu, en juillet, une crête déchiquetée se profiler au sommet de cet amas, atteignant juste l'anciénne altitude du Morne La Groix, c'est-à-dire 1,353 mètres. En octobre 1902, cette protubérance déchiquetée, parfaitement nette, et rappelant les crêtes dentelées de l'éruption de 1866 à Santorin, continuait à croître en hauteur. Enfin, le 3 novembre, on voyait se dresser à son extrémité une véritable aiguille, qui, de 1,370 mètres, passait en vingt et ün jours à 1,579 mètres, par uné montée continué,

UN CHAPITRE DE L'HISTOIRE DES FOLCANS. 297 : Une série d'écroulements accompagnés de remontées brusques, mais insuffisantes, avaient, au commencement de février 1903, ramené la cime à 1,424 mètres, lorsqu'une nouvelle période d'ascension lui fit atteindre, le 6 juillet, le maximum de 1,608 mètres. Ainsi elle de 350 mètres le sommet du grand cône, au-dessus duquel elle se détachait par moments avee une hardiesse incomparable, Mais, dans la nuit du 6 juillet. elle perdait tout d'un coup 63. mètres de hauteur, retombait à 1,380 mètres le 10 avril, pour revenir en septembre, mais sous une forme moins heurtée, à l'altitude de 1,450 mètres. Les blocs tombés de cette aiguille et de l'amas qu'elle surmonte sont uniformément constitués par ane variété très peu fusible de lave, qu'on “andésite, et dont l'allure accuse une matière essentiellement visqueuse, On ne peut donc hésiter sur l'interprétation à donner aux phénomènes observés. + ere Au lieu d'une coulée, qui se serait épanchée par l'ouverture du cratère en empruntant la vallée de la Rivière Blanche, il est sorti de l'abime, une fois l'Étang Sec vidé, une masse pâteuse en ignition, se consolidant de suite à la surface, maïs continuant à s'aceroitre par la poussée interne, sous forme de boursoullure en chou-fleur. Ainsi est né l'anus conique observé dès le début. Puis, la poussée continuant, et la résistance de la carapace solide ne se prétant pas à la formation d'une ouverture per: munente, une fissure s'est ouverte, pur laquelle une portion du magina a baué au dehors à l'état solide, en produisant, d'abord le mur déchie queté; ensuite, par concentration de la poussée en un point, l'aiguille, sans cesse modifiée par écroulement au cours de son, ascension, Par moments, l'une des faces de cette aiguille se montrait remarquablement polie et striée, laissant voir jusqu'à l'évidence que la pâte demisolide avait été Fri ges les parois de l'ouverture qui lui livrait

passage:

M. Lacroix évalue à cent imillions de mètres eubes le volume du dôme qui s'est ainsi substitué à la cavité de l'ancien cratère. Quant à 'aiguille. il. ra calculé que, si celle-ci n'avait subi. PRE sa naissance, Le 3 novembre 1902, jusqu'au 4 juillet 1903, époque

hauteur, la cime eût atteint, à cette dernière date, au moins une altitude de 1,200 mètres, soit 850 mètres de plus que le dôme, Pour une forme cylindrique et un diamètre de 150 mètres, cela représenterait une extrusion de : 5 millions de.mètres eubes, soit à peu près le volume normal de chacune. des coulées qui se produisent

au Vésuve dans ses paroxysmes.

La Montagne Pelée a donc offert aux géologues, sur éne&skellsigrais SAVANTS, 39

impeenie Rarnatt,

- 298 Pet LU # A. DRCHAPPARENTAN DU à 1

fesation Ha die dal mt biens los “ L a « , On à vu ment, du fond de la mer, des intumescences en ignition, raménant avee

verture cratériforme ï

de la Jave en fusion ainsi que des bombes volcaniques. De cette ma-

nière se sont formées et successivement accrues ; vduns! | Jo-fohadtdeuls

baie, des iles dites Kaménis où Brülées. + 4 oil ou ot “La différence entre Santorin et la Montagne Pelée consiste en ce que;

sur ce dernier volean , la phase de projection et d'effusion de la lave ne

s'est pas produite, Onen est resté tout le temps à la phase d'intumescenes,

engendrant.dans toute la force du terme, ün eumælo-olean: tandis

Done qi RE DE UE ER pins ep

Pipe de #7 ediqisi nhntradits ns ce cie

nouveau ‘dans Vhistoire du voleanisme. Elle vjette une vive hunière sur des formations jusqu'ici demeurées très énigmatiques. Il n'est rare, dans les pays volcaniques, parrains Re nee tement isolé, qui domine de beaucoup toute la contrée environnante et qu'on ne peut rattacher, même de loin, à aucune production de nature analogue. Fels le massif de Mézene, celui des Orgues-de-Bort, le Sp il ou encore la pat 4 pn su ere. de Ja en Bohème.

On. Le me demie cris mate SO portions d'anciennes coulées, qui auraient été, mieux que le reste, respectées par l'impitoyable érosion et seraient (ainsi demeurées à d'état de témoins. Mais cette explication se conciliait mal avec leur situation dominante, comme aussi avec la nature de la roche, appartenant presque toujours à une variété volcanique très peu fusible, À la lumière des faits révélés par la Montagne Pelée, d semble bien que toutes ces éminences doivent être considérées comme d'anciéns dômes d'intumescence, qui auraient été édifiés à peu près tels quels, à da place qu'ils occupent. Gomme le dit bien M. Lacroix, au dieu de résulter, dans leur forme

actuelle, d'un phénomène de destruction qui les aurait isolés, ils sont de Ti ete NT ne “rm Maui ons boueuses à

Ce n'est pas tout. L'ampleur in honte. la dimension parfois considérable des blocs que ces Lorrents de boue era es semblent de nature à éclañroir certains

sain, An, sde Card pi; Boule, il. er

‘convint aux aceumulations si

So ay d'Issoiré, et sur Side eng nt “on a tant

"pouvoir se mettre d' (OTRT ARS TITLES ANTON AETT TT mé 2 ra voit combien ont été fécondes les observations, dé M. Lacroix, et quelle heureuse. n elles sont destinées à avoir sur, la solution de beaucoup de di géologiques. + 40 0 0 LÀ cerpoint de vue, les études du savant ontiencore: fait ressortir un fäit ns prunes em p e 8

pu pars ct crtiisdagiiend aber alu rer An # Une ares dits se présentent per her ie ui prétendant due

quartz, c'est-à-dire … silice ou cristal de roche. Peu de minéraux sont moins, fusibles, que le quartz, et tous ses caractères semblent indiquer une production par voie humide, en contradiction apparente avee l'origine ignée probable des roches où on le rencontre. oct A SN à Ja rigueur, être mise en question pour les granits, il n'en est. même lorsqu'il s'agit de certaines laves modernes, sie qui forment à coup sûr des coulées, reliées à des centres volcaniques indiseutables et dans lesquelles pourtant It proportion de silice libre est considérable, ve vx A

Or M. Lacroix à constaté que le quartz eristallisé Le er pers actuels de la Montagne Pelée. Tandis que les blocs provenant de

carapace du dôme en voie de formation offrent une pâte vitreuse, voi. sine de l'obsidienne ou de la ponce, avec petits cristaux disséminés des minéraux silicatés ‘on appelle le feldspath et Fhypersthène, tout autre

Mn ms de la démolition de l'aiguille, pendant la période où celle-ci ne s'élevait plus qu'avec une grande lenteur. La pâte y devient Le me D 2 nombreux grains microscopiques de quartz.

D'autre. rt l'examen des matériaux PL A ve ‘de incendie) de Saint-Pierre, pendant lequel 'andésite qui avait servi aux construclions a subi des modifications très intéressantes, a amené M. Lacroix d étudier ce qui se passe lorsqu'on chauffe à 1,200 degrés le type le

plus vitreux de l'andésite actuelle. 11 a reconnu que le recuit du verre obtenu par cette fusion permettait d'obtenir les mêmes petits cristaux observés dans cette andésite normale, d'où l'on peut conclure qué la fusion ignée a joué un rôle capital, sinon exclusif, dans la formation de cette roche. w

- Bien différentes seraient les conditions de formation du type à quartz cristalisé. Ce type, on vient de le dire ; caractérise l'aiguille en voie de surrection lente, et le microscope montre que la production du quartz y a suivi celle des petits cristaux de feldspath Ph la: I s'agit done d'une réaction accomplie pendant l'ascension de l'aiguille à derni figée. Mais l'observation du dôme montre qu'une grande quantité de

d'eau ne cesse de se dégager violemment du magma en voie de consolidation. Avant de pouvoir sortir, cette vapeur subit sous la carapace une pression indéniable; c'est à l'action de cette vapeur comprimée que devrait être attribuée la cristallisation en quartz du résidu vitreux. Ce serait une variante naturelle, à température élevée, des expériences classiques par lesquelles Sénarmont, Daubrée et Friedel ont réussi à obtenir des éébtins de quartz, en faisant agir sur les silicates la vapeur d'eau comprimée,

Aussi M, Lacroix a-til le droit de conclure qu'il est d'une importance capitale, pour l'étude des roches quartäfères, de constater que la cristallisation du quarts peut s'effectuer à haute température, non seulement-en profondeur, mais encore dans un dôme volcanique, sous une mince carapace solidifiée.

Mais il est un point important que nous n'avons pas encore abordé : c'est la relation qui existe entre la surrection du dôme et la projection des nuées ardentes.

Tout d'abord ces nuées, dont M. Lacroix et ses collaborateurs ont pu, pendant des mois, suivre la formation , sont de véritables projectiles gazewr , qui sortent à un moment donné de la carapace et cheminent ensuite, sans laisser derrière eux aucune queue, en vertu de l'impulsion initiale, mais en se diatant de manière à occuper bien vite un volume mille fois plus considérable qu'au début. Tandis que les vapeurs de ces nuées tendent à s'élever verticalement, au point d'atteindre jusqu'à 4,000 mètres, leurs parties lourdes, chargées de cendres et de blocs, demeurent sous l'action de la pesanteur, qui les force à rouler sur le sol.

D'autre part, une statistique des nuées ardentes établit que leur produetion est toujours en rapport avec les plus brusques changements de forme de l'aiguille du Dôme. Dès lors il est naturel de considérer ces nuées comme des paquets de gaz et de cendres, comprimés sous da cara-

pace, et séchappant lorsqu'une déchirure de celle-ci leur ouvre une issue. Elles ne diffèrent donc pas spécifiquement des colonnes de vapeurs, dé cendres et de débris qu'un volcan normal lance verticalement dans ses paroxysmes. Mais, faute d'une ouverture cratériforme permanente, la projéction se fait, horizontalement ou obliquement, selon la disposition de la déchirure, et, dans un rayon que l'expérience de la Martini

de fixer à une dizaine de kilomètres, tous les points d'où l'on aperçoit la base de l'aiguille peuvent être, tour à tour, exposés à ce bombardement.

En résumé, les caractères particuliers de l'éruption de la Martinique résultent de ce que la sortie d'une lave visqueuse y est lente, et aecompagnée d'une dose modérée d'émanations gazeuses. Plus ie) la montée donnerait lieu à une coulée; comme aussi le dégagement des vapeurs,

s' était plus abondant, se traduirait par de violentes projections Nc cales. Cet état de choses peut d'ailleurs se modifier avec le temps, bien que, près de trois ans déjà, l'allure du volcan soit demeurée très stable. En tout cas, l'appareil éruptif fonctionne sous la seule influence de la nappe ignée et des vapeurs. Aucun mouvement d'ensemble du sol ne s'ést produit et, en dépit d'affirmations contraires, l'équilibre général non seulement de toutes les Antilles, mais de la Martinique, n'en a été nullement affecté, De même, la eoncomitance de l'éruption de la Montagne Pelée avec celle de Saint-Vincent n'a ensrien é la stabilité de la pen intermédiaire.

t-on dire qu'entre autres résultats pleins d'intérêt, l'éruption

bar est venue apporter son témoignage en faveur de l'indépendance Lori its ares qu'on appelle la volcanicité et la sismicité: la première , uniquement régie par l'état physique de la masse ignée et la, force élastique des gaz qu'elle renferme; la seconde gouvernée, comme l'ont si bien montré les récentes études de M. Milne, par le processus général de déformation mécanique de l'écorce terrestre,

Cette rapide analyse d'un ouvrage remarquablement riche en données de toute peurs est forcément incomplète. Cependant elle doit suffire, pénsons-nous, pour faire apprécier les principaux enseignements que met en lumière Je beau livre de M. Lacroix. Cest bien, comme nous le

en commençant, l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire du volcanisme, chapitre destiné à éclairer nombre de faits plus ou moins énigmatiques que nous offait l'étude des éruptions du passé géologique. Une catas qui, au premier moment, apparaissait comme de tous points inexplicable, vient désormais se ranger à sa place dans la série si variée des manifestations de l'activité interne, els l'homme continue à

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