‹ Journal des savants (volume 4)Chapitre 32 sur 53 · TROISJÈME ET DERNIER ARTICLE · texte numérisé non relu

TROISJÈME ET DERNIER ARTICLE

Raphaël étoît parvenu (i) à ce point de sa carrière oîi déjà son lalent avoit acquis toute sa plénitude et brilloit de tout son éclat. C'est lepoque de ce que Ton nomme sa troisième manière, de celle dans Jaquelie il produisit plmieurs de ses plus admirables chefs-d'œuvre. Remarquons toutefois, à cet égard, que la division que rhistorien de Raphaél a établie entre les innombrables ouvrages de ce grand homme , est plutôt conforme à I usage général qu elle ne Test à la nature mêjne des choses. Ce n*est pas que parmi les diverses productions de Raphaél, séparées par un intervalle de plusieurs années, iaî( exercé de la critique ne distingue au premier abord des différences notables de goût , de style et d*exécution; et cette observation, jointe au besoin d^établir de Tordre dans une si longue énumération de chefed^œuvre^ justiHe suffisamment la distinction qui en a été faite en trois grandes classes, correspondant aux trois principaux âges du talent de leur auteur* Mais le génie, dans sa marche régulière et tout ensemble indépetidante , ne procède pas d'après les principes de cette exacte analyse ; il ^'avance de chef-d'œuvre en chef-d'œuvre par des transitions toujours naturelles et toujours insensibles; il passe à travers toutes les tlasbiticaïions, comme il s*est fait jour à travers tous les obstacles; et sans doute qu'il seroit impossible au plus docte historien de Raphaél, c'est-à-dire à M. Quatremére, de déterminer précisément le point où finit la deuxième et celui où commence la troisième manière de ce grand peintre» Aussi dois-fe remarquer ici , comme une nouvelle preuve du goût et de (a raison profonde de notre auteur, qu'il semble avoir évité de s'arrêter à ces divisions banales , ressources vulgaires d'une critique subalterne, II suit pas à pas le dévelopjiement du génie de Raphaël ; mais il passe, pour ainsi dire, comme Raphaël lui-même, d'un ouvrage à celui qui le suit dans Tordre des temps, sans autre transition que celle d un sujet à un autre, ou que celle dune exécution savante à une exécution plus savante encore: en un mot, il présente Thistoire des travaux de Raphaél, de la même manière que Raphaél les produisit, bans y établir d'autres degrés, sans y marquer

(1) Voyez notre cahier de janvier, j7, i-S-jé,

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d'autres diflçrences que celles qui résulient nécessaîremenl du développement progressif de son génie.

En tête de cette nouvelle galerfe, nous trouvons le tabieau dur Portement de croix, dit du spasimo , ^\m fut fong-temps oublié, ert Espagne, de TEspagne eile-mêine, que la guerre ^ qui le lui enleva , itti a fait recouvrer en meilleur état qu'auparavant, et dont nous devrons bientôt une belle gravure au burin de M. Toschi de Parme,. M. Qiiatreinère analyse^ avec son talent accomunié , toutes les beautés de ce chef-d'œuvre; il y fait apercevoir jusqu'à ces délicatesses d'exéculion , jusqu'à ces recherches de détail que Raphaël ne jugeoit pas indignes de son génie, au point que, suivant le jugement d'un habite connoîsseur, de l'abbé Lanzi > on pouvoit com[)ter parfois les cheveux de ses têtes, cke taiora yt si confano, per cosi dire ^ i cûpelii» A cette occasion notre auteur ^e demande si une pareille propriété , de rendre aussi bien les petits objets que les plus grands, n'avoîî pas pu provenir, chez Raphaël, de la manière mêjne dont il avoit reçu les premiers élémens de l'imitaiion, de ce système qui habitue à voir les objets de près et en détail; et, généralisant cette observaiion » il se demande encore si, dans ce genre , il ne seroit pas en eflel plus facile d'avancer du moins au plus* que de rétrograder du plus au moins. C*est là un de ces points de ihéotie que Ton doit regretter que M. Quatremère n'ait fait qu'indiquer; car cVst peut-être, h notre avis, un de ceux qui seroient le plus féconds en développemens et en applications de toute espèce; et peutêue que toute l'histoire de fart chez les anciens et chez les modernes, est en germe dans cette idée, en apparence si siiTipIe , de AL Quatremère, It est du moins certain que l'école où se forma Raphaël, procédoit par une îmii^ition minutieuse de fa nature dans ses plus petits détails et dans ses fonnes les plus vulgaires ; et c'est de là qu'elle s'est élevée, du moins au plus t comme dit JVL Quatremère, aux conceptions les plus nobles et aux images les ])Jus sublimes, II semble au contraire que les anciens soient partis d'un principe tout différent, je veux dire d'un type abstrait et d'une image généralisée, qui a empreint toutes leurs productions de cet idéal qui les distingue entre tous les peuples qui ont cultivé (es arts; et de là, sans doute, cette difficulté de rétrograder du plus au moins , qui se remarque dans fa négligence des détails accessoires et des parties qui tiennent à l'imitation matérielle. Mais je ne saurois suivre moi-même cette idée, sans m'éloigner beaucoup trop du livre de M. Quatremère , auquel il est de mon devoir , autant que de l'intérêt

de nos lecteurs, de m*attacher exclusiveinenti et j'y reviens pour ne plus fe quitter.

Deux autres tableaux qui font partie , comme le précédent , de la riche collection du roi d'Espagne , la Vierge dite a la perle et la Visitation t se placent aussi à fa même époque, et appartiennent à l'âge mûr de Raphaël, bien que, suivant une observation que ne contredit pas M. Quatremère, il y ait*quelques dififérences de manière entre l'exécution du second de ces tableaux et celle du premier ; mais ces différences proviennent uniquement de la diversité des mains que Raphaël employoit dans ses ouvrages ; et c'est encore là une nouveffe preuve de l'inconvénient attaché à ces classifications trop rigoureuses, puisque ce que l'on appelle la seconde ou la troisième manière de Raphaël put être très -diversement modifié, quant à l'exécution, par les dififerentes manières de ses principaux disciples et de ses nombreux collaborateurs. La même observation s'applique au célèbre tableau de S. Jean-Baptiste, tableau produit aussi au commencement de cette période de la vie de Raphaël, et dont on ne peut distinguer avec certitude l'original d'avec les trois ou quatre copies qu'on en connoît^ et qui révèlent, l'une, la couleur de Perrin del Vago , l'autre, la manière de Jule Romain , si ce n'est par cette circonstance toute parti* culière, que ces copies sont sur bois, tandis que l'original fut peint sur toile, au témoignage de Vasari; d'où il suit que la peinture de la galerie de Florence, la seule qui oflfre cette particularité, peut seule, à ce litre, prétendre k une originalité incontestable. Deux autres S. Jean-Baptiste > d'une composition un peu différente et aussi d'un mérite inférieur , entre lesquels M. Quatremère cite celui de la galerie de Dusseldorfi peint par André del Sarto , montrent encore combien , dans la foule des^talens divers qui remplissoient et qui ornoient son école , le. talent du maître put se trouver diversement modifié , en sorte qu'à cette époque même où le génie de Raphaël vivifioit et fécondoit tout autour de lui, de sa propre substance et de sa propre fécondité , on hésite à reconnoître sa main dans ses plus beau^ ouvrages, et, pour ainsi dire, sa manière , dans celle de ses disciples. La supériorité d'exécution, quand elle se trouve jointe au mérite de la conception qui appartint toujours en propre à Raphaël, est le seul caractère auquel se révèlent induf bitablement ses œuvres originales; et, à ce double titre, M. Quatra. mère a justement placé ici la mention de la belle Vierge de Dresde, celle de toutes les images de la Vierge qu'enfanta son génie, qui semble avoir été conçue dans le style le plus- large, le plus pitto-

resque, et dans laquelle brillent avec le plus de charmes tous Fe$ traits de ce caractère virginal et divin.

IJ sembleroît que Texécution de tant d'ouvrages sortis alors des ateliers de Raphaël , et tous inspirés par son génie et touchés de sa main» ait dû excéder fes forces mêmes et les ressources de la santé la plus robuste et de Tactiviié la plus infatigable. Quel homme, en eflfet, plus occupé de ses propres travaux, eut à ocaiper en même temps, dans plus de travaux divers, les talens si variés et si nombreux qui se pressoieat autour de lui; exercer h-Ia-fois Je pinceau d'un Jule Romain , tfun Perrin del Vago, d'un Polidore, cl le burin d'un Marc- Antoine ; tracer une foule de dessins de vases pour la fabrique de Faenza , ceux des portes en buis des salles et des loges du Vatican, qui sont restées le chef-d œuvre de la menuiserie, et ceux du pavé de la galerie des loges, autre chef-d'œuvre dans un genre difterent , en même temps qu*il peigïioit ces admirables cartons , exécutés en tapisserie de Flandre, dont nous reparlerons plus bas, et approvisionner pour ainsi dire de tableaux et de dessins rEurope entière , remplie du bruit de son nom et de l'admiration de ses ouvrages î On n*auroit cependant qu'une foible idée de cette activité prodigieuse que déploya Rajxhaél dans ses dernières années, si on la bornoil à celle du peintre le plus laborieux et le plus fécond qui fut jamais, peut-être, par lui-même et par les autres. C est encore comme architecte qu'il faut le considérer à celte époque si brillante de sa vie pittoresque, et comme architecte, chargé de la construction du plus grand monumeïU qu'aient élevé les modernes, en même temps qu*auteur de plusieurs des pius élégans édifices de Florence et de Rome, Nommé d'abord , ainsi que nous favons dit (j) , architecte de Saint-Pierre, à fa mort de Bramante et sur la recommandation de Bramante lui-même, il dut bientôt h ses propres travaux l'honneur d'être confirmé par Léon X dans la place importante pour laquelle l'avoit désigné le vœu de son parent; et les paroles mêmes du bref pontifical prouvent qu'en effet c'éloienl les plans fournis par lui de ledifice qu'il s^agissoit d'élever , qui lui avoîent valu cette marque insigne de la confiance de Léon X , en même temps qu'ils avoient (ustifié restime de Bramante. Une lettre de Raphaël écrite vers ce temps à lialthasar Casiîglione , nous apprend aussi avec quelle ardeur et quelle persévérance il s*occupoit de ses études archiiectoniques , avec quel profond sentiment du goût de l'architecture antique il avoit su pressentir l*însuffisancc des notions que Viiruve lui fournissoit

(i) Voyez notre cahier de janvier, p, ^8*

à cet égard, et cela dans un temps où Vitruve étoît i'oracfe de tous les archîtecies; et fon n'est plus utonné d'apprendre, ou plutôt on reste confondu, quand on sait que ce même homme entretenoit des dessinateurs dans H taire méridionale, qui! en envoyoit Jusque dans la Grèce, pour mesurer et dessiner des temples antiques, et que, de Wous ces travaux et dé ses propres dessins, il avoit formé une ample poIJectîon possédée en partie par le baron de Stosch , vue et souvent tîiée par Winckelmann , et dont on ignore malheureusement le propriétaire actuef. L'élonnement redouble en appre-natit que , nommé Tannée d'après, 1516, surintendant général de tous les restes d'aniiquité , tant à Rome qu aux environs, chargé de surveiller tous les travaux, de diriger toutes les fouilles, à-la-fois comme architecte, comme antiquaire et comme artiste , il dut , d'après plusieurs témoignages contemporains, avoir mesuré, dessiné et restitué les édifices ruinés de l'ancienne Rome , et qu'il avoit même commencé à en faire des vues peintes, quand la mort le surprît au milieu de tant de travaux^ à jamais perdus pour sa gloire. Mais combien n'est-il pas à regretter Fque , parmi ces travaux archîtecioniques qui auroient suffi à la renommée d*un autre homme, ceux qui avoient rapport à la basilique de Saint Pierre aient subi le même sort ! Il paroit en effet qu'il avoit arrêté le plan définitif, et fourni tous les dessins, quoique le plan seul, qui nous a été conservé dans le traité d'architecture de Serlio, soii mentionné en termes exprès dans le bref de Léon X, M. Quatremére va pîus loin ; il présume que Raphaël avoit non-seulement tracé un plan, mais encore produit un modèle en ref/rfde l'édifice entier, et il le conjeciure d'après le mol de modello dont se sert Raphaël lui-même dans sa lettre à Balthasar Castîglione, et d'après le mot hxin forma employé dans le bref pontificaL Toutefois, j'observerai que, comme erfio n'a admis dans son recueil que le plan seul de Saint -Pierre , sans aucun détail de l'ordonnance et de félévalion , c*est là du moins une forte présomption contre lexistence du modèle en rehef \ en second lieu, que le mol forma n'a pas, par lui-même, une signification assez précise , non plus que dans le latin conventionnel des secrétaires de la chambre apostolique, pour qu'on puisse fonder sur ce mot seul une conjecture bien solide, sur-tout lorsque, dans la traduction italienne du bref, le mot en question est rendu par piantj qui signifie bien certainement un plan; et enfin que, dans la langue du temps de Raphaël, et dans sa propre bouche, il est également bien douteux que le mot modello ait été autre chose qu'un synonyme ou un équivaknt de pi&nîd. Quoi qu'il en soit, le plan de Saint-Pierre, tel que Tavoit arrêté

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Raphaél et que nous ia conservé Serlîo, est du moins un monument de son génie, qui suflFiroii seul pour placer son auteur à (a tête des plus grands arcliitectes, et dont toute fa disposition , très-superieure îi celte d*auJourd hui , doit rendre éternellenienl regrettable Fabandon d*un pareil plan et la perle du projet entier. M. Quatremère passe ensuite eu revue les palais bâtis sur les desiins de Raphaél, tels que ceux degîi Ugacchni et Pandotjini, à Florence, de la villa Aladama , et de quelques autres à Rome, qui souïiennent avantageusement le voisinage et le parallèle des plus élégaus édifices de Balihasar Peruzzi; et c*esi sans doute le comble de Thonneur pour Raphaël, que d'avoir ainsi rivalisé , sur son propre théâtre , avec rhomnie qu on pourroît surnommer le Raphaél de Farchiiectore,

Peu s'en faut que nous ne retrouvions encore à la même époque et dans une carrière toute différente» Raphaél rival d'un homme supérieur à Balthasar Peru/zî, c*est-h-dîre , de Âlichel-Ange lui même , et dans la statuaire oii Michel-Ange excella. M, Quatremère incline à croire que fa statue de Jonas , qui occupe une des quatre niches de la chapefle d'Augustin Chigi > dans leghse de Santa-Maria del Popolo, a été nonseulement exécutée sur le modèle de Raphaél, par le Lorenzetii ^On élève I mais encore retouchée de sa main sur le marbre même, A défaut de preuves positives que Raphaél ait manié personnellement le ciseau» son historien croît trouver ici , dans le fini précieux du marbre, dans une certaine grâce de contour , dans une délicatesse d'exécution toute particulière pour le temps , au moins des présomptions assez fortes à [appui de celte conjecture , quoique ces qualités mêmes , qui lienjient à une pratique exercée et à une longue habitude de Toutil, semblent plutôt, à noire avis, des indices propres à étayer une opinion différente. Mais où la rivalité de Michel -Ange et de Raphaél se produisît avec le plus d'éclat et de la manière la plus incontestable, c'est dans l'exécuiion des célèbres peintures des loges du Vatican, consistant* comme chacun sait, dans cinquante-deux sujets de Thistoire de l'ancien et du nouveau Testament , peints à fresque , et répartis quatre ^ quatre dans les compartimens des voûtes de chaque travée. II est împossî!>le de se refuser à croire quen reproduisant ici quelques-uns des sujets traités par Michel-Ange à la chapelle Sixtîne, Raphaël n'ait eu effectivement l'intention de se mesurer avec son terrible antagoniste , bien qu*avec des armes ou du moins dans des proportions bien inégales ; car Michel- Ange, disposant d'un emplacement vaste, et pour ainsi dire gigantesque, comme son génie même, avoit pu se livrer libre- Bient à toute la fougue, à toute la grandeur de ses conceptions , ei

dans un espace qui exigeoii nécessaireinent le colossal , suivre la nature de son tafent quf fe portoît à faire du colossal; tandis que Raphaél, obligé, par les bernes mêmes de remplacement qu'il avoit à remplir > de ne foire que des tableaux de chevalet, ne put être grand que de celte grandeur idéafe qui supplée à I étendue des lignes et au développement des figures , par la dignité , la force et la profondeur de l'expression. Sous ce rapport, M. Quatremère n'hésite pas à placer les petits tableaux de Raphaël au-dessus des grandes compositions de Michel'Ange ; et toute la question , si longuement et si vainement débattue , de la prééminence de ces deux gninds hommes et des emprunts que le génie de l'un put foire à celui de lautre, se trouve réduite à cette proposition toute simple et tonte raisonnable , que Raphaël dut à Michel-Ange d*avoir agrandi sa manière à son exemple, et d'avoir puisé dans ses ouvrages, non des idées, des formes, des images, mais ce puissant ressort de I émulation qui est, dans tous les genres , Fflliinent et raiguillon du talent*

Une suite de cinquante- deux sujets de la Bible et du Nouveau Testament, est, de laveu même de M* Quatrernère , un de ces enseinbles dont le discours doit abandonner la description à la gravure, et que cependant M, Quatrernère décrit avec beaucoup de clarté et d'intérêt , même sans le secours de la gravure ; mais il n'en seroit pas de niètne si j'enireprenois, à i*exemple de notre auteur, d'extraire cette partie de son livre, c'est-àdire, d'analyser une atialyse. Je me vois donc obligé d'indiquer seulement à nos lecteurs cette discussion importante, que M. Quatrernère conclut par un judicieux parallèle de quelques sujets des peintures des loges , et des mêmes sujets traités par le Poussin dans des tableaux de même proportion. II est impossible de mieux établir la différence de condition et de mérite qui existe entre des compositions si analogues toui-à- la-fois et si dissemblables, entre Raphaël improvisant, si Ton peut dire , dans toute la liberté du génie, cette suite nombreuse de tableaux, et le Poussin méditant et exécutant à loisir, fun après l'autre, quelques-uns des mêmes sujets. «Chez celui-cî, dît M, Quairejnère, tout est beau, » noble , judicieux, correct, parfait pour la raison et pour le goût, » mais cela sent un peu rarrangement et la composition* Chez Raphaël, » tout est conçu et fait de verve ; l'image semble être sortie toute » formée de rimagînaiion du peintre; tout paroît avoir été trouvé sans j^avoir été cherché. "

■' ^ Nous venons de voir Raphaël luttant avec Mîchel-Ange sur le domaine austère de Thistoire sainte et des traditions sacrées; nous

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allons fe voîr rrvafisant avec lui-même dans le riant empire des fictions grecques et de In mythologie profane, et sortant égalemeni vainqueur de cette lutte peutêtre plus difficile encore. II s'agît des peintures dont Raphaël fut chargé par son ami Augustin Chigî 3 ajnateur riche et éclairé de ce temps-I^, le! en un mot qu'on n'en voit pfus dans le nôtre, de décorer le vestibule du palais de la Farnésîne. Ce palais » qui sernbloit moins destiné à être l'habitation d'un particulier opulent qu'à devenir un sanctuaire de tous le* arts* puisque» tdtî par Balihasar Peruzzî, ii devoit renfermer, outre les peinture» de Raphaël, d autres peintures de Sébastien de[ Piombo , et tous les ornemens et détails accessoires exécutés par Jean d'Udine, offre, en effet f outre le célèbre tableau du triomphe de Gafatée dont i( a déjà été parlé (i), dix sujets tirés de la fable de Psyché, et qui forment, pour ainsi dire, une seconde histoire de Psyché, presque entièrement différente de celle dont Raphaël avoit , quelques années auparavant, composé les dessins gravés par Marc-Antoine. Nous pouvoii$ donc , en comparant cette première suite de sujets , telle que noqs Fa conservée Thabile et fidèle graveur de Knphaël, avec les peîntuies exécutées par lui k la Farnésîne , opposer pour ainsi dire Raphaël à fui-méme; et cest sur- tout dans un semblable paralfèfe que se découvrent toute letendue, toute la richesse et toute la variété de son génie- II est vrai de dire que, livrées, pour Texécution, à ua trop grand nombre de mains différentes , restées long-temps exposées aux intempéries de Fair sousun vestibule privé de clôture » et enfin restaurées par Caik Maratte, ces fresques ne sauroient aujourd'hui donner una idée exacte du talent de leur premier auteur, sous Je rapport du maniement de ia couleur et de l'harmonie d€S teintes* Mais quant k (a composinon » M. Quatremère déclare que , notamment dajis let deux grandes compositions du conseil et du banquet des dieu» 9 Raphaôt a touché au sommet de son art: également sublime et inioii-» table, s'écrie-t-il, soit quand ia poésie de son pinceau, recréant Famiqua Qtytxipe, en rouvre à nos regards les portes fabuleuses, soit lorsqu'il la suite des chantres inspirés par Fesprit divin , elle déroule souf nos yeux la succession des faits prophétiques du peuple chéri de Dieu#

A cette époque de la pfus grande activité des travaux de Raphaél , it^.^t |tt|K»ssible à son historien luéme de les décrire tous » puis-

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qu^une S,** Catherine y tout récemment gravée par M. Desnoyers , n'a pu trouver place dans ce livre; à pFus forte raison ne pourroîs-je, dans un extrait comme celui-ci , en donner une simple nomenclature. Je dois me borner à nommer le portrait de la Fornarîna , peint probablement à la même époque que le vestibule de la Farnésine, et qui fut cause, ou du moins le modèle de ce portrait, et que l'ouvrage éh question fut long -temps interrompu, et qu'il fut enfin achevé. Je nommerai 'également un tableau de S.** Marguerite , peint pour François I.", et qui, après avoir orné la chapelle de Fontainebleau, n'existe plus aujourd'hui que dans les gravures qu'on en a faites; et le S. Michel terrassant l'ange des ténèbres, également commandé par François I/', morceau sublime pour lequel toutes les formes de l'admiration semblent avoir été épuisées par Vasari lui-même ; et enfin , la grande Sainte Famille, morceau par excellence du musée royaf, et chef^d'œuvre de toutes les Saintes Familles de Raphaël , si Ton considère et fa grandeur de la composition et la perfection de l'exécution , et encore l'époque, qui est celle de toute la maturité du talent de l'auteur , époque certifiée par l'inscription et par la daiè même de i j 1 8 , tracée sur la bordure de l'étoffe bleue de la Vierge. M. Quatremère analyse avec un soin particulier toutes fes beautés de cet admirable ouvfage , iu-dessus duquel on ne trouve à placer aucune des peintures de Raphaël, et, conséquemment, aucune des productions de Tart. C*e$t l» plus haut degré où il soit parvenu, sur-tout dans la peinture à Fhuile. Mais qui pourroît douter que si ce grantf homme n^avoit pas été enlevé dans le milieu de sa carrière , il n'eût découvert , au-delà de ce' qui nous paroît la perfection même, dés perfections encore inconnues; et que, comme à chacun de ses ouvragés il sembibit' s'être surpassé lui-même, il n'eût pareillement, dans une succession dénouveaux chefs- d^œuvre , reculé de beaucoup encore les bornes de ton- art!

Ge qui rend cette opîm'on irès-vraîsémbTable, c'est de voir Raphaël, dans. les deux dernières années de sa vîe-, produire les célèbres cartons' destinés à être reproduits en tapisseries de Flandre ; preuve încontèstabré de ce continuel mouvement d'ascension imprimé à son génie, et dont sbn hîistorîen fait le couronnement, non-seulement dé toutes les productions de Raphaël, mais encore dé toutes celles de fact moderne* Les détails où est entré M. Quatremère sùi Thistoire et la descriptroii de tes fameux cartons, dbnrt sept séûlfcment 'se sont conservés çùr^ tiWie qui'fbrmoîent fa coHèctiott efttîéns i sont fci?rtaîhemènt au nbmbrar df) plds itifii*es^nt dè^ tMt'î^tt- {}^'1%lh^'s juS^ént"

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i étendue de ces détails; d'abord Téiendue même de ces compositions qui présentent reiisemble de la plus vaste des eiiireprises dues au génie de leur auteur; en second lieu, rUiterêt qu'offre, sous le rapport de fart, la comparaison entr<^ les traits un peu afluiblrs des cartons originaux, er \qs tapisseries dont Féclat sert h refever celui de ces peintures qui subsistent encore , et nous rend au moins une image de celles qui ne sont plus; mais sur- tout la circonstance rare autant quindubitabïe que ces cartons , peints d'une manière si large , avec tant de soin et dans de si grandes dimensions, ont éré presque tous exécutés totaletnent de la njaîn de Kaphaël, et cela précisément à l'époque où il jouissoit de toute la puissance d'invention et d'exécution à laquelle il pouvoit s*élever. Je dh presque tous ^ quoique Vasarî ail formellement assuré qu'ils avoient été tous sans excc/tion exécutés de sa main i rutti di sui mano. Mais M, Quatremére » juge pour le moins aussi éclairé que Vasari, et qui d'ailleurs a ici sur fancien biographe de Raphaël favaniage d*avoir vu souvent et examiné de ses yeux les cartons dont il s'agît, dans la galerie d'Hamptoncourt en Angleterre, croît avoir relevé des indices certains de la part moins exclusive que Raphaël prît à l'exécution de ces grands travaux, et de celle qu'il laissa, dans quelques partfes et dans quelques accessoires» soit à Jule Romain, soit à Jean d'Udine, Les quatre cartons où notre auteur reconnoît It plus indubitablement la main de Raphaël, îi la pureté du Irait, à k clarté de la couleur, à la simplicité de Teffei et en même temps à la force de l'expression , sont ceux qui représentent J. C, donnant les clefs à S. Pierre^ Ananie frappé de mort par S- Pierre, S- Paul et S< Barnabe à Lystres, et S, Paul prêchant dans Athènes. M, Quatre* mère analyse et décrit avec le même soin les autres cartons d'Hamptoncourt, et les six morceaux de tapisserie du Vatican, qui nous tiennent lieu maintenant des six dernières peintures originales , entre lesquelles le massacre des Innocens se fiiît sur-tout distinguer comme monument de la rivalité que Raphaël, qui avoit déjà sui^rieureinent traité ce sujet dans le célèbre dessin gravé par Marc- Antoine, y élablissoii pour ainsi dire avec lui-même.

Dans le même temps que Raphaël composoit seul et exécutoit en grande partie cette vaste suite de peintures religieuses , il achevort le tableau de la Transfiguration, le plus considérable de ses ouvrages à fhuile, et il s*occupojt de la décoration de la salle de Constantin au Vatican, laquelle devoir offrir, sur les quatre faces de ce vaste local , quatre immenses compositions relatives à la vie de ce premier empereur chrétien- Les dessinj des deux premières , qui ^onl aussi les plus belles ,

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^oir, la Vision céleste ti la Bataille contre Aiaxence , furent en effet frétés par lui, et, à ce titre, ils doivent être rangés parmi ses ouvrages , ieii que la peirnurc n'en ait été exécutée qu'après sa mort , par Jule omain , son élève et son légataire; autre raison pour les comprendre ncore dans (a li^te de ses productions. Nous voilà arrivés^, sur les pas de l'historien de Raphaël , au terme une carrière si brillante et sitôt terminée; et c*est du moins, dans le semiment de douleur qu'iniTpire encore , après plusieurs siècles , cette f^ne^ la plus sensible peut-être que les arts aient jamais faite, une consolation que d'avoir à nommer , pour clore cette longue suite •d'ouvrages excellens, le tableau de la Transfiguration, et que la dernière production de Haphaél soit tout-à*la-fuis le chef-d'œuvre de Jlaphaèl et celui de fart. Ce n'est pas sans une sorte de tristesse religieuse, partiMe îi celle qu excita lexposition même de ce tableau auprès du lit de mort de son auteur, que M. Quatremère entreprend den décrire et d'en faire ressortir les inijni tables beautés. Toutefois on regrettera peut-être qu'il ait fait précéder cette description , intéressante à tant de titres, par des détails affiigeans sur la rivalité de Michel-Ange et de Raphnél , par le récit de manœuvres ei d*intrigues , au moins très-problématiques , et qui prennent sous la plume de l'historien une gravité qu'elles ne nous paroisseni pas avoir dans la réalité. En général il nous a semblé que M. Quatremère, toujours juste envers Ra{haéi, même lorsqu'il porte radmiration Jusqu'à l'enthousîasme, est habituellement trop sévère envers Michel- Ange. Est-ce qu'il importe à la gloire de Raphaël qu on lui sacrifie celle de Michel- Ange î et parce que Raphaël fut , comme on se plaît à le reconnohre, le plus grand des peintres et le plus aimable des hommes , faut-il de toute nécessité que Michel- Ange, réduit au seul mérite de dessinateur, liait été qu*un intrigant, un envieux et un méchant ! Puisque j'en suis à exprimer quelques doutes ou à relever quelques taches dans Texcellent travail de M, Quatremère, je remarquerai encore que l'admiraiion même la plus légitime » et telle est assurément celle qu'il a vouée k Raphaël, ne doit pas être exclusive au point de priver d'autres talens, oii rivaux ou subordonnés, de la portion d'éloges qui leur est due. A notre avis, M. Quatremère s'exprime trop souvent de manière à ftire croire que tout le mérite des disciples de Raphaël n'appartient qu'à Raphaël; et encore faut il bien quil leur en revienne quelque chose à eux-mêmes. Si, par exemple, M. Quatremère décrit la bataille de Constantin» peinte en entier par Jule Romain, ei s'il ajoute que dans ce travail, fa plus vajte page que le pinceau historique ait jamais tracée,

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rélève n*a plus rien à partager avec le maître, JI s'interrompt par celle réflexion ; «Pourquoi mettroit-on quelque restriction à un éloge qui »» retourne toujours à Raphaél, puisqu on peut dire que le talent de I elév^ *» Tait une partie du mérite et de la gloire du maître, « Cette disposition d*csprît, qui domine dans tout le livre de AL Quatremère, lui donne quelquefois la couleur du panégyrique, au lieu de celle de rhi$toire,et j*ai dû en faire robservation , ne fût-ce que pour ne pas donner la roême couleur à cet article, qui ne sauroit offrir les mêmes compensations.

Mais, avant de terminer cette analyse d'un des livres les pliii curieux, les plus instructifs, les plus pleins de choses qui aient été faits depuis long-temps , je dois indiquer au lecteur les considéra tiont irti portantes qui le terminent, et qui renferment tout le secret des Tii«i et des înieniions qu'a eues l'auteur en le composant. La multiplicité des travaux de Raphaël » méjne en mettant h part Je mérite de cet travaux, forme sans contredit Je trait le plus remarquable de $on histoire; c*e$t la merveille de son génie, c'est, si l'on peut parler ainsij le miracle de son existence. Ce fait bien constaté, et M, Quatremère semble n'avoir composé son livre que pour l'établir et pour le mettre en lumière , notre auteur a cherché à en indiquer les causes et à en démontrer les conséquences ; c'est là ce qu'il appelle le résuItAI moral de cette histoire; et si notre auteur est bien compris, ce sera là aussi sans contredit le meilleur fruit de son travail. Or , celte leçon importante qui ressort de la vie entière de lîaphaél, quelle est-elle f C'est que Raphaël, semblable à tous les génies supérieurs des tem||>f anciens el modernes, n'a pu exécuter tant et de si grandes chose» quen disposant d'un grand nombre de collaborateurs habiles , sur Je concours desquels il pouvoit se reposer des soins de l'exécution matérielle, en même temps qu'il jouissoit seul de la conduite det grandes entreprises; c'est qu'il étoit Je chef d'une école, où tous ief» tâiens, subordonnés à son génie, recevoient de lui seul leur direction,' leur inspiration et leur exemple, au lieu d'être abandonnés, dans une» direction indépendante, à un régime égal d'encouragemens , à une division égale de travaux, qui n'aboutissent qu'à une égalité déiespérante de médiocrités. Voici la dernière phrase du livre de M. Quatremère, qui en offre tout le résumé : « Si rexécuiîon de tous les tableauar » produits par Raphaël avoit été répartie entre les cinquante peintres » qui formèrent son école, on ne sauroit dire quels tableaux on auroit* >» eus. Ce qu'on peut dire, c'est qu'on n'àuroit point eu de Raphaël f^ et l'ajouterors qu'on n^auriïit pas eu même soi) école*

RAOUL-J^iOCHEtTE

JUIK 1825. ^H Îî9

Collection des Chroniques nationales françaises. * . Chroniques de X Froissart, avec notes et éclaircissemens , par J. A. Buchon. Toul, J. Carez; Paris, Verdière, 1824 et iSaj. tomes VI, VII, VIII, IX et X, /V7-^.% 386, 488, 480, ^ji et 531 pages. — Chroniques de Jean de Lalûin , par G. Chastelahi , avec une notice et des eclaircissemens, par Aï. Buchon. Ibidem , 1825 , Ixxiv et 43^ p^g^^

SECOND ARTICLE

En rendant compie des cinq premiers volumes de cette collection ( 1 ) t nous avons dit que le véritable texte de Froissart y étoit pour la première fois mis au jour, et nous croyons que cette observation ne sembferoit point douteuse aux lecteurs qui preiidroient la peine de comparer quelques articles des cinq nouveaux tomes que nous annonçons aujourd'hui , avec les parties correspondantei de 1 édition de Denys Sauvage, Pour ne point multiplier ici les transcriptions, nous nous bornerons à indiquer les chapitres 28 et 100 du livre U, et i4 diL livre ni de Tédition nouvelle. Mais il suffiroit de remarquer le tnorceau iusqu*à présent inédit qui, sous le titre de variante, remplit let pages 129-3 jj ^Li tome VI. li a été fourni par le manuscrit 926 de la Bibliothèque du Roi; c'est un texte absolument nouveau, puisque retendue en est presque double de celle des mêmes récits dans les SOI 1res manuscrits de Froissart.

En imprimant cette longue variante. M, Buchon en a scrupuleusement conservé 1 orthographe, ce qui étoitici plus convenable et à-la-fois plus facile quVilleurs, puisqu'il n'existe qu'une seule copie manuscrite de ce morceau, Ledheur est persuadé que les difficultés qu y rencontreront les lecteurs, justifieront les modifications légères qu*iï s*esi permises en publiant, d'après les autres maiiuscritSrle texte courant de Froissart; mais nous ne serions pas rout-à-fait de son avis sur ce point. Comme il faut bien que ceux qui lisent Froissart possèdent ou acquièrent bientôt une connoissance suffisante de son langage et de l'orthographe de ses copistes» il nous semble que la vikriante ne leur offrira nuHe part plu* d'embarras qu'ils n'en trouvent dans le reste de rédition. On en pourra juger par le petit nombre de lignes que nous allons transcrire.

(1) Septembre t824^p. îi^^j^jOw

« En ce temps (0 escheyt ainsi que ceux de Poitiers fureit en » grancT diisentîon ; car les trois p.iris de la ville se vouloient to îrner » François; mais Jean Regnault qui étoîi maieur de la ville et une pariie » de fa communauté Touiurent demeurer Angbis. « C'est ainsi que AI, BuLhon imprime le commencement du chapitre 668 du pre nier U\re. Il y ajoute l'inierprétalion du mot escheyt par arriva, et de maieur par maire.

La variante porte : « Che terme pendant et celte chevauchie faisant -» chîl de Poitiers estoieht en gr.int dîscensîon et rébellion I ung contre >î Tautre ; car li communaulié des Engles et aucun riche homme de » la ville se voloîent tourner François ; et Jehan Renaulz qui maire r> en esîoit et tout li officyer du prinche et aucun autre grant riche 19 homme ne si volaient nullement accorder; pourcoi il en furent en « tel estri que près fut le combattre. » Ce texte est si clair et Fortho- ^> graphe en est si intelligible, qu'il ne seroit pas même nécessaire d avenir que che équivaut à ce, chil à ceux, vohleni à voufoieni, &c.

A n'en juger que par l'exemple que nous venons de citer, on seroit lente de penser que fa variante n'est qu'une paraphrase du texte ordinaire , qu elle dit en plus de mots les mêmes choses. Mais elle présente ailleurs des différences qui touchent aux détails et h la substance même des récits. Au lieu de faire marcher Thomas de Percy au secours de Poitiers, elle assure quil se contenta dy envoyer Jehan d'Angle. Le tente ordinaire porte qu'en i}73i quand le connétable Duguesclia eut pris Hennebon , les Anglais furent mis à mort et leurs deux capitaines retenus comme prisonniers, La variante au contraire parle d*un traîtrie et composkim qui accorda sans exception îi tous les Anglais et à leurs alliés, la liberté de s'en aller ; que tout li Engles qui dedans Hainhon estoient, et ossi tout li Breton qui Voppinion dou comte de Montfort tenaient pooîent serrement partir, iaux et le leur* Plusieurs autres faits sont modifiés et quelques-uns ajoutés dans ce nouveau récit, qui » par conséquent, sera désormais à consulter par ceux qui écriront Fhistoire des années 1372 à 1 Î77.

15 Les événemens arrivés depuis cette dernière année jusqu'en 1585 > sont la matière des deux cent vingt-neuf chapitres du second livre de Froissart, Les excellentes notes de M. Dacitr se prolongent jusqu^au chapitre 70 : elles rectifient ou éclaircîssent un grand nombre de détails chronologiques et historiques (2)* M. Buchon n*a rien négligé

(•) Année 137^, — (2) Voyez nonr cahier de sept. 1824, n. j^^^.rr La dernière des noies de M. Dacier est à la page 365 du tome Vil,

pour compléter et continuer ce travail. II a profité de quelques publication.s nouvelles , confronté , quand il étoit nécessaire » lés relations de Froissart avec celles des autres chroniqueurs , s'est efforcé sur-tout de jeter quelque lumière sur des points de géographie qui demeuroient obscurs. II en est pourtant d'inexplicables : on ne sait, par exemple, quelle est en Hongrie la place que Froissart désigne par le nom d'ÂIcafourme; et lorsque M. Buchon conjecture que Malcabée est la Moldavie » et Robée la Bessacabie , il vaut presque autant avouer qu'on ignore ce que Thistorien a voulu dire.

Nous n'entreprenons aucune sorte d'anafyse de ce second livre de Froissart: il contient beaucoup, d'articles relatifs à la Flandre, qui sont aujourd'hui fort connus par les extraits que M. de Barante en a donnés dans le tome I.""' de son Histoire des ducs de Bourgogne. On y peut remarquer aussi les récits de la mort de Bertran Claiquin [du Guesclin] en 1380, et du roi Charles V en la même année, ainsi que la description du couronnement de Charles VI (1). Mais ces relations ont souvent besoin d'être rapprochées de celles qu'ont rédigées d'autres chroniqueurs du même temps, et particulièrement le moine de Saint-Denis.

M. Buchon n'a publié encore que les soixante sept premiers chapitres du livre m , qui n'atteignent pas Tannée 1 385? ; or on sait que les chroniques de Froissart s'étendent jusqu'à i4oo. Cet historien rend compte , en commençant son troisième livre , de tous les spins qu'il a pris pour être bien informé des faits dont il n'avoît pas été immédiatement témoin ; car il savoit bien qu'au temps à venir, et après sa mort, serait cette haute et noble histoire en grand cours; et il a voulu, pendant qu'il avoit encore sens, mémoire et souvenance , engin clair et aigu, • se livrer à toutes les recherches pour savoir la vérité des lointaines besongnes. II a principalement profité des entretiens de Gaston, comte de Foix, qu'il est allé visiter tout exprès en Béarn. C'est ainsi qu'il s'est

( I ) ce A la solennité de son couronnement ot grant foison de grands sei£;neurs

et hauts Et entra le jeune roi. en U cité de Rhcims le samedi à 1 heure

de vêpres, bien accompagné de noblesses, de hauts seigneurs et de mestrandîes [musiciens], et par spécial il avoit plus de trente trompettes devant lui qui sonnoient si clair que c*étoit merveille.... £t ouit ce samedi ses; vêpres le rQÎ en Téglise Notre-Dame de Rheims, et veilla en l'église, ainsi que usage est, la graigneur [plus grande] partie de la nuit, et tous les enfans qui chevaliers voulofent être avec lui. . . . Avant la consécration, le roi fit la devant l'autel tous les chevaliers Jeunes chevaliers nouveaux, et en après fit-on Toffice de U messe très-soleDndlement et tjrèMéyértmmenti&Cr»

zz

instruit dei événemens arrivés jusqu'en ijSS, dîins Te midi de ia* France, en Espngne et en Portuga!. H a su aussi plusieurs détaifs par fe chevalier Espriing de Lyon ^ qui Tavort accompagné jusqu'à Orlheï» Il y en a quelquefois d'un peu romanesques , auxquels nous sommesétonnés que M. Buchon n'ait joint aucune observation critique. Froissart» f>aroît considérer comme historiques les livres de chevalerie ; il feir menûon des châteaux qui appartiennent à Regnault de Montaitban , çut les Jii OYihnmr di telle façon par le conseil de Alaugin [ Maugis], Sîl nous est permis de le dire, la partie la plus recommandable de» l'ouvrage de Froissart n'est pas du tout celle que lui ont fournie les cooversarions de meisîre Espatng et du comte de Foix, et qui remplit les cinquante-huit premiers chapiires de son troisième livre. Il la termine en disant qu'il va meure un petit en repos la Ca.HtiIle et le Portugal» ^l parler des avenues qui a vinrent en France et en Angleterre : il en est beaucoup mieux informé.

Il sait bien quelles dissensions agtioient la Grande-Bretagne en i jS 6, et il raconte aussi avec beaucoup d^intérêt les entreprises et les aventures du connétable de France, Olivier de Clisson, Il ne manquoîtà ce récit que le texte du traité conclu en t i^y entre le connéiabie et le duc de Bretagne; et M. Buchon fa transcrit dans 1 une de ses notes. Nous parlerons une troisième fois de cette importante et précieuse édition lorsqu'elle sera terminée; et si, comme on ntn peut douter, l'éditeur continue d'y ajouter les mêmes soins, nous serons autorisés à la recommander comme Tun des |>lus instructifs et plus authentiques monumens de l'histoire de France au XI v.* siècle.

En annonçîint les premiers volume.-*, nous avions dit, conformé- •ment au prospectus de M* Buchon, qu'il se proposoit de publier une collection composée, i ." des grandes Chroniques de France; i,*" de Froissart; 3.° de Monstrelet; 4/ des petites Chroniques écrites en français, et relatives à certaines provinces de France. Il a depuis modiffé ce plan : tout son recueil ne sera plus divisé qu'en trois parties distinguées par les litres de xiil.^, xiv/ et xv/ siècles. C'est au second de ces tîiVes qu'appartient Touvrage de Froîssart, auquel se joijidront d'autres relations et chroniques françaises du même temps* Monstrelet sera le principal article de la partie intitulée xv/ siècle: mais, entre les autres histoires qu elle doit comprejidre , il en est une que M. Buchon vient de publier déjà ; c'est la chronique du chevalier Jacques de Lalain 1 composée par Georges Cha&tellaîn, qui, né à Gand en t^o^, mourui 2t Bruges en i474f un an après avoir reçu de Charles le Téméraire le litre d'iiidiciaire ou historiographe de Tordre de la toison d'or.

JUIN i82^ jïîî

Le rolume s'ouvre par une notice qui contient les hommages rendus àChasielIain par ses contemporains, particulièrement par Alain Charrier et par Jean Molinet, Tindication des manuscrits où se trouvent ses diverses productions en prose et en vers; quelques extraits de celles qui n'ont point été imprimées; et de plus un poème du même Chasrellain qu'on a publié tant avec les poésies de Molinet, qu à la suite de la légende de Pierre Faifeu, Quant à la chronique de Jacques de Lafatn, elle est coimue par l'édition que Jules ChîfHet en adonnée à Anvers en î6j4, //î-^/ Nous croyons que c'est la seule, quoique l'ouvrage soit Tun des plus propres h faire connoître Fétat de la chevaferîe au xv/ siècle. Chifflet en indtque trois manuscrits ; M, Buchon n'en a retrouvé qu'un seul, celui qui est numéroté i iS à fa Bibliothèque du Roi. Chastellain a mêlé beaucoup de digressions à ses récits: par exemple, ï propos des instructions que Jacques de Lalain ncevoit dans son enfance, il compose sept chapitres de pure morale sur les sept péchés capitaux; mais les détails relatifs à la cour du duc de Bourgogne, aux foutes, aux défis, \ï raccueil que le chevalier reçut en France, en Espagne et en Portugal, en Ecosse, en Angleterre et en Italie, ont un caractère réellement historique, moins par l'importance des faits que par la description des mœurs et des usages. ChasleHain raconte etisuite comment Jacques de Lalain se distingua dans les guerres de Flandre jusqu'à sa mort, dont fa date n'est point indiquée, II y auroit eu Jîeu peut-être d'ajouter aux différentes parties de cette relation quelques éclaîrcissemens chronologiques : mais l'éditeur y joint des observations historiques et littéraires, outre un appendice qui renferme quelques notes et des pièces analogues au sujet du livre. Ce volume annonce très-avantageusement la troisième partie du grand recueil entrepris par M, Buchon , partie qui renfermera un autre ouvrage, encore inédit, de Chastellain, savoir, sa Dêclarathn des hauts fittu et ghrkuses ûdventures du duc Philippe de Bourgogne,

DAUNOa

Voyage de Benjamin Bergmann chez les Kalmuks ; iradutt de ïaUemand par M. Morts , membre de la Société asiatique. Châtillon-sur-Setne, 1825, i vol. in-S/ , a\ec plusieurs planches lithographiées.

L'ouvrage de M. B, Bergmann, intitulé Promenades nomades che^ les Kalmuks , est d'une époque déjà ancienne. Il en avoit paru des frag-

}6i JOURNAL DES SAVANS,

mens dans un recueil allemand sur ta littérature russe et mongole, qui se publfoîc périodiquement à Riga en i8oz (i)* La totalité des matériaux que M, Bergmann avoit réunis pendant £on voynge fut ensuite publiée dans la même ville, en i 8o4 (2). Mais, comme il arrive trop souvent pour les livres écrits en allemand et imprimés dans le fond du nord, celui-ci resta fort peu connu en Trance, A peine quelques extraits en furent consignés dans des collections géographiques, et un très «petit nombre d'exemplaires seulement furent placés dans les bibliothèques des savans et demeurèrent inconnus au public. M, Moris, membre de la Société asiatique , a voulu faire cesser cet oubli injuste et mal entendu, où étoit tombée parmi nous une production utile et estimable : (e désir de concourir avec lui au succès d'une entreprise recommandable, en lui faisant obtenir quelques encouragemens que nous croyons mérités, nous engage à dire ici quelques mots de sa traduction* Ce motif nous servira d'excuse auprès de ceux de nos îec* leurs à qui l'ouvrage original seroit déjà suffisamment connu , et pour qui la briève analyse que nous allons en tracer ne seroit par conséquent d aucun intérêt.

Cest en 1802 et 1803 que M. B. Bergmann fut conduit, par fe désir d'étudier les moeurs , la langue et la religion des Calmuques , dans les steppes que parcourent ces tribus errantes» sur la rive gauche du Don, au midi du point où ce fleuve sapproche du Wolga, dans la partie septentrionale du gouvernement d'Astrakhan* Le voyageur, afin d'être plus à portée d'observer, avoit voulu renoncer, pour quelques mois, aux commodités de la vie des citadins et partager les agitations de fa vie des nomades: cette résolution demandoit de la patience plutôt que du courage, et exposoit à moins de dangers que de privations ; car, par un premier trait qu'il faut remarquer à la louange des Calmuques, il est bien peu de peuplades, menant un genre de vie si différent de celui des états civilisés , chez lesquelles on puisse être admis û facilement, recevoir une hospitalité si parfaite, et séjourner avec tant de sécurité* La tribu que M. Bergmann visita d'abord pouvoit être regardée comme la principale parmi toutes celles qui sont du côté du Wolga, non-seulement à cause du nombre des huttes, qui y étoit d'environ cinq cents, mais parce que le patriarche de tous les sectateurs du grand lama répandus en Russie, sorte de délégué du pontife de

(1 ) AliscflUn der Russhchtn und Mogolhdien Linerûtur ; ewi Alonatschrift , M. i,f Riga und Leipzig, 1802, in-^/ — (2) Nomadhche Stretfinim unttrdtn Kalmùktn ; 4 vol. tfi-8,*

JUIN i8.tj; }€i

Lasa, y avoit établi son siège. Son chef, nommé TihutcA}, descendii' des anciens princes Derbetes, venoit d'être rétabli par Tempereur Paul dans la dignité de vice-khan , qu*aucun Caljnuque n avoit exercée depuis la fiiite des Tourgaouts, en 1771 ; on avoit même augmenté la puissance et le revenu de ce chef» et affranchi de toute dépendance la justice qu'il exerçoit, el qui jusque-là avoit louîours relevé de celle .des commandans d'Astrakhan. Quelques chefs avoîeni été mécontens de ce choix, parce que, descendus eux-mêmes d'Ayouka, fe premier prince calmuque qui se soit avancé dans ces régions, ils avoient des préienlions k la prééminence ; mais les qualités personnelles de Tchoutcbi, et rapprobaiion des tribus soumises à son autorité, empêchèrent ces murmures d avoir aucune suite fâcheuse.

M. Bergmann fut introduit sans difficulté auprès de ce chef national, et admis dans sa société intime et dans celle de sa famille, M n'éprouva pas plus d obstacle pour voir les gelongs ou prêtres, pour assister à leurs réunions et pour observer le détail de leurs cérémonies, La facilité avec laquelle if sVtoît mis en état de converser avec ces différens person* nages dans leur langue maternelle, fut Tune des meilleures recommandations qu'il eut auprès deux, et il s'en servit ensuite pour accroîire, par des explications orales ou des notes écrites, la masse des faits dont il devoit la connoissance à ses observations personnelles. Ces! par ce moyen qu'il a pu 5e former des idées justes des usages et des mœurs des nomades qu'il visitoit* La partie de son livre que publie M. Moris contient à cet égard tout ce qu'il y a de plus intéressant dans sa relation*

L'auteur rend compte en détail de la manière dont les Calmuques conduisent les affaire$^diciaires j de leurs jeux, parmi lesquels ifs mettent au premier raîTg les échecs, la lutte et la course; des prières publiqu^ et des autres cérémonies de la religion lamaïque: c'est sur ce sufet curieux qu'il a cru, avec beaucoup de raison, devoir réunir un plus grand nombre de particularités. Mais c'est sur-tout sur les traits du caractère national des Calmuques qu'il insiste avec complaisance; car il se montre en juge indulgent de leurs coutumes, et presque subjugué par les habitudes d'une vie aventureuse et vagabonde. On sait qu'il en est de la manière de vivre des pasteurs de l'Asie comme de celle des peuples chasseurs de rAmérique.et que Tune comme l'autre exercent une grande séduction sur les hommes civihsés. On rapporte un autre exemple de cette influencé surprenante- L'interprète Ixrig , après avoir demeuré plusieurs années parmi les Calmuques, s'éfoil tellement accoutumé à leurs habitations, qu'à son retour à Pétersbourg il ne

i66 JOURNAL DES SA VANS,

poumi plus supporter le séjour des maisons européennes : if avoit construit une tente mongole dans un salon, er fàisoii monter les chevaux dans son appartement, pour y retrouver quelque chose de ces impressions qui avoient si vivement frappé son imagination.

Lesgf/oitgî ou prêtres calmuques se prêtèrent avec ime extrême bienveillance au désir que manifesta M, Bergmann de voir de près et de pouvoir examiner eu détail les images de leurs divinités, et tous les instrumens dont eux-itjjêmes font usage dans leurs cérémonies. Us Tas^istèrent même dans ses efforts pour prendre une teinture de leur langue et des caractères qui servent pour Técrire. Ils lui montrèrent leurs livres religieux et lui en exp[iqaèrent quelques parties. En retour de tant de complaisance, M. Bergmann fut seulement obligé de boire copieusement avec eux , et de renoncer îi Tintention où il auroit été de faire parmi les Calmuques une collection entomologique : ce projet ne pouvoit se concilier avec leloigriement que les geiongi ont pour le meurtre, et qu'ils étendent aux plus vils animaux et même aux insectes les plus incommodes, comme M. Bergmann eut de fréquentes occasions de s*en apercevoir.

Le seul différent que M. Bergmnnn eut avec ces religîeujc tolérans et faciles, naquit h l'occasion d*une question de géographie sur laquelle le hasard fit toml er la conversation dans une visite que le voyageur rendit au Luna de la tribu, nommé Ombo, Ce prêtre, venu du Tibet, irouvoit du plaisir à parler des pays étrangers, et il fit à M. Bergmann un grand nombre de questions sur la partie orientale du Djamboudmpa, celle des quatre régions du monde terrestre où les Hindous placent les contincns que nous habitons. A mesure qu'on lui nommoit quelque contrée, le lama desiroît connoître le nom du pays qui étoil plus loin. Parvenu à Tocénn, il voulut savoir ce qui étoit au*delk; et comme on lui paria de l'Amérique, il ne fut pas encore satisfait et demanda des notions sur le royaume de CAûmpa/a , célèbre dans les traditions lamaïques, comme étant la demeure d*un personnage nommé, tii tibétain, Pak-tckham-pal [\], Surpris de ce que les Européens, qui prétendoient connoître tous les pnys do nord-ouesi, n avoient pas visité celui de ChampAIa , le lama objecta que la mer étoit grande, et que les vaisseaux ne poovoîent avoir navigué par-toui* Mais comme, en parlant de la circumnavigation du globe, M, Bergmann donna à entendre que la terre était ronde, on lui répondît par des éclats de rire; on réfuta ses expHcstions par des argumens qui sembloient sans réplique ;

'{i) Cf Alphab, tibtt. p. 186, 47 j, 7.51

JUIN 1825, ^~WÊÊr ^^^

et le fama Im-nilme se trouva tellement offensé d'une pareille asser* tion, que le voyageur fut contraint de reconnoître que, dans le monde, il se disoil bien des choses absurdes, et que dans ce nombre on pouvoit compter la supposition qui lui éioit échappée.

Dans un des lieux où s'étoit momentanément éiabiie la tribu près de laquelle M. lîergmann résidoît, il eut occasion de voir un marché composé de cinquante huttes nomades, où des Russes» des Arméniens, des Tarîares, mettoient en vente leurs marchandises» Sur In demande qu*il fit si les marchands netoient pas volés quelquefois, on lui répondit que, depuis bien des années, on ne se rappeloit pas qu'un seul vol eût été commis dans les boutiques , quoiqu'il n'y eût qu\me sentinelle pour garder le marché pendant la nuit. C'est une chose remarquable* chez un peuple issu de la race mongole, où le nom de vii/iur est compté au nombre des tieuf belles qualités dont un héros doit^ faire preuve ( 1 J j et en la rapprochant des autres traits qui montrent

I humaniié des Calmuques et leur éloignement pour le carnage , on* ne peut s*em pêcher d'admirer le changement opéré chez les nations autrefois soumises à Tchingkis-khan, pnr Fintroduction du bouddhisme, qui a contribué si efficacement îi réformer leurs mœurs en adoucissant leur caractère*

M, Bergmann émet dans sa relation l'opinion que les Calmuques sont les descendans des Huns, sujets d'Atiila» On sait que cette opinion est sujette à d'assez grandes difficultés, parmi lesquelles il y en a' de plus graves que les objections que s*adresse Fauteur et qu*îl s'aH;fche à réfuter. Lqs priiKipaux moiifs qu'il a pour supposer cette identiié tietment à la ressemblance de la figure des Huns, telle qu'elle est décrite par Ammîen Marceliin et Procope, avec la physionomie des Calmuques, et à Fanalogie de quelques noms huns rajiportéi par les auteurs, avec des termes du dialecte mongol œlei : mais ces deux sortes de preuves nous semblent également foibles et peu concluantes. Comme Jious avons proposé ailleurs nos doutes sur ce sujet (2), nous ne rentrerons pas dans une discussion qui pourroit nous entraîner beaucoup trop loin.

II suffira de rappeler combien il seroit mtéressani d'arriver sur ce siijet à un résultat positif: il y a Ik une question d'histoire naturefle autant que d'histoire politique» Il ne s*agii pas seulenient de poser quelque chose de cçrtain sur Forigîne de cette nation barbare, dont les émî-

( î ) Sammitmg, histcr, Nachrkht, tom* II , j^. 57J. — (2) Rech, sur Us langues tdrî^rts, tom. 1, p, 246'

graiions ont ravagé plusieurs parties de Fancien continent ; il s*agri encore de déterminer quelle éioit , dans les temps anciens» 1 extension de Tune des variétés de Tespèce humaine » de celle à laquelle appartiennent les Mongols, les Tongous et les Chinois» L'opinion de M. Berginann lendroii à fa rapprocher des contrées occidentales, dont toutes les autres traditions historiques nous fa montrent fort éloignée, jusqu'à Tirrup- Ùon de Tchingkis-hhan.

M. Bergmann a consacré des soins pariicufiers au récit de fa transmigration des Tourgaouts, en 1771. Nous avons eu occasion d'entretenir les fecieurs de ce journat des causes de cet événement singulier» lorsque nous avons rendu compte (r) de la relation d'une ambassade chinoise en Tartarie, traduite par sir Georges Staunton ; il suffira de rappeler que cette tribu calmuque, forte de cinquante mille familles et de trois ceni mille individus, disparut toui-à-coup des steppes où elle avoitjCent ans auparavant, fixé sa résidence, et, traversant des ^ays immenses, vînt dans des contrées voisines de celles où des traditions reporioieni son origine, se mettre sous la protection de fejnpereur de fa Chine. On avott, par les écrits des missionnaires, fe récit des panicufariiés qui marquèrent son entrée sur fes terres de la domination chinoise; niais I*auteur allemand fait connoîire, diaprés ftrs Mémoires de Rytkhoff et de Pallas, ainsi que d'après des notions recueillies de la bouche de Al. de WeselofT, témoin oculaire, les circonstances de leur déi)art, et le mouvement que ce départ causa dans les pays que fes Tourgao^its venoient dahandonner- AL Bergmann est d'avis que, malgré la perte léelk que le gouvernement russe éprouva dans celte occasion, ce fut pour lui un événement heureux que I éloigne* ment de cette Irtbu turbulente et populeuse, parce que, si elle eût continué d'habiter les steppes entre le Wolga et le Jaick , la révolte de Pougaicheff, qui éclata deux ans après dans une contrée Irmftrophe, eût pu ^'étendre des Cosaques aux Calmuques, et que le soulèvement de tous ces barbares, au moment où le cabinet de Saini-Pétersbourg étoit engagé dans une guerre contre les Turcs, auroit pu cotnpromettre la sûreté de ses armées, auroit ébranlé l'ouvrage de Pierre L^', et bien certainement altiré de grandes calamités sur la Russie méridionale.

Le morceau relaiif à la fuite des Tourgaouts occupe environ le dernier quart du volume publié par AL Aloris. La relation qui remplit les trois auires quarïs eàt dislribuée en trente-six lettres. Cette forme,

(1) Cahier de n\9\ rBxi. — (2) M, Bergmann porte le nombre des famillei Tcurgaouti à soixaf^te^dix nnlle/et compte quatre ceot mille émigrés,

qui donne une apparence romanesque aux récits les plus véridiques, n'^si peut-être pas celle que préféreroient les lecteurs sévères; mais on croit quelle est du goût des autres , qui sont toujours en plus grand nombre. M. Bergmann y avoît Joint plusieurs autres morceaux, notamment diverses traductions du mongol, lesquelles remplissoient deux des quatre volumes de foriginal allemand* M. Moris n*a point eu l'intention de supprijrer ces accessoires curieux, qui augmentent le prix de l'ouvrage aux yeux des savans; mais, comme on annonce que Fauteur se propose de publit?r h Saint-Pétersbourg une seconde édition de son travail, son interprète français n'a voulu donner en ce moment que la relation du voyage, qui ne sauroit subir de grandes modifications. If fera paroître le reste de sa traduction quand il aura pu prendre connoissance des réformes et des améliorations que I auteur a le projet d'y apporte^ Il n*y a donc pas ici lieu d'adresser au traducteur ni au libraire les reproches que ne méritent que trop souvent les éditeurs qui tronquent et dénaturent, par des suppressions mal entendues, les ouvrages allemands ou anglais qu'ils prétendent faire passer dans notre langue.

Le volume de M, Moris est agréable à lire; le sens de fauteur allemand paroît généralement bien rendu; et si l'on peut faire un reproche au traducteur, c'est peut être de s'y être tenu trop rigoureusement asservi. Dans un endroit pourtant, où il est question de la manière d'emp foyer les pronoms suivant le respect qu'on veut marquer aux gens à qui Fon parle, on rencontre une légère inexactitude, M. Bergmann avoit dit qu'en calnjuque le pronom tu du ] étoît à Fusage de ceux qui parlent à leurs inférieurs, etque/7 [sie] étoit plus respectueux; M. Moris a mis , comme s'il s'agissoit d'un usage allemand , selon les deux cas iu et vous. Mais l'emploi du pluriel de la deuxième personne au neu du singulier, dans une langue tariare, seroit une particulariié assez bizarre, au lieu que rien n'y est plus ordinaire que de retnplacer le pronom de la seconde personne par celui de la troisième : il falloit dune tûi et /ui, deux mots qui offrent en eflet la manière de rendre la nuance dont il s'agit. Ce nest pas h une faute, ou, si c'en est une. Fauteur, par la manière peu exacte dont il s*est exprimé, y a entraîné $on traducteur.

M. Moris a fait lithographier Falphabet et le syllabaire, ainsi qu'un texte calmuqoe que M. Bergmann avoit donné cojnme un échantillon de l'écriture de ces peuples, et la copie rend très*bien les planches de Foriginal. Il a mis à la tète du volume une jolie vignette , dont le sujet est pris daii^ les Mémoires de Pallas, L'ouvrage a été imprimé

Aaa

à Châiillonsur-Seme, et pourroît passer pour être sorti des presses de Tun des meilleurs imprimeurs de Paris.

J. P. ABEL-RÉMUSAT

Essai sur les Cïoûques ou E goûts de la ville de Paris, envisages

sous le rapport de niygiènepublifjue et de la topographie médicale

de cette mile; par k. G. B. Parent du Châielet, A M. P*

chevalier de la Légion dlionneur , agrégé en exercice près la

faculté de médecine de Paris, &c. &c.

^ Ut gubernatorï cursvs secunàus , midko sûltts, imperatori

Victoria, sic moJerafori nipubîkœ hâta c%hifn vita proposiia est, CiCERO , de Repubitca , p. 3}4 , edit. Leclerc,

A Parîs^ chez Cïévot, libraire , rue de l'Ecole-de-Médecine; Dondey-Dupré, père et fils, împr. lib, rue Saint-Louis; voL in-8/ de 240 pages» 1824.

UOUVRAGE que nous nous proposons de faire connohre appartient à rbygiène , panie de la science médicale qui a pour objet la conservation de fa santé; c'est elle qui indique les causes capables de latrérer et les moyens d'en prévenir les efleis. Parmi ces causes (es physiciens ont placé certaines émanations, celles particulièrement qui sont produites par des amas de matières en putréfaction* On sair qu il en existe dans les villes populeuses^ soit par Je défaut de police, soit par la négligence des magistrats» soit par finsouciance des habitans, soit qu'il n'y ait pas de fonds consacrés au nettoiement* Pour empêcher l'accfimulation des matières dont il s'agit, on a besoin souvent de travaux d'art, d'égouts convenablement faits, enfin de ce que fauteur appelle cloaques, et dont Paris offre des exemples et des modèles: c'est à les décrire que s^attache M. Parent du Châtelet. II dédie son livre à trois prévôts des marchands , Michel Turgot , François Miron , Jules Aubrior, qu'il regarde comme les plus grands bienfaiteurs de cette ville, à cause du soin qu'ils ont donné au perfecdonnement et à faugmentation des cloaques.

Dans une courte préface, il expose les services rendus dans ce genre par nos prédécesseurs et ceux de nos contemporains qui sont allés plus loin.

II fah une réflexion qui vient assez à fesprit de beaucoup de monde , c'est que, dans Paris, un grand nombre de personnes parcourent les rues et ne pensent point qu*eHes ne peuvent y faire un pas sans fouler aux pieds des travaux considéraJjJes qui conirîbuent à la conservation de leur santé , et que si ces travaux cessoient un instant d exister, ou même rfêtre régulièrement entretenus, la ville deviendroit inhabitable ; elfes ne savent pas non plus qu*une classe d'ouvriers se consacre à passer sa vie dans des souterrains infects, oîi ils sont coniinuellement exposés à des émanations délétères, qui trop fréquemment abrègent leurs jours.

On s est beaucoup occupé, dit j'aufeur, de recherches sur les fosses d*aisance. Sans doute on a découvert des moyens propres à prévenir des accîdens funestes; nous-mêmes nous avons eu quelque part aux expériences faifes à cette occasion: mais on a négligé ce qui se passe dans les égouts , relativement aux hommes qu'on emploie à leur entretien, M. Parent, voulant remplir celte lacune, n'a pas craint de traiter un sujet dédaigné, et non moins imponanl que beaucoup d*autres. Par-tout l'humanité et la science trouvent des objets dignes de fixer leur attention. Comme médecin» il a reconnu que les égouts et cloaques avoient non-seulement rendu habitables des lieux qui ne Tétoient pas auparavant, tnars qu'ils avoient en outre fait disparoîlre des épidémies qui, avant leur établissement, revenoient périodiquement. Pour eç mieux faire sentir futilité, il rappelle que les anciens mettoient les égouts sous la proiection de leurs divinités.

D'après ce qu'il nous apprend, pour arriver au degré de connoissances qu'il a acquises sur ce sujet, il a cherché à s'éclairer par tous les moyens possibles. Il a tout vu par lui même; il a parcouru les lieux qu*fl a décrits, et a interrogé tous ceux qui se sont occupés et s'occupent des égouts, jusqu'aux derniers ouvriers, aux travaux desquels il a assisté plusifurs fois; i( a surmonté la répugnance et la peur des dangers inséparables de semblables recherches. Parmi les hommes distingués qui lui ont dontié des renseigne mens, H cite MM. Girard et Héricart de Thury, ingénieurs, et M. Gaultier Claubry , chimiste aussi modeste que savant*

Le premier chapitre contient des considérations préliminaires sur fes cloaques de Rome ancienne; fauteur en donne un précis historique. Passant ensuite, dans les deux chapitres suivans, à ce qui concerne Paris, il décrit le soi qui environne cette capitale et celui sur lequel elle es»t assise, ainsi que les variations qu'il a éprouvées dans la suite des temps. II djit cette description et celle des égouts à M. ringénieur

Aaa a

I7z JOURNAL DES SAVANS,

Girnrdir dont il a cru devoir emprunter fa majeure partie de ces deux chapitres.

M* Parent examine, dans le suivant, la nature des subsiances entraînées par Teau dans les égouts, dont les produits n*onl point été analysés chimiquement: il fait sentir combien il seioit difficile, si ce travail étoil entrepris, d'obtenir des résultais certains; car la nature de ces substances varie à raison d'un grand nombre de circonstances, dont les unes tombent sous les sens et les autres ne peuvent être aussi facilement appréciées. Par exemple, il y a sans doute une grande différence entre les égouts qui reçoivent les eaux des maisons de particuliers, des abattoirs, de la Salpêtrière, des Invalides, &c.

L'odeur qui sexhnie des égouts ne nous paroît guère possible à caractériser î cependant M, Pafeni en distingue de six sortes, qu'il applique aux divers égouts, savoir, odeur f.ide, odeur ammoniacale, odeur d'hydrogène sulluré, odeur putride ou de pièces anatoiiiiques en macération, odeur repoussante et forte^ que nous oflre 1 eau de savon et.de vaisselle quî*a croupi en été sur la terre ou entre les pavés; enfin, odeur spéciale, variant suivajU les diverses substances.

Un professeur de la faculté de médecine de Paris ayant prétendu que la mite des égoutiers et des vidanges ne lenoit pas à rammoniaque, mais plutôt îï Thydrogèrfe sulfuré, M- Parent est d'un avis contraire; il a fait des observations pour appuyer son opinion.

M. Parent pensoit que la position des égouts étant sous terre et souvent ?i une irès- grande profondeur» elle devoil être assimilée b celle des caves et des souterrains, et toujours la même, ce qui n'a pas Heu ; on ne doit pas s'en étonner, puisqu'elle dépend de leur étendue, de la disposition de leurs ouvertures, de la direcîron du vent» de leur direction particulière, de Fiibondance et de la nature de la baue qu'ils condennent, de la facilité plus ou moins grande que Faùr renfermé éprouve ÎL se renouveler.

L'auteur donne une idée de la manière dont on cure les égouts. Les ouvrierst intéressés à diminuer leur peine et k éviter les dangers, ont besoin de précautions qu'ils ne prendroît nt peut-être pas tou|ours, s'ils n'y étaient forcés par les chefs d*atelier.

La Seine étant le réceptacle de tous les égouts de Paris, M. Parent auroii désiré pouvoir s'assurer à quel point son eau pouvoit être altérée par les égouts. Cette rivière traverse toute la ville dans un espace d'environ deux lieues; on y puise la boisson de huit cent mille individus. Mais la tâche était difficile: il eût M\\x Jabord connoître le rapport qui existe ciitre la masse des eaux que fournissent les égouts et de celles

JUIN 1825. 37j

jue donne la rivière, et dans quelle proportion lï faudroît qu'elles fussent mélangées pour être nuisibles. Celte niasse varie considérable* îîient, à raison des quartiers de la vil[e par oii elle passe, des usines qui s'y trouvent, de la saison de Tannée, de Theure du jour. Des chi* inistes ayant analysé Teau de la Seine audessus du pont A^Austerlit^ et après celui dliva , c'est-à-dire, au-dessus et au-dessous de Paris, ont déclaré quïf aexistoit aucune différence dans la composhion de l'eau prise à ces deux points opposes ; d'où, il s'ensuîvroit que Teau des 'ruisseaux esi entièretrient neutralisée par celle de la rivière, et qu'on peut en conséquence regarder leur influence comme nulle. Cependant, deux hommes de nicrîie , Tuuret et Tenon, le premier un des précédens directeurs de 1 tcole de médecine de la capitale, ne croyoient pas que ces analyses fussent suffisantes pour établir une conviction; ils vouloîent d'autres certitudes que des preuves négatives de ce genre, 11 sagïssoit, lorsqu'ils émirent cette opinion, d'adopter un projet proposé de précipiter les matières de vidanges dans la Seine, ou de construire au-dessus de la lille un hospice pour les maladies contagieuses.

Après avoir fait connoître finfiuence des égouts, tant de ceux qui sont infects que de ceux qui ne le sont pas, sur la santé des homtues qui y iravaiileot, AL Parent indique des améliorations h faire, but et complément de son ouvrage, I] considère dans cette partie Tintérêt des habiians de Paris et des ouvriers employés aux égoûts, dont la conservation, en sa qualité de médecin, ne lui est point indifférente. Les améliora lions qu'il propose consistent dans la direction qu'il pense qu'il faudroît donner aux nouveaux égouts, dans la dimension, la pente > le pavage, les embouchures, les aqueducs. C'est aux hommes de fart à apprécier les modifications et corrections qu il propose. Ses vues d'utilité ne' sont pas équivoques; elles se manifestent dans tout ce qu*il dit : on ne peut douter du zèle quil a mis dnns ses recherches, excité et encouragé par le célèbre Hallé, qui, toute sa vie, a favorisé les travaux propres h éclairer la science médicale et à servir Thumanité* Bien que le livre de M. Parent soit spécialement consacré à l'avantage de ia ville de Paris, il peut être utile par-tout où les mêmes circonstances ont lieu.

Il est terminé par des notes qui fortifient le texte et ne sont pas sans quelque intérêt.

On regrette que M. Parent n'ait pas joint ^ son livre une carte pour faire connoître la direction et l'étendue des égouts de Paris. Quelque bien faite que soit une description, elle ne fixe paS| comme

une carte, fesprit des lecteurs: if assure qu'il en a dressé «ne, que. des raisons d'économie Vont empêché de fiiire graver; elle manque à $on livre*

TESSIER

NOUVELLES LITTÉRAIRES

INSTITUT ROYAL DE FRANCE

L'Académie rayale des sciences a tenu sa séance publique annuelle !e lundi 20 juin; le président éioii M. It; comte Chapial* Des éloges historiques de M, Richard et de M. Thouin ont été lus par M» le haron Cuvier, secrétaire perpétuel* M. le baron Dupuytreu a lu un mémoire sur le traitement par la ligature de quelques espèces d'anevrismes, Qrdinairement traitées par Tamputation des membres; et M. Magendie, des observarionî sur un sourd-mu ei de naissance, guéri de son înfirmiié à l'âge de neuf ans.

Des prix ont été décernés ainsi qu'il suit*

L <c L'Académie a voit proposé, en 1H23 , de déurminer , par une série d'expéri f nets chimiques et physiolrgiques ^ quAs sont les phénomèitts qui se succhient dans les organes digestifs durant Vacte de la digestion, l\ résuhc de Texamen ée:% pièces du concours, qu'aucune d'elles n'a entièrement satisfait aux vues de l'Académie, Toutefois» deux mémoires portant les numéros de réception I et 2, ont été jugés dignes d'être mentionnés honorablement. Les auteurs ont fait grand nombre d'expériences, et ils ont obtenu des résuhats remarquables. D'après ce motif et en considération des reclierches dispendieuses auxquelles les auteurs se sont livrés, l'Académie attribue, à titre d'encouragement, une somme de J,joo fn pour le mémoire n,** i , et une pareille somme pour le mémoire qui porte le n.** z. Les auteurs du premier mémoire font MM. François Leuret, élève interne de la maison foyale de Charen-i ion, et Louis LassaiGNE, préparateur du cours de physique et de chimie à récole royale d'Alfort, L'auteur du secotïd mémoire n'a point fait connoitre son nom , et il est invité à déclarer son intention au secrétariat de Tlnstitut. *>

IL tt Prix de statistique fondé par M. le baron de Montyon. Ce prix, dont la fondation a été autori5ée par une ordonnance royale en date en 2.Z octobre 1817 ,. doit être décerné a l ouvrage imprimé ou manuscrit, publié dans le cours de l'année, qui, ayant pour objet une ou plusieurs questions relatives à la statistique de la France, contiendra, au jugement de l'Académie, les recherches les plus utiles, La commission nommée pour lexamen des mémoires envoyés au concours a pris connoissance des pièces manuscrites ou imprimées remises au secrétariat pendant ïannée iB^Jî et, sur fa proposition, rAcadémic a décerné le prix à l'ouvrage enregistré sous le n;" 6, et qui est intitulé Statistique du département de l'Hérault, par M, Hippolyte CRLUSt DE Lesser. En couronnant cet ouvrage, îl a été jugé convenable de menlionner honorablement une notice fort étendue sur le régne animal^ et divers

autres articles insères dans cette statistique du département de l'HérauIt^par M. Marcel de Serre» La comnussion désigne dans son rapport plusieurs ouvrâtes importans, digne» de fixer ratteniion publique, et dont quelques-uns ont dtîjà été cités comme des modèles de ce genre d'étude, mais qui n'ont pat dû erre compris dans le concours, soit d'après Jes intentions mêmes des au* teurs, soit parce que leur objet embrasse des questions d'économie civile placées au-delà des limites de la statistique.»

IIL «Prix de mécanique fondé par M, le baron de Moniyon. Ce prix, consistant en une médaille d*or du prix de i^coofr.» doit être décerné à celui qui, au jugement de TAcadémie royale des sciences, s'en sera rendu le plus digne» en inveniani ou en perfectionnant des instrumers utiles aux progrés de Tagriculture, des arts mécaniques et des sciences. La commission nommée potïr l'examen des pièces du concours, a examine et comparé tous les mémoires qui lui ont été transmis, et, sur sa proposition^ rÀcadémie décerne le prix au mémoire de M, PoNCELET, capitaine au corps royal du génie. Ce mémoire contient la description d'une nouvelle espèce de roues verticales à aubes courbes, principalement applicables aux petites chutes dVau. L'auteur a donné la théorie de ces roues, et fait des expériences qui ont confirmé le résultat de la théorie et constaté les avantages que Ton pouvoit attendre de celte invention* »

IV. ce Prix de PHYStOLOCiE expérimentale, fondé par m. le baron de Montyoo* Ce prix, dont le roi a autorisé la fondation par une ordonnance en date du 22 juillet 1818, doit être décerné chaque année à l'ouvrage imprimé ou manuscrit qui» au jugement de î*Académie, aura le plus contribué aux progrès de la physiologie expérimentale* L'Académie Ta décerné à un mémoire sur l'analyse des fonctions mmairrs* L'auteur, M, ChosSAT, médecin de Getiève, a fait à ce sujet de nombreuses et utiles expériences. Le travail fort recommandable de M. Flourens a fixé aussi l'attention de fAcadémie. Il a pour titre. Expériences sur l'tncéphak des poissons ^ sur la çlcatri^ satwn des plaies du cerveau, et la régénération de ses parties tégumentaires ^ sur Us conditions fondamentales de taudition ^ et sur les diverses causes de ta surdité» Ces recherches auroieni partagé le prix avec M. ChossAT, si Ton n'eût considéré que les questions traitées par M. FLOtfRENS, quoique nouvelles en ce qui concerne les faits particuliers , sont toutefois une coniinuaiion d'anciens travaux couronnés dans les derniers concourt» i>

V. f( Prix fondés par le testament de M, le baron de Montyon. L'Académie décorne, pour la première fois, les prix légués par M, de Montyon, Dtux ordcj nuances du Roi ont aotorisé cette fondation mémorable, et en ont réglé toutes les conditions. Conformément aux nobles desseins du testateur, des récompenses sont otïVrtes à ceux qui auront le plus contribué à la perfection de la médecine et de la chirurgie, ou dont les ouvrages et les découvertes aurotit fourni de nouveaux moyens de prévenir ou de dîminoef rinsalubrité de certaines professions L'Académie , après avoir entendu les rapports de ses commissions , en a réglé, comme il suit, la distribution , par sa délibération du 6 juin dernier* Elle décerne une médaille d*or de la valeur de 3,000 francs à M, le professeur Roux, pour avoir inventé et exécuté un procédé opératoire, à laide duquel il réunit les parties séparées do voile du palais et de la luette, infirmité grave, qui gêne la déglutition des liquide*^

tt quT , siîr-toiit , cause ime altéraiion notable de !a voix et de la prononctaiioo* Ji t%t accorde une récompense de 2^000 francs à Al. le doctctjr LassiS , qui *Vst occupé, avec un zélé ardent et désintéressé, de recherches sur les causes des makidies cpidémiques, et qui s est rendu en Espagne, à ses frais, duraiïl Tépidcmie de Barcelone. Le rapport de la commission a cité honorablement les noms de MM. Amussat, LtROY d'Éiiolles , et CiviALE, dont les recherches et tes travaux ont eu pour objet une opération qui consiste à briser et détruire dans (a vessie les calculs qui s'y forment ou s'y développent. L« résultcits dus à MM, ClVlALE, AmUSSAT et Leroy d'Étiolles, sont mtnlionnes dans le rapport, lï n*est rien affirmé sur raniériorité de Tinvention ; et ces mêmes travaux, confirmes par une plus longue expérience, pourront uevejiîr robjct de prix décernés dans les concours suivans. »

« Les prix otrerts à ceux qui auront contribué à rendre rexercice d'une profession moins inâalubre, sont décernés comme il suit; Il est accordé k M» Labarraql^e, pharmacien a Paris, un prix de 3,000 francs, pour avoir démontré, par un grand nombre d'expériences, qu'on ueut employer avec succès, économie et facilité, les solutions de chlorures cie chaux et de soude, dissous dans Teau , pour détruire tout-à-coup les odeurs infectes des matières animales qu'emploie Tart du boyaudier, et celles dti cadavres en putréfaction, ainsi que pour assamir les lieux où fair est corrompu. Une récompense de 2,000 francs est attribuée à M. Masuyer, de Strasbourg, qni a proposé depuis long-temps de substituer, et a substitué en effet, le chlorure de chaux au chlore, pour purifier l'air des sallej des hôpitaux. Une récompense d*un€ pareille somme de 2,000 francs est attribuée à M. PARENT DU ChATELET, auteur d*un mémoire sur les cloaques ou égouts de la ville de Parts, considérés sous les rapports de Thygiènfî publique et de la topographie médicale. »

VI. «Prix d'astronomie. La médaille fondée par feu M. Delalande,

tiour être donnée annuellement à la personne qui, en France on ailleurs, es membres de Tlnsiitui exceptés , aura fait lobservaiion la plus intéressante, ou le mémoire le plus utile aux progrés de rastronomie , a été décernée cette année à MM. John Herschel et James SoUTH , membres de la société royale de Londres, pour leurs observaiions sur les distances apparentes et les positions de trois cent quatre-vingts étoiles doubles ou triples, faites en 1821 , 1822 et 1823 , et comparées avec les observations des autres astronomes, »

(Nous avons publié dans notre dernier cahier, pages 310-312, le programme des prix que [académie des sciences décernera en 1826 et 1827 ).

On a distribué dans la séance du 20 juin l'analyse des travaux de laçademie pendant Tannée 1824 : Partie maihématlque ^ par M. Fourieti secrétaire perpétuel, 84 pages //î-^// Pank physique , par M, Cuvier, 84 pages i/i-^** ( de rimprimerie de M. Mrmin Didot).

Partie mathématique. Après un exposé générai de l'état et des progrés de toutes les sciences mathématiques dans les divcrtes parties du globe durant Tannée 1824 , M. Fourîer fait connoîire plus particulièrement les travaux des membres de Tacadémie; savoir, les livres xiv et XV de la Mécanique céleste de M* de la Place, les recherches tîe M, Poisson sur la théorie du magnéitsmCf de M. Cauchy ci de M. Founer lui-même sur des questtoot

d analyse maihématique ; le précis de la théorie des phénomènes électrodynamiques, par M/ Ampère; le phare à feu fixe, inventé par M. Frc-snef; le mémoire ou M. Dupin prouve que l'emploi des machinei ne peut avoir qu'une influence favorable sur la condition des personnes adonnées aux pro* fessions mécaniques; et les considérations de M. Girard sur les avantages respectifs des divers moyens de transport. Ces moyens ont été fort améliorés en France depuis un demi-sîècle. Telle distance, qui n'éioit autrefois parcourue qu'en trois jours par des voitures publiques privilégiées, est maînienanc parcourue en douze ou treize heures par des voitures publiques sans privilèges, ce qui procure, en voyage, une véritable économie de 80 pour ico. Ausst trouvet-on que le nombre des voyageurs qui chaque jour partent de Paris, et de ceux qui y arrivent, est maintenant d'environ trois mille, tandis qu'en 1666 ce nombre total n'étoit que de deux cent soixante-dix. Les moyens de transport par eau n'ont pas été également perfectionnes : cela tient sur*tour, selon M. Girard , à l'énorme capacité des bateaux qu'on emploie. Les bateaux en usage sur la Seine , entre Paris et Rouen, par exemple, sont du port de trois 4 quatre cents tonneaux, tandis que la contenance moyenne de vingtquatre mille batimens anglais de commerce, qui vont d'une extrémité du inonde à l'auire, est de cent tonneaux seulement. C'est ainsi qu'il arrive que des denrées coloniales sont quelquefois plus long-temps sur la Seine entre ces deux villes qu'elles n'ont été sur l'Océan entre rAmérique et l'Europe* JM* Girard a lu ausji à l'Académie un mémoire sur le canal de Soissons.

Partie physique, c'est-à-dire météorologie, chimie, minéralogie et géologie, physique végétale et botanique, zoologie, anatomie comparée, physiologie, médecine et chirurgie, agriculture et technologie. La liste des articles compris sous ces différens titres occiiperott ici trop d'espace : nous nous bornerons à un petit nombre d'extraits,

« La seconde partie é\.i cinquième tome qui termine Touvrage de M. Cuvier iur les ossemens fossiles a paru cette année; et I auteur, avant de la livrer au public, en a soumis plusieurs chapitres à l'académie; il lut a présenté sur^ tout des échantillons nombreux et considérables de deux genres extraordinaires de reptiles , découverts dans les falaises de rAngleierre et décrits par Ici géologïstes anglais, mais dont on a trouvé aussi quelques échantillons en France et en Allemagne, L'un est celur de richthyosaurus, qui réunit à ua corps de lézard une grande tête assez semblable à ceïle d'un crocodile da Gange, et quatre pattes courtes et comprimées, qui rappellent les nageoires des cétacés: on a déjà recueilli les os de cinq ou six espèces dont les tailles varient de trois pieds jusqu'à vingt-cinq. L'autre a été nommé plesio" saurus ; îl a aussi la forme d'un lézard et des pattes en forme de nageoires; mais sa tcte est petite, et, ce dont on ne connoît pas d'autre exemple, portée sur un cou mince, presque aussi long que le corps, et composé de trente et quelques vertèbres, nombre supérieur même à celui des vertèbres du cou da cygne- Ces animaux, qu'on ne j>eut comparer^ même de loin à rîen de ce que nous connoissons aujourd'hui à J'ctat dévie, soèit incrustés dans des bancs d'un ordre de terrains fort anciens, qui fait partie de ceux que Ton a nommés calcaires du Jura, L'ouvrage de M. Cuvier contient l'htsioire de plusieurs autres reptiles de ces mêmes terrains, tous remarquables par leur taille ou parquelques caractères singuliers: quelques-uns, par exemple, voloienr

probablement comme le dragon ^ mais au moyen d*un de leurs doigts très» prolorigé qui devoit soutenir une membrane. Leurs os n'y sont point accompagnés d'ossemens de quadrupèdes vivipares; en sorte qu*à IVpnque de Ift formation de ces terrains, Ja classe des reptiles devait être infiniment plui nombreuse et plus puissante qu'aujourd'hui, tandis que ceïle des quadrupèdes, $\ elle existoit, étoit réduite à quelques petites espèces fort peu nuiltiplièei. Dans les longues rechtrches sur lesquelles M. Ctivier a fondé son ouvrage, il ne lui est jamais arrive de trouver des ossemens fossiles de singes ni d'aucun quadrumane ; mais tout nouvellement, M. le comte de Bournon lui a fait connoître une vraie chauve-souris dans la pierre à plâtre de Montmartre. . • . «

« M. Dupetit-Thonars a continué d'entretenir rAcadémtede ses rechcrchcj fur la physiologie végétale, et a traité spécialement de la composiiion de* nervures principales des cotylédons , ainsi que de celle des racines de quelque* plantes^ sur-tout des cucurbitacées , composition qui lui paroît en relation directe avec sa théorie générale du déveioppfment des végéiaux, D'aprè> cette théorie, telle que l'auteur Texprime aujourd'hui, toutes les fibres qui se manifestent dans une feuille, sont continues jusqu'à rextrcmité d'une racine, en sorte que partant d\in point reproductif, soit d'un bourgeon , soit d'une graine, elles ont été simultanément montantes et descendantes; que dam Jeur partie montante, elles sont soumises à une loi d'association ou de fasckulation; que c'est dans les di fièrent es modifications numériques àet faîsc^^aux qu*il faut chercher la source de toutes les différences qui caractérisent les groupes, comme classes, genres et espèces.»

« M. Magendie a fait plusieurs expériences sur les fonctions propres aui diverses parties du cerveau ^ et a communiqué à TAcadémie l'une des plui iinguliéres, qui correspond toutefois avec une de celles que M* Fburens a faîtes sur le cervelet et lui sert en quelque sorte de complément. Quand on a coupé à lin animal la grande commissure du cervelet, ou ce qa*on nomme communé#iient^ofîf rfif VaroU^ au-dessus do passage de la cinquième paire de nerfs , ranimai perd immédiatement le pouvoir de se tenir sur ses quatre pattes; îl tombe v\x le coté où la lame nerveuse est coupée, et roule sur lui-même

Îendant des jours entiers, ne s arrêtant que lorsqu'il rencontre un obstacle» /harmonie du mouvement de ses yeux se perd également : celui du côte lésé se dirige irrésistiblement vers le bas » et celui dn côté opposé vers le haut» Un cochon d'Inde ainsi traité tourne jusqu'à soixante fois par minute : celte même rotation a lieu quand on coupe un des deux pédoncviles du cervclctî mais si on les coupe tous les deux, l'animal ne fait plus aucun mouvement; c'est de réqiii libre de ces deux oreanes que dépend la possibilité du repos tX même des mouvemeni réguliers de ranimai. Des phénomènes analogues fe font préseivté* quand on a coupé le cervelet lui-même de bas en haut. i>i Ton en laisse les trois quarts à gauche et le dernier quart à droite, l'animal roule i droite et ses yeux se tournent comme il a été dit. Une section semblable fui ne laisse ou'un quart a gauche rétablît lequiiibre; mais si, laissant uti f uart du cervelet intact à droite, on le coupe du côté gauche à son pédoncule , il tourne à gauche; en un mot, il loiirnc du côté où on en laisse le moins. Une st-ction verticale du cervelet mil l'animal dans un état étrange i 101 jcujc ieiubloient sortir de forbiie ; il pencboit tantôt d*un côté | tantôt di

loutre ; SCS pattes étoient roides comme s'il avoit voulu reculer. M. Magepdie cite une observation de M. Serre qui ,prouve que les mêmes effets auraient lieu sur Thomme. Un individu, à la suite d'pn excès de boisson » fut saisi d*uo tournoiement sur lui-même qui dura pendant toute sa maladie et jusqu'à $k mort. On ne trouva, à l'ouverture de son corps ,>d'autr£ altération qu'une lésion assez étendue de l'un des pédoncules du cerveau.»

«M. Portai a consigné dans un ouvrage ex professe sur l'hydropisie, en deux volumes ui^S.% les résultats de sa longue pratique et de ses observatioBf chimiques et anatomiques. II y rejette bien loin les méthodes curatives qui prétendent traiter par des moyens semblables une affection qui peut être duci des causes non-seulement très-diverses , mais souvent entièrement opposées. L'analyse de ces diverses causes, les signes auxquels on peut les reconnoftre , les remèdes qu'elles réclament, sont exposés dans son livre avec autant d'brdre ?y^ ^^ clarté , et la doctrine y est sans cesse appuyée sur les faits. Après une nistoire étendue de l'hydropîsie générale, l'auteur passe aux hydropisies particulières, qu'il considère successivement d'après les organes Qu'elles affectent ou les cavités qu'elles remplissent, depuis l'hydrocéphale, Ihydroihoraa Ct Tascite, jusqu'à celles de chaque viscère et à celles des articulations.»

LIVRES NOUVEAUX

FRANCE

Dîctiôfifiaire anglais -français et français -anglais , par N. Salmon, vingt- •eptième édition, augmentée de plus de cinq cents mots, revue et corrigée par M. Stone, professeur de langue anglaise. Paris, impr. de Crapelet, Iump. deTardieu Denesie, 1825, 2 vol. i/j-^.' (ensemble, 1264 pages). Pr. iSiîr.

Aï. F. Quintiiianus et Calpurnius Flaccus , de quorum operibus judicia testîmoniaque omnia, item annales Quintilianeos, editionesque recensuît> ef> très indices absoiurisnmos emendavit, auxit N. E. Lemaîre: volumen septi-^ mum et ultimum. Parisiis, J. Didot, 1825, in-S*, 672 pages. — Ce volome est le trente-septième de la Bibtiotheca classica latina, 11 paroît comme trentequatrième livraison avec le 1.*' tome de Martial : M, V^ Aîartialis Epigrâmihata , ad codices parisino» accuraté recensita , variis lectionibus , notis veteribii# et novis, graecâ interdum versione, notitiâ liiterariâ et indice locupletissimo f Ulustraverunt quinque Parisiensis academiae professores, in^S/, 672 pag.

Etudes sur Virgile, comparé avec tous les poètes épiques et dramatiques anciens et modernes , par P. F. Tissot, précédées de considérations préli-* minaires. Paris, impr. de Pinard, libr. de Méqnignon-Marvis, 1S25, tomes 1 et II, 79 feuilles 3/4, y compris 220 pages d'introduction. L'oovraft' aQra\2 autres volumes.

Satires de D. J. Juvénal, traduites en vers français, avec le texte en regard» et accompagnées de notes explicatives, par V. Fabre, de Narbonae. Parif> fanpr. de A. Belin, libr. de Berquet, 182^ , a voL /n-A'

Vision d'Èiichiel , ou l'Apparition du Verbe de Dieu, ode, par M. Ici Ticomte Prévost d'Ivray, membre de l'instîtat. Parts, impr. de H» Foonnar» Ubr. d'Arthus^ Bertrand, 1825, i/i-f/, 14 pages.

Œuvres de J. F, JRegnard. Paris, impr. de Rrmin Didot, libr. 4e L. Drimne^ 1825, 4 vol. in^j2, qui sont les tomes LX'^LXIII de la coUeoion inûv/ii$ Clauiques français p ou Bibliothèque portûùvt dtVwMBiWU

38o JOURNAL DES SAVANS,

Œuvres compUtss de Afanvaux, de racadémie française, nouvelle édition^ avec une notice historique sur ïa vie et ïe caractère du talent de l'auteur, des jugetueni liti<fraires et des notes, par M* Duvîquet (eiM, Pauï Duport), Parif, impr. de Casimir, 1825, f/ï-^S"/; tomes II et Vîll, L'édition aura 12 volumes a environ jjo pages chacun. Pr. de chaque volume > 6 fr.

Théâtre de Clara Gazulj comédienne espagnole. Paris, chez Sautelet , jSaj, in-S," Les six comédies contenues dans ce volume sont offertes au public, comme des essais du nouveau genre appelé romantique.

Tableau des mœurs françaises au temps de la chevalerie s tiré du Roman de sîrc Raoul et de la belle Ërmeline, mis en français moderne, et accompagne de noies sur les guerres générales et privées; sur les rapports des grands vassaux avec ïe roi et avec leurs vassaux inférieurs; sur le ban et l'arricreban; sur forîflamme, les bannières, les cris d armes, les rois et les hérauts <î*armes, &c.;sur les combats à outrance, judiciaires et autres; surlesiourîiois, les joutes, les pas d'armes, <Scc.; sur les fraternités d'armes et les adopfions, sur les chevaliers, les écuycrs, les damoiseaux, les pages, &c.; sur les trouvères et les troubadours, les ménestrels et les jongleurs; sur la langue d'oyl et la langue d'oc; sur les chasses et les repas, &c. &c,; toutes extraites des auteurs les plus accrédités; par L. C, P. D. V, Paris, 1S25, impr. et libr. d'A. Egron , rue des l^oyers, n,"* 37, 4 voL In-S,'* Prix, 20 fr. Nous reviendrons sur cet ouvrage, ^ .

Voyage historique et littéraire en Anghterre et en Ecosse ^ par M. Amedée Pkbot, Dt M* Paris, impr. de Crapelet , librairie de Ladvocat et de Cossclin, 5 voL in-Sj" , ensemble de 95 feuilles 1/4 avec zz planches* Prix, a; fr.

Lettres sur l'Angleterre , par M* A* de Stael-Holstein ( éditeur des Œuvres complètes de M*"^' la baronne de Staèl sa mère, et des Œuvres complètes de AI. NechrsQn grand-père], i voK m-S/ , vij et 428 pages, sur beau papier, avec une planche représentant la chambre des communes à Londres. Prix, 7 fr* jo cent. A Paris, chez Treuttel et Wurtz; et même maison de corn* merce à Strasbourg , rue des Serrtiriers , et à Londres 30 Sûho-SquaVe, Ces lettres sont au nombre de dix-neuf; la première traite des Précautions à prendre dans l'étude et V observation dt l* Angleterre,

Vo/age bibliographique f archéologique et pittoresque en France^ par le rév. Th. Frognall Dibdin ; tome 1.*', traduit de l'anglais avec des note? , par Théodore Licquct, conservateur de la bibliothèque publique de Rouen* Paris, împr. et librairie de Crapelet, m- JS"/" de 23 feuilles. L'ouvrage aura 4 vol.; les deux derniers seront traduits psr AL Crapelet.

Collection complète des minwires relatifs à l'histoire de France , depuis k règne de Philippe Auguste jusqu'au commencement du xvii.* siècle, avec des notices sur chaque auteur et des observations sur chaque ouvrage, par M, Peiitot; tomes XLV et XLVL Paris, impr. de Rjgnoux, librairie de Foucault, 1825, îrt-^/ Ces deux volumes forment la 23.* livraison de la ♦^emièrc série. — La seconde série contient les mémoires relatifs à la même histoire depuis ravénement de Henri IV jusqu'en 1763; et la 22*^ livraison ( tomes XLUI et XLIV ) vient aussi d'être publiée.

Mémoires du marquis d* A rgenson , ministre sous Louis XV, publiés par M, René d'Argenson fili, Paris, chez les fiércs Baudouin, 1825, in^S*

Prîxj 7 fr. Des parties de ces mémoires avoient paru sous les titres d^Essais^ dans !e goûr de ceux de Montaigne ( 1785), et de Loisîrs d'un ministre ( 1787). L'édition qui vient de paroître contient de nouveaux chapitres. On y apprend, entre autres faits » que le marruis d'Argenson est le principal auteur de THistoire du droit public eccicsiasiique français, imprimée en 1737. On a de cet ancien ministre des Considérations sur le gouvernement de la France, 1764 , m-^/

M. Crapelet vient de mettre sous presse une nouvelle édition, revue et corrigée, de l'Histotre des républiques hûl'unnes du moyen âge , par M* Si monde de Sismondi, 16 vol, hi-S,'' Les deux premiers tomes paroîironi au mois d'août prochain ; on souscrit jusqu'au ï.*' novembre, chez MAL Treuittel et Wùrtz, à raison de 6 fr, par voh Le prix sera de 7 fr, pour les personnes noa inscrites avant ce terme* Nous avons rendu compte, en 1818, des derniers volumes de ce granj ouvrage, qui tient, dans !e genre historique, Tuo des rangs les plus distingués.

Histoire d^AngUterre , depuis Jules-César jusqu'en 1760, par Olivier Goldsmiih, continuée jusqu'à nos jours par Charles Coote; traduite de l'anglaii en français par AL""* Alexandrine Aragon, avec une nonce sur la vie et les ouvrages de Goldsmiih, par M* Albert Aîontemonî, auteur des Lettres sur lasironomie. Paris, Peytieux^ 1825 , 6 voi, in-S,^ ^ papier satiné. Pfix , 36 ù*

Histoire du gouvernement Jeodal , par M. Barginet, de Grenoble* Paris, Kaymond , 1 B25 , in-ii, 336 pages. Ce volume fait partie* de la' collection tnviuléc Biliforhh/ue du XIX.' siècle.

Précis de l'histoire dis tribunaux secrets , par M. A. Loéve Vciman Paris , Carez, 1825, in-S,^ , 306 pages. — AL Loéve Vcimar vient de publier aussi une Chronique urùvcrsdL, Paris, Raymond, 1825, i/ï-/2, 44^ pages. "

Mémoire, par Alex. Duwicquet, sur cette question , Quelles sont les principales causes de la mendiate dans le département du Pas-de-Calais , et qutls seraient les moyens les plus efficaces dy remédier! proposée par la société royale d*Arras pour FencourAgement des sciences, des lettre* et des ans, Paris, impr. de Siahl, librairie de Castel de Courval , rue de Richetieu, n,^ 87, in-8.' de 6i pages. Prix, i fr. ^

La Chimie enseignée en vingt-six leçons, contenant le développement des théories de cette science, mises à la portée des gens du monde, et à chaqtic leçon l'exposé des expériences chimiques et des applications aux arts; ouvrage traduit de l'anglais, par AL Payen* Paris, Audin, 1825, in-8/ , joo pages. Prix, 7 fr,

Discours sur les ré\*olut\ons de la suiface du globe et sur les chan^emens qu'elles ont produits dans le règne animal, par AL le baron G. Cuvit*r; troisième édition française, Paris, impr. de Fain , librairie de G* Dufiur et de Ed. d'Ocagne, in-S*^ de 406 P^lî^s «ivec 6 planches et 2 tableaux. Prix ^ 7 fr. ^o cent. Ce discours sera compris dans une nouvelle édition des Pecherches de M. Cuvier j//r les ossemens fossiles , j vol. in-^," avec planches* L'édition paroîtra en 7 livraisotis, dont le prix total sera de 70 fr. Le prospectus, imprimé chez M. Fain, se distribue che^ AlAL Dufour et d'Ocagnc.

De l'ergriculture en Europe et en Amérique , considérée et comparée dans les intérêts de la France et de la monarchie s s^^vi d*obscrvations sur les

j8a JOURNAL DES SAVANS,

projets de Sully et de Cotbcri, par P. N, H, Dehy. Paris , impr. et librair» de A1.*^« Hnzard , 2 vol. in-Bf avec portraits. Prix, ta fr.

JV fnce ttograpluqtte sur M* André Tliotnn ^ professeur de culture au Jardin du Hiii , membre ne Tlnsiitut, par A, F, SilvestrCi secrétaire perpétuel de la focit^tc centrale d^agriculture, Paris , impr, et librairie de M.""* Huzard , î/t-A" de 26 pages*

L'Art fit prêpiirer hs terres et d'appliquer les ertgrah , ou Chimie applifîoec i Tagriculture, par sir Htimpliry Davy,, traduit de Tanglais par A. Bulos. Paris, impr. de Fain, librairie de BauHouin frères, in-ii de 17 feuilles.

Dt la garantie et des vices rêdhibitôlres diiris te commerce des animauJt domesttijues, par J. B. Huzard fils. Paris, impr. et librairie de M.""^ Huxard, in-tz de j4 feuilles. Prix, 3 fr. 50 cent.

Enquête faite par ordre du parlement d'Angleterre j pour constater les progrh Je l'industrie en France et daus les autres pays du continent ^ présentée à ta chambre du commerce de Paris, Paris, impr. de Fain, librairie de Barudouin frères, in-S.* de 22 feuilles 3/4.

Essai sur la mérfïode directe du calcul inréi;ral , par M- Simonoff, profesfcnf a runîversîté impériale de Kazan. Paris, Arihus Bertrand , în'S.% 4^ P^g^^ Prix, 2 fr. jo cent* Ce mémoire a éié accueilii par racadémie des scienccf ITec des témoignages dVsiin>e,

Traité des fusées de ffuerre nommées autrefois rochettcs et maintenant fusées à la Congrhe , ^ar M. de Montgéry» Paris, impr. de Fain* librairie d* Bachelier, w*Sj^ de 18 feuilles 3/4, avec 6 planches.

De la membrane muqueuse gastro-hueitinale dans l'haf sain et dans l'état htfiammatoire , ou Recherches d'anatomie pathologique sur les divers aspect* •ains et morbides ([tie peuvent présenter Festom-ic et les intestins, par C* Billard ; ouvrage couronné par TAthénée de médecine de Paris. Paris, Gabon, 1825, în-S/ , ^6% pages. Prix, 7 fr. La question mise ati concours étoit ainsi conçue: « Déterminer, d'après des observations précises» les diveri itspcctsque présente dans l*état sain la membrane muqueuse gastro^intestînale ; 2.* indiquer les caractères an^tomtqties propres à l'inOammation de cette membrane; 3.*" disiingucr cette inflammation des antres étais sains ou morbides, et notamment des congestions avec lesquelles elfe pourroit êtr^ confondue.»

Nouvelle doctrine des maladies mentales , par A. L. J. Bayle, D< M., et ioiîs-bibfioihécaire de la faculté de Paris. Parts, iSaj, chez Gabon; brochurt lii'^,* de 52 pages. Prix, 1 fr. jO cent,

Eecueil général des lors et arrêtés concernant tes émigrés, déportés ^ condamnés , leurs héritiers, créanciers et ayans - cause ^ depuis 1791 iusqu'en 1825; pat MM* Taillandier et Mongalvy, avocais aux conseils du Roi et à la cour d€ cassation; tome second (Jurisprudence judiciaire et administrative, loi d'ii^demnité, discours, pièces et însrruciîon5 qnl la concernent). Paris, imprimerie de Tilliard, librairie de Pichard^quaî deContr, iSij, i/î-^,% viij et jo4 pagei. Ce recueil est disposé avec beaucoup de méthode.

— Société Asiatique ; disceurs et rapports lus dans la séance générale anrtuellê du 28 avril iSz^, Paris» Dondey-Dupré , père et fils, 1825, m-S/ de 75 pages, coptenani le procès-verbal de ceuc séance; le discours prononce par M. Silvcïtre de Sacy, président; le rapport de M. Abcl-Rémuslt, lecrétaîre perpétuel , sur les travaux du conseil de la lociété asiatique et i»r

remploi des fonds pendant Tannée 1B24Î 1^ lîste des membres souscrîpteurf, celle des associés éirangers et le règlement de la société. Le rapport de M, Abei-Rémusat est terminé par ce résumé : et Deux ouvrages qui manquaient a la littérature orientale ont été aclievés et mis en état de voir le jour (i)» Pliisîeufi autrtSj auxquels des membres de votre assoriation ont prêté le •ecours d'uue active coopération j ont pareillement été ou terminés, ou considérablement avancés. Un nouveaj corps de caraciéres asiarii{ûes , qui ne se tronvoit jtisqu*ici dans aucune imprimerie fran^aisej a été ajouté à votre colïfction typographique > par la munificence d'un souverain ( U roi de Prusse ) qui a su apprécier les vues louables et les heureux efforts de votre institution. Le Journal ( nsiuthim ) qui paroît sous vos auspices sVst enrichi d'une foule de morceaux curieux et importans; et en se répandant de plus en plus, il a. contribué à exciter dans toute l'Europe ie goùi des études orientales. Votre correspondance, étendue jusqu'aux exirémifés de l'Asie, est allée en tous lieux provoquer des recherches, éveiller Tardenr des savans, et soUicifer le concours de tous les hommes écbiîrés. Les liens d'une estime mutuelle ont été contractés avec plusieurs associations consacrées a des travaux littéraires, ou dévouées aux intérêts de la religion et de l'humanité. L'académie asiatique que vous avez fondée, a continué d'être un centre de réunion pour toutes les personnes adonnées aux mérJ^s travaux» et elle s'est occupée, dan? ses leances de chaqtiemois, de lectures et de discussions également intéressantes* On y a vu affluer avec quelque surprise des traductions des langues Ws plus savantes de TAsie , telles que Tarabe , le chinois et le samskrit ; et le champ ou Ton a moissonné jusqu'ici promet de s'agrandir encore, puisqu'à ces idiomes enseignés dans nos écoles publiques, plusieurs de nos confrères vont Joindre l'étude du géorgien , du japonais et de Thindousiani. Prés de trois cenfs volumes imprimés , et plus de cinquante ouvrages manuscrits ( nombre prodigieux pour un si court espace de temps ) sont ventts enrichir encore la collection que vous avez formée pour Va faire servir à l'avancement de vos études favorites, en fouvrani à tous cenx qui s'y livrent. Enfin il n'est pas Jusqu'à la librairie fondée par vôtre imprimeur» qui n'ait ressenti une heureuse influence de ces mouvemens et de ces communications, qui ont lieu toutes les fois qtt'une branche spéciale de littérature devient l'objet de l'aiten* îion générale et l'occasion de plusieurs travaux particuliers. » . . w

ITALIE

Stùria délit VerceUeme letterûù/ra ifc, $ Histoire de lu îtttérature et des ans de Verceît et de son Territoire, par M. de Grégory, Turin, 18 19- 1824, 4 vol. grand in-S.^ { 174*^ P^ges avec 40 portraits et 24 gravures). Prix , 80 fr. A l'article de Jean Gersen , abbé de Vcrceil au xi 11/ siècle, M. de Grégory s'eflorce de prouver que ce religieux est le vcrîtabie auteur du livre de l'Imitation de Jésus-Chri*t.

Inirodu:^ione alla sioria délia medicma iJnuca i moderna ; Inlroduetwn à

[\) Choix fît ftHts de Vitrtan , en arménien cl en français, rcvo et traduit par MM* Zohrib et Sdint-M^rUn , />r-M*

Èimem de la grimmaire jiwmai$e , par le P. Eodriffucï; traJuîn du ] ortogais pw fA. Lamlrc&sc, et précédé» dVee cxplicadcji des syTlAl>ci ppoiiiiises par M Al>ci>'

Eàïiusai, in-S,*

Vhistoift dt la méJedne ûucknne tt moderne , par Rovario Scuderi» Padouê^ 1S2J, impr. de la Minerve, in-SJ Prix, 2 fr,

Saggio di storia délia medkha vetertnaria ; Essai sur Vhlstoire de la mcdectfu vHêvînaire , par AnL Zannoni, Udine , 1^25^ in-S,* Prix: t îr.

Ddla amenta^ione e dtlla fuslone deW accîùjo ; Sur la chnentation et la fusion de leader, par Gius. Vismara, professeur de physique à Crémone. Milan, impr, impériale et royale, in-8,'^ avec planches.

Cliiese principali d^Europa ; Eglises principales de V Europe ; recueil dédié au pape Léon XII; premier cahier. Komc, de Romanis, 1825 , in-foL II y aura 36 livraisons. La première contient !a description de TégUse de Saint* rierre. Prix de la livraison, r^ fr», et pour les exemplaires coloriés, 30 fr.

La fionda di David , ossia l'atiticlùtà ed autoriïà de! punti vocalî nel teste ebreoi dimostrata c difesa per il dottore Ippolito Rosellini, Toscano. Botogna, J823, itï'SJ — Risposta del medeslmo al sign. abate Luigi Chinvini ^ rispelto air antiquità ed auîorità dei punti vocali. Bologna, 18241 in-SJ" Ces deux écrits, dont le prix total est de J fr. , ont pour but de soutenir Taniiquiit et lautoriié des points-voyelles des Massorètes, contre Masdef , Houbigant et d'autres hébraïsans.

Nota* Onpeuts*adresser'o la librairie de AI M. Treuttel et Wiirtz, à Paris, rue de Bourbon ^ rt*^ij t 'i Strasbourg ^ rue des Serruriers; et à Londres j n.^ jo^ Soho'Square , pour se procurer les divers ouvrages annoncés dans le Journal diM Savans, Il faut ûffrauchir les lettres et le prix présumé des ouvrages*

TABLE

Journal d'un voyage en Asie mineure , ifc; par W, M. Leàkt* {Article de M. Letronne. ) Pag-

Voyages en Perse, fait en 1S12 et iStj ^ par Caspar Drcuville. {Article de Ah Silvcstre de Sacy. ).•,.,• * . ♦

Histoire de la vie et des ouvrages de Raphaël, par AT, Qualremhe de Quincy* ( Troisième article de Af* Raoal-Kochetie. )....,..

Collection des chr&niqu€S nationales françaises . . . Chroniques de J* Froissart, avec notes et eclaircissemens , par J, A* Bucbon ; tomes yj , vu , VIII f IX et X. — Chronique de J, de Lalain^parJ, Chastellain* [ Second article de AI. Daunoa ) '*,..*.,

Voyage de Benjamin Bergmann che^ les Kalmuh , traduit de l'allemand par AI. Aîôris* { Article de AL Abel-Rcmusat. )

Euaï sur les Cloaques ou Eopuis de la ville de Paris j C^c*; par A. G. Bs Parent du Châtefet. [ Article de M, Tessicr.).

Nouvelles littéraires. , ,

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