PU
çpiîen présenta les peinuires comme appartenant à quatre vases cliflërens {i], ce qui prouve qu'il ivavoît pas vu lui-même le vase orîg^paL Il offre, dans ta partie principale et antérieure de ce vase, une scène héroïque que M. Midîngen explique dune manière très-vraisem! Inble, par les ûdhux d* Achille et de Patrocle , prenant congé de leurs pères Pelée et Menœlîus, Un combat oîi notre auteur croit trouver , mais avec moins de certitude , le combûî d^ Achille et de Téliphe , forme le ^u/et d'un autre tableau ; une partie de chasse orne une moitié du cx>u , et l'autre moitié présente une scène évidemment en rapport avec les initiations aux mystères d'ÉIeusis , et, par-lh même, ptuv diflîcile à concilier avec les sujets des autres peintures. Mais il est impossible de reconnoître dans celle-ci Triptoléme , sur un char ailé et attcfé de deux serpens; à ses côtés sont deux femmes tenant chacune une torche, dans lesquelles M. Mîllingen voit Hécate et Prosejpîne , dénominations passablement arbitraires; deux autres ilgures de femmes portant des patères, sont à ses yeux les filles âf Céléus , de ce prince ou magistrat suprême d'Eleusis, auprès duquel le retira Cérès, suivant le léjnoignage de Thymne à Cérès : sur quoi îe remarquerai que , puisque M. Millingen fàisoit de cet hymne homérique la principale base de son explication , il ne devoit pa?» réduire à deux, nir son vase » les filtes de Céléus, qtii sont au jiombre de quatre dans l'hymne en question; et j'ajouterai que, comme les deux autres figures de femmes qui accompagnent Triptoléme n'ont rien qui les caractérise comme Hécate et Proserpîne, il est probable qu*il fiut voir en elles les deux autres filles de Céléuç, ce qui rentre tout-à-fait dans la légende suivie par Tauteur de Thymne homérique.
D'après ce court exposé, nos lecteurs pourront se convaincre que je n*aî rien avancé de trop, au commencement de cet article^ en disant que le recueil de M. Millingen est on des plus intéressans qu'on puisse voir, par le choix , la rareté et l'imporLince des monuniens. Généralement aussi les explications de fauteur ,' puisces aux meilleure*^ sources de Fantiquité , et empreintes d'une profonde connoissnnce des monumensi sont aussi satisfaisantes qu'il est possîl»Ie. Quelques idées systématiques qui s'y produisent de temps en temps, et que j^ai indiquées , loin de nuire au mérite réel de cet ouvrage , si>nt plutôt propres à hiîier les progrès de la science , en fournissant de nouveaux sujets de dou?e et de controverse , qui» de la part d'un aussi. habrje
(1) Vûses d'Hamthon, tom. H, pL io5 <?i 119; tom. III, pî. 1 10 ft t:L .
l8t "^ JOORÎ^AL DES SAVANS,^
antiquaire , ne peuvent être accueillis qu'avec la pîus 'sinetise aiterttfon. E:î ranimé, je petue que fe travail de M. Milfîngeri est digne des pfus grands éloges , et qu*on ne sauroit trop l'encourager i Je l>ôtirsuîvre avec le même soin et avec un peu moins de lenteur.
Il a paru un cahier de bas-reliefs en marbre et en terre cuiiej cVst la première livraison d'un recueil consacré à ce genre de monumens» et qui (kît suite à cefui des vases. Nous nous occuperons de cei^é liuuvelle collection lorsqu'elle sera pfus avancée.