‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 75 sur 151 · LA MARINE, FRANÇAISE SOUS LOUIS XVL · texte numérisé non relu

LA MARINE, FRANÇAISE SOUS LOUIS XVL

le conflit était perpétuel, Les un$, répartis entre les trois grands de Brest, Rochefort et Toulon, reçurent la haute main sur les ns Larsen le service des ports et l'artillerie; les autres , subordonnés à l'intendant, re la comptabilité et la surveillance des magasins: conseil dé marine, dûns chaque port, réunissait les chefs des deux

pres mais la suprématie était assurée aux anilitaires ; certains cominissaires et inspecteurs civils furent mème supprimés par Sartine ; c'était la défaite des « officiers de plume », qui gardèrent au ministre une raneune tenace. D'autre part, des améliorations sérieuses furent réalisées pour la construction , la réparation ou l'armement des vaisseaux : l'ingénieur Groignard fit exécuter à Toulon une « forme » où bassin pour le radoub, en 1778; il parait presque ineroyable que le grand port militaire de la Méditerranée soit resté dépourvu jusque-là d'un organisme aussi indispensable, ce qui forçait souvent à détruire nombre de vieux bâtiments pour lesquels le voyage de Brest était. M teux (0, La fonderie de canons de Ruelle dans da Charente (créée en 1764) fut annexée en 1776 au Département de la marine; une autre fut établie à Indret sur la Loire en 1777, ét lamariufacture d'armes de Pulle devint la même année manufacture royale pour. la marine. L'activité des chan: tiers-et des arsenaux fut telle qu'en quatre ans la flotte de guerrelétait reconstituée et que Sartine, ayant fait dresser un état comparé des forces navales de lu Franee et: def Eapégre d'un côté, de l'Angleterre de l'autre, en mai 1778, constatait avec. Sn ten ST y'avait go: vaisseaux de dans le premier camp contre 72 dans le second, Deux ans plus tard, en 1780, la flotte militaire, française comptait 264. bâtiments de toute nature, dont 78 vaisseaux de lignéÆ1' Le bien-être des marins à bord préocoupa également Sartine, qui donna des instructions pour assurer une propreté et une hygiène relatives ; c'est ainsi que l'eau potable devait être filtrée trois fois à travers des serviettes avant d'être bue.

ne faut pas ee se faire spin ere -sur l'importance des progrès accomplis. L'échec pi cämpagnede à 779 prouvacombiens il restait à faire, et, Tes faut en croire d'Estaing, la constitution de la marine était encore, bien « vicieuse» en 1780 : d'armiement était déplorable, sabres et haches au tranchant flexible, fusils, et pistolets hors d'usage, et pas un seul obusier 8}, pere Ph oace 150 2 position du personnel. De Boynes, au milieu de Er dem avait pris une qe men D do en pt 0-8

13 Cf. Lacour-Gayet, PE cit. p. 53. Le) d cil., 323, d'après le Jowraal 8} Op, ait, pe 5e" manuscrit de LÉstisg pr 78.

374 D NE 3 ge er

Tr on dat d'apn n en de la marine

guerre. Are en Botéf Le en: dite bebe dl gate: Quant aux matelots, leur recrutement étant insuffisant , on en était parfois réduit à ‘de gré où de force tous ceux dont les noms étaient classés, el aussi des volontaires des gardes-côtes ou des soldats de nr monde marins; on ne les payait ni ne les habillait, et on les gardait indéfiniment à bord. « Nous sommes à la mer au-dessous de:ce' qu'étaient ere ee Bar rte era Fran ere are EVE ai

gent, #t, pour s’en procurer, Sartine avait imaginé d'en empranter en ca chette : en trois ans, dl avait fait 66 millions de dettes, Necker s'en aperçut et ne le lui pardonna pas; subitement, le 13 octobre 1780. il obtint du roi son renvoi. L'opinion ne s'en émut guère, et ner he qui voulait des mers balayer les Anglais :

Mais avoir cher fait ses balais, PT ven fait balayer Dome

A Sartine succéda le marquis La Croix de Castries, ami personnel de Necker et de Vergennes, C'était an brave soldat qui s'était distingué autrefois dans les guerres du milieu du siècle et qui, à défont du connaissances techniques, allait par son zèle et ses lumières rendre à la marine des services signalés durant près de sept ans. Le bâton de maréchal le réeompensa en 1783. Castries a eu ses défauts : ilavait les mèmes préjugés nobiliaires que son prédécesseur Sartine et que son collègue à la guerre, Ségur, et sil eréx un grade nouveau, celui de sous-lieutenant de vaisseau, auquel pouvaient prétendre les fils de négociants en gros ou

1% CF Lacour-Gayet , op: eit., pe 328. — (3 Ibid. p. 63.

LA MARINE FRANÇAISE SOUS LOUIS XVI. 375 d'armateurs, il maintint soigneusement les prérogatives des Ps «rouges». Du moins, il se connaissait en hommes, découvrit la de certains capitaines comme Sufren , DE EE LES De plus, il aborda tous les domaines de l'administration maritime: avec le concours des capitaines de vaisseau La Touche et Borda, et du comte d'Hector, commandant du port de Brest, il accomplit une œuvre de M rer cn ner Mendes Re 00 passé que celle de Colbert.

2 y url dés époque dela guerre d'Amérique, aoquérat en us les établissements de la Chaussade et dépendances au centre de la Franee pour la fabrication des ancres et chaînes de fer, et créant en 1782 la caisse des matelots pour secourir les invalides, les veuves et les orphelius. La période de paix qui suivit le traité de Versailles lui permit de pousser plus loin son action. Le port de Dunkerque, dont un commissaire anglais ne surveillait plus le délabrement, fut reconstruit et rendu à da vie: celui de Cherbourg fut le théâtre de travaux d'endiguement gigantesques sous k direction de Borda, travaux abandonnés hélas! en 1789: Une enquête technique fut entreprise sur les formes et types des navires, et le type du vaisseau à trois ponts adopté; le doublage en cuivre de la carène fut décidé de même en Res rl Ed e pasonnel surtout devint l'objet de mesures nombreuses et la plupart excellentes. Telle fut l'ordonnance du 31 octobre 1784 sur les classes. Le système de Colbert donnait lieu à. des vexations déplorables et ne suffisait même plus à fournir les marins nécessaires; Gastries le modifia dans un sens libéral, en interdisant de classer de force les habitants des côtes, et en leur laissant la faculté, saufenr de guerre, de se faire déclasser, à condition de prévenirun an d'avance. L'année 1786 s'ouvrit par la promu gation dé 12 ordonnances et de 12 règlements, qui constituaient une sorte de code naval complet. Sans entrer dans le détail de cette législation, il importe de noter la suppression des anciennes compagnies de et leur remplacement par des élèves de la martne, qui H'étaient admis à servir qu'après des examens gradués et un stage sur uné corvette d'instruction: il faut noter aussi la réglementation minutieuse de la police dans les casernes de matelots, de la discipline à bord, de la paye et de l'avancement. Le malheur fut que Castries ne put appli: quer ses ordonnances : le contrôleur général Calonne, toujours prêt à fournir aux prodigalités de la cour et d'autant plus économe pour le reste, avait déclaré que la marine » présentait un abime insupportable à

1) C£ Lacour-Gayet, op. eit:, p.B57.

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