MONGEZ
Disc I PU N A clericaus , auctore Petro Alphonsî ^-a* judito hispano. Discipline de clergie, tniduction de l'ouvrage de Pierre Alphonse ; i /^ partie. — Le Chastoiement d'un père à son fils , traduction en vers français de ïouvrûge de Pierre Alphonse ; 2.*^ partie. Société des bibliophiles français, Paris , de rimprimerie de Wgnoux» rue des Francs-Bourgeois- Saint-Michel, n.*» 8, 1824, 2 vol. in'!2.
Dans une note que feus occasion de placer à Ta page i 8 du texte roman du poème sur Boèce, dont je publiai le manuscrit (i), voulant expliquer le mot CHASTtAMEWT^ que je iraduisors par enseignement ^ je dis que Tancienne langue française employoil castoiemeî»»t dans le sens à! instruction, et j'indiquai en exemple Touvrage intitulé Castôicment d'un père à svnfils , ce ouvrage» ajoiuais- je, d'un auteur araLe , lï traduit en latin par le juif Pierre Alphonse, au commenceiîient du »>xii/ siècle, sous le lître de Disciplina Clericàus , que le» y* trouvères traduisirent en français dans le siècle suivant, ^>
C'est cette Disciplina clericalis qui est aujourd'hui publiée avec le texte latin, une version en prose française, et une seconde version en vers français, autre que celle que M. Barbazan et ensuite M (^léon avoienb fait imprimer.
Depuis quelques années , l'élude de notre ancienne langue et de notre ancienne littérature s'est ranimée avec succès; fimpression des ouvrages des troubadours et des trouvères Ta facilitée et propagée dans la France et chez Tétranger, et il est permis d'espérer qu'à mesure qu'on en connoîtra les avantages, on s'y attachera encore plus.
(1] Tome 11 du Choix des poc^ies originales des troubadours.
tiere de louvrage dont f ai à rendre compte , que fa ^publication en est due à la Société des bihliophilef français. En divers temps ee en divers pays, depuis l'invemion de rimprimerie, il s'est formé des associations d'amateurs zéfés des feltres et des livres, pour faire en commun les frais de plusieurs éditions d^ouvrages rares ou remarquables, tirées à un très-petit nombre d'exemplaires, qui devenoieiit à la-fois un objet de prix et de curiosité.
Une pareille société existe depuis quelque temps en Angleterre ; il s en est formé aussi une à Paris : elle a fait réimprimer divers petits ouvrages qui étoient devenus exirêmement rares, et elle en a publié quelques-uns qui étoient inédits : mais on ne les a tirés qu'au nombre nécessaire pour fournir \ chaque associé son exemplaire j et Jusqu'à présent la société n*a pas été composée de plus de vingt- cinq personnes.
Si les bibliophiles français s'étoient bornés' à se procurer exclusivement l'exemplaire de quelques ouvrages rares ou curieux, on devroit leur savoir gré même de ce goût exclusif, puisque les ouvrages ainsi reproduits sont conservés à la langue et à la littérature , et qu ils doivent rentrer tôt ou tard -dans le commerce public, ou faciliter de nouvelles éditions; mais, dans la circonstance présente, cette intéressante société a jugé convenable de faire jouir tous les littérateurs nationaux et étrangers de Tavantage de connoîlre la DISCIPLINA CLERICaus et les deux traductions inédites qui y sont jointes.
Nos 'bibliophiles en ont fait mettre en vente une édition soignée et élégante. Il est vrai que, pour satisfaire la délicatesse accoutumée de leur goût bibliographique, et s'arroger quelque chose d'exclusif dan^ leurs jouissances, ils ont ordonné en même temps, pour eux seuls, une autre édition plus belle encore, où se trouveront quelques notes de plus ; et ainsi les exemplaires tirés seulement au nombrç de vingtcinq, auront toujours à leurs yeux un mérite particulier.
M, Méon, qui, parla publication de plusieurs ouvrages des trouvères, a rendu déjà tant d'utiles services aux amateurs de l'ancienne littérature française, avoit préparé une édition de la Disciplina clcrî^ caits et des deux traductions dont j ai déjà parlé, La Société des bibliophiles a adopté le travail de M* Méon, et s'est chargé du som et des dépenses quexigeoît l'édition.
Avant de faire connoîlre ces divers ouvrages, }e parlerai de Fauteitf de la Disciplina clericalis.
Rabbi Moïse Séphadî , né en 1062 d'une famille juive à*Hueica » ville du royaume d'Aragon, fut élevé dans la religion de ses pères.
]8a JOURNAL DES SAVANS,
I( se livra avec ardeur ï l'élude, et il acquît beaucoup de connoîs'^ sauces; il apprit plusieurs langues, et particulièrement fa langue arabe* Établi h Huesca, et âgé de quarante-quatre ans, lorsque Alphonse VI, roi de Castilfé et de Léon, qualifié dVmpereur, s'y trouvoit, jVIoïse embrassa le chrislianisnie et fut l^apttsé dans cette même ville par révé<fue Etienne, le jour de la fête de S. Pierre, 1 144 de Tère d'Es* 'pagne (i), revenant à Tan i io6 de Tère chrétienne; il reçut le nom de Pierre, et il y ajouta celui d*Alphonse, en mémoire de ce que le roi avoit été son parrain. Ce prince lui donna la charge de médecin dans son palais*
Chrétien nouveau converti, Pierre Alphonse voulut Justifier sa co*iduite et sa vocation, et faire connoîîre et apprécier les sincères motiis qui favoienl déterminé à changer de religion. Il pubba un dialogue laiin en douze litres; les interlocuteurs sont un juif et un chrétien. Dans cet çuvrage, le jUif Moïse, nom que Pierre Alphonse portoit avant son baptême, propose les difficulrés, ei le chrétien, Pierre AI* phonse, nom qu'il reçut au baptême, répond victorieusement.
Dans une notice très-bien faite, qui précède la Discipline tle clergk, M. J, de Labouderie, vicaire général d'Avignon, un des bibliophiles français, donne l'analyse de ces dialogues, publiés à Cologne en \6-^6, in-8*, insérés dans la Bibliothèque des Pères, édilion de Lyon, et qui ont pour titre: Dialogi letiu dignissimi in quibus iwpia jud/rarum cpinio" nés , . * , cofjfîJinniur, qi^damqut prophctarum abstrusiora locû explicantun Plusieurs philologues et critiques sacrés en ont parlé avec éloge.
On a attribué à Pierre Alphonse, maïs sans fondement, divers autres ouvrages*
Celui qu'on ne peut pas tut disputer , c'est la DiSCiPUy a CLERiCAUS , que le traducteur en prose appelle DïSCi?LlNE DE CLERGIE, pane qu'il rend le clerc bien doctrine, ou autrement le Chastoiemekt.
Le cadre de cet ouvrage est très-simple. Un père fait à son fils divers* contes pour lendoctriner; mais la morale qui résulte de ces enseîgnemens n'est pas toujours sévère* Le jeune homme apprend divers bons tours que des femmes ont joués à leurs maris.
J'avois dit, en parlant de cet ouvrage, qu'il avoit été traduit de l'arabe ; Pierre Alphonse l'annonce lui-même dans une sorte de pro*
(i) Qw^tre ans acrèa la mort de Jules César, le partage fait entre Octave et Amaine et Lépide ayant placé TE^pagne dans la portion d'Octave, ce fut à cette épcque que commença l*ére d'Espagre,
MARS 1825» — ms^
le dont je traduirai le passage suivant, parce que fa traduction ert 1 prbse n*e5t pas exacte, et que les traductions en vers le sont encore moins.
ce Oest pourquoi* dit- il, jai compilé ce petit livre, partie des » proverbes des philosophes et des enstigneniens, fables et poésies >^ des Arabes, partie des similitudes des animaux et des oiseaux, * . • » Que dieu daigne m'aider dans cet opuscule , lui qui m'inspira de « composer ce livre et de le traduire en latin (i)î
Le texte latin , qui n avoit jamais été imprimé , a été revu par M. Méon sur plusieurs manuscrits, mais il y reste des fautes que Téditeur n'avoii pas le droit de corriger.
Je 4^m peu de chose de la traduction en prose française : elle est placée en regard du texte laîin. Le style ma paru être celui du xv/ siècle, et même de la fin de ce siècle. Les règles qui, dans Tancien français } distinguent les sujets des régimes , soit au singulier, soit au pluriel, n'y sont plus observées.
Quant à la traduction en vers nouvellement publiée, non-seulement le poète français a fait des changemens consîdéraLles , soit en omettant des passages, soît en insérant des détails que rorigina! n indiquoit pas, mais il a même omis des contes qu'il a remplacés par d autres.
Il na pas too|Qurs eu le soin de conserver les couleurs locales. Ainsi dans le conte 11/, dont la scène est à Bagdad, au lieu de dire , comme fauteur original et comme fauteur de la traduction déji puiïliée , :
ec Templum vero quodJam intravii* »
Vers le temple s'ea vet fuiant, M a traduit maladroitement :
Entré soi est en un mostier.
11 a rendu duo viri par DEUX vassals, e\ judices par pkévost. Je fais ces observations afin qu on n'attribue pas ces fautes à Pierre Alphonse lui-même.
J*ai dit que ce traducteur ne se pique pas d'imiter la concisîorl de Toriginal; en voici un exemple frappant. Pierre Alphonse feii une simple aliusion à la fable de la fourmi qui amasse en été pour se% besoins de Thiver : F/7/, ne sit formica sapuntior te, quœ cougregat in
[ I ) Propterea îibeUum compegt , parti m ex provevbiis philo sophorum , tt suis ^ cJJtïgaûombus arabicis et fabulis tt vers i bu s , parti m ex animalium et volucrum
simiïkudinibus Deus igitur in hoc opusculo mr/ù sit in auxilium, ^ui tne
iJbram hune componere et in Iminum transferre compulit.
(♦) afin que- (*^) abondance
(♦) afio que.
(^) cigale.
{*) moquerie, fraude.
{*) où.
tii JOURNAL DES SAVANS,
âPfiate undi vivat in hyeme. Le poète français en prend occastoh pour compenser la fable de la cigale et de la fourmi :
Je la rapporterai ici pour donner une idée du style et de la manière du traducteur î
Fikj.esgarde com li formîz Porchace son vivre en esté, Que {*) en hiver en ait planté (**)î Soies sages et garnis lei, Si com !î formiz garnist si; Que (*) II ne t*avienge autresi Com au crequet (*), qui au formi Par besoing en hiver ala Et de son blé II demanda.
Disc li formi i ce est abet (*) :
Or me dites, sire crequet, Dont(*) vos. serviez en este Qant je porchaceie le bléî Ce dist le crequet, je chantoue Sor ma îo$st et me deittoue; NVvofe garde ne porpens Que jamais fausist (*) ce bel tens.
Stre crequet, dit li formiz»
• • Vos entendiez ces déduiz,
Au chanter, à î'esbanoîer (*) Et je au forment porchacîer,
Dont je vivrai or ça dedenz, *•
Et vos en auriez fain as denz, Gart or chescun ce que il a.
Bien sai que qui me loera Que me des garnisse por vos , N'est pas de mon bien trop gelos.
J'ai choisi cette cttadon parce qu'elfe peut fournir fe moyen de comparer Fauteur à Marie de France qui a Tait la même fable*
J'ai dit que le poète français avoit substitué trois cojites différeiis \ trois de Foriginal latin. En eflet , il a omis les n/' a6» 27 et 30 du recueil de Pierre Alphonse, et il a •inséré entre autres Je conte d*im ^prodom qui dona tôt son avoir à srs deux Ji lies.
Un homme riche maria ses deux filles et leur partagea toute sa fortune, et il ne lui resta que sa maison 1 et dans cette maison qu'une
(*} manquât.
{*) prendre des amusemens.
(*} ;irnic qui étoit lerinhict par un m;tru»u. ('•) tu bout*
caisse et son lîf. H était convenu, avec ses filles et ses gendres, qu^il logeroit, selon son plaisir, avec lune ou avec lautre, et qu^eilei pourvoiroient à totis ses besoins* D abord il fut bien traité , bientôt on se refroidit envers lui, enfin on en vint aux mauvaises manières* La sœur qui Fa voit gardé chez elle jusqu*aIors, se plaignit d*avoir seule celle charge. I( alla chez Tautre et ne s*y trouva pas mieux, et il se souvint du
Proverbe à viiein:
Tantas,tant vauz et jetant t'cm(*)* *(*) t'aime. II s imagina <ie faire construire un grand coffre, avec de doubles serrures et fortes gardes
Un mail (♦) misi enz, et enz el chief^**) Lia esireitement an brîef (*). - (*) une leitre
Il fit en sorte qu'on imagina que ce coffre étoit plein d^argenl; alors fes deux soeurs s'empressèrent de lui rendre des soîns ; il ne ifianqua plus de rien. Quand le vieillard fut à sa dernière heure, il les appela auprès de lui, leur dit d'ouvrir le coflre après son décès* Il mourut en effet; fes obsèques furent magnifiques; après on'ouvrit le coflVe. Quel fut l*étonneiiient de n y trouver que le mail et fa lettre 1 Elle contenoit ; Que ta créature est maldite Qui por effant se dcseritç. • . ♦ Moût l'en deit fen contralier Lt les picz et les poinz lier £t douer It d'un mail el chief.
Ce conte a été vraisemblablement emprunté par Fauteur aux dialogues de/Césarius, où il se trouve (î)> c'est le sujet de Conaxa.
J*aï remarqué dans ce conte le mot d'AOSr dans le sens de moisscn; et le glossaire de M. Méon Ta expliqué dans ce sens ; N'a voit pas blé jusqu'à AOST.
Je crois que cet ouvrage est le plus ancien de ceux que nous connoîssons où cette expression ait été employée- On^lît toutefois dans les Miracles de Notre Dame, livre il:
Quand ils vendengent et OUSTENT, II est bien évident que les mots ^augustare, à'AVGUSTATi^ CVAî, AOUSTER, AOST, pour moissonner, moisson, n'ont pu être ainsi détournés de la signification prîmiiive que dans un pays où l'on récoltoit
(j) Mort au commencement du XUL* siècle; le conte ne se trouve que dans la première édîiion.
i84 JOURNAL DES SAVANS,
îe blé au mors cTaoût, Aosst ne suîs-fe pas surpris de trouver ces expressions dans les auteurs et dans le langage du nord de la France; mais comment expliquer la circonstance qu'elles se trouvent dans la langue espagnole et fa langue portugaise , et même en locutions pro-^ vèrbrales î
On dit en espagnol :
Agosto y vindemta no es cada dia; Moisson et vendange n' est pas chaque jour.
Et en portugais, avec le seui changement des formes grammaticales qui lui sont propres.
Agosto e vindîma nâo he cada dia.
N'est-î[ pas permis de cdnjecturer que des peuples du nord ont porté cette expression dans (a péninsule !
•Tavois, dans un des derniers cahiers, fait remarquer une expression de la langue des troubadours restée dans celle des trouvères, et je la retrouve encore dans le Chastoument :
Mes enceis li dist ; ci l'tST At Dans ESTA la terminaison a est tout-^à-fait du roman primitif» à fa seconde personne de Finfinitif
Je remarque ime note placée au bas de la page 27 , au sujet de ce passage :
Chier filz, NE t*ACCOMPAGNER mîe A home de malvese vie.
Elle porte: «On trouve souvent, chez nos anciens poètes, Tinfi- M nitif mis au lieu de rimpéraiif, et Ion en trouve plusieurs exemples » dans cet ouvrage* »
Cette note a besoin d'une explication. Dans la Grammaire çùmparéc des langues Je l'Europe latine avec celle des traubadours , page 301, j'ai prouvé que le présent de riiifinitif, précédé de la négation, tenoît parfois lieu de Fimpératif ; que celte forme se retrouvoit dans fancien français ainsi que dans fitalien; mais il faut nécessairement que le verbe soit précédé de fa négation, comme îe verbe lest ici» NE C accompagner MIE. Je ne croîs pas que fe principe puisse être admis sans cette restriction.
Le Chastoîement est suivi d'un glossaire des mots hors d'usage, que M. Méon a inséré, selon sa coutume, pour rintelligence des mots difficiles. Ce travail peu brillant, mais très utile, est fait avec un soin et une intelligence que peuvent seules apprécier les personnes qui ont étudié nos anciens monumens littéraires.
MARS ïfiiy i8î
Puisse le succès de la pubikation de cet ouvrage inédit si^iiAfaire et ^honorer la société des bibliophiles françaiip et les engager îl faire aussi imprimer quelques-uns de nos vieux romajts de ^hev^ïlenc: î Puisse le gouvernement lui-niônie proléger de pareilles entreprisses, qui favurîseroient si heureusement l'étude de Thisloire et des mœurs du moyen ige eu France !
RAYNOUARD
NOUVELLES LITTÉRAIRES
LIVRES NOUVEAUX
FRANCE
M. Schoell a publié le lome VIII et dernier de la féconde ecînion de son Histoire de la iittcratiire grecque profane. Paris, împr. de Gratioi , hbrairie de Gide fils, i8af , ht- S/, xx et 519 pages» Les vingt pages prcliniinaires conûennent des corrections aux sept premiers volumes; les pai;cs 1-45? » ^^^^ iahle synthétique et chrortologigue; les pages 459"5'9» ^"^ table alphaÎHtîcjuc des maiîcres* La table dite synthétique et chronoiogh/ue est disposée de telU* torte qu e les v^rjû offrent la suite des événcmcns politiques depuis Tan 2760 avant J. C. jusqu'à Tan 1527 de Té re vulgaire ; et les recto, en regard, les noms des autenrs et quelques faits littéraires des époques corfyspondantes.
Discours d'introduci'wn au cours de itiîéraïuu grecqut moderne , prononcé a l'Aihcnée royal de Paris, dans 5a séance du 0 février 182c, par M* G. A, de Mano. Patts, impn de Faîn , libr. de P, Mongie aîné, /V/?/ de 27 pages.
Dictionnaire fnwçdis-ivolof et français- batnhara , suivi du Dictionnaire w fllof -français ^ par JVL J, Dard. Paris, 1.825 > inipi*- royale; i vol. in-S,' de jtixi; et 300 pages. Le wolof e*t parlé dans toute la Sénégambie.
Essai littéraire sur le gtniepoéiique au XI X/ siècle ^ lu à Touverlure des cours de TAthénée » le 2 décembre 1824» P^^" M* Artaud. Paris, tmpr. de Rignoux , in- 8,^ d'une feuille et demie.
Satires de A* J. Juvénal^ traduites en ven français, avec le texte en regard et accompagne de notes explicatives, par V. Fabre de Narbonne, profVîseur 4 rinsuiution de Sainte-Barbe; tome L*' Paris, imprimerie de Bcirn, Irbr. de Berquet, iHiç, in-S.^
Les LusiadiS^ ou les Portugais, poëme de Camoens, en dix chants; traduction nouvelle, avec des notes, par J. B. J. Millié. Paris, 1B25, impr, et Idirairie de Firmîn Didot, 2 vol in-F," de 400 et 4r4 pages. Le tome 1 coniient une dédicace à M, de Soiiza, une préface de M. JVlilHé , une vie de Camoens, et les six premiers chants du poëme, avec des notes historiques et Uctératres k la fin de chaque chant. On trouve dans le tome II les six derniers dunts, pareillement traclutts et commentés; les /ugemens portes sur l'ouvrage
i«(S JOURNAL DJES SAVANS,
par divers mtears ( le P. Rapîn, Voltaire , U Harpe ^ Dflîlle, M. de Châteauliriant. M*"** de Siaëi , M. Le Mercier, ^&c. ), ei la traduction de la notice iurCamoëns de M. de Souza* — 11 sera rendu compte de ces deux volumes danf Tun de nos procKains cahiers: en attendant, nous ne croyons pas nou» lia^arJei- en annonçant cette traduction comme préférable, sotis tons les rapports, à celles de Dtiperron de Casiéra et de la Harpe*
d/vf« complètes de Boileau Despréaux, avec ét% préliminarres et nn commenrairc t^xni et augmentes, par M. Dâunou > membre de rinstitut ; tome 1. Paris, impr, de Gaultier- Laguionic , chez Dupont, hôtel des Fermes^ ^82c , m-^/j cxxviîj et 300 pages. ( Avertissement , discours préliminaire ; vie de Botleau et histoire de ses ouvrages; préfaces de Boileau ; son discours en vers au roi; son discours en prose sur la satire^ ses douze fâtires avec des note» et des pièces accessoires )•
(Mmres de V oît aire ; i^vatXWX (la Henriade), édition de Dalibon et Delangle, de rimprimerie de Jules Didot, 1829,777-^/^ xrj et 547 pages, papier velin. Ce volume contient des observations préliminaires par M» Daunou , les dix chants de la Henriade , les écrits de Voltaire relatifs à cepoëme , les notes T^ il }* a jointes, les variantes, les imitations ou emprunts; des remarrjues cnti(]ues sur plusieurs détails de chaque chant; des considérations générales sur l^ouvrage, par Marmontel , la Harpe et d'autres littérateurs du KVIIL* siècle; TEssai de Voltaifc sur la poésie épique*
Boman a vendre on lei deux Libraires , comédie en trois actes et en vers, par M* lîayard ; représentée sur lé second Théâtre français, le 10 février 1825. Paris, Impr. de Tastu^ lîb, de Barba, in-S.* de 7 feuilles. Prix, 2 fr. 50 cent. Jeanne d'Arc, tragédie en cinq actes et en vers, par M, Alexandre Soumet, de lacadémie française j représentée sur le théâtre royal de TOdéon , le 14 mars xMi^^ Parii, impr. de Fain, librairie de Barba, in-S.^ de 5 feuilles l/a. Prijc,4 fr.
Jiacine et Shaksveare , n * n , ou Képonsc au manifeste contre le romantisme; ; par M. de Siendhall. Paris, chez les marchands de nouveautés, viij et 104 pages in-S,' , imprimées chez Fournier» En annonçant (cahier de mars 1825, p^f^* 185) le n.^ î , publié sous ce même titre par M. de Siendhall, nous disions qu'il y dcfendoit avec beaucoup d'esprit et de grâce une cause qui ne nous sembloit pas bonne. Il paroît qu'aujourd'hui il désespère tout-à*fait de celte cause; car îî ne la sotuient guère plus que par âts traits satiriques fort injusttf's, et mii ne jcireni aucune fumière sur la théorie littéraire qu'il prétend établir. Il définît du moins, non pas encore le genre romantique généralcn>eat considéré , mats la tragédie romantique : tt c'est une tragédie écrite en prose; 11 la succession des évéoemens y dore plusieurs mois, et ils se passent en des w lieux dfffiTcns, *>
Afènoires de Leha'm , précédés de réflexions sur cet acteur ei sur rarï théâtral, par M, Talma. Paris, impr, de Crapelet^ libr. de Ponthieu, 182J, in^S*^ de 2S feuillci. Pr, 6 fr.
Aîémaïresdê AIcU, précédés d'une notice sur cet acteur, par M. Etienne; suivis du Comi'dien, par M. Rén>ond de Saiote-Albrne. Paris, împrim, de Crapelet, libr. de Ponthieu, 1^25 , in K" de 25 feuilles t/4, Pr. 6 f,
IXiciionnaire élastique et universel de giographie moderne , contenant la description sticcincic des pays et principaux lieux du globei d'après un nouveau
^alites ou grands articles diîcntî sous t^^BBt"gTandci.^ divisions de la géographie physique et politique, avec Itrurs subdivisions par J ordre de matières ; extraie et traduit, à Texception de [a France , des prrncipatei langues de l'Europe; le tout rcJig*^ et mis en ordre par Hyacinihe Langloii;r précédé d'une introduction très-étendue, dans laquelle on donne un pr^rcis de' géographie auronomique et maihémaiique, un coup d'œil sur le globe, et un ' vocabulaire des termes techniques de la géographie, &c.; accompagné de deux atlas, dont fun de 20 cartes, ei Tantre de 40 , confornies aux nouvelles 1 divisions de TEurope el des autres parties du monde , par Arrowsniiih poiif ' la géographie moderne, et par d'Anville pour la partie ancienne. Ce nooveaaj dictionnaire géographique , imprimé à deux colonne* et avec le caractér«il petit-texte polyaniatype de H* Didot , formera deux forts volumes in-S/ d^ 120 feuilles; environ 60 feuilles ou 1,000 pages par tome, en deux partiel chacune de 500 pages. On a adopté pour les généralités ou grands anicietl décrits par ordre de matières, un caractère plus gros, la gaillarde gros ceit sJ afin qu*on puisse les lire facilement» L'ouvrage étant satiné, pourra se rclierl en un volume. La première partie ou livraison , contenant les lettres A, B^J C, et Tintroduciion (plus du quart de ce dictionnaire), paroiira dan| îe courant de mai procliain. Les autres livraisons seront publiées de quatre mois en quatre mois. Le prix de la éouscription , fixé à 8 francs par partie ofl demi-volume de 500 pages, sera irrévocablement porté à 10 fr. pour U non-souscripteurs, à la publication de la première partie. On a tiré un petil nombre d'exemplaires iti-^/ , papier vélin, dont le prix est double. Oïl souscrit, sans rien payer d'avance, à Paris, chez Hyacinthe LangIotf| géographe et libraire, rue de Seine-Saint-Germain» n.** J2, hôtel de l| Rochefoucauld,
Atlas géographique ei gé&logtque du quatrt partia du monde tt di la Frané^ en pûrticuiier i précédé cT'un essai sur la géographie naturelle et physique Ai globe, notamment de la France, d'après les exe elle ns ouvrages de MM.CuvierP Brongniart et autres savans les plus distingués de Tépoque, par M. Augustin Legrand, Paris, impr. de Dondey-Dupré , chez l'auteur, rue Hautefeuilîe, n.^ 20, gr, tn-fol. , composé de 16 pages de texte et de 24 cartes, dont seize font coloriées, et huit, dïiQS muettn, pour Tétude. On peut se procurer une où deua^ cartes séparément,
Lei Vies des hmnmes illustrés ^ traduiiei du grec de Plutarquc par Jacques Amyot ; nouvelle édition, précédée d'une notice sur Plutarque, par M. Coray. Il y aura jq volumes m-S,\Lt premier doit paroître sous peu de jours chez P. Dupont , de rimprimerie de Gaultier la Guionie»
Histoue dts Cantabrts ^ ou des premiers colons de toute l'Europe, a ve^ ceilc A<% Basques, leurs descendans directs, qui existent encore, et leur langue aslatique-basoue , traduite et réduite aux principes de la langue française ,
far l'abbé d'iharcejûe Bidassouet; tome L*' Paris, impr- et librairie de Jules >idot aîné, in-8/ de 27 feuilles i/8. L'ouvrage aura deux volumes.
Chroniques neustriertnes , ou Précis de l'histoire de Normandie, ses ducs , ses héros, ses grands hommes, influence des Normands sur la civilisation, ia littérature, les sciences et les arts; productions du sol et de l'industrie, commerce, caractère et mœurs des habitans, depuis le IX.' siècle jusqu'à nos )aurfi luivi de chanu neustriem, par M. Marie Dumesnil , membfe de
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i<t JOURNAL DES SAVANSp
jhmnn zc^dmïts. Paris, îiopr. de Boucher, iîbnme de Renard ; et â Caen . cba MaDcel, in^S.', de 27 ftuîWts et 1/2. Prix, 6 fr. 50 cénL
Hîstrirr de l'expêdhicn de Russie, par M. de Chambray, colonel d'artillerie ; tron ToL in*f.*, avec trois vîgneites et an atlas fé|>aré: seconde édition. Prix, pipiir s'jpnf.n des Vosges, 30 fir.; papier grand-raisin véKo, 60 fr, A Paris, <^ez Pîilct azné, imprimeur-libraire, rae Christine, ir.* 5, et chez Ancelin et Pochard, libraires, rue Da-jphine, n.* 9.
Cérémcnies oui dcivent avcir lieu au sacre de «f. M. Charles X , d'après la fciatios de celtes qai ont été obser\'ées an sacre de Lonis XVI , par F. G. Pvrîs , impr. d'Everac, 182s» rn-^/, 31 pages, a Louii XVI, dit Tauteur «dans en conrt avenissement , étant ie dernier des Rois qai furent sacrés à » Reims ; la relation des cérémonies qai earent lieu à l'occasion de son sacre vpent être considérée comme le programme des cérémonies qai doivent a^'Otr vlîea aa sacre de S. M. Charles X.» Cet ouvrage se tronve chez Mongie, k>«in-art des Italiens^ n.» 10. Pr. i fr. yo cent.
Statistique dtsprcvinces de Smone, d'Oneille, d'Acqui et d'une partie de la p^wince dt Aicndwi, farmant V ancien département de Montenove^ par M. le comte de Chabrol de VoJvic, conseiller -d'état ci préfet de la Seine. Pari?, 1824, impr. de JciesDidoi aîné, 2 voL tn-^.* , ensemble de 112 feuilles 1/2, arec des planches.
Restimtïcn de deux frontons du temple de Minerve à Athènes , ou Dissertation poar sen'îr à fesplicatioa des sa}eu que la sculptnre y avoît représentés , mIom cuk la réfutation de Topinion des anciens voyageurs et de quelques CffhiqtKS modernes sur le sujet du fronton occidental et sur la face antérieure ^tt ie.-np!e; par M. Quatremére de Quîncy, de l'Institut royal de France. Paris, imprimerie de Rignoux, //i-^' de 8 feuilles 1/2, plus trois planches. Nous ootzs propesons de rendre compte de cet ouvrage dans Tun de nos pro« cliainscahztrE.
Dictlcnnaire de l'adminîrtraticn dtpartementale et tn^^nicipale, à l'usage de TAU* les préfets , sous-préfets, &c. , par Péchart , sous-chef au ministère de rîntérieor; seconde édition. Paris, impr. deCosfon; chez l'auteur, rue dn Bac , n.* !c6, /r-<^/ de 148 fv-uilles 1/4. Prix, 15 fr.
Lettres sur h fhys:] je , par Alex. Bertrand , docteur de la faculté de médecine de Par:?. Paris, impr. de Lachevarciere , libr. de Bossange frères, 2 vol. î/»-f.% ciifemble de 68 fecîilcs , avec deux planches, Prix , 14 fr.
7Vj.'// thé.ùqve et pratique des opérations secondjjns de la pierre/ par A. Lallemand, ch;:t'do bataillon. Paris, impr. de Crapelet, libr. de Treattel et "Wiîrtz, 2 vol. in-S.-' , ensemb!c de 56 feuilîes , arec un atlas /n-^/ de 24 feuilles ce de 4 i planche?.
Traité spécial de la coupe df s pierres; par J. P. DcTîIiot, professeur d'architecture et de construction à Técole royale gratuite de niaihtmatiques et de de-sin, en lavcur des arts mécaniqjes; premié^-e livraison. Paris, impr. de Kichomme, chrt Pauteur, rue Saint- Jacques, n.'^ 67, m--^.' de 31 feuilles, plus 49 planches. Pr. 18 fr.
Ld Alédecine sjns frJdccJn, on iManu I do santé , onvrage destiné à soulager les infirmités, a prévcn'r te? naîcdies aii;uë$, à gurrir le* malaJies chroniques sans le secours d'une main cirargcri ; par Audin Romière, mc»*ocîn cons-.ilunt, ancien professeur d*hygiéne an Lycée de Paris, &c.; troisième édiricn.
ARS î82j.
iSi;^
cniièremert refondue ei considérablement augmenlée. Paris, l8lJ|Che2 ran-» tcur, nied'^Anitn. n.*» lo. Pr. 6 fr.
Hygicne ph/siologi^ue de la fnnmt ; ou Ia Femme considérée dans son ■ysieme physique ei moral, sous le rapport de son éducation et des soins que réclame sa sanié à foules les époques de la vie; par C. Lacnarne, D» M. Paris, 1825 , ^^^'^ MéquTgnon-Marvis, in-S," de 43^ pages. Pr. 6 fn
Mémoires de la Société d'émulation de Camtf ai, Cnn\hr^\ , janvier J fiaj , impr. et libr. de Bertoud, ilî-zj; 466 pages avec des planches lithpgraphiécs, Dans !a partie consacrée aux belles-leurcs» on remarque une £p}tre a Suzanne ^ de feue M."^' Uufrénoy, et une notice historique el littéraire sur le cardin;il Pierre d'Ailly, par M. A. Dinaux, ouvrage couronné. Parmi les travaux icieniifiqiies, on distingue les analyses des cendres noires et des cendres de houille, par M. Feneuile; et des observations sur la germination du blé, par M. Lecoq.
Année française, ou Mémorial des sciences, des arls et des lettres, comprenant les inventfoDs et découvertes récentes, les événemens politiques impor- Uns, &c. c\c.; des tablettes bibliographiciues, et généralement tout ce qui a paru déplus remarquable dans le cours Je Tannée î^z^l^àr une société do gens de lettres; public par Ch, Ad* et D. B,>ancicn biblioibécaire: premier*année. Paris, impr. de Crapeltrt, au bureau, rue des Saiiitî- Pères, nS ib, in-dV de 42 feuilles et demi. Pr. 9 fr,
La deuxième année de la souscripiion aux Annales de la Société Unntente a commencé le 1.*^ mars 1825 ; le prix est de i8 fr pour les membres de la société qui demeurent a Paris; 22 fr. pour les correspondans dans içs dépanemens; 26 pour les correspondans étrangers. Lt% souscripteurs qui ne sont pas de Ja société reçoivent les six cahiers, francs déport, au prix de 20 fr. à Paris » 24 fr, dans les dépanemens, jo fr. hors du royaume. — La Société linnéennc a publié le compte rendu de ses travaux, pendant les années 1825 et 1B24, rédigé par M. Arsène Thiebaui de Bcrneaudi Pari?, impr, de Lebel, libr. de Uesbeausseaux, et au secrétariat de la Soci^ié, rue éci Saints-Péres, n.* 46, iSaj, 122 pages in-S,* Nous insérerons dans notre prochain cahier le programme des prix proposés par cette Société.
Dans l'extrait relatif à ta version latine de JVlenctus, par M- Stanislas Julien {voyei^ notre cahier de février), on n'a compté qu'une seule traduction des œuvres de ce philosophe chinois» celle du P. Noël. On n*a pas cru devoir citer la version française de Pluquet, laquelle fait partie de la collection des moralistes, parce quVlie ne contient qti'une reproduction fidèle de la première, sans que Tautenrait pu la revoir sur roriginal,ni corriger I excessive prolixité et les autres dcfatits qu'on a relèves dans le travail du P, Noël.
Sculviure égyptienne. Une seconde collection d'antiquités égypliennes a été rassemblée par les sorns de M. Drovetti* Soixante monumens en pierre dure loni déji arrives dans nos porrs L'un de ces monnmcns, pesant 25 ntiUirrs, a été char^r sur dci x voitures; il est entré à Paris le î4 de ce mois. C'est un Siircophnge de granit tniact , avec son couvercle , enrichis Tun cl. Taulrc, en dedans et m dehors, d\ine multitude de figures et d'hiéroglyphes. Le travail en est trè.< -soigné <i très-fini. La longueur tsi d'environ 8 pieds 8 pouces; et la hauteur, avec le couvercle, de 5 pieds 7 pouces. Ce monument a été trouve au fond d'un tomb.au souterrain, dépenaant de la ville de Mempiïis. Il a
ipo
fallu tfoî* moU pour Ven lirer, La forme du couvercle a cela de particulier, que la surface supérieure est celle d'un cône, tandis que le bout du côté de h tête est cylindrique. . , • L*époquc à laquelle il remonte, sans ctre tfesrecwlée (le VU.* siècle avant J. C, ), est d'une haute imporrance pour l*hmoire : c'est celle de Psammétlque , le premier Pharaon sous lequel les Grecs ont pénétré et se sont établis en Egypte.... On lit le nom de Psammétîque fréquemment répété sur le sarcophage et sur le couvercle, La place de ce monument semble marquée à côté du temple monolithe qui vtent d*arriver à Toulon sar un bânment du Roi, et dont la matière est aussi de granit: ce teniple est orné d'hiéroglyph'es , et pèse 2J milliers: son exe. le ministre de la maison do lîoi a décidé qu'une salle du Louvre sertit consacrée à k recevoir. Nous lirons ces détails d'une note qui vient d'être publiée par AI* Jomard.
ITALIE
Oraiianî cMlt e crim'mali dtlV avvocaîa Loren^a Colini ; Plaidoyers civils et criminels de l'avocat L, Coitm , Florentin* Florence, 1824, chez Niccolo Conti, 5 vol. /V/-^/
Vers} d* Antonio N\nt ; Poésies d*Ant, Nuti; tome L*' Florence, t824i in-MZ.
Versî di Ttresa Albarelli Vordoni ; Poésies de Th. Alb* Vordoni, Padoue, i824« '"-^**j ^vec portrait,
• Bondclmonre , tragedia ,* Bondelmonte, tragédie; par Carlo Tebaldi* Fores. Crémone, 1824 , Bellini, /r?-/2.
Storia cronolo^ica de' Pomani ; Histoire chronologique des Romains ^ avec des observations recueillies pnr le docteur Francesco Crivelli* Vérone, ÎS23 e« 1824, des presses de la société typographique, 3 vol. in^S.*
Lr^tûni archeotogiche^ifc*; Lectures archéologiques sur quelques moûuniens du musée égypiien de Turin ,^ far Giulio di S. Quiniino. Turin, 1824, impr. royale, m-^p' H3 pages.
Nuova maniera dt fùbtrîcare II vtno , ifc; Nouvelle méthode de fabriquer le vin, au moyeh d'une cuve couverte, sans l'emploi d'aucune machine; par le docteur Ag.Bassî. Lodî , 18241 chez Orce^i, /«-^/
/Votii/e délia sculptura degli antichi , ^r./ Notice sur la scnplture des anciens et leurs dfjferens styles ,^^t Tabbé L, Lanzi, 2,= édition, corrigée et augmenté^ par l'aoteurp Milan ^ 1824, in-S.*, cvec planches.
ALLEMAGNE
Ueher die aussprache dei grîechischen ifc. Sur la pronanciatîon du grec et la %'alenr des accens grecs, avec un appendice sur les acc^ns latins, rcbtivemenl à la difrérence des siècles et des pays, par Sal. Liskovtus. Lcîpsic , 182 ji Barih., irt'l^^ Prix , 4 E^*
Die SchuU der Alfen ; U Ecole des Vieillards , comédie en cinq actes , par W- CasfmirDetavfgne, traduite en vers par J. F. Most-l. Vienne, 1824, in-S,*
Dcnkmaîe nordischer sprache and hunst ; Afonumens de la langue et des antiquités du nord, par Dorow ; tome J.*^ Bonn^ 1824» InS*' ^ ^^'^c plancties.
Vffsuch fines systématise h en verieichnisses aller bûcher vber kriegswissent chafttn , ifc, ; Essai d*un catalogue systématique et chronologique de tous Us au^rages qui ont paru depuis VinventUn de Vimprlmerlt , et daoi Ici langues
MARS iSi), î5>iiJ|
furopcennes, sur les scîeucts nulicaires, par F. Rurnpf. Berlin^ 1824» Reimcri I voL in-Sy Prix, li gr- C
L'An ée la fonification ^ appliqué à la défense des places de guerre d*un diamètre de u% cents toises et au-dessus ^ par lequel on donne les moyens d'augmenter considérablement la force de résistance et de diminuer les Uhi% de construction des grandes forteresses , par le prince d'Arenberg. Vienne^ 1814^ 'V^-<^'' avec planches. Prix , 18 fl* Cet ouvrage est écrit en français*
DANEMARCK- Phiiosophlske og htstorhke ûJhandUnger , <i^c. ; AUmoms phflosophiqua et historiques de la sociaé royale d^s sciences. Copenhague, fmpr. de Popp; tome h"* t /«-4.*> Ixxxviij et 386 pages, avec ttuâire gravures. Dans les mémoires de la société royale de Copenhague, publies depuis 17^3 , les articles d'histoire et de philosophie étoieni mêlés a ceux qui concernoient les sciences physiques et mathématiques. Depuis <juc cette compagnie a étendu ses travaux , elle s'est déterminée à publier séparément ses mémoires relatifs à la géographie, aux antiquités, aux annales anciennes et modernes, aux vciences morales et politiques. Les Ixxxvir) pages préliminaires contiennent un exposé général des travaux de la société de Copenhague depuis 1814', par son secrétaire perpétuel , M. Oersted.
ANGLETERRE
Typograpftia , or tin prmter's Instructor; Typo^aphte , ou l'Instructeut dt t*imprhneur,TçnîitTn\BTit un essai sur l'origine de I imprimerie, par J. Johnson, Londres, 18241 in-S."^ , avec gravures. Pr. i L 10 s.
Afrmoirs of painihg ; Aietnoires sur la peinture^ par \P. Buch. tsq.^ contenant Thiftoire chronolngique de i'rmporiation des tableaux des grands maîtres dans la Grande-Bretagne, depuis Tépoquc de là'révoluiioo française. Londres, j 824 , 2 vol, in-S." Pr. 26 sh.
JVcvum Lexicon gTtTCufn , etymologicum et rc^e, aactore C, T. Damm; de novo instructum cura J. M. Duncan. Londini^ 1824, 1 vol. m-^/ j L j.
A tour in Gttmany , ifc*; Voyage en Allefnagne et en quelques provinces mi^ fîdiotialcs de l'Autriche^ dans les années 1820, 1821 et 1822. Edinbourg, 1824, 2 vol. în-T2^
Journal of a voyage to Brejtl^ ^c. ; Journal d*un vogage au Brésil ^ et d'une résidence dans ce pays, par Marie Grahani, pendant les années 1821, 1822 et 1823, Londres, 1824» f/î-f.*
Afotitia hïstorlca , comaining tables, caleridars , ifc; Notices historiques, contenant des tables , des calendriers et autres matériaux à l'usage des historiens, des antiquaires, ifc; par h). Nicholas. Londres, 1824, in-8/ Pr. I2sh.
Afemoirs, iXc, ; A'iêmoires sur Us affaires de I* Europe , depuis la paix d'Utrecht, par lord John RusseK Londres, t82j , in-f,'', de J72 pages. Prix, 2 i. 10 sh.
Original letters , illustrativt of engîish history / Lettres originales relatives À l'histoire d'Angleterre, contcn^int un grand nombre de lettrei royales tirées des autographes du muséum britannique, et d'une ou deux autres collections, avec des noies, par Henry Ellis , conservateur des manuscrits du muséum britannique, Londres, 1824 j J vol. in-S*^ avec portraits ci fac-similé. Prix , 1 ï. st. 16 sh.
A statistiçal and commercial history of ihe lûngdom of Guattrna/a , ifc. ;
Hmoirt sidtinlqut et commcrctaU du royaume de Cuathnald dans t*Àmérift$€ espagnole; contenaiu d*mïporcanic* paiticularkcs relatives à ses prodiictTODS, rri^nufaccurcSy 6cc. ; avec un précis sur sa conquêie par les Espagnols» ei le récit des principaux évcncmens rrcemmeni arrivés ; ouvrage compose sur <Je5 pièces originales; par don Domingo Juarros^ natif * de la Nouvelle^ Gaatrmala; iraduii par J. Bail), Londres, 1825 , in-S^* j avec carte. Priit , î6 ilu
Lettcrs wrttien from Cûlomèla / Lettres écrlta de Colombie^ durant wp, voyage de Caraccas a Bogota» et ensuite à Santa-Martba» en 182J. Londres, 1825 » in-S**, avec une cane de Colombie. Prix ; 8 sh.
Principlts ùfwarmhig, lifc*/ Prtndpes de Vûrt de réchauffer et d^ aérer Us idyii es publies , les maiions des particuliers, les aielier5 > les hospices, li*» serres, &c. , et de coniuuire les divers foyers, les chaudières, les appareilt i chauffer par la vapeur, les étuvcs; avec des éclaircissemens ihéoriqucs et pratiques appuyés de Texpérience, auxquels on a joint des observations sur 1a nature ae la chaleur, et plusieurs tables utiles^ par Thomas Tredgoid , ingénieur Londres» 1824 % Taylor, in-S/ , avec planches.
Nota. On peut s'adressera la librairie de M Af, Treutiel^f Wûriz, a Paris, rue de Bourbon, n.^tj ; a Strasbourg , rue des Serruriers; et à Londres, /»/ jo . Sûho-Square, pour se procurer les divers ouvragts annoncés dans le Journal du Sa vans 4 II faut affranchir les lettres et le prix présumé des ouvrages»
TABLE
Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes , composés^ tra^ duits ou publiés en français et en latin, par A4* Barbier, {Article de Ai* Kaynouard. ) , — , ..r..., . . . Pag' iji
Lettre à Ai^ Dacier, relative à i'ûlphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par le Egyptiens pour écrire sur leurs mcnumens les tttrts , <i^c. — Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyp^ tiens, ifc. — Exposé de quehjues découvertes récentes concernant la littérature hiéroglyphique et tes antiquités égyptiennes , Ù'c. ; par M. ChawpoUion le jeune. {AnicUde /VU Silvesire de Sacy. )•. . 1^0*
Iconographie ancicr,ne , C^c, ^ Iconographie romaine, Wne il, par
M. Afongez^ { Article de M, Lettonne. ) * , . • . . 1 J 4 ^
Histnire des marais et des maladUs causées par les émanations des eaux
sragncunes , par Af. J, B, Alvntfakon. ( Article de Af. Tessier. ), . 163.
Extrait d'un méincire lu dans la séance publique de l* Académie des inscripiiûJiS et bdles - lettres du jo juillet i8x4, sur l'histoire du coton. ( Article de AI. ivionircz* ) , , , , 171*
Discipline de clergie , traduction de l'ouvrage de Pitrre Alphonse, i S' partie. — Le Chastoiement d'un père a son fils, traduction en vas français du mane ouvrage, { Article de M* Kaynouard. )• . . . î78,
//^tivilLs littéraires ,•-*,. 1 15 ,
fIN PE LA 1A8L£,
Le prix de Tabonnement au Jouroâl de% Savans est de 36 francs par an , et de 40 fr- P^r Ia poste, hors de Paris. On s'abonne chez MM. Trtuttel et Wlêri^, à Paris, rue de Bourbon, n,* tjf à Strasbourg, rue des Serruriers, et à Londres p n.*jo Soho-Square. Il fà«t affranchir les lettres et l'argent.
Xes uyres nouveaux, les lettres f avis, mânofres, &c., qui peuvent concerner la rédaction de ce journal , doivent être adresses au bureau du Journal des Savans , à Paris , rue de Ménil-montant, n."* 22.
*..^.- ÉmM,
Wi^'^
JOURNAL
DES SAVANS
AVRIL l8ij.
A M EMOI B of CENTRAL India , htckdiftg Mahvû iind ^djoining provinces ; wiih îhe Ahioiy and copious illustrations of the past and présent condition oftliat country ; hy Major gênerai sir John Malcolm , G. C* B. K. L. S. — Mémoire sur Hnde centrale , comprenant Malwa et les provinces voisines ; 4ivec l'histoire et de nombreux tableaux de l'état passé et présent de cette contrée , par sir S, Malcolin, major général , &c* Londres, 1825 , a vol. inS.*
SECOND ARTICLE
/VpRÈS avoir n'aité\ dans les huit premiers chapitres de son ouvrage , des étals les plus importans de flnde centraFe, M, Malcolm, pour compléter (e tableau de cette province 1 a voit encore à parler des
Bb a
nababs de Bhopal ; des Pîndarrîs, réunion de brigands de toute sorte de nations <jur ont été les principaux instrumens de la dévastation de cette contrée ; des chefs radjpoutes , dont les uns ont été détruits par les Mahraites, et les autres ont survécu à leur domination ; et enfin de diverses tribus à demi sauvages qui ont acquis de fimportance pendant la longue anarchie dont ce pays n'est sorti que par les efforts des Angbis, et qui ont joué un rôle plus ou moins actif dans ce système înoui de déprédations et de brigandages» Le chapitre IX est consacré aux nababs de Bhopal, fe x/ aux Pindarris et à leurs chefs, fe xi* aux radjpoutes et aux chefs de ces hordes de brigands dont fai parfé en dernier lieu. Aucun de ces détails ne pouvoît être omis par sir John , parce que son ouvrage devoit éclai^r le gouvernement anglais sur tous les élémens de prospérité ou de malheur, d*ordre ou d'anarchie, de tranquillité future ou de révolution, que renferme cette province, et dont une sage administration doit ou favoriser et hâter !e développement , ou contenir et neutraliser les funestes effets* Mais comme nous envisageons ici le même sujet , plutôt sous le rapport historique que sous le point de vue de Ja politique et des intérêts de la compagnie souveraine dont le sort est si étroitement Hé avec celui de la Grande-Bretagne, nous nous bornerons à donner une idée des iX."" et x**^ chapitres , dont il est plus facile d*offrir aux lecteurs une anafyse raccourcie.
Bhopal est une ville qui a coJnmimîqué son nom à une principauté située dans la partie orientale de la province de Malwa, Cette principauté est possédée par une famille mahométane , sortie du pays des Afghans, et dont fauteur, Dost Mohammed, entra au service de fempereur mogol Aurengzeb. Employé dans le Malwa, il y reçut un modique apanage , qu il sut bientôt agrandir par Tintrigue , la perfidie et la violence, autant que par son courage et ses talens. Une insigne trahison l'ayant rendu mïaître du petit état de Bhopal, dont le chef indien avoit contribué puissamment à son avancement, if construisit une dtadelle qull joignit à la ville de Bhopal, entoura cette ville de murs, et en fit la capitale de sa domination.
Dost Mohammed mourut en 1723» âgé de soixante-six ans. II avoit pris le litre de nabab, après la mort d'Aurengzeb< On a cherché à pallier les crimes auxquels fentraîna son ambition, en les couvrant du voile d'un zèfe ardent ppur les întérêtç de rislamrsme, dont il faisoit profession ; mais il est plus vraisemblable que ce zèle affecté netoit lui-même quun des moyens dont son ambition se servit avec succès, A la mort de Dost Mohammed, ceux qui dlrigeoient les affaires
de ce petit étac, lui donnèrent pour successeur son second fils. Sultan Mohammed-khan , âgé seulement de sept ou huit ans , au préjudice de l'amé Yar Mohammed-khan ; celui-ci étoît alors comme otage auprès de Nizam-almufc> qui régnoit souverainement depuis plusieurs années sur toutes les anciennes possessions des Mogols dans le Dékan, Nizam-almulc ayant embrassé les intérêts de Yar Mohammed, l'envoya , avec un corps de cavalerie, dans les états de Dost Mohammed, pour faire valoir ses droits; et son frère, qui n éloit pas en étal de résister k h puissance de Nizam -almulc, fut contramt d'abdiquer et de lui# alxindonner le irone.
Yar Mohammed agrandît ses domaines par les mêmes moyenî odieux dont son père lui avoit donné Texemple, A sa mort, son fils aîné, FaÏ£ Mohammed-khan , âgé de onze ans, fut reconnu pour son successeur* Il eut à combattre les prétentions de son oncle, Su/tan Mohammed-khan ; mais «près des succès divers , cette guerre se termina par la cession faite à Sultan Mohammed-khan , pour lui et ses descendans , de la forteresse de Rhatgar et de ses dépendances.
Il est digne de remarque que le nom de Mohammed , ou , comme écrit sir John, /Mahomed, esi commun à tous les princes de cette famille, sans exception, et fe nVétonne que M. Malcolm nen ait pas fait Tobservation. C est sans doute une conséquence du zèle que Dost Mohammed et ses descendans aftcctoient pour la propagation de rislamiime.
A peine la paix éfoii elle rétablie par l'arrangement fait avec Sultan Mohammed-khan , que le ♦petit itat de Bhopal fut menacé d'une destruction totale. Badierao, qui venoît d'arracher à lafoiblesse et à la timidité de Tempereur mogol le titre de soubahdar de Malwa, demanda à Faïz Mohamtned-khan et à BaïJjiram, qui gouvernoit en son nom , la restitution de tout ce que Dost Mohammed et ses successeurs avoitnt usurpé. La famille de Bhopal n'échappa à ce danger que par Ie sacrifice de la moitié de ses possessions. Faïz Mohammed-khan, livré tout entier aux pratiques de la dévotion» avoit abandonné toute l'autorité a son mîjiisire Baïdjiram. Celui-ci mourut en 1158 de l'hégire ( 174J de J. C. ) , et eut pour successeur son fils Gassy Ram , qui avoit à peine exercé pendant un an ses fonctions , quand il périt victime de la vengeance de -Hayat Mohammed- khan et Yasseïn Mohammed -khan, tous deux frères du nabab* Un Patan, appelé Ghalnt'khat ^ le remplaça, et périt six ans après par Je poison; il eut pour successeur un Hindou nommé. Radja Kàiori, homme d'un rare talenti qui avoit été l'un de5 commis de BaJdjirami et qui
gouverna pendant quatorze ans avec succès Tétai de Bhopal.
Une
intrigue dont les causes sont peu certaines, mais qui vraisemblablement fui dirigée par les frères de findoleni nabab, coûta la vie à Keisorî, et Yasseïn Mohammed-khan , frère de Faïz , s'empara du mrnisière. Faïz mourut peu après cet événement, et Yasseïn ne lui survécut que quelques jours. Le tr6ne passa alors à Hayat Mohammed-khan > frère de Faïz et de Yasseïn , et qui, comme Faïz, abandonna toute rautorité à son ministre, pour ne s'occuper que d'exercices de religion, Aussi > rhistoire de cet état jrusqu'à Tépoqucoù finit louvrage dont nous rendons compte , n'est-eUe plus que celle des ministres qui ont gouverné au nom de Hayat , et ensuite au nom de son fils Gbous Mohammed, qui lui a succédé dans le titre de nabab en 1807 ou 1808* Parmi les scènes muftrpliées de trouble et de désordre, paroissent quelques per^sonnages remarquables par leurs talens et la sagesse de leur conduite. Aucun n'a plus contribué à la conservation de cet état qu'un descendant de Dost Mohammed, nommé Vi^ir Mohammed. Celui-ci, renfermé dans la viîle de Bhopal, soutint en 1812 et 1815 un siège qui dura plus d'un an, contre les forces combinées de Daulet Rao Sindia et du radja de Nagpour, et triompha de tous leurs efforts. Il gouverna pendant neuf ans, sans avoir jamais joui d'un instant de iranquillilé, et mourut en 18 lé, laissant pour successeur son fils Nazer Mohammed, prince d'une très-grande espérance et qui avoit épousé la fille du nabab Ghous Mohammed, Nazer ayant péri par accident en 1818» sans laisser d enfant mâle , le gouvernement passa entre les mains de Monir Mohammed-khan , fils du ïrèie aîné de Nazer, Amir Mohammed» khan, et qui doit avoir épousé la fille de Nazer* Vizir Mohammed et sa famille ont cultivé avec soin l'amitié des Anglais ; et par un traité fait au mois de février 1818, entre les plénipotentiaires du gouverneur général et ceux de Nazer Mohammed-khan, les Anglais ont garanti au nabab de Bhopal et k sts successeurs la propriété et la souveraineté des domaines qu'il possédoit , et de quelques nouveaux districts qui lui ont été cédés par le même traité. Il est bon de faire observer que dans ce traité il n est pas môme fait mention de Ghous Mohammedkhan , souverain de nom de l'état de Bhopal, et que les plénipotentiaires de cet état n'agissent quau nom de Nazer, dont ils s'engagent de fournir dans deux jours la raiificadon.
Les Pindams [ouent un grand rôle dans Thistoire de flnde centrale peiîdant les dernières années du XVlli/ siècle et les vingt premières de celui-ci; et c'est pour délivrer cette contrée de leur brigandage, qui pouvoîc devenir funeste aux possessions de la compagnie, que k
AVRIL l8^5- ^9P
]^ms$ance britannique dans llnde s^est vue contrainte k înterven:r dans les afi'aires politiques de cette partie de l'ancien empire des Mogoh, Les Pindarrîs ne sauroient être considérés comme une nation ; et ce que Ton entend par ce nom est un ramas de flibustiers ou de brigandsi qui, sans patrie, sans propriétés à défendre, sans aucun projet de conquêtes solides et deiablîssemens durables, portoient leurs armes par-tout où i[s espéroient pouvoir faire quelque butin , prodiguoient en débauches Je fruit de leurs rapines y et recommençoient leurs courses dès que le produit de leurs précédens brigandages étoit consommé. Retirés dans des montagnes inaccessibles qui leur servoient de repaire , ifs paroissoîent et disparoissoieni comme leclair , sans que les villages ou les Caravanes qu'ils vouloient attaquer eussent le temps de se mettre en garde, ou que les troupes qu*on envoyoit à leur poursuite pussent les atteindre* Composés d'hommes qui ne connoissoient aucun lien de famille , de patrie ou de religion, ils n'éioient réunis^ que par un goût commun pour le vol et le pillage , et par l'obéissance aux chefs dont l'audace et rinirépidité avoient mérité leur confiance* Sir John fentarque que la plus ancienne mention qu*on trouve de leur nom, remonte à Tan 1689, "^^'^ qu'ils n'ont commencé à acquérir de Timportance que lorsque les différentes puissances de race mahratte lès ont employés dans leurs querelles comme d*unles auxiliaires. Alors seulement ils obtinrent des concessions en terres, ou en contributions avouées par les gouvernemens qui recherchoient leur secours: ils commencèrent à avoir une sorte d'organisation régulière; leurs chefs acquirent de la réputation, devinrent propriétaires, si fose m*exprîmer ainsi, des compagnies ou corps qui combattoient sous leurs ordres , et transmirent leurs droits h leurs descendans* Ces cheft ont, dans cet éiat de choses , quelque analogie avec les condottieri de ritalie, et, comme eux, ils louoient leurs services au plus offrant , ffttaquoient aujourd'hui celui pour lequel ils avorent pris les annes la veille, et étoient presque aussi redoutables au territoire de leurs thm qu'à celui de leurs ennemis- A mesure que les Pindarris acquirent plus d'importance , leurs diverses troupes s 'unirent davantage , et ils commencèrent à former une sorte de confédération qui , en augmentant leur force, en fit plus que jan;ais le fléau destructeur de toute industrie, de toute culture , en un mot de toute civilisation.
L'origine du nom de Pindarris qu'on leur donne, est incertaine. L'opinion la plus gënéralemeni reçue ^st qu'il dérive de phda , nom d'une boisson enivrante , et qu'il leur a été donné parce que, \n^T une conséquence de leur vie licencieuse et de leur penchant à fa débauche,
;ioo JOURNAL DES SAVANS,
ils fréquentoient assidûment . les lieux où Von vend cette lîqiieur. ■Cette éiymologie a été confirmée par L'assentiment de plusieurs Pin^arris eux<*ménies, interrogés à ce sujet. .
. <c On a, die M. Maicolm, comparé les Pindarris aux pi^injers » Mahrattes ; mais quoiqu'il y ait entre eux de l'analogie sous le a> point de vue du caractère et des habitudes , ils diffèrent essentiellemem >3à plusieurs égards. Les adhérens de Séwadji et de ses. $uccess6urs » étoient unis et animés par les liens de la fraternité , et les. préjuge de 3> la relîgioa; ils appartenaient tous à une màme tribu, et étpieait y> presque tous habitans d'une m£me province ; ils ne receyoient pas » leur impulsion uniquement de l'amour du pillage , pu de l'ambition j> d'un chef marnai; ib avoient les motifs le^ plus légitimes» et con^- » quemment les plus durables » d'attachement pour leur sol natal, et pour »> la religion de leurs pères, et cela même leur . inspiroit un profond » ressentiment contre le gouverneçient intolérant et oppresseur psff » qui ils étoient attaqués. Ces causes^ il est vrai , s'opposoient k cecj^ufs » leur nombre s'accrût beaucoup ; mais, d'un autre câté , elles produisoient 3> chez eux une union d'intérêt et d'action i inçpnque aux Pindarris. Un » des plus grands maux toutefois que prod^isoit le nombre toujours » croissant de ces derniers ^ c'est que , bien que divisés » et ne pouvant 23 être réunis que par l'existence d'un principe commun d'activité, la a> fbiblesse même du lien qui les unissoit, servoit d'attrait pour anuisser -j> autour d'eux, comme autour d'un noyau , tout ce qui.i^e t^noit à bt » société générale que foiblement, et qui flottoit,pour ainsi dire, dar^s s> son sein: de là se formoit et se prés^ntoît à chaque instant une » mcisse de matériaux qu'un chef habile et insinuant, poi^yoft employer » à la destruaion des autres et à son propre agrandissement. »^ . ,,
Ajoutons à cela que, toutes les foi& qu'une contrée avoit été ravagée par ces brigands, qui ne laissoient ^près eux^^uicun moy^ d'existfsncç, une grande partie de la population n'avœt d'autre ressource que de s'associera leurs brigandages , et contrpctoit bientôt^ pçujF cette vie tumultueuse mais indépendante, un goût trop vif pqur pouvoir revenir au^ habitudes paisibles de ragricuUurç «t de industrie.
Ce sont les Mahrattes qui ont introduit les Pindarris dans flnde centrale; le premier Badjerao en avoit pris à son service un çoqps de partisans, commandé par un chef nommé Ga^i'^ddin. Ce chef étant mort à Oudfèïn , laissa deux fils , Gardi-khan et Schai^baz-khan, Le premier succéda au commandement du corps qu'avait laissé sori pèr^, efg^na si bien les bonnes grâces de Melhar^Raç Holkar , que ce prLpçe lui fitpféseat d'un drapeau d!or« Il n'çn &|lut .p$^ davaQUge pp^ ji^ .49Qner 4^ Ja
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considération y et attirer près de fui un grand nombre d'aventuriers. De ce moment sa troupe forma un corps particulier * qui avoit son camp séparé^ et qui n'étoit jamais employé que comme une légion de partisane , pour piller le territoire ennemi. Quoique Gardi- khan fût connu sous fe nom de Touraï, qui étoit celui de sa tribu» le corps qp'il cbmniandoit fut appelé collectivement de celui de Pindarris, cjUe déjà, depuis un siècle, on donnoit, dans cette partie de l'Inde, aux aventuriers flibustiers.
Ce corps de Pindarris , qui ne monta, jamais à plus de quatre pu cinq mille , demeura toujours attaché à la famille de Hoikar. Lofs de l'expédition entreprise, par l'ordre du marquis Hastings, pour la deç^ traction du système de brigandage dont les Pindarris étoient le principal^ instrament, les chefs de ce corps se virent forcés à la soumission j et furent contraints à souffi-ir la dissolution et le licenciement de leurs troupes : ils reçurent pour eux personnellement quelques domaines qui fournissent aujourd'hui à leur subsistance.
Le frère jde Gardi-khan , Schahbaz-khan, s'étoît mis aussi à fa tête d'un corps de Pindarris, dont ses descendans héritèrent; ceux-ci furent le plus souvent attachés au service de la maison de Sindia, Ce corps redoutable étoit divisé , en 1 8 1 7 et 1 8 1 8 , en deux camps ou durrahs ( c'est le nom que leur donnent \cs Pindarris ). L'un de ces camps, dont le chef se nommoit Wasil Mohammed, ayant été détruit, le chef fiit livré aux Anglais par Daulet-Rao Sindia, auprès duquel il avoit espéré trouver un refuge. Malgré les égards qu'on eut pour lui, son caractère indépendant et indomptable le porta à former le projet de s'évader. Voyant son projet découvert, il s'empoisonna et mourut en 181^.
Le second camp ou durrah des descendans de Schahbaz-khan étoit passé dans des mains étrangères à cette famille. If avoit alor^ pour cfief un homme appelé Radjoun ; mais son autorité n'étoit guère que nominale, et le pouvoir étoit exercé par un aventurier appelé Tifhitou ,)[\z\\{ des environs de Delhi, et qui avoit commencé par être esclave. Tchétou, à qui aucun crime ne coûtoit, pour peu qu'il lui fût utile, parvint à se rendre tellement redoutable à Daulet-Rao Sindia qu'il avoit d'abord servi, que ce dernier fiit oblijgé, vers 1816, à racheter'ses.étais du pillage , en abandonnant divers districts à Tchétou et à plusieurs che6 Pindarris. Tchétou étoit, parmi les chefs de ces brigands, un de ceux que la voix publique dénonçoit comme l'un des principaux auteurs de la dévastation et de la dépopulation de l'Inde centrale. Aussi fut-il poursuivi avec acharnement par les forces britanniques. Il n'osa pas leur tenir tête, et eut recours à la fuite. Ses troupes firent dispersées
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et Sét/iiites; pour lui, repoussé de tous ceux auprès desquels il chercha un asHe, et traqué comme une bêle féroce > il fut réduit à se cacher dans répaîsseur d'une forêt, ou il devint fa proie d'un lîgre. Son chevaJ , ses armes et sa tête furent retrouvés dans la forêt. Son fils, qui avoit été fait prisonnier, fut remis en liberté, et renvoyé dans les états de Holkar, de qui Tchétou avoit reçu la concession de quelques domaines.
Un autre chef de Pîndarrisi nommé Kirim-khan, qui avoit d*abord été attaché au service de Madhadji Sindfa, et qui jouit, k une époque de sa vie, de plus de pouvoir et d*indépendance qu'aucun de ses rivaux , fut au^si forcé, en 1817, à se remettre lui-même entre les mains de M, Malcolm. et reçut des terres pour assurer son existence et celle de sa famille, dans la province de Gorakpoun «Ilpourroit encore, w dit sir John , y vivre heureux , s'il savoît oublier les r^ves d'une haute x> fortune dont il S'est si long-temps bercé, et apprendre à être sage >i par le souvenir d^s étranges vicissitudes du sort qu'il a éprouvées. » En effet, élevé au rang de nabab par Daulet-Rao Sindîa, marié à une princesse de la famille de Bho|>aI , son ambition, qui ne^connoissoit point de borner, l'aveuglant, il tomba dans les pièges que lui tendoit Paiilet-Rao, et fut mis en prison. Au bout de quatre ans, Daulet-Rto, séduit par les promesses de Namdar-khan, neveu de Kérim, et espérant mettre ses états à fabri des dévastations des Pindarrîs, lui rendit la liberté. Kérim n*en profita que pour se venger sur les domaines de Sindia, où îl commit, d*accord avec Tchétou, toutes sortes de ravages. Abandunné ensuite de Tchétou, il éprouva une grande défaite, et se mit sous la protecdon du Suîtan Amir-khan. Celui-ci étoit alors dans fts intérêts de Holtarîil rejnic donc Kérim à GafFour-khan , qui cornmandoit lés troupes de Hollcar. Kérim fut retenu trots ans dans le camp de Holkar ; il s'en échappa quelques mois avant Tentrée des iroupea anglaises dans leMalwa, et s engagea à faire cause commune contre elles avec Daulet-Rao Siadia. Abandonné de Sindia, qui redoutoit les forces britanniques, il s'en vengea d'abord en pflfant ses domaines; mais bientôt il n'eut plus de ressources que dans la fuite, Kérim s*enferma dajis la vîile de Dfawad, qui , peu de Jours après , fut prise parles Anglais, Son corps de Pindarris, commandé par son neveu Namdar, fot complètement battu, et n'échappa à une destruction totale que par une prompte soumission , et pqr f intercession du nabab de Bhopal,
M. Malcolm, en terminant ce chapitre, s'exprime ainsi :« Des ï> confonctures fâcheuses pourront produire d'autres brigands; mais *> les Pîndarris , considérés comme un corps, sont si réellement
w anéantis, que leur nom mêine est dfjà presque oublié, quoiqulf » Fépandîc , îf ny a pas encore cinq ans , la terreur et la consternrîtiori » dans toute rinde# »
Les chapilfes XII %i XJII sont consacrés ;t faire connoître le système 4^ gouvernement dès é*ats de rin<ie centrale » sous les divers points de vue de ladministration générak » do la iustice et des finances. Ce dernier objet occupe à lui seul les cent cinq, premières pages du second Volume*
Dans Je chapitre xjv , Tauieur passe en revueigs différentes nations ou tribus dont se compose la population de l'Inde cenlrafe, et trace le tabfeau de leurs caractères respectils et de leurs habitudes; il s'attache spédalemeni à faire remarquer , parmi les usages , ceux qui sont communs à la totalité ou i la plus grande partie de la population; enfin if tcrmfne ce chapitre pffr une classification qui apprend à distingue! les tribus qui se livrent aux occupations de la paix, de celles qui considèrent encore les armes comme leur unique profession.
Le changement qui sest opéié dans Tlnde centrale depuis la destruction des PindarrJ> et fe rétablissement de la paix en 1817, jusqu'en 1821 » forme lobjet du quinzième chapitre, et Ton trouve dans Vûppendfx, outre les traiiés et la substance des principales transactions politiques qui ont réglé les prétentions et les droits des diverses puissances et de tous les princes possessionnés, un grand nombre de tabfeaux au moyen desquels on peut voir Jim coup-d*œiI ce que celte vaste contrée a gagné au rétablissement d'un système régulier de gouvernement, et h h destruction de l*anarchie qui lavoit ravagée pendant près de trente années.
Enfin le chapitre xvi et dernier contient des considérations sur la situation actuelle de la puissance anglaise dans Tlnde centrale , sur fes principes qui doivent en diriger radministration , les dangers auxquels elle est exposée ,t^t les ménagemens dont elle doit user dans f intérêt des indigènes , et daos celui même de la compagnie.
II n est aucun de ces chapitres qui ne pût être Fobjet d'un extrait assez étendu. L^administration des revenus sur-tout , et particulière* ment (a manière de les percevoir, offrent un grand intérêt. On ne lit pas avec un moindre intérêt ce qui coiurerne les ptndjayefs ou cours de justice, dont la constitution offre quelque analogie avec les jurys. Mais si je voulois entrer dans ces détails, je devrois encore faire deux articles pour le moins aussi longs que ceux que fai donnés. Je me borne donc à indiquer ces divers objets à la curiosité de% lecteurs , et je finis en observant que la lecture de ces deux volumes a laissé dans
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mon esprit Fintime conviction que le gouvernement anglais dans rinde ne pouvoit pas confier la pacification du Malwa à un administrateur plus digne de sa confiance, et plus propre à concilier les intérêts de l-humanité avec ceux de la compagnie, que l'auteur de ce lÀémoire, où respirent par-tout les sentimens les plus honorables joints à une grande instruction et à la sagesse de Fhomme d'état.
SILVESTRE DE SACY
Recherches an atomiques et physiologiques sur la structure intime des animaux et des végétaux, et sur leur motiUté; par M. Dutrochet, docteur en médecine, correspondant de T Institut de France, membre associé de ï Académie royale de médecine, des Sociétés philomathique , linnéenne et médicale d'émulation de Paris, des Académies de Rouen, de Lyon , de Toulouse, &c.; avec deux planches. A Paris, chez J. B. Baillîère, libraire, rue de rÉcoIe de médecine^ n,* i4>/W.^de33z pages, 1824.
L'anatomie des végétaux, comme celle des animaux, est indispensable pour l'intelligence de la nature et des fonctions de ces êtres vivans. Ce qui a rapport aux premiers présente plus de difficuhés, parce que les tissus dont ils sont formés se trouvent plus serrés , et semblent presque se refuser à l'action mécanique de plusieurs moyens qu'on voudroil employer pour les décomposer. Aussi le nombre des physiciens qui s'en sont occupés est*il moins considérable. M. Dutrochet nous paroît avoir si bien connu qu'il entroit dans un^ carrière pleine d'obstacles , qu'il donne à son ouvrage le titre modeste de recherches au lieu de celui de traité , qui supposeroit beaucoup de démonstrations.
Dans l'introduction qui est à la tête , il désapprouve l'usage où sont fa plupart des physiologistes d'appliquer le nom de sensibilité à ia faculté « à la propriété vitale en vertu de laquelle a lieu l'influence des causes extérieures sur Fétre viyant. c< Ce que , selon lui » nous appelons » sentir, ne se peut guère définir: chacun sait ce que c'est par sa Impropre expérience. Ce sont nos sensations qui nous! donnent la M conscience de l'existence , qui font que nous avons un moi. Toutes » les fois que nous observerons dans un être vivant des preuves
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n Dien certaines qui! possède la conscience de lexisience , nous » pourrons affirmer par cela même qu'il possède la sensibilité ; nous » serons autorisés à lui refuser cette faculté , lorsque au contraire i[ 1» nous sera bien démontré qu'il ne possède pas la conscience de son » existence individuelle* « Les végétaux sont dans ce dernier cas : personne ne sera tenté de leur accorder un mai, et par conséquent des sensations. Cependant ils manifestent souvent, par les mouvemeiis qu*ils exécutent à Toccasion de certaines causes extérieures , qu il se passe chez eux un phénomène analogue îi celui qu*on appelle Hnsation chez les animaux,
Bichat établit deux vies, fune animale et l'autre organique, dans les animaux; il attribue à chacune une sensibilité particulière: la sensibilité animale est la seule qui soit une source de sensations ; ïa sensibilité organique n'en procure aucujue; elle est bornée: ou, si Ton prétend que, dans Texercice de la sensibilité organique, la sensation sort bornée à la partie sur laquelle agit la cause qui la met en jeu , on est conduit par cela même à admettre dans cette partie des sensations individuelles et un moi particulier: de cette manière le corps de ranimai seroit un assemblage d*êtres qui ont tous leurs sensan'ons » leurs appétences , leur aversions particulières. M. Dutrochet regarde avec raison cette hypothèse comme inadmissible. IJ conclut de tout cela que cest à tort qu*on se sert en physiologie du mot sensthilhe ^ qui d'ailleurs ne réveille que des idées morales; qu'il faut le remplacer par d'autres expressions, par celles de nervimotwn , qui expritne la sensation : de ntrvimotitité , vertu par laquelle elle s'opère; et de nervimcteurs , agens qui foccasionnent. Ces mots se trouvent souvent répétés dans le cours de louvrage*, voilà pourquoi nous y avons insisté.
De cinq sections dont il est composé, la première a pour obfet Fanatomîe des végétaux, et spécialement celle de la sensitîve, mimosn pudica, Linn* C*est particulièrement le desif de connoître et de bien faire connoîire cette plante, qui a engagé Fauteur dans dts recherches qu'il a étendues à d'autres. Pour Téludier comme il convenoit, M, Durrocher, après avoir employé plusieurs moyens ♦ outre le microscope, s*est arrêtéNi lacîde nitrique* Dans une petite phiole qui en conienoit , il plaçoit un fragment du végétal et la plongeoir dans Teau bouilLinte. Par cette opération , les parties du tissu perdoient leur agrégation . devenoient transparentes et étoient plus faciles à observer, Mn même temps les trachées et autres vaisseaux du végétal se remplissent d'un fluide aértforme ? qui leur donne au microscope un aspect ront
paniculien II ne faut pu pou^&^c trop loin ropéntion , c^si-iKlire qu'on doit peu prolonger rébuKition et ne pa^ laisser trop le fragfîient d^m Tacide nitrique , pour ne pas désorganiser (e tissu , de manière quHI ne soil pas détruit» et qu'au $octir de la phiole on pubse (e bien juger à faido du microscope; c*est à robserTateur à y faire attention-
M* Dutrochet examine d'abord la moelle de la seiwiiv^e; elle est, comme celle de tous les végétaux, entièrement composée de tissu celfulaire; les cellules offrent une forme hexagonale assez régiiliére en quelques endroits ï en général eikssont dtf^posées en séries longitudinales* Grew a comparé te tissu cellulaire à Técume d'une liqueur en fermentairpn : ]VL Duirochet croit devoir rejeter cette comparaison. Selon lui , le tissu cellulaire de la moelle de fa sensitiwe est» formé de cellules globuleuses, remplies 4*un fluide concrescible par les acides, et soluble dans les aicaiis,
Uéiui médullaire est composé d^une assez grande quantité de petites trachées qui, dansTétat naturel, ne se déroulent pas. Elles ne se déroulent que lorsqu'on a fait bouillir long-temps une tige dans de l'acide nitrique ; alors elles se remplissent d air. Ces trachées sont des tubes, d'une longueur considérable ; la manière dont elles se terminent n'a pas encore été observée. If paroît quVUes ont un rapport nécessaire avec les feuilles, puisqu'on ne les trouve que dans les feuilles et dans fétui jnédullaîre, parties qui, dans les jeunes tiges, ont une correspondance intime et immédiate-
« Les fonctions des feuilles , dit Tauteur . ne sont pas encore bien « connues: il est certain cependant que la lumière exerce spécialement >» sur elfes une action vivifûnu , soit par elle même, soit en déter- » minant certaines combinaisons chimiques dans les fluides que conï> tiennent leurs vaisseaux. Ceci est un objet important de physiologie >> végétale , qui nest point encore suffisamment éclairci, malgré les M recherches dlngenhouK et de Sénebier, malgré les travaux encore >3 plus étendus de M* Théodore de Saussure. Quoi qu'if en soil, » ajoute M, Dutrochet, il me paroît probable que les trachées sont » destinées à transmettre dans le corps du végétal un liquide modifié w dans les feuilles par les agens du dehors et propre à propager lactton " vivifiante, »
Dans les articles qui précèdent , et même dans une partie de ceux qui suivent, on voit que très-souvent Tauteur nest pas d'accord avec M. Mirbai, qui, comme on sait, a publié un ouvrage très-estimé sur la physiologie végétale, et dont nous avons rendu compte dans ce journal. M» Dutrochet le combat en plusieurs endroils, et toujours avec
les armes de rexpérîence. Ce ne dissidence entre deux hoinmts de mérite , vient sans dôme dp ce qu'ils n ont pas observé de ta même manière f ou de ce quîi» n'ont pas employé les mêmes înstrumeiii. Au reste, (es questions qu^tls traitent sont très-difficiles.
Après les organei. qui composent Tétui médullaire , Tauteur arrive à Texamen de la couche ligneuse qui le recouvre* En effet, la sensitive» plante frutiqueuse, possède des fibres ligneuses semblables à celles du bois des arbres. M. Dutrochet ne voudroit pas qu on se servît de rexpressionjfir/j Itgntuses » qui , selon lui , n'offre aucune idée exacte^î il préfère le mot de clojtre , qui veut dh^ fusfûu , parce qne le bois est composé en majeure partie de rubes renflés au milieu et pointus au5C extrémités, La désunion s'en opère facilement par Facide nitrique. Ces 1 ciostres se joignent par leurs pariies renflées, et Imtervalle entre les pointes est rempli par d'autres ciostres. Plusieurs, dans la sensinve^ sont divisés par iine ou deux cloisons transversales. Ces ciostres sontj les réservoirs d'un suc susceptible de se concréter , qui acquiert tou--l )ours en vieillissant une couleur plus ou moins foncée et une plus, grande dureté. C est ainsi que s*opère le changement de Yaub'rer en-^ bois de cœur,
M, Dutrochet croit pouvoir ex|>lîquer raccroissement en diamètre guj végétal, des racines, et la fonnation des bourgeons, par le mouvement de la sève élaborée dans les ciostres, qu'il ne faut pas confondre avec les vaisseaux propres ; ceux-ci sont des organes sécréteurs: telle est laJ résine pure que contiennent les conifères. Il convient cependant quéj cette partie a encore besoin de recherches.
Le système corïical de la sensilive, mimosa pudicd, se compose dal ciostres beaucoup plus alongés que ceux qui existent dans le syslèmel centrai ; leur diamètre est également plus grand ; ils sont les uns etj Jes autres privés de corpuscules nerveux.
La feuille de la sensitive est portée sur un long pétrole, à la basfi duquel existe une partie renflée, que M. Dutrochet appelle bourrelet ^^ ii y a de semblables renflemens, mais plus petits, à Tinsertion deS foÛoles pintiules^ c*est en eux que réside le princfpe'des mouvement qu'exécutent les feuilles de la platiie. Le bourrelet, qui est à la bas da pétiole, est le seul assez gros pour qu*îl soit possible d'en obser\^ei la structure intérieure. En le fendant longimdinalement et en Texa^ minant à la loupe, on voit qu*f( est principalement formé par ui développement considérable du parenchyme cortical; le centre es4 occupé par des tubes, qui établissent la convmunkatîon vasculaire dè^' ia feuille avec la tige; on peut s'en convaincre en etilevant d'abord
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répiderine, puis une tranche du parenchyme plongée dans Teau, pour h soumet! re au microscope. Ce parenchyme, bien examiné t présente unç grande quantité de cellules globuleuses et diaph;mes, dont les parois sont couvertes de cellules nerveuses, dans les intervalles desquelles il y a un tissu cellulaire délicat.
. Les bourrelets situés à rinseriion des pînnules, sur le sommet du pétiole, ont (a même organisation que celui qui est situé à sa base; seulement leurs cellules globuleuses sont plus petites.
I-e pétiole de ja feuille de la sensitive offre à sa partie extérieure une grande quantité de closire^ très-alongés; i! fonne pour ainsi dire J'écorce du pétiole; dans son intérieur, on trouve le lissu cellulaire articulé t et au centre des trachées à spires.
Les folioles contiennent une grande quantité de corpuscules nerveux.
Le tissu cellulaire articulé est disposé en rayons médullaires dans 1^5 grosses racines, et en filets longitudînauii dans Ie5 radicules; les racines n*ont ni moelle, ni étui médullaire, ni trachées* MM, Link et Treviranus croient avoir trouvé des trachées dont M. Dutrochet nie l'existence. Les divers organes décrits, c'est-à-dire, les cellules, fes trachées, les tubes membraneux, n'ont entre eux que des rapports de contiguïté ; il n y a pas de communication entre leurs cavités : les fluides, pour passer d'un de ces organes à l'autre, ont besoin de traverser leurs deux parois.
La deuxième section de l'ouvrage de M. Dutrochet cuniient des observations sur les mouvemens de la sensitive, phénomène végétal qui a toujours excité la curiosité et qu'on ne cesse d'admirer. Des physiciens habiles, tels que Duhamel , Dufay , et beaucoup d autres, ont cherché à l'expliquer par des expériences; mais ils n'ont pas tout éclairci. «< On ignore, dit l'auteur, quel est le lissu organique auquel «appartient la faculté nommée irritabilité végétale, faculté que les ?3 physiciens n'ont point encore distinguée de la sensibilité dans les yy végétaux. Pour parler fe langage que j'ai adopté , je dirai que l'on 3» Ignore si la nervimoiilité et la locomotHité ont une existence à part î^ chez la sensitive. On ignore si des organes , si des tissus particuliers, » sont affectés à Texercice de chacune de ces deux facultés de mouve- » ment *, on ignore enfin quelle est la nature de ce mouvement orga- >» nique et intérieur, auquel est due la locomotion végétale. » Ce n'est que par Tanatomie seule qu'il est possible de parvenir à la solution de ces problèmes. M. Dutrochet espère les résoudre à l'aide de cette science et d'après les détails dans lesquels nous sommes entrés. Il a tenté de faire voir que les appareils nerveux , très- développés dans les
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fèttilles et dans les bourrelets, sont Je siège et de [a nervîmotilité et de fa locomotilité* Pour arriver à ce Lut, il a fait beaucoup d'expériences , dirigées avec une grande sagacité , comme on peut &'ei\ convaincre en lisait son livre: la section qui précède lui avoii prépare les voies et servi de guide dans le^ rechenlies que renferme la seconde*
Uauteur observe avec raison que « le déplacement qu'offrent les >» panies des végétaux ne s exécute pas exacïemeni comme les » mouvemens de déplacement des membres des animaux articulés , '> parce que les végétaux noni point d'articulations mobiles, et que » leur tocomolion s'opère toujours au moyen d'inflexion des parues » douées dune souplesse et d une mollesse remarquables* Les organes » du mouvement sont dans le lieu même où la flexion s opère. Le tissu » organique éprouve dans cet endroit un mouvement intérieur qui » détermine fa flexion et le redressement de (s^ partie. »
If exfK>se ensuite tout Je mécanisme du mouvement qu*on peut imprimer à la sensitive, et çommei^t ses feuilles s abaissent et se redressent; dans qutlIes^Monstances ces deux mouvemens se font plus facilement ; quelles pIM^tis des organes y ont le plus de part.
AL Dutrochet rapporte à M. Desfoniaines , un de nos botanisïes les plus distingués , une remarque quit a eu occasion de vérifier luimême: c'est que les racines de la sensiiîve sont aussi nervimobiles; en sorte que les tiges, les feuilles et hs racines, sont douées de fa même propriété.
Cette plante n'est pas la seule qui soit susceptible de mouvement; Fauteur en cite quelques autres. Quand on observe Lien , on en trouve une assez grande quantité, dont, il est vrai, la nervimofiliié a des degrés différens et se manifeste plus rarement et avec moins de facilité. ^
Il conclut de tout ce qu'il a écrit dans la deuxièine section , « que w la morilité de fa scnsiiive dépend d% trots conditions principales : » I.** de l'existence d'une température plus élevée que Je j^eptîème >» degré au-dessus de zéro, thermomètre de Réaumur ; 2.** de rinfluence >» de la lumière; 3.'* de la présence d'une sève abondante* L'absence n d'une de ces conditions sufSi pour anéantir complètement la motiltté » de cette plante. )>
Il s'agit, dans la troisième section, des directions spéciales qu^affectent diverse» parties des végétaux. On voit les plantes et les arbres élever leurs tiges dajis latmosphère et enfoncer leurs racines dans la terre. Comment et pourquoi les choses se passent-elles ainsi l Voilà ce quit
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est bien difficile d'expliquer. Peut-être pourroii-on croire que les racines tendent vers la terre en vertu des lois communes de la pesanteur. Mais que penser de la cause de Fascension des tiges , qui est en opposition avec cette loi! Si l'on sème des graines à contresens 9 la radicule et la plumule se retournent » l'une pour se porter en bas. et l'autre en haut: on sait que la plumule est le principe de la tige.
Pour rendre raison de ce phénomène , Dodart a supposé que la racine est composée de parties qui se contractent par l'efTet de Thuniidité» et que les parties de la tige, au contraire, se contractent par Peflet de la sécheresse; «d'où il résulteroit que, dans la graine » semée à contre-sens , la radicule tournée vers le ciel se contracteroit » et s'inclineroit vers la terre , siège de l'humrdité , tandis que la plumule , » au contraire , se contracte et se tourne du côté du ciel , ou plutôt » de l'atmosphère, milieu plus sec ou moins humide que la terre. »
Duhamel du Monceau , qui a si bien mérité de l'économie rurale , et qui a donné un des meilleurs ouvrages sur la physique végétale, a fait beaucoup d'expériences pour contraindre des graines à pousser leurs radicules en haut et leurs plumules ^||É|k ^^ Çela en les enfermant dans des tubes; la radicule et la plun^jj^e pouvant obéir à leur tendance naturelle, elles se contournèrent en spirale: cela prouve que leurs tendances ne peuvent être interverties, mais ne nous tire pas de l'ignorance où nous sommes de leurs causes. Nous ne connoissons pas davantage celles du retournement des feuilles, à laquelle fionnet, physicien célèbre de Genève , dans ses Recherches sur l'usage des feuilles, applique l'explication de Dodart avec aussi peu de fondement : faute de mieux, les physiologistes se bornent à dire que les directions spéciales des végétaux sont des phénomènes vitaux, ce qui avance peu l'explication. Ces doutes et ces embarras ont engagé M. Dutrochet à faire quelque#expériences qui lui ont prouvé que ce n'est point en raison de leur tendance vers Thumidité que les racines s'enfoncent dans la terre.
Tous les» végétaux ne plongent. pas leurs racines dans la terre ; ceux qu'on appelle parasites les enfoncent dans les substances d'autres végétaux; par exemple le gui : quelque place qu'occupe sa graine sur la branche d'un arbre , f embryon dirige constamment sa radicule vers le centre de cette branche; en sorte que, suivant la position de la graine, cette radicule est tantôt descendante, tantôt ascendante, tantôt horizontale. Ce n'est pas vers un milieu propre à sa nutrition que l'embryon du gui dirige sa radicule; mais celle-ci obéit à l'attraction des corps sur lesquels la graine est fixée , quelle que soit leur nature.
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Aînsî îe^aafcBfeî des végétaux terrestres obéissent ^ rnttrnction de la terre, tandis que celle du gui parasite obéit h lattraction particulière des corps* Les tiges des végétaux terrestres se dirigent dans le sens opposé h celui de Tatlraction du gfobe» et s'élèvent au-dessus du sol, auquel elles deviennent perpendiculaires, La tige du gui affecte toujours uoe direction perpendiculaire à celle de h branche sur laquelle elfe est implantée, en sorte que fembryon du gui se comporte, par r*ipporta la branche qui le nourrit, comme les enibryoïis terrestres, par rapport à la terre. La tendance des racines et des lîges, celles-ci dans un sens, celles-là dans un autre, ne se remarque que dans Taxe du végétal considéré dans son entier; car les productions latérales, c'està-dire, les branches, prennent une direction plus ou moins différente. Plusieurs causes influent sur la direction quelquefois parfaitement hori* zoniale qu'elles prennent. M, Dutrochet les développe, et conclut, en s'appuyant de faits, que les niouvemens visibles des végétaux sont tous des mouvemens spontanés* exécutés à loccasion de l'influence d'un agent extérieur et non d*un mouvement imprimé par cet agent.
La lumière est, pour les végétaux, une cause de direction spéciale assez énergique, qui concourt avec celle de la gravitation* Tout le monde sait les rapports de la (umière avec les plantes. Bonnet, Duhamel et Maesse ont fait des expériences pour connoître Ja cause du penchant qu elles ont à s*en approcher > et de leur étiolement , quand elles en sont privées* Nous avons personnellement fait voir que ces sa vans se sont arrêtés trop tôt dans leurs recherches» et qu'ils ne les ont pas poussées aussi loin qu^ils auroient pu faire. On peut trouver, dans un des volumes de Facadéniie des sciences, année iSaj, une suite de faits , parmi lesquels les degrés d'inclinaison sont calculé» suivant les plantes, et où nous avons prouvé jusqu'à quel |x>int la lumière, dilfèremment modifiée, pouvoii influer sur rétiulement.
Il existe un phénomène de direction qui a beaucoup occupé les physiciens: c'est celle de fa face supérieure des feuilles vers le ciel, et de la face inférieure vers la terre. Lorsqu'on retourne une feuille et qu'on fMnt la face inférieure dirigée vers le ciel , il se fait une corsioh telle, que la face inférieure est ramçnée vers la terre, et via yersâ. Bonnet a prétendu expliquer ce j>hénomène en disant que la face inférieure se porte vers i'humidité qui s élève de la terre. M, Dutrochet réfute cette explication : il observe que le retournement a lieu dans Teau comme dans l'air ; cest ce qu'il déduit d'une expérience de Bonnet lui-même, qui n'a pas vu qu*el(e renversoit son système. Mr Dutrochet croit que le phénomène dont il s*agit dépend de ce
Dd a
qu'il y a une différence sensible d'organisation dans les deux faces de la feuille.
Les pétaies des fleurs suivent les mêmes lois que les feuilles pour ia direciion des ftices. On ies voit tendre, comme elles, h se retourner i SI on dirige leur face supérieure vers la terre.
,Le ckrnier phénomène remarquable de la direction spéciale des plantes est leur sommeil. Personne n'ignore quaux approches de la nuit, les feuilles et les fleurs de beaucoup de végétaux affectent des positrons différentes de celles qu'elles ont pendant le ^our; Bonnet croit encore que cela est dû k Thumidité qui s'élève le soîr de la terre. M. Decandole Tattribiie exclusivement k TabseiKre et k là présence de la lumière; et M, Dutrochet se persuade que ce sommeil doit résulter d'une diminution considérable et rapide des conditions de la nervimotiliié , qui s'observe dans ia sensitive*
La quatrième section traite de rinfluence du mouvement de rotation sur les directions spéciales qui affectent les diverses parties des végétaux. Cette section est consacrée à des expériences ingénieuses : les résultats indiquent qu'il y a une nervimotilité, principe d'obéissance, et un principe de réaction, ce qui fait admettre à Tauteur un phénomène analogue k ce que Ton nomme en physique pclarisûtion, La nervimotilité, ajoute M. Dutrochet , ou plutôt son agent inconnu, offre véritablement deux pôles chex les végétaux. Les racines sont le siège du pôle obéissant, et les liges celui du pôle réagissanL Ces mêmes pôles sont placés sur les deux faces opposées des feuilles; iobéissanc sur celle qui se dirige \tT^ la terre, et le réagissant sur celle qui se dirige vers le cieL
M, Dutrochet , dans la cinquième section , fait des observations sur la structure intime des systèmes nerveux et muscubir e , et sur le niécaniîme de la contraction chez les animaux» Ce travail a tant de rapport avec ce qui précède, qu il n'est pas étocmant que l'auteur s'y soit livre*, II reproche k ceux qui ont étudié la science des animaux, d avoir négligé la physiologie animale. « La science de la vie , dit il , ne peut » que perdre à cet isolement de deux scienct-s qui n'en font qu'une et nqui doivent mutuellement se fournir des lumières et s# prêter des » secours; car il est des problèmes de physiologie animale do'ht on >^ ne peut trouver la solution que dans l'élude des végétaux , et vut M Ytïsq^ » Nous nous bornerons à cette réflexion fuste de M. Dutrochet, d'autant plus que les résultats généraux des observations contenues dans celte dernière section ont déjà ét# communiqués à la Société philomatîque en décembre 1823,
L'ouvrage est accompagné de deux planches et dun tableau
AVRIL ïSîJ. 2TÎ
(iynoptitjue des âîterses modifications de rincurvation organique dans ; tes règnes animal ei végétal. H nous paroît propre à intéresser les botanistes et toutes les personnes qui font cas de la physiologie. SÊ^ toute la manière d'être des végétaux pendant quHs existent n'est pa^^ aussi complètement expliquée qu'on le desîreroit, cest que la tâche est très-difficile, et qu on est forcé quelquefois de se livrer à un esprit de. système bien pardonnable en pareille circonstance, sur-tout lorsque, comme M, Dmrochet , on fait faire d'ailleurs tant de progrès à la science.
TESSIER
Lbs Héboïdes dOvi^, iraduition twitvclle en vers français , pour servir de suite ^mde complément aux Œuvres d'Ovide , traduites en vers par F, de Saint-Ange. Paris, chez L. G. Michaud , libraire, place des Victoires, n.° 3 , 1 824 , in-îa.
M, DE Saint-Ange consacra entièrement sa vie et son talent poétique à traduire en vers les principaux ouvrages d*Ovïde.
Dès 1771 , époque où M. de Saint- Ange débuta dans le monde littéraire, il s*étoit occupé de la traduction des Alétamorph&ses. Les diverses parties de son travail parurent successivement; et enfin, en i8oo^ elfes furent réunies dans une édition complète, avec le texte en regard.
Trois éditions postérieures, faites en i8o} et 1808, attestèrent le succès de cette hardie entreprise. Une de ces éditions fut imprimée chez Crapeïet , avec un grand luxe typographique , gravures au burin , Stc,
Encouragé par le public, et sur-tout par les suffrages des g'ns de lettres, M. de Saint- Ange avoit donné en i8o4 la traduction en vers des Fastes, Elle fut réimprimée en i 8ocj, •
Il avoit publié en 1 808 la traduction de fArt d'aimer.
Et enfin ♦en 1811, c'est à*dire dans l'année même de sa mort, il fit paroftre la traducnon du Htmcde damour, suivie d*iin choix dHeroïffes e^^'É/égies d'Ovide.
J'ai cru convenable d nidiquer les diverses édiiions des traductions de M, de Saint-Ange. Cet écrivain, qui mérita et obtint un succès distingué comme fidèle, habile et élégant traducteur , fut récompensé de son talent , de son zèle et de sa constance , par l*empressement du public à accueillir son travail , par k$ hontieurs littéraires auxquels
il parvint, peut êîre trop lard, et par lestime des personnes qiïî^îer doîent et exigeoient du traducteur d*Ovide un talent asscs^ flexible
sez varié pour reprodtttre, du moins en partie, ce style brillant, cell yenxié nbondanie, cet esprit ingénieux que le poète latin prodigue ' er presque loufours avec tant de succès, pour peindre et colorer de ^rrans ou majestueux tableaux , et exprimer des scntimens nobles , tendres et passionnés.
M. L, G- Michaud, publiant une édition complète des diverses traductions d'Ovide par M* de Saint-Ange, M Amar y a consacré quelques soins. Il a revu le texte latin des Fastes et des Héroïdes, y a joint des explications précises, des variantes utiles; il a abrégé et modifié heureusement les notes de M. de Saint Ange, Ce travail phifologique donnera un prix particulier J|^ette édition (i).
Mais M. de Saint-Ange n^avoit iradij^qu'une seule héroïde , et Tèditeur a cru faire un présent à noire littérature » en rendant publrque une traduction en vers des Héroïdes, que feu M. de Boisgelin, Tun des quarante, et alors archevêque d'Aix , avoit fait imprimer eu 1786 h un très-petit nom[>re d'exemplaires*
On lit dnns la Biographie universelle que fabbé Garnîer , continuateur de Thisloire de France, en fut lediteur, et quon nen tira que douze exemplaires in- S/ Philadelphie, 1786, Cependant M* Barbier, dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, assure qu'il existe deux éditions, dont Tune avec le texte, in-S/, me paroît celle qu! a été ci dessus indiquée, ei Tauire, sans le texte , sortie des belles presses de Pierres, ne fut tirée qu'à douze exemplaires.
Quoi qu'il en soir, le public Jouira aujourd'hui de cette traduction, dont le mérite m'a paru digne d'être comparé et de rivaliser heureuse- Juent avec celui des traductions de M, de Saint-Ange.
Avant d'examiner le travail de M. de Boisgelin, j*a|outerai que féditeur des traductions de M. de Saînt^Ange y a joint pareillement une traduction nouvelle des élégies d'Ovide, intitulées ks Amours, par M. Pérauft des Chaumes, qui, variant les formes de sa versification * a tour-à-lour ejnpioyé des vers libres, ou de grands vers, en croisant les rimes. Le style des élégies d^Ovide est moins élevé que celui de ses autres ouvrages, et le traducteur fa rendu en général avec snnplicité et élégance.
(i) L'édition est en onze volumes h-iz, chez L. G. Michaucf. Le premier volume contient les poésies diverses de M, de Saint-Ange, précédées d'une notice 5ur sa vie et ses ouvrages, de discours et de discussions açadcmitjues,
AVRIL 1825. — ^j
Ovide passe pour Tinventeur du gexire de Théroïde; il paroîl qu*i[ avoïl intitulé epîstofœ ces sortes d'ouvrages, qui furent ensuite désignés par le nom ^hiroidcs que Priscien leur donna» de niême que plusieurs commentateurs. Je ne rechercherai point si toutes les héroïdes traduites par M* de Boisgelin sont véritablejnent d*Ovide; c'e^t le travail de cet académicien , ce sont ses vers , que jVxamine en ce moment-
Si favoîs à définir Théroïde , je dirois'que ce |>oëme est un drame dans lequel le poêle , avec un sej^I personnage , et par le seul moyen du monologue, doit exposer le sujet» indiquer la situation, former le nœud^ amener la péripétie et le dénouement, et parfois rendre comme présente la mort du héros qui écrit encore.
n n'est pas besoin de dire combien de ressources manquent au poète, ^e^tabien de moyens il est privé ,, de quels obstacles il est entouré diins Texécution d'un lel ouvrage, ni quelle langueur jettent dans ces longs monologues les détails historiques» les faits particuliers dont le récit est nécessaire pour faire entrer le lecteur dans tout fintérêl de la situalron.
Sans doute il est des sujets qui sont moins malheureusement choisis que les autres. Ariane , Didon, Médée, Sapho» délaissées» trahies par leurs amans» peuvent fournir au poète des sentimens touchans» passionnés , des tirades très-poétiques , des vers beaux d'image ou de pensée, mais non ces réparties énergiques et sublimes» ces beaux et subits mouvemens du cœur qui sont amenés et excités par la vérité » fa vivacité et les dévéloppemens d un dialogue animé. On ne trouvera point dans les héroïdes ni le MOJ de Médée, ni le QUI te l'a bitI d'Hermione , ni tous cesjrarts qui sont une inspiration du génie, ou plutôt les accens de la passion, d autant plus sublimes qu'ils sont plus vrais et plus naturels.
Aus.si on ciîe peu d'héroïdes comme ouvrages parfaits en leur genre. Si , dans la littérature anglaise et dans la littérature française, fhtfroïde dTIéloïse h Abaîlard a obtetiu et conservé un succès mérité, c'est que Pope et Cola rdeau n'ont paj eu à travailler d*après leur seule imaginslion, mais se sont presque bornés à embellir, des formes et des grâces de la poésie, les sentimens réels qui avoient inspiré les lettres qu'Hétoï^e " elle-même avott écrites.
Sans doute Ovide a jeté beaucoup de poésie dans ses héroïdes , toutes les fois que les circonstances du récit lui permettoient de sabandonner à des descriptions brillantes ; mats souvent leur effet nuit au développement des sentimens passionnés qui sont fessence de riiéroïde.
zi6 JOURNAL DES ^AVANS,
M. de Boisgelin a souvent réussi à rendre en vers élégans ou
piltoresques les endroits où Ovide a eu l'occasion de prodiguer plus
parucuiièrement son talent poétique.
Voici la traduction du passage de i'héroide d'Ariane à Thésée,
quand, en s'éveillant, cette amante malheureuse s'aperçoit qu'elle a-
été délaissée.
Des vapeurs du matin la terre étoit mouillée;
Les oiseaux murmuroient, cachés sous la feuiliée;
Dans la molle langueur d'un premier mouvement «
J'étends un foible bras qui cherche mon amant.
D'un long tâtonnement la vague inquiétude
Vainement de mon lit parcourt la solitude; ^^
Je m'éveille, me lève, et, pleine de terreur, ^P *
Du vide de ce lit j'envisage l'horreur. . . . î
Je cours de tout côté, sans ordre, sans idée.
Par un sable mouvant ma coursé est retardée;
Je demande Thésée à tout ce que je vois.
L'écho des antres creux répond seul à ma voix;
Et ces lieux, redisant le nom de Tinfidéie,
Semblent joindre leur voix à ma voix qui l'appelle (i)« -
Le passage suivant donnera une idée du talent du traducteur pour ia poésie descriptive.
Paris, dans son épître à Hélène, parle de la construction des navires qui flirent préparés pour son voyage à Lacédémone:
. La hache sous ses coups (ait tomber l'arbre utile Qui croît, pour naviguer sur l'élément mobile. Des forets du Gargare on dépouille les monu; Ida change en longs mâu les bois de ses vallons.
( I ) Tempus erat vitreâ quo primùin terra pruinâ
Spargitur, et tectœ fronde queruntur aves. Incertum vîg'tlans an somno languida , movi
Thesea pressuras semisupina tnanus.
JVuUus erat, Referoque manus, iterùmque retento
Perque torum moveo brachia : nullus erat, EMCussere meius somnum/ conttrrita surgo»
Metnbraque sunt viduo prœcipitata toro. • . . Afunc hue, nunc illuc, et utroque, sine ordine, curro.
Alla puellares tardât arena p^fj.
Intereà toto clamant i littore, iheseuf
Reddebant nomen concaya saxa tuum,
: En vaisscatix recourbés les sapins s'arrondissent;
De leurs membres unis les deux flancs s'élargissent. Déjà la voile enflée agite les vaisseaux ; Chaque pôupe a son dieu qui régne sur les eaux. De Venus, de son fils, la mienne offre l'image; Des biens qu'elle a promis Vénus même est le gage (i). Je joindrai à ces fragmens de la traduction de M. de Boisgelhi , quelques vers détachés, qui m'ont paru plus particulièrement mériter d'être comparés avec l'original, et qui peuvent donner lieu à quelques réflexions.
Pénélope écrit à Ulysse :
Non ego deserto jacuîsstm frigida lecto ; Ntc quererer tardos ire reUcta dies, M* de Boîsgelin a dit peut-être plus élégamment : Je n'aurois pas connu, veuve dans l'hyménée. Ces froides nuits que suit une longue journée. Dans rhéroïde de Phyllîs à Démophoon, le vers qui exprime cette sentence,
Quœcumque ex merito spes venit, arqua venît, a fourni au traducteur celui-ci :
On a droit d'espérer le bonheur qu'on mérite. En parlant dts hardiesses de Famour, le poète latin met ce vers dans rhéroïde d'Hélène à PSrîs :
Utilis interdum est îpsis injuria passis. Le traducteur a accommodé cette pensée au goût moderne en disant :
Et la pudeur pardonne au bonheur qui l'outrage. Les trois vers suivans de Fhéroïde de Léandre à Héro : Et madîdam siccas œquoris imbre comatn / Cœtera nox et nos et turris conscia novit.
(1) Trota cœduntur Phryglâ pineta securi ,
Quœque erat œquoreis utilis arbor aquis, Ardua proceris spoliantur Cargara silvis ;
Innumerasque mihi longa dat Ida trabes, Fundatura citas flectuntur robora naves :
Texitur et costis panda carina suis.
Addimus antennas , et vêla sequentia malos /
Accipit et pictos puppis adunca deos.
Quâ iamen ipse vehor, cgncitata Cupidine parvo
Sponsor conjugii stat dea picta sui,
^ift JOURNAL DES SAVANS,
Quod^e mîhi lumen per vada monstrat iter, ont conservé dans la traduction l'élégance de Foriginâl, et le traducteur les a Relevés par une tournure plus piquante :
Tu sèches mes cheveax que les eaux ont mouillés. Le fanal nous conduit à la tour solitaire. . . Entre la nuit et nous le reste est un mystère. Paris écrit à Hélène :
Autfaciem mutes aui sU non dura, neeesse est. Le traducteur français exprime ainsi cette pensée :
Cesse d'être sévère, ou cesse d'être belle. Enfin si Ovide a thîs dans Fépître d'Hélène à Paris, ♦ Sic meus hinc vir adest , ut me custodiat absens.
An nescis longas regibus esse manusl le traducteur a changé cette dernière image, en disant^ sans altérer rorigiiial :
II laisse autour de nous les soupçons metia^ans; Les époux et les rois ne sont jamais absens. A répoque où M* deBoisgelin travaiiloit à sa traduction , on coni* mençoit à rechercher ces expressions hardies qu'on nommoit créées, ces alliances de mots qui rendent le style neuf et piquant , lorsqu'elles sont heureuses , et qui le déparent tant lorsqu'elles sont impropres.. Parce qu'on admiroit dans Boileau les vers :
Et de sa ROBE, en vain de pièces rajeunie, A pied, dans les ruisseaux traînant l'iGNOMlNiE, les poètes s'évertuoient à- transporter de pareilles figures dans notre langue ; et M. de Fontanes lui-même , dont le goût a toujours été si pur j avoit mis dans la première édition de sa traduction de Pope ce vers qu'il corrigea depuis :
De l'orgueil d'un surplis le prêtre s'environne. Faut-il s'étonner si Ton trouve dans M. de Boisgelin des traces de ces formes prétentieuses l 11 dit dans la traduction de fhéroïde de Cydîppe à Aconce :"
De la pourpre à longs plis traîner Vignoniihie, quoique le latin porte seulement ,
Et trahitur multo splendida palla croco. ^ De même dans Théroïde de Léandre à Héro il a traduit : Et, jaloux en nageant de briller à tes yeux, J'ctalc de mes bras le luxe ambitieux*
Ce luxt amhîûn'x n'appaYtient pas îi Ovide, qui a dît seulement : , Tiinc etiam nantie dommce placuhse lahoro , Arque oculîs Jûcio tracbia nostra tais.
En général la traduction de M, de Boîsgelîn est fidèle, exacte, et il a semblé affecter d'être plus précis que son original ; mais quelquefois aussi it s'est pennis des latinismes que notre langue repoiissoÎL Je n'en citerai qu'un seul exemple, tiré de fhéroïde de Phyllis à Déniophoon : At tu lentus abes, nie te jurûta reducunt JVumina,' tîec nostro motus amore venls. Xe traducteur a rendu ainsi ces vers :
C'en est trop! et ion cœur, sans songer au retour. Insulte aux dieux j'jrés, et rit de mon amour. Ces vers ne sont pas heureux; mais le latinisme dieux jurés , pour dieux qui ont reçu les sermens ^ est une sorte de barbarisme en français ; il est vrai qu'à cette époque Roucher traduisoît le longumque bibebat amorem de Virgile , par ce vers :
Les yeux dcnii-fcrmcs, il boit un long amour. On demandera peut-être pourquoi on^e diroit pas en fronçais Boire Vamour, puisqu'on dît s'enivrer d'amour; Je répondrai que larl de distinguer ces nuances dans une langue est rinsiincl du talent , ie secret du goût.
Le besoin de fa rime a enirafné deux fois le traducteur à commettre «ne feule de grammaire que je crois utile de relever ; il a supprimé la finale s de la seconde personne du singulier au présent de Tindicatif Dans fhéroïde de Léand're à Héro t
N'en crois pas mes discours; regarde, tu la voj, . ,, Je te remets tes dons, Dieu puissant qui m'inspire. II fatloit nécessairement s après voi et inspire,
A roccasion de ces fautes, je présenterai une observation sur ce qu'on est conveim d'appeler, dans notre versification, dei licences poétiques.
Il ne faut pas croire que notre langue ait abandonné au caprice des poètes le droit de supprimer ou de changer des lettres finales des mots , selon le besoin du vers, Ce droit existe dans plusieurs autres littératures, mais chez nous il en est autrement. Quand nos poêles ont retranché la lettre finale ^ de la première personne du singulier au présent de l'indicatif, voi , croi , &c. , c'est qu'anciennement Ja première personne ne prenoit pas celte finale (1) ; et quand lusage
(1) Voyez là Grammaire comparée des tangua de VEurope latine^ p* 230.
Ee 2
radinît , les poètes conservèrent le droit d'employer l'ancienne forme : mais comme on a toujours écrit la seconde personne avec S à la fin, rien n'a jamais amorisé les poètes à supprimer celte lettre ; une pareille licence est une faute grossière contre les règles de notre versîficati^fi. J'avois le dessein de comparer la traduction de M, de Boisgelin avec celle de M, de Saint-Ange, qui a traduit fhéroïde de Sapho à Phaon ; mais je me bornerai aux passages suivans.
Sapho parle des Siciliennes qui reçoivent les hommages de Phaon (i). Version de M. de Saint- Ange :
Tu chéris aujourd'hui les belles de Sicile ; Lesbos ne m'est plus rien ^ Lesbos est dans ton île. Vous qu'il flatte aujourd'hui, n'écoutez point sa voix; Ce qu'il jure, Phaon me Fa juré cent fois*
Version de M. de Boisgelin :
Si ta seule Sicile a des charmes pour toi. Je quitterai Lesbos^ Lesbos n'est rien pour moi» Mères > filles, beautés, par mon exemple instruites, Renvoyez-moi fingrai dont l'art vous a séduites. Craignez (il m'efl a dît peut-èire plus qu'à vous) De ses discours flatteurs le charme aimable et doux. Les deux traducteurs ont négligé le trait remarquable de foriginal, Skclides , nova pr/eda , pufliœ.
On doit savoir gré à M, de Saint-Ange d'avoir rendu en quatre vers les six vers d'Ovide ; mais on trouvera sans doute que M, de Boisgelin est plus exact dans les six vers quil emploie à rendre le même nombre de TorigtiiaL
Il y a dans cette héroïde un vers dicté par ce sentiment délicat que Racine a souvent exprimé si heureusement dans ses tragédies : IVon ut âmes oro , verùm ut amare si/tas. La traduction de M. de Boisgelin qui dit,
Et si tu ji'aîmes pas, souffre au moins d'ctre aimé, me semble plus fidèle et mieux tournée que celle de M* de Saint-Ange :
N'aime pas si ta veux, mais souffre dcïre aimé. *■ - - - —
(i) Nunc ùbi Sial'tdts vemunt, nova pra'Ja^ pugilat*
Quid mi ht eu m Ltsbo ! Skelts esse volo, At vos errorem tellure remhtite nostrum ^
Nisiades matres, JVîsîadesque nurtfs, Neu vos dedpiant blandiz mendacUi lingu^r;
Quie dmt votis dixerai ante mihi
AVRIL 182J, :i2i
On doit savoir gré à Tédiieur du recueil des îraducrions d*Ovîde par M. de Saint- Ange, dy avoir joint la traduciion des héroïdes par M. de Boisgeiin ; elfe étoh Apeu connue^ que, dans les discours qui furent prononcés à la séance publique ou M. Uureau de h Malle fut reçu , comme successeur de M, de Boisgeiin, a la place de meJiibre de la classe de langue et littérature françaises , ni ce récipiendaire ni M. François de Neufchâteau qui pré^idoir, ne parlèrent de lui comme traducteur des héroïdes d'Ovide . quoique les deux éditions qui en avoient été faîtes fussent indiquées dans le dictionnaire de M. Barbier: mais elles avoient été tirées à un si petit nombre d'exemplaires, qu'a pies les événemens de la révolution il ne restoit plus de souvenir de ce titre littéraire de l'académicien défunt.
RAYNOUARD
Nouvel Examen criîiquç et histori(]ue de f Inscription grecque du roi nubien Silco ; considérée dans ses rapports avec la propagûtion de la langue grecque et rintroduction dtt christianisme parmi les peuples de la Nubie et de lAbyssinie.