‹ Journal des savants (volume 4)Chapitre 12 sur 53 · V:r.; en Marie, et n'en fat onc blessée · texte numérisé non relu

V:r.; en Marie, et n'en fat onc blessée

Mais demeura mère en virginité.

Molière n'est pas le premier qui ait prêché aux jaloux que Les ver roux et les grilles Ne foht pas la vertu des femmes ni des filles. La Borderie, auteur de l'Amye de court, avoit dit : Mais pensent-ils que les gardes, soigneuses , Les preschements des vieilles ennuyeuses , Les grosses tours ^ les menaces infâmes Puissent garder la volonté des femmes! '

La femme doit par sa seule nature Estre gardée^ et non par prison dure.

Enfermez-la quelque part que voudrez , II est bien vrai que le corps vous tiendrez ; Mais son esprit en liberté vivra Et malgré vous son naturel suivra.

Le tome IV , qui s'ouvre par quelques vers de Henri II , offi-e des noms déjà recommandables et connus » tels que ceux de Joachim du Bellay, Ronsard, Rémi Belleau, Etienne Pasquier, Robert Etienne, Jean-Antoine de Beuf| Jodelle, Jean Passerai, &c..

Si Ton veut lire un petit ouvrage qui seul eût suffi pour servir de modèle à la Fontaine pour la grâce, la naïveté, la finesse et le piquant de ses écrits , j'indiquerai la pièce de Passerat intitulée Ja Métamorphose d'un homme en coucou. Ce coucou

Fut un homme de Corinthe Fort ombrageux , et sujet à la quinte, Puissant d'amis, père aux écus comptans, Mais qui avoit passé son meilleur temps.

Il épousa une femme gentille, Belle, en sa fleur, fine, acorte et subtile. Dont Cupidon le sçut tant enflammer Qu'il aima trop , si Ton peut trop aimer. Après quelque temps de mariage ,

De mari donc il devint sermonneur, Qui ne preschoit que vertu et qu'honneur, Que bon renom: c'éioit tout son langage. Qu'il faut garder la foi en mariage, Que du logis femme ne doit sortir Sans son mari. Il l'eut pu convertir , A ce qu'on dit; si l'archerot qui vole

Se contentoîc seulement de parole , Ce qu*il ne fait.

Le mari devint soupçonneux : atteint d'

Un certain mal qu'on nomme jatoasie > Vcilloit après , ne cessolt d'épier :

A son œil même il n'osoit se fier.

Mal est gardé ce qae garde la crainte; Le corps étoit an logîs par contrainte. L'esprit dehors , à ce seul but tendait De faire en bref ce qu'on lui défendoit. C'est la coutume. Il se pique et s'offense Plus aigrement de pins aigre défense.

La femme qui se décide à l'abandonner,

Part un matin avec un jeune ami^

Sans dire adieu au bonhomme endornv

A son réveil , qu'il se trouve sans elle ,

Saute du lit, ses valets il appelle,

Puis ses voisins, leur conte son malheur;

S'écrie au feu, au meurtre et au voleur.

Chacun y court. La nouvelle entendue

Que ce n'étoit qu'une 'emme perdue,

Quelque gatisseur, de rire s'éclatant.

Va dire : « O dieux I qu'il m'en arrive autant! » Le mari s'abandonne à sa douleur et est changé en coucou, qui

Se souvenant qu'on vint pondre chez lui ,

Venge ce tort, et pond au. nid d'autrui :

Voilà comment sa douleur il allège.

Heureux ceux-là qui ont ce privilège !

Je le répèle; voilà, cent ans avant la Fontaine, un poète dont les récits offrent toute la perfection du genre. Je sais que cette observation a été faite avant moi; mais si j'ai insisté pour en prouver la justesse, c'est que je puis en induire le mérite et Favantage d'un recueil qui , réunissant les meilleures pièces des poètes français, fournit ainsi l'occasion de constater facilement, dans les divers genres et aux diverses époques , fétat de notre littérature.

Jean-Antoine de Baïf est un des poètes qui ont, à mon avis, heureusement contribué i)ar leurs exemples à fixer les règles de notre versification. Les pièces que l'éditeur a choisies dans les ouvrages de ce poète , présentent assez d'exactitude dans* le mélange ei le retour alternatiT

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des rimes masculines et féininines- Sa fable du Ceai, dont la Fontaine a reproduit le sujet sous le titre du Geai pari da flumts du paon, est très-poétiquement narrée.

Baïf suppose que les oîseaux furent d'avis de décerner la couronne à celui que Jupiter Jugeroit le plus beau.

Ainsfjue venir au lieu Je rassemblée, Tous les oiseaux vont, à l'eau non troublée Des niisselets, se mirer et baigner, •

Et leur pennage agencer et peigner* En ce moment le chucas

Va cauteleux loin a val des ruisseaux

Sur qui flottoient maintes plumes croiseaur

Qui au-dessus voguoîent| et par malice

Il s embellit d'un nouvel artifice.

En lieu secret, dans un vallon ombreux j

Dans le courant qui n'éîoit guère creux,

Sur un caillou s'assied , et au passage

Guette et retient le plus beau du pennage

De tous oiseaux qui plus haut se lavoient

Pjés de Tendroil d'où les eaux dérivoient ;

Prend le plus beau , plume à plume le irie,

Avec le bec ouvrier s'en approprie ,

Le joint, l'ordonne et Taccoustre si bien

Que d'arrivée il semble de tout sien.

II se présente : il e&t sur le point d'être reconnu roi j mais la fraude est découverte.

Chacun y vient, sa plume reconnotst • Du bec la tire , et le cbucas devest.

Dans le tome V on distingue siu*-lout les noms suivans, Robert Garnier, Nicolas Rapin, Scévole de Sainte-Marthe, Vauquelin de la Fresnaye , Amadîs Jamin, du Bartas, Philippe Desportes, Beitaut.

Dans la notice sur du Bartas, rédîteur prouve que, même du temps de ce puëte,,des littérateurs estimables Favoient jugé comme l'a jugé ensuite la puérile , et il rapporte lupinion du cardinal du Perron qui le qualifioit oe très- méchant poète,

« Pour rinveniion, disoit-il, chacun sait quil ne Ta pas, quil n'a ^rien à lui, et qu'il ne sait que raconter une histoire, ^c, ; pour la dis- >* position , jl ne Fa pas tion plus , car il va son chemin et ne suit aucune î^des règles établies, &c* Son élocution est aussi lrè$-mauvaise , im*

» propre en se^ façons de parler, imperiînente en ses méfnphores, &c,

J ai rapporté ce passage de la notice sur du BartaSi parce qu'il est rare que lediteor nous fasse connoître les jugcmens conteinporaîns sur les poètes dont il publie des pièces , et que je pense qu'il auroil donné un plus grand prix à sa colleciion en nous rapportant plus souvent les critiques et les éloges de Tépoque,

A mesure que j'approche de la fin de la collection, Je crois moins nécessaire d'employer des citations pour faire apprécier le talent des auteurs > parce que ceux-ci sont plus généralement connus*

Le tome VI présente entre autres le nom de Henri IV, Malherbe, Duperron, Requrer , Goinbaud, Maynard , Racan, Mallevilfe.

On pense bien que Féditeur n'a pas manqué de faire entrer dans cette collection les vers du bon Henri, Je ne dîraî rien de la chanson charmante Gabrïdk ^ qui est si connue; maïs en voici une qui Test beaucoup moins, et que je rapporterai en entier, parce quelle mérite d'être fobjet d'une discussion littéraire :

Viens, Aurore ,

Je t'implore ; Je suis gay quand je te voi.

La bergère

Qui m'est chérc Est vermeille comme toi.

De rosée Arrosée

La rose a moins de fraîcheur.

Une hermine

Est moins fine, Le lait a moins de blancheur.

Pour entendre Sa voix tendre On déserte le hameau;

Et Tiiyre

Qui soupire Fait taire son chalumeau.

Elle est blonde,

Sans seconde; Elle a la taille à la main;

Sa prunelle

Eïincctie Comme l'astre du matin.

D'ambroîsîe

Bien clioisie Htbé la nourrit à part ;

Et sa bouche ,

Quand j'y touche, Me parfume de nectar.

L'éditeur, en faisant entrer parmi les pièces de Herfri IV cette chanson , que les auteurs des divers recueils ne lui ont jamJPittribuée, auroji dû indiquer ses autorités ; et j'avoue avec regret qu'il lui seroit difficile d'en citer de bonnes. Un journal la publia, il y a quelques années, en prétendant qu elle étoit de Henri IV. Lorsque M. Laujon inséra cette pièce dans un morceau littéraire sur la chanson, il s'exprima en ces termes ; «< Je crois devoir mettre à la tête dei chansons erotiques la

» CÎiJiison suivante qiti, par la délicatesse des pensées > et par le style » voluptueux, nous désigne le mieux Je genre erotique. Elle est attri- »'buée k Henri IV ; mais il suffit d*avoir lu son poème de TAniour phi- » losophe, relatif à ses amours avec la duchesse de Beauvilliers, abbess- M de Montmartre, pour reconnoitre la touche naïve, harmonieuse et » facile de lauteur de la romance de la belle Gabrîelle , &c.

Malgré cette opinion de M. Laufon ^ [e n*ai rencontré aucun littérateur habile qui ait cru que cette pièce soit de Henri IV. Je puis attester qu entre autres M, de Fontanes jugeoit que la finesse des pensées et la perfection des vers aappartenoirtit pas à Tépoque ; quand l'éditeur Ta attribuée à ce prince , il auroit dû citer ses autorités.

Si le succès de ce recueil engageoit le libraire à entreprendre une nouvelle édition , il seroît à de&irer qu'on indiquât les manuscrits ou les imprimés doù les diverses pièces ont été tirées (t) , ainsi que les jugeniens des contemporains sur les divers poètes , et qu'en rejetant avec soin les pièces qui ne seroîent pas reconnues appartenir à des auteurs admis dans la collection , on donnât à (a fin de chaque volume une place aux ouvrages anonymes.

RAYNOUARD

NoavEL Examen critique et historique de f Inscription grecque ^\du roi nubien Silco ; considérée dans ses rapports avec la propagation de la langue grecque et t introduction du christianisme parmi les nations de la Nubie et de tAbyssinie.

De toutes les inscriptions grecques que f'hobile architecte, M, Gau, a recueillies dans son ijnportant voyage en Nubie, la plus longue et la plus remarquabl^^st sans contredit celle qu'un roi nubien, inconnu jusqu'ici, a fait graver dans un temple égyptien de J ancienne Ta! mis, pour conserver le souvenir de ses victoires contre les Blémyes.

Cette inscription , publiée pour la première fois sur la copte de M. Gau (2) , et commentée par M, B. G» Niebuhr (jj j est déjà célèbre parmi les savans» moins peut-être à cause de son utilité historique, qui

(1) Ainsi la fable qui a fourni à Lafonuine le sujet des Animaux malades de

la peste, n'auroitpasété atiribuécâ François Habert, mais à Guillaume Guerouîr,

comme Ta prouvé M. Walckenaer d^ins la dernière édition de son Essai sur ta

fahte, i:rc. — (2) Antiq. de la Ntilne^ Inscf. pi. t, n. i, — (3) Inscriptwnes

Nubienses^ Rom3e^ï820,

avoir paru d'assez peu d'ijiiportance, que parce qu*étanl écrite en grec , comme les fameuses mscriptjoiis trouvées a Adu[i> ( \ ) par le moine Cosmas, ei à Axum par M- Sait, elle a paru se rattacher par ce caractère à ces riionumens remarquables.

Lorsque |ar rendu un compte très- sommaire, dans ce Journal (i) # du savant mémoire de M* Niebuhr, je ne dissimulai point que son explication me paroissoit incomplète, et qu'il ine sembloit avoir assigné une époque trop ancienne à ['inscription de Silco* En Texaminant d'une manière plus attentive, j'y ai découvert depuis des iadicaiions qui modifient beaucoup les idées qu*on s'éloît faites de ce monument, et les conséquences qu'on en a voit tirées. Une autre copie que M* Cailliaud a prise depuis sur les iieux, et qui, sans être aussi exacte que celle de AL Gau, contient cependant quelques bonnes variantes, ma confiimé dans mon opinion j et, comme je vois que tous les résultats du travail de M. Niebuhr sont adoptés san^ restriction par les géographes et les littérateurs qui ont occasion de citer inscription de Siko ( î) , j'ai cru quil pouvoit être de quelque utiliîé de faire connoître 1 explication nouvelle à laquelle j'ai été conduit par une ana[j'se pîus exacte et jjIus complète des données que présente ce curieux monument.

Mon Mémoire se compose de deux j^arties, Tune critique ^ où j'examine le texte en lui-même j l'autre, /iistoriçue , ou j'applique les résultats de l'interprétation du texteaux diverses circonstances historiques er géographiques qui s'y rattachent.

EXAMEN CRITIQUE DE l'JNSCRIPTJON.

Je commencerai par reproduire le texte qui résulte de la copie de M. Gau (41, cojnparée à celle de M. Haillie, dont M Niebuhr a donné les varianles; et je placerai en renvoi les variantes de la copie de M, Cailliaud.

erût»CIAK^BAClAlCKOCNOTBAAa?NKAIQA<:*?NTd«ïN

AieiOna?NHAeONClCTAAMINKAlTA01NAnAHATO€nO

(ï) Je ne parle ici que de la seconde inscription d'Adulîs, qui^it séparée de la preinihe ^ comme Ta si bien prouvé M. Sali [TraveU in Ai>jfssui''p* 192 et suiv. ^ Cf. Silvestrc de Sacy, dans les Annahs d^s voyagts , xil , î3*^'3S5 )• J*y reviendrai dans le cours de mon iravaîl. — (a) Année j8zf , p- J^7'i'^^' — {3) Notamment M, Kinet ( Erdkt/nde , ifc. tom. J , p. 6oz, 603, 2.*^ éd, ); ::= M- Schoelî ( Hm. de la litién grecfift, VI, 34); = M. Toelken, dans le Voyage à l'Oasis d'Ammm eu général Minutcli (Berlin ^ 1824 ), p. 389.

AeMHCAM€TAT£UNBA€MTûc?NKAIO0COCCi^£i?K€NMOITO

NIKHMAMeTATtf NTPl£«îNAnA^ • CNÏKHCAnAAINKAICKPA J THCATAcnOA€ICATTa?N€KA0eC0HNM€TAT6JN OXAC*îNMOrTOM€NnP£.?TONAnAS ' CNIKHCAATTa)N KAlATTOIHSI6»CANM€€naïHCAeiPHNHNMCTAYTa>N KAIC^MOEANMOITAerAû>AAATT<i)NKAienïCT€rcATON OPKONATTa>Nû^CKAAOI€lClNANeP6?nOIANAX6apHeHN 10 eîCTAANaîMePHMOTOT€€r€rONeMHNBAClAÎCKOC OTKrAnHAeONOAWCCOniCûïTû>NAAA6JNBAClAea?N

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OirAPOIAONIKOTCa>MeT€MOYOTïCA«WAYTOTCKAC€Ii> * *

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er£i?rAPeicicAT(WMePHAec*>N€iiMiKAi€icAN<:«îMePHAPs:eiMi

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— (4) KA0€ZO*-O. — {5)KAinAPAKAAOYCIN. — {6) APS, — (7) nPIMV

— (8) eN AHAH. — (9) 4>I AONIKH * 't'YCIN, — ( I o) YnOH AIOY, — ( f i) Mc.

— (ri) AnAKO/. — (I 3) AYTOiN N.

loo JOURNAL DES SAVANS,

M. Nîebuhr a fixé Tépoque de celte inscripiion au temps de Dioclétien et de Maximîen, sous le règne desquels les Elémyes furent, diuil, écrasés par les Nubiens. II pense que cette guerre est celle dont il est question dans finscription de Silco; hoc Igitur umpus atque hoc bellum spectari , probûbUe est [i]* M. Niebuhr, sans doute, a en vue le passage de Mamenin sur la guerre des Blémyes contre les Nubiens (^) ; mais on doit observer que cet auteur en parle très-vaguement , et ne dit rien de Tissue qu elle a dû avoir à Fégard des Blémyes, ce qui afFoiblit beaucoup la conséquence qu'on a tirée de ce rapprochement. Dans tous les cas, les guerres entre les Nubiens et les Blémyes ont été trop fréquentes, pour qu*une indication de ce genre puisse servir à déterminer une époque.

D'un autre côié^ à ne considérer que (e style de Tinscription , il éloit difficile de ne la point fuger plus moderne. Celle d*Axum , qui est du milieu du iv.* siècle, et la deuxième partie de celle d'AduIis, qui n*est pas beaucoup plus ancienne , nous offrent Fidiome alexandrin presque pur, sauf le mélange du mot latin grécisé mvma et du verbe ifumtùi^m^ qui en a été formé; mais on n'y trouve aucun des nombreux barbarismes et solédsmes qui défigurent rinscription de Sifco. A la rigueur , ces fautes ne suffi roient pas pour déceler une époque récente , puisqu'on trouve d'énormes solécismes dans d'autres inscriptions grecques de Nubie qui sont du temps de Caracalla; mais, comme il s'y joint des locuîions qui appartiennent à la basse grécité et au grec moderne , on ne peut guère douter qu'elle ne soit postérieure à celle d'Axum , et conséquemment au règne de Constance.

Ce premier aperçu est confirmé par un fait que Je crois hors ds doute, c'est que Silco étoit chrétien.

Ce fait paroîira en contradiction formelle avec deux passages où Silco , dans le texte de M* Niebuhr, se fait appeler le dieu Mars , ce qui sembloit d*autant plus naturel » que, dans les deux inscriptions d'Axutn et d'Adulîs, le roi d*Abyssinie prend le liire éejïls de Mars. Aussi le savant Ritter, datis sa Description de l'Afrique ^ a-t-il cité cette inscription comme se rapportant ^ ainsi que les deux autres ? à f époque où la Nubie et TAbyssîme n*étoient point encore chrétiennes (3). Je vais

(i) tnscr, Nub, p, 20, 21. — (2) Pam-gyr. gemthl. Alaxhn. XVIJ , 4- =^ ^^^ hti^ jfwJo , ûUiFqae gantes, vîribe^s armîsjue terrlhUes ^ jidtiàa instructif ûd pemicîem immanUatls utttntur^ sed euam Blémyes Uli , ut audio ^ levibus modo adsu€ti sû^ittu, ndversus j'Ethwpas quœrutn anna ^ qmk riofi ha hem , et paie nudls odnsprœlla intemecma committunî, — (3) Cari Ritlcr^ dk Erdkundc, ifc^

donc commencer par prouver que roriginal ne porte nulle part le nom de Mars.

On a cru le trouver deux fois dans une même phrase ( L i2-i4)> où Silco, selott le texte de M. Niebuhr, dit : «Je ne leur permets pas » ( à mes entieinis] de î>e reposer chez^eux, à moins qu'Us ne jn'im- » plorent et ne m'appellent Mars ; car je suis un lion pour des pays bas » » et Afars pour des pays hauts : E< ^ t^-m^mmv fn i(aj aPHN ng^-im' » ijfii '^ iiç îtfl^Tw fttpn hiuf u(ju , ^ tic ay^i ^fn APHX tJp. )>

1." Dans le premier endroit (^ hfnv n§>,Hmy)% le mot Ap»r est une correction de M. Niebuhr, La copie de M, Gau, entre Me et KAAOTCIN,* offre une lacune d'environ sept lettres , desquetles on n'aperçoit plus que K...P/.A. Mais celle de M, Caîîliaud donne distinctement KAiriAPAKAAOTClN, ce qui fait évanouir le nom du dieu Mars. Le sens est, te s'ils ne m'implorent et ne me demandent pardon, ^

2/ L'autre membre, y> suis un LION pour des contrées basses ^ tt Mars pour des contrits hautes (1), renferme une sorte de non- sens ; on ne conçoit pas cette opposition d'un animal et d*un dieu; il devroit y avoir , dans les deux mejnbres, soit le nom de deux divinités, soit îe nom de deux animaux. M» Niebuhr Ta parfaitement senti, puisqu'il propose cette autre version, car je suis un lion par le bas du corps et Mars par le haut (i) , cesi-à-dire, un androspliinx ; mais il s'arrête au premier sens, qui lui paroît encore le moins invratsemblalile (3), Ces deux conjectures reposent également sur une fausse leçon. Les deux copies de AL Gau et de M. Cailliaud ne donnent point APHc^ on n'y trouve que les trois lettres APK, sauf un point sur le P placé dans la dernière de ces copies, et qui annonce que la leitie est douteuse; les • deux lettres A et S sont certaines, et le S n'a Jamais pu être confondu avec un sigma de la forme du C\ il est donc impossible de voir ici le mot APHc, LWcord <Ies deux copies ne permet pas de lire autremt?nt que Aïs une chèvre, La métaphore est alors bien liée, et la pensée paraphrasée revient à ceci : « J*aitaque mes ennemis dans la plaine avec « Hînpémosité du lion , et je les poursuis dans les montagnes avec la 31 légèreté de la chhrc, (4). >»

{1) Ici mt^HpLhm ^kh^cm que definii S, Crégoiie de Nysse? tr^icsia»^ «^a*

rut ti/AM^umf />«^7tt>/, JmV tf* iinç iiéfjukm Ttt^jukVi iiç (rt,M.W9i/au' ctvm tm^A/r, lom, II , p. 4B6; dp, Suicer. Thcs. eccUs. 11, co!. 5B1 , éd. 168a, — (2) Insct* Nub. p. 22. ^=^ CVit même ce dernier sens que paroît préférer M. Ritter, die Erdkunde^ ifc* tom, I , p. 602, 2.^ éd. — (j) C'est celui qu'adopte M. Toelken » iians ses notes sur le Voyage du général Minuiolr, p. ]3<>, — (4) On peut trouver qtie la chèvre , n'étant point un animal féroce, ne de voit pai cire opposée

Après avoir fait disparoîire toute trace de paganisme dans Finscrîpiion , je viens aux indices certains de christianisme, qu'on n'y a point aperçus.

Silco dît, « J'ai fait la guerre avec les Blémyes, et Dku m'a donné » la victoire. » <5q ô Gioç fV^xo^tcM 70 r/ac»^. Sans doute on trouve, dans le style philosophique des anciens, les mots c 3to^, 70 ôtror, employés ainsi absolument pour désigner la divinité en général. Mais je ne pense pas qu'on en trouve d exemple dans les monumens qui tiennent à la religion positive , ou au culte spécial de telle ou telle divinité ; et , par exemple, dans les inscriptions païennes de l'Egypte , les mots 0 3foc sont toujours accompagnés ^du nom de la divinité PipfUèVy la^vçy Eç^c ou tout autre, à moins que , par ce qui précède ou ce qui suit, on ne voie clairement qu'ils se rapportent à la divinité particulière du temple, a dfôc, pris absolument et sans désignation quelconque» ne se trouve que dans des inscriptions chrétiennes.

Le second passage est beaucoup plus formel , sur-tout par son rapprochement avec le premier. Silco, après avoir dit que Dieu lui a donné la \ictoire, ajoute : « J'ai fait la paix avec eux, et ils m*ont juré p ir leurs a> iJoUs,. . . » i(5^ AfMouf f4ot là uJ^Xa eeÙTwr. Il est de to^te évidence que l'expression /eurs idoles est d'un chrétien (1). Dans toute l'antiquité grecque y avant le christianisme, il n'y a que les Septante qui emploient Je mot ircAwXor dans le sens que les chrétiens donnent au mot idole y et c'est pour opposer les images des faux dieux à Jéhovah ; en effet, une pareille acception iï%iJhiXov ne peut appartenir qu'à un juif ou à un chrétien. Silco oppose clairement aux idoles, objet de l'adoration vaine de ses ennemis, le dieu souverain qui lui a donné la victoire.

Le fait, maintenant certain, que Silco avoit embrassé le christianisme» nous fournit le moyen de déterminer une époque au-delà de laquelle il est impossible de faire remonter la date de l'inscription ; et cette époque nous expliquera, je l'espère, le caractère de la gréciié que nous offre ce monument. Nous allons d'abord tâcher de nous faire une idée juste de ce que le roi nubien a voulu dire, ce qui n'est pas toujours trèsfacile: on sait qu'il n'y a rien c}e plus embarrassant que le style de ceux qui écrivent dans une langue qu'ils savent mal, parce qu'on n'est jamais sûr d'avoir saisi le vrai sens qu'ils ont j)réiendii donner aux mots , ni

an //*'/», mais !c rJdiuliur s'i-st urrctc à l'idcc urincipale, celle dfi /cii^r^r^' et (lo fntiliti à (gravir les défiU's des montagnes, ou lei ennemis pouvoicni espérer d'i'eluppir ;i SiK<«. Il ne Taui pas clierclier ici une rhétorique bien exacte.

(1) \<»yi/ à 11» snji't une ncue érudite de Ciibbon , liist» de la déc^d. Je ILmy. rom. IV, p. j-î.i, rd. de M. CiuiAUl.

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le vrai rapport qu*îls ont établi entre ies diverses parties de la proposition. Le lecteur me pardonnera sans doute les détails un peu minutieuK dans lesquels je vais entrer» s'il veut bien remarquer qu'ici Fanalyse grammaticale ejt la base delà discussion historique,

L.. I . [Bcc ^Ajoxoç i^NbCût/AT)' ] jèj flAftïv 7&V Ai^OTmv y pour i^ t^f m/fÂTrivIuv ^ est du grec moderne; les Grecs du Bas- Empire ont connu cette locution (ij.

L. 2, Le passage suivant est le plus difficile: ihBcv ùç TtH^fu^ £j Tei^tP ATIAB ÙTO eflB-ôXf^cm fiijÀ ^! BMfjLUùdV^ 1^ ô 0to< iJh^}U¥ /À6t rb vixn/Mt //y ? TPIQN «Tw^. H est clair d*abord que JiJo, deux , est pour Jiçy deux fois. Cet emploi du nomLfe cardinal pour Fordinal, qui est grammaticalement fautif, pourroît se justifier par des exemples analogues tirés des inscriptions d'un asse^ bon temps. Ainsi » dans une inscrijnion de Patara en Lycie (2) , on trouve ^tgoXi-nytjiti^itvoç Jin^ c¥ w^ k^ Au^aw Ti^Mm (aydni été dix fois décurlon dans les villes de Lycie ) , où i^^^s- est pour /iJt^^, Si je ne me trompe, il y a un autre exemple de Femploi de /t<it pour l'ordinal cAj(i/.j£iç dans cette inscription frusie du temps des Lagîdes, que M. Caillraud a trouvée sur une colonne du pttii temple situé dans le désert à Test d^Eléthyïa, et dédié à la divinité égyptit^nne dun^ l^s Grecs ont traduit le nom par celui de Pan :

HÂCOHA. KA£ranP02 SEIIANOIII >N ^ I . AOKNinNOS EKrONOX nOiFlAN.

Je crois y reconnoître un hommage au dieu Pan, exprimé en deux vers iambîques trimètres, que je restitue ainsi:

HA3pr «/^j£^ î)i *7resi ^^ nôey, eifcov «f^t/^n^ (5)»

(i) Schol. Aristoph* ad Plut» p. 4s4j ^^* Schacf» ,— (2) Dans Walpoh's Tmvets, 11, j4'* LTnc aiure inscription de Patara { nJ' Vlfi^p, ^4$ ) pone AEKAni,.,£r2ANTAj M. \Ê^alpole propose de lire AEKAnOAITLTÏANTA ; mais , comme la voix moyenne -STOA/Tït^'ioàsc^ est seule d*uscige pour exprimer la fonctîun des magistrau municipaux, il tuit lire AtKAUPHTETSANTA, en tm s^ul mot Jixflt'OfûmytftwIct ( Peyssonn, Voyage a Thyatire, p. 24^1 284 j 29^^^^ Leake'j Journal of a tour, JXc, p. 339, 34o)î c'est le verbe formé du mot JiiLBL'^fûfTtt ^ magtftrat* des villes grecques ( Pocock. f/tscr* ant. 29, 7; Walpole, II , j48 ) , que les Latins appellent drcempnmi ( Noris ad Cawtdp/i. Pisan, p. 4o> 41}» il } avûit dans d'au 1res villes ât^ tjuithjueprimi, stxprimi , quinàecimprtmi ^ et même des vigJnripiifni ; car je vois dans une inscripiion fruste de Pnasélis ( Beauford, dans les IVotfv. Annal dcsvoy. v, 56) les Icures EIKOIAIlPnTET 2AN,qui sont le commencement du moi iix£«<2&pii?7it>W]flt. Ces mots manquent aux lexiques, ^ (3) Je crois certaine cette restiluiion des lettres OIII3N\I, Danâ une iniCri[>UQo méuique de Dclkeh en Mubie (CaUj/^/. Xlil, /)>se

io4 JOURNAL DES SAVANS,

« Posidîus (i) , fils {2) d'Aibénîon, a fait dix fois fa route, ô Pan, >» pour venir te rendre hommage. »

Au premier abord , on peut hésiter à rapporter ét^wÇ Ho à îiX9or ; mais il ne me sembfe pas qu'il y ait de doute à cet égard: i^mÇ fio ou tium^ Jiç nesi autre chose que la locution alexandrine ou biblique ««»| è Jif , en latin semel atque iterum, signifiant éfeux fois (3), altérée par fa suppressijn de ^514, dojit Je rédacteur s'est passé bien souvent, et par i emploi de Jwo pour Jiç. Cela se rrppoite donc aux deux expéditions que Silco a fiiites dans le pays des Blémyes. II e^t parlé de la seconde plus ba$ , I. 1 6.

Le verbe im^i/uMm signifie non j'ji fait la guerre , mais je me suis battu, fat livré bataille, signification irès-ordinaire dans les écrivains du Bas-Empire (4 . UùMfjLm /jlîIùl hXt/jiùtêVy pour IT^ ou ^e)ç B^</lu/«^<, est du style des Septante : tTnXéow.ou /uy iofûLiix ( 5 ). On remarquera que deux fois le nom des BUmyes ^i,i écrit par un seul M. Cette orthographe est probablement la véritable (6).

Vient ensuite la phrase 0 ©icç ««ftwxir /moi t» f/xw/m* /uy t if/«r i^»f. Ces quatre derniers mots sont difficiles ; le mot TPlo^N se lit distinctement dans les copies de MM. Gau et Baillie , et la leçon niû^N, que donne la copie de M. Cailliaud [j] , revient à cette Uçon. ■■'^■■"■^^■""^■■•■■^^"— — ^i^i*"»^— »— •■^—•i-^ii—i^fi»— ■•»■— i^p^i— — 1»— — ^»— ^■^— ^^^■■^^■^"^■"'^

trouve cette ligne TPICMAKAP€PM€IA6JMv)NrPirArHNANrCACCOI, qui doit se lire TCAvfJuouL} Lp/mIol oÎ/ulov Te/laL'nv àyvaaç tm.

(i) Il est vraisemblable que les noms Uooîlthof et 'AStivlcov, qui ne peuvent, sans une synérèse assrz dure, enrrer dans un hfxamétre ou un pentamètre, ont déterminé le choix du métré iambique, au lieu de l^lé/^iaque qu'on empioyoit k plus souvent dan* les inicripiions de ce genre. L'auteur aune inscription, copiée par Paul Lucas, a adopié le mêine méirj pour y faire entrer le même nom propre ( ^Ad^viart y^vx^/laLTù) ^ OtrAsirtài , Jacohs Anth» Pdlat. app. 331 ). La même raison a dû souvent déterminirr le choix du métré ( C/I Jacob? in Avtlioh^Tiec, tom. XII, xji , 2ii6). bi, par exemple, Arccsilas, dans son épigramme sur Ménodore ( ap, Laërt. lV,^i ), a laii alterner un iambique et un hexamètre, c'est sans doutiu parce que le nom Mr;Kj<Ay£pf ne pouvoir entrer dans le mètre élégiaque. Ainsi Damostraiia termine par un vers iambique ( AeixoçpaTfloLç TBt/ra Tfiç ^ixav<Pplctç ) Tinscripiion funéraire de son mari, en vers hcxamècres, dans lesquels le mot ^ctjuûçpamaL ne pouvoit entrer (Jacobs, Adesp. 724 ; = Aiuli, Palat, app, 313). — (2) Je traduis ïKynç \>sltJjIs et non parpw/rjiis. On peut voir à ce sujet d'Orvilie, ad Clur'noii. p. 527 , i-ips. = et dans ies Obstrv, miutli. tom. VII , p. 57. — {3) Schleusn. Nov, Thés. Vtt, Test. I , ^31: zrzLLxïc. Nov. Test. I, 258,259. — (4) Du Gange, Gloss. i. 1195, D. — (5 ) Juu'w. XI , 5 , 20. — (6) Cf. Arntzein , ad Panegyr. vet. p. 1 63; = rzchucl.t , ad AJel. 1, 4» 4- — (7) J'avois d'abord eu l'idée de conserver Iû leçon ITIaN et d'y voir un mot latin grccisé, comme il y en a tant dans le grec de ce;te époque. D'après cette iiypotlièse, ^u*'!^ tdÏ» ^tuv auroit été la niCiiie chose r^ie

'M. Niel>ufir a présumé qu'ici devoît se irouver un mot signifiant ennemi; mais, ouire que ce inot ne conviendroit nullement avec ÎJhèûv lijii 7i ¥iiifif44t, on ti*Gn peut trouver les élémens dans ces cinq lettres: il ny faut rien changer, je croîs, et Ton peut entendre, Dieu m* a donne la victoire une fois en outre des trois , c'est-à-dire, quatre fois. Le sens est donc: «Étant venu deux fois jusqu'à Talmis eiTaphis, » je me suis battu avec les BJémyes, et Dieu m'a donné la victoire « quatre fois.» Mt7i, avec le génitif, a souvent la signification de en outre, dans le grec de ce temps. Ainsi, dans S* Jean Chrysostome ; IS7 Ji n fjÇ tSi' ttftifjtiym è ino^ ( 1 ) ; ailleurs, t si «A itj mf^v eùveuf ùmîf /^tÏf ùftif^irm (z). Le mot li viitn^uA , pour hxm , est du style hellénistique; ainsi PJutarque : wufiJhifKii li yUn/juL 7z>îç îroX!/iJoic'( 3); Fauteur du Tableau de Cébès, dont le style est aussi récent que la doctrine, iç n^?^ûf TV yUnfjA xi-^tiç (4}. Nous frouvons dans Esd ras ; euîràf M^<n}aj TB riKnf4A (y); dans Diodore de Sicile, ùî 4* À^v^Tot tu7ç iJi<uç h^a.-yA^suç 70 fiKHfdJi meA'Tn'Tt^tv^vùt (6) ; et li fittnf^ tmJ^iuy Hg^Xu (7); enfin ttîc ^ 7» fUy^f/A 7rte*ô«ffKf AJ^fiç-û^ (8) ; mais le mot vUn^ n'a peutêtre , dans ces deux derniers exemples , que le sens de prix de la victoire.

L. 4* EjyrtT^jK 7*ç^oX«^, pour tÎÏ»' woXiw, est du style de la Bible, dans lequel xfoLTHv 77 signifie s'emparer de, mettre la main sur (9) f avoir l'empire sur. Ce verbe, en grec moderne, a toujours soti complément à laccusatif

L, j. Ek^Bî^v /uÇ tSk fl;^Xû>r ^y. Ce membre de phrase n'est pas clair (loj ; je pense qu'il se rapporte aux villes dont le nom précède, et éqiuvaut à fjc*fl*<ôï»i' lf?n -mu-m^ luTç wixtoi ( ou bien , pour parler comme Je rédacteur de rinscripïîon, th -mùiftç tÙc ^ihetç) /ulj tSv Sx>^^f

/Atlà TivffiCùst, et û Ofcof f/û^xjiV ^/ tt ¥ttmput/4^ t -mûc^t auroit signifié Dieu m*a donné la victoire par les mains , par l*alde des pieux , c'est-à-dire , des fidèles ; j^^ti , avec le gén'rtif, signifiant souvent, dans le style hellénique, par le moyen de ( HaphcL Annot. in sacr. Script. I , p. 357 J. Cette interpréiauon pouvoit s'appuyer d'Héâychiusfn/W (//x. tiioç) tiim^^ç) y et d'une inscription qui désigne par les mots Thot ci)mnç ^ les jeux qu*Anronio le Picax instiiuk en Thonneur d*Adrien (ap. Reines. //^ 6q) ; mais, comme on n'a aucune preuve que hIh ait été employé en grec auiren'ïent que comme nom propre, il est peu vraisemblable que les chrétiens de Nubie» qui ont reçu le christiantsme des Grecs, aient CM* ployé, pour designer XtiJîdHes ,\t mot wi t dont ceux-ci ne se sont jamais servis, au lieu de twoi^tZc, snç^i, qu'on trouve exclusivement dans les livres sacrés.

(i) Comment, in Nov, Test, i, 27, E, ed, 1636.^ — (2) la. p, ôlj , A .^^- (3) Plat, in AlarcelL S. 25. — (4} Pag. ^y , éd. Gron, — (j) Esdras ,ja, Çj — (6) Diod. Sic. Xî ^74^* — (1) ^d, iv,jj^ — (8)/^. IV, ^f. — (9; Schlruin . l^x. JVov. Test, l, 1316. — (10) Liquida non assetjuon Niebuhr,,/? JZ*

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f4sDv. If signifie donc, « je me suis établi [dans ces villes] avec mes :>^ troupes. >» Dans fe siyle heliénisLiqoe !e verbe xa.6t(m^ ou Kût6/^t^2nti, a souvent le sens de demeurer, s*étaUir , aller habiter dans un lieu ( i ) : nous lisons à la fin de fa deuxième inscription d'AduIis, 25^ t^t^j tàTto^^ itfltâ/citcj m* étant établi dans C€ lieu. Aux lignes 12 et 19 de notre inscription, on Ht ittf6t«^vct| tîç x^&^^ ^t *'« axiAir ^ dans le même sens; locution poétique qui a passé de bonne heure dans la prose ; ainsi : ie«â/(r<^ %H T^v ^syef de Diogène de Laérte et de Plutarque (2) \ ùç tî ii£^v yj;ôt^of«y«ç de Démosthène (}) ; tiç tJ» wô^y i^J* l'^km ojtaflefovjo » de Xénophon (4). On trouve pfus tard, Àyiot ;4<y*'7î< a^b^^ùp^ivùt tJç n KXlks^a (j). L'emploi du pronom /^u, avec un verbe à la première personne, comille plus bas (lig* 10 ], est encore hellénistique, >totB<^2 ^t/ -mç àro^w (6), et a passé dans le grec moderne. Je rapporte à ^etèiât^v les mots td fuy 's^viv iiTm^^ Le 70 Ju^V^tih^ me paroît s'entendre de la premièr$,des deux expéditions dans la Nubie inférieure, et .Silco veut dire qui! sétoit établi dans le pays des Blémyes lors de sa première expédition. II me paroît difficile que oLTnt^ signifie une fais ^ après tJ ^^-mv; je suppose que cet adverbe a le sens qu il a souvent dans le sïyle hellénistique (7) , de*diihïty ùho^S^ç. Daprès cette hypothèse, je traduis: « et, lors de ma » première expédition, fe m y suis complètement établi. ^^

L* 6 et 7. Byitcttcu ojÙtZv : faute, pour wÙt^ç, H^iùixm fu, î/s m'ùnt im*^ phré , ou prié ide leur faire ff'âce ,2ppmmn z\i style hellénistiqLe : dans les Septante, iÇio» signifie so\iv e ni implorare , eieprecari (8)*

L. 7 et S» On reconnoît encore le grec moderne dans les locuiions imin<m. lir tifiivuf pour ImoÊ^fjtMf i èmgitimi ^iy Sfwr, pour reS Spite» ou %U Tif tif^th n€L>^ùt etr^ûJOTi, de braves gens y pour ;^«^J > «rof/it?©*, itaAci jK^jaôo/; enfin Txi (jUfn ^u, mon pays, pour tî x^O^» locution qui appartient aussi à la grécité du bas empire, et dont on*trouve 1 origine dans le grec de la Bible,

L. 9^ Avûtx^fïîSwi' pour ivix^p(ju^ est un double barbarisme; une faute analogue se retrouve dans iy^yin^ju^v de la ligne suivante. De deux choses Tune, ou le rédacteur a mis une terminaison passive l'i^yfvifmv [ou *>*;*rM/Ai(ir), au plusqueparftit moyen ly^y^rmi ou bien, il a donné la forme passive au verbe jtj^i'ur ou j^yslm*', dont le sens propre est alla et elarâ

(i) Schleusn. Nov. Thés. Vet> Testam, iii , 145.^= Lexic. Nov, Test, l^ ' '43' — (^) Diog. Laen. j , ^j, :^^ Plutarch. Polinc, p. 44 , cd, Coray, — (5) ContT. Androt, p. sRé , 23 , Reîsk, — (4) Anah* i , 3 , iz. ^ (5) /« EibVwth. Cohlïman, ^ p* 399, — (6) Luc. A'//j /^, — [7) Schleusn* Lexk> Nov, Tes/. 1, 7>9. — (8) Schleusn. JVoy, Thés, Vet. Test, l, 3*7.= C/; Coray ad Plut. Polinc* F* *4>*

voce clamare (ï ), ce qui signifie aussi dtn, dccldrer à haute voix, pmlnmer (2) ; de !k le rédacteur a pris le passif ^-^vîi^ru ou >4^<irtc3«*, être proclamé ,ei ly^pvi^f ^ imparfait (pour f>*;^»'to/**f y ou iyt'^mifjLii^v] (j); en sorte que lTkl')^y>fffJLi/iif fi>a.m?^I(nteç signifieroît, «depuis que (4^ /'^' ^^ proclamé (^Aa>.i^ùç , » ce qui se lie naturellement avec la suite, «xi «î^Afiô^ S^A'ç lu^mgu T <£Mârr ^conhmv ^ « je n*ai marché nullement à la suite des » autres rois- n Le sens est le même, à-peu-près, dans fes deux cas*

Ces fautes nous conduisent à une explication assez naturelle du mot jSûtTiA^Weç, reguluf. On s'est étonné, avec raison, de ce que Silco, qui, dans celte phrase, se met avant tous les rois , se contente cependant du titre de fSetci^iffitùç. Je ne suis pas saiîsfaiï des maisons qu'on a données de celte singularité. Silco , qui sf met avant tous les rois, n'a ceriainement pas eu l'intention de rabaisser Fidée de sa puissance , en se donnant le titre de 0>etffjxi<TKcç [roitelet] ¥ hi\t€ÂJ^v 3tj iT^t^y 't^ AîBtùTmv : à coup sûr, il a voulu et cru se donner un titre pompeux. Je ne puis donc voir ici qu'une erreur de langage. Le rédacteur se sera imaginé que le mot BAffiKi<mççy étant plus long, disoit plus que fietviXtvçy et étoît plus propre à rendre fexpressîon nubienne qui, probablement augmentntive^ signifioil grand roi , rai puissant, selon l'usage du protocole pompeux de tous ces princes barbares* Il me semble donc que notre rédacteur aura pris un diminutif pour un augmentairf.

L. I I . OtJjti i-^^^f K. T, A. I on remarquera oitù et non ow;^ ; les deux copies s'accordent sur ce point. Cette orthographe provient sans doute de ce que fes Nubiens, prononçant mal le x, Tonl confondu avec le K, à moins qu'on n'aime mieux voir encore ici une de ces fornies poétiques qui s'étoieni conservées dans l;r langue vulgaire; de même que la forme \<n>7rl<m [ L i î ) , qui se lire évidemment des deux copies, au lieu de tiV tj^tt/étw ou lU li Q'?ricràt (5), OU bien simplement «tt/ow qu'on employoit en prose. Au reste, la locution ità i^wlxflor oAû*c is^iric^ ï h^mt ^«<nAtA»r, je nui marché nul ferment à la suite des autres rois, est encore empruntée au Nouveau Testament, où se rencontre souvent Texpression tp;^^t<3«i, 7^f%ù%^nA owiff^ ou uV i» i'ml^v tj^oç, avec un sens

(r) Henng. Observât, p. 64, 65» = D'Orvill Crinc, vann. p. 150. =: Bergler ad Alciphrofi, III, 48, -=. Reix ad Lucian. Gall, S. 1. := Rdmar* ad Dion, Cass. p. 817 , 4$, =r Bôissonad. ad Phifostr. Heroh\ p. 378, &c, — {2) Monk ad Eurtpid. Hippf^î, 585. — (5) Dans les m?s. on trouve aussi quelquefois ïomégi des dérivés de -^yamt changt' en omicron, — (4) Hesych. "On, i-wîM. •— (5) Khian. epîgr. S, in Jacobs Anthot. l, 2^2.^ AnihoL Palau S. VI, 34^ im itçemtrst îlohtJcuYùf; peut-être tm'wijvâ comme utni^m'^,

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analogue , et que Vorst croyoit un hébraïsme { 0- '^" à^xôor paroît être pris dans le même sens que le simple maSov; cest peut-être une imitation maladroite de ces phrases de S. Jean: ct;^Adov tU 'tà 07ri<m[i) etô MaixoçoTrlatâ (WTÀ i^xBoy ( j) , où le verbe i'miXbov a. du moins le sens qu'il doit avoir.

Il paroît que l'orgueil de Silco n'a pas été satisfait de la phrase , je n'ai marché nullement à la suite des autres rvis , il a fait ajouter après coup, dans l'interligne , une autre phrase qui lui a paru propre à rehausser l'idée de sa puissance; mais bien plus ( j'ai marché ) devant eux, ou ce sont eux qui ont été à ma suite, ôm' in,fmv ifx^g^^v ai-wvyt^. Le mot ixfjiMv ( pour ttûLT aKfMiv ) 2l icî le sens de %v que lui donnent Suidas , Thomas JVlagister , Hésychius ( ittjjMv^ itj), sens que ce mot a conservé dans l'idiome moderne^sous la forme de icé^ , qui est la prononciation adoucie de ixfti/. Une glose dans Ducange (5) donne kxi(juy iwfjui; il faut, je crois, lire AxofMif inm; ce dernier mot doit être donné comme indiquant la signification du premier. Ce sens de infJtiiVy qui appartient sur-tout au style hellénistique (6) , ne paroît pas avoir été inconnu aux auteurs at tiques (7).. La pensée de Silco est donc : « . . . Non-seulemenl » je n'ai pas marché à la suite des autres rois , mais encore j'ai marché » devant eux (8). »

L. 1 3. La phrase suivante , OÎ '^ piXoveiKSaiv , . . »e â^» wiriç/, . , contient un nominatif absolu doiit il y a des exemples dans les écrivains de ce temps. On diroit également bien en latin , eos qui contcndunt mecum , non sino. . . , et qui contendunt fhccum , eos non sino. Mais plus bas: i(^ ol nV.oi NuCât<^i' àveSJiptù tTrof^av. liç w^^eiç ajùrm y et ci

(1) Vitringa n*a réussi qu'imparfaitement à prouver que cette locution n'est poini étrangère aux Attiques ( Specim, anlmadv» ad Vorsr. de Hebraism, /V. Test. comment, adcalcem Lamb. Bos. Oùserv, mise. p. 247. — (2) Johann. XVIII , â, — (3) Id. XII, ig. — (4) M. Cailliaud n'a point aperçu cette addition écrite en plus petits caractères. — (5) Gloss, gr<Fc, col. ^i. — (6) Je le retrouve dans le second vers de cette inscription du musée de Vérone ( Maff. /Mus, Ver. p. 375 ; = Jacobs Adesp, 695 , *'. = Anth, Palat. Append.sï,'* 189. ) Znottç àç Su Jîjr, ciye^ç </C ^ cL-mun vo/A4<étiÇ r,^* àxfxiv YÎoç ùùif (ù-^-T if r,/Ad')î\fÇy c'est-à-dire, « Ayant vécu comme il ftiut vivre, jugé bon aux yeux de tous, et ^y encore jeune, il est allé dans le séjour drs demi- dieux. » Âxyu^V ayant aussi le sens de valdè, admodum ( Schleusn. L, JV. T. i , loo), on pourroit traduire , et dans sa pretnière Jeunesse ; mais d'après le premier vers, l'autre sens est préférable. — (7) Thom. Magister et Mœris, voc. àxfjuiv'ycf, Pauw ud Phrynich. p. 48. = Fischer, ad AJ^jer, p. 7. = Albeni , Observ. N» T. p. 106, et sur-tout Coran,, ad Isocraf.p. 3 et 312. — (8) M. Schoell,en parlant de notre inscription (fJist, de id littér. grecque, Vi, 35 ), traduit oLKy^nv par son lustre, ce qui est, comme on voit, très-loin du sens.

i^Kool fjuiv kfiri^fâ . * • 7» 'jmiAoL «ùtûji' ,* soiit des locuiions irès-vicieuses* C'est peut-être un idiotisme de la langue que parloit Silco. Après wt itpZ av-riç, M. Niebuhr a lu KAGecoHNAl; mais les deux copies portent distinctement KAeezo, . *NOi, dont il paroît impossible défaire autre chose que itctSifcV^rûi, ftute grossière; au moins faudroit-if ^LA^itofÀvïiçi mais le rédacteur ny regardoit pas de si près. Observons de plus la forme poétique ( v, plus bas, 1. 19) «t^S, aoriste du subjonctif employé pour le présent i^infju ^ ou peut-être pour le futur i^ntm»; usage qui se retrouve dans fa grécité du bas empire (1),

On remarquera aussi comme un exemple de la confusion des temps, le présent Tm^ttahim après l'aoriste xaeT^fiw^w^ cest ce quon trouvera encore dans des écrivains du bas empire qui savoient cependant le grec un peu mieux que notre Niibien (2),

L, I j. E-mT^ifjm^ /tA^ t EXt/xt/wv >Jîto neifM^c «• t, A. Il s'agit ici de /a seconde expédition contre les Blémyes. Je crois qu il y a une abréviation dans nplM', comme porte la copie de M. Cailliaud, et qu'il ne faut pas lire nPlMl , ainsi que Ta fait M* Niebuhr, mais UeJtuîtàç, La leçon jiT^fjnoûç prouve qu'on disoit indifféremment T^a^c et rihfjuç^ Après TiA/itiwç, les deux copies donnent enarah ^ AL Cailliaud a mis un point de doule sur le N 5 je suppose quîl y a dans l'original CTi AITAS, cftcore une fois. Le sens est alors tel qu'il doit êïre, j'ai combattu encore une fois contre les Blémyes , depuis Prïmis jusquh Talmis.

L. 17. El y al ravagé le pays des autres peuples qui habitent au-dessus des Nubiens, c'est- à- dire , au midi. Il î^'agit sans doute des peuples de la haute Nubie vers le Sennaar et le Fazoql, avec lesquels Silco a fait la guerre ; il en donne la raison : parce qu'ils ont voulu se mesurer avec moi. Al. Nitbuiir a lu tptXovHJcn^nrei^ ; n^ais les deux leçons combinées» ne pertneitenl de lire que t^iKovtKtnjvi/m ^ autre barbarisme; observez que li rédacteur a mis laugment au futur fihomKnff^vm , pour lui donner le sens du passé.

A favant- dernière ligne, après wt «^i etuTiiç KAÛfiSvdtf tlç -rnv «jx/ir, on lit eiMHTnOHAior. M. Niebuhr supplée ^ha^-^ mais il est luimême peu content de cette restitution , qui ne présente pas de sens. En rapprochant la phrase semblable qui est plus haut , Mt d^Z ^Ùthç xn^BtlI^Quivtiç *'f X^6^^ «lîtiwF II fti • . • -TTa^JtttAKffif //t , on voit que c'ijst un verbe qui manqtie après tî/^': la ligne suivante commence par MC dans la copie de Al, Cailliaud ; par une lacune subie d'un I, dans celle de M. Gau;

(() Hase, ad Léon. Diacon, p. xil, ei Ind. ter, p,*2ûi ,voce Conjunctivus — (2) Timarion, dans les Not, des Manuscr, tom* IX, p jjj.

et de ces deux lettres , on tire MOI , régime du verbe présumé. Je remarque qu'au dessus de l'ioia, dans TnOHAIOT, M. Cailliaud îi marqué un A, lettre oubliée par le graveur 5 ce doit être un N, et je lis YnOKAÏNOTciN 5 ti fjm yktouxlvaair fjtos, s'ils ne sc soumettent a moi, comme plus haut , i î ^ mt^xa^inf fxu

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