‹ Journal des savants (volume 4)Chapitre 30 sur 53 · COPIE DE POCOCK · texte numérisé non relu

COPIE DE POCOCK

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(l) Voyez mes Rtchenhts pour Urvir à thistotrt dt VE^^yptt, p. aïo.

JUIN 1825. 5|i

inscription de Thiatyre ( i ) , ^^ttjuLTmJéLf^ovT^ç rZf fityo^m i«fSr , c'est-à-dîre , ayant été iampiidarque (ou chef des lampadopkories )^ dan» les grandes fêtes d*une corporation. Notre personnage avoit donc été, pendant sa viet lampadarque dans les lernples de Jupiter, d'Apollon, de Neptune, d'EscuJape et de Cybèle,

L. y. Au lieu de noa-fuffijveç , on pourroît lire aussi Ap7ifa«/^f , resiilU' ïion qui seroit,a$sez probable, après kTicXT^moç et avant AiTstAn^no^i quant à [^ /*«îm] 3f2i' Av^crifito[c, la leçon est certaine. On sait par Strabon que Cyhilc éioit adorée à Pesî>inunte (2) et en plusieurs lieux de TAsie mineure, sous le nom £Angdisùs [av^ï^stç]. Notre inscription confirme fa leçon admise par les bons critiques dans le texte de cet auteur, et celle qu'on a déjà proposée pour une inscription qui porte : MHTpi BEQN AFAIXTEI AMEPIMNOS OIKONOMOS THS HOAEnS ETXHN (j).

JL, 6. Comme EllEB ne peut être que liaiK^ ou fu«C*$a75»€, il est certain que A ai m ON 02 est la fin d'un adjectif qui me paroît ne pouvoir éire que tùJkif/i^voç ou ^/AeJît/^v&c i mais cette dernière leçon est préférable j ce sont deux éprihètes qui accompagnent le nom de la ville: plusieurs autres villes de l'Asie mineure prenoient des qualifications analogues, telles que i%e?t, iipw-TaT^, AfltjU'ssjeoTiiTïf, &c. Nicomédie,, dans une inscription rapportée par le comte Vidua, prend, entre autres qualifications, celles de IEPAKAlA2:TAOl«l>lAHni2THKAIEYMMAX0SANaeETO AHMOTapaMAIONiCe qui doit se lire it^4,it)<Ï^AûçÇiAi»,înyiJ,;t( ^v^i^ua;^

L. 8. BA2THS est certainement fa fin de :£tC«e$if; , expression qui se rapporte au nom de SiCotmyoi , que les habitans prennent dans l'inscription précédente. Ce mot de StCctsi* doit être Fadjectif du mot ElPHNH qui suit, et StCotsif Ejpiîy«, littéralement Pax Augusia, est un nom que les Romains ont donné à une de leurs colonies d'Espagne, Pax Augusta et Pax Julia (4) » et que d'autres a voient pris sans doute* Nous ignorions que ce nom eût été porté aussi par une colonie de l'Asie mineure; niais le fait me S-^nble à-peu-près certain* On ne s'étonnera pas qu'il aie été conservé par cette inscription seule. Les historiens et les géographes ont le plus souvent désigné, sous leur dénomination ancienne, les villes qui éloient décorées du titre de SibasU^ de Césarh ou de Jtdu. Ce n'est que dans les monurnens publics, et quelquefois même pendant un temps assez limité, que les nouveaux noms fiirent

(t) Peyssonnel , Voyap a Thiatyre, p, ^84- — iA Strab, XI ^ p. ^6p ; ibique Tïchticke et Coray. — {1) In Spoti, ÂliscelL trud'n. p, 97/ — (4) Wesseling ûd Iiîner, Anton, p. 4 ^ 7* :=^Uckcn GiograpkU der Cricchtn and Roemer, II , p. 388,

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joints hTancien. Ainsi, par exemple, sans une nucripiion de Fa coiiecrion de Sherard, publiée par M. Leake, on tgnorerort que Trailes en Lydie porta le nom de Césarée { lî Xti^^ùmm Ka/aufim T^.>?jetyav ^^Xiç ) : c'est une inscripiïun recueillie par Pococke qui nous apprend que Crattia ou Ftaviopolis, en Biihynîe, fui appelée Scbaste (i); enfin c'est i>ar une seule inscription de Nrcomédie» dont j*ai parlé tout-à-rheure, que nous savons que cette ville a été nommée Adrknm et Scvérienne ( AAPIANH KAI XEOTHPIANH), en rhonneur d'Adrien et de Septime Sévère, Tous ces noms, inventés par la flatterie, ont été bien plus, communs qu'on ne l'imagine ordinaîrement.

L. 7 et 8, Après eiphnhs le 2: m'a paru être la première lettre du mot ETMENEnN. Remarquons que Pococke a déjà écrit 2TMË- •NEON (2) pour ETMENEQN. La construction ETMENEnN THS noAEax n'a rien qui soit plus ^ingulîf r que «î»AABiANaN 2EBA^TH H nOAi:^ , dans finscripiion de Cratcia que je viens de citer.

II est inutile d'avertir que les restiluiions [çpùL7ff]yttirdg}^, [*^^f*^^^])è^ Tâ/lA ne sont qu*hypothéiiques.

L'incertitude où Ton est encore sur la situation d'une vflle au^sî célèbre qu'Apûmée, prouve combien la géographie de ce pays est peu avancée. i\L Leake s'appuie toutefois sur la position Ijien déterminée à'Eumenia, pour émettre l'opinion et prouver d'une Jiianîère satisfaisante, selon Jious, d'après la combinabon des distances dans la Table de Peutinger, qu*Apamée répondoit au lieu appelé Dingtar, ou Pococke et d'autres voyageurs furent informés qu'il se trouvoit des ruines considérables au pitd d'une montagne élevée qui a sur son sommet un lac d'où s'échappe une rivière tombant en cascade; or, cette circonstance cadre avec la dtscripiion que 1rs anciens font de Celana\.k laquelle a succédé Apamée C'tboios,

Le reste de ce chapitre contient &e% diicussions sur les cinq différentes routes anciennes qui traversoient la Phrygie Épictète et d'autres parties de la Phrygie. La rareté des matériaux est telle, que ces discussions ne peuvent guère être que de la géographie conjecturale. II nen est pas de même du chapitre suivant, qui a pour objet la géographie comparative de la côte de Caramanie ; le relevé exact de cette côte par le capitaine Beaufort permet d'appliquer, avec une cerïilude presque complète pour un grand noml^re de points, les renseignemens ancieas à letat aciuel des lieux, Déjà le capitaine Beaufort, dans sa courte mais substantielle narration , dont nous avons donné une analyse assez

(t) Pocock, Inscr. antiq^iu 40, n. 12, — (2) Plus haut,/7*^^j2,

JUIN iQly

délailiée (t), avoît consigné quelques résultais de son travail par rapport à la géographie ancienne , et nous y avons ajouté quelques observations nouvelles» M. Leake luî-inème a inséré dans le recueil de M. Waipole un morceau qui consiste dans la traduction du texte géographique de Strabon relaUf à la côte de Caramanie, accompagnée d'un rapprochement 3uivi entre ce texte et le périple anonyme, dit çtiiFtet<r^lç 7Î< ^tû^ùumçy qui a été inséré dans fa BibUoiheca Mûtnîensis d'Iriarte. Cest ce travail que M* Leake a repris en faugmentant de plusieurs rapprochemens curieux. Nous indiquerons seulement les points neufs de cette discussion ; pour le reste , il nous suffira de renvoyer à norre analyse Je fa Caramame du capitaine Btaufort ; n<\s lecteurs y trouveront une partie des détails que donne AI. Leake sur le Cragus, Patara, Myra, Andriace, Mégisté et autres lieux de Lycie, A (occasion de fîle de Casuhrii^o, prés de Patara, AL Leake dit que c'est celle que les andens ont connue sous Je double nom de Mégisté tx de Cisthéné : nous avonj émis la même opinion dans un des articles cités ; mai> M. Leake ne paroît pas les avoir connus. H rapporte à celle occasion une inscription trouvée par M. CockereU > oîi se trouve le nom de Mégisté, La position à'Antipkellus sur la cote en face de Castettorizzo est également prouvée par des inscriptions qu*a découvertes AL Leake en cet endroit , et où il a lu le nom de cette ville; les ruines qui s'y trouvent consistent dans un petit théâtre presque complet, les restes de quelques bâtimens publics, des catacombes et grand nombre de sarcophages. Les ruines de Limyra se trouvent .^1 Phineka, où sont les tombeaux avec inscriptions en caractères et dialectes lyciens , décrits par Al/ CockereU dans les inémuires dtr AL Walpole (2). A 1 ouest d*Andrià€tt deUx positions anciennes ont été déterminées par dts inscriptions» savoir, celle de Cyaitn (j) nu ville dts C^anita [ ttoXk iZv Kifctrc/JS»'], et celle âAptrta [^o^/f tC*^ AsnpAeilSv], toutes deux placées non loin du cap Cheh'donia , la pointe la plus méridionale de la Lycie. La situation d*OILia est encore incér-* taine, AL Leake la met un peu au sud àLAdaliû, ou Satalieh des juodernes , qui est VAttalia des anciens» selon lui; tandis que » selon d'Anvilfe, AL Gassellin et le capitaine Beaufort, AJalia est lancienne Olhia; ce dernier place Attalia h Laara, lieu ou sont quelques ruines. AL Leake observe que ces ruines sont trop peu consîdéraJjies ponr répondre à l'idée c|u on doit se fliire d'une ville qui a

[i] Jau nul des Savans ^ iSrçjinai et juin. — (2) Uem^ 182J , p, ro8, roy, — (3) Le bynccdeme d'HKroclés Ja noaiDie Kvayuh.

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foué Un grand rôFe depuis les rois de Pergame, jusque dans le Las empire , tandis qu ÀJafia , outre la presque identité du nom et sa situation remarquable > possède des ruines dune grande importance > telles que des murs et des fortifications, une porte triomphale, avec une inscription en rhonneur de Trajan • un aqueduc et ujje multitude de fragmens de sculpture. II croit que Laara est Je Aiagydus de Pio* lémée, lieu qui eut quefque importance dans le bas empire. A partir de ce point jusqu*au fond du golfe d'Afexandreite, Tapplication des noms anciens aux dénominations modernes offre peu de difficulté et ne présente que rarement de fincertitude. C est tout près de Tembouchure du Catycadnus que se trouve le lifu appelé Pershcndlp, où le capitaine Beaufort a trouvé une inscription qui constate qu'une ville fut bâtie en cet endroit par Flavius Uranius (i) , préfet de la province d'Isaurîe, sous les règnes de Valentinien, Valens et Gratien. M, Leake croit que celte ville nouvelle a occupé remplacement de la PœciU Pctra de Sirabon ; mais if n'a pas recherché quel nom la ville avoit porté. Nous avons déjà fait observer que fauteur n a pas connu nos articles sur la Caramanie du capitaine Beaufort, où nous avons établi que ce doit être la NeapùUs d'Isaurie (2) , dont le nom se montre pour la première fois dans le Synecdème d*HiérocIès*

Nous réservons pour un second article fanalyse du chapitre vi et dernier, qui e%i le pfiis important de Fouvrage , et des notes additionnelles qui renferment plusieurs renseigneinens d'un haut intérêt.

LETRONNE

Voyage en Perse ,fûit en 1S12 et iSij; par G as par Drouvilfe, colonel de cavalerie nu service de S. M. t Empereur de toutes ks RussieSf chevalier de plusieurs ordres: seconde édition. Paris, 1825, X tomes in-8^ , avec planches lithographiées et une carte.

UÉDtTEUR, dans un très-court avertissement, nous apprend que !a première édition de ce voyage a été imprimée à Saint-Pétersbourg en 1819, et qu tlle n'a été tirée qu'à cent cinquante exemplaires. Cette relation lui a paru d*un assez grand intérêt pour la faire réimprimer : « En le faisant , dit-il , nous n'avons pas cru devoir rien

(i) Et non Fluranrus, comme dit Tauteurj «>AOr?ANI0C dail sc Itre <ï>^. Ot/c^V/of . — (2) Jûurnal du Savam ^ iuillei , i 8 1 9 » p- ^3 9 » •

JUIN 1825. îîi

» changer à la forme de louvrage; nous nous sommes bornés à en » faire disparoître les fautes les plus disparates* î> Je n© sais ce que Fédîteur veut dire par des fautes ilisparates , et personne, je crois 1 ne le devinera. S'il a voulu parler des fautes de style ^ il nous est impossible de juger jusqu'à quel point il a rendu service à l'ouvrage de M. Drouville , parce que nous ne coiinoissons point la première édition î mais nous craignons qu'on ne soit redevable à cet éditeur d*une multitude de fautes graves dans le plus grand nombre des dénominaiions persanes dont fauteur fait usage. Le récit même de M. Drouville donne tout lieu de penser quil entend et parle la langue persane, et il semble d après cela que les fautts de ce genre ne peuvent pas lui être imputées*

Lautegr nous instruit, dans sa préface, que son premier dessein avoit été seufeineat de faire connoître les thangemens remarquables que rélal militaire a récemment subis en Perse; mais qu'ensuite ayant senti que ce sujet îniéresseroit peu de personnes, ii s est décidé à changer son plan , et à ne faire qu'un accessoire de ce qui , d'abord , devoit être son objet principaL 11 reproche à ceux qui ont écrit avant lui sur la Perse et ses habitans , d'avoir passé légèrement sur tout ce qui lient aux mœurs et aux usages, ou d'en avoir parlé d'après des conjectures ou sur des rapports peu authentiques , ce qui pourroit faire douter qu'il ait lu Tavemier, Pieiro defla ValJe , Thévenoi , Chardin, «Sec, &c, Cest sur- tout en ce qur concerne les harems et les femmes que les relations antérieures à la sienne lui paroissent peu dignes de confiance , et il donne à penser que le lecteur trouvera dans celle-ci beauroup de notions nauvelles et certaines à cet égard , parce que « des rappons w intimes avec plusieurs personnages de distinction, lui ont facilité fes » moyens d'être admis dans différens harems, et notamment dans w ceux de k famille d*Asker-khan , dernier ambassadeur de Perse en « France. :»> Ce qu'il ajoute sur ce mêïne sujet est si extraordinaire , que je ne saurois me dispenser de le transcrire, « II se passoit rarement >i plusieurs jours de suite sans quïl ( Asker-khan ) ne me conduisît chez » les dames de sa famille* Cette déférence, qui ne fut d'abord qu une » politesse, finît par devenir une habiuide, au point qu'en peu de » temps je fus aussi libre de les visiter que si elles eussent été des w Européennes, » Le lecteur pourroit s'attendre après cela à trouver dans la relation du colonel Drouville des détails, inconnus jusqu'ici sur l'intérieur des harems ; mais son espoir seroit trompé. Sans doute fa discrétion du voyageur ne lui a pas permis de faire part au pul>lic de ^es observations^ On lui doit cependant des détails asiez circonstanciés

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