‹ Journal des savants (volume 4)Chapitre 4 sur 53 · OLIVIER GOLDSMITH · texte numérisé non relu

OLIVIER GOLDSMITH

She Scoops toconquir, or theMtsialesofanïght. — Le^ AI éprîtes d'anenuU.i'jji.

Cette pièce offre une double action, cest-à-dire, une intrigue et une sous-inirîgue. Un jeune bomme, croyant être dans une auberge, se trouve dans la maison d'une demoiselle à laquelle il est destiné. Timide, quand il croit parler à des dames polies et d*une condition élevée, il est hardi et entreprenant, quand il croit s'adresser à des femmes Jun rang inférieur. II ne sait nen dire d aimable à la demoiselle de la maison* Celle-ci, instruite de la cause de l'embarras de son prétendu , se prête à une mystification, s'habille en demoiselle du comptoir, et, sous ce déguisement, reçoit les hommages les plus empressés, les déclarations les plus affectueuses, et s*assure qu'elle a su plaire. Le jeune homme, qui agit comme s'il étoit dans une auberge, parle à son futur beau- père d'une manière très- leste. Quand enfin il est détrompé sur son erreur au sujet du lieu, il faut le détromper encore au sujet des personnes; et l'on ménage le moyen de lui faire reconnoître, dans la fille du comptoir, celte même demoiselle, sa prétendue, qu'il vouloit sacrifier à famour qu'elle lui avoit inspiré sous son déguisement.

La sous-intrigue présente un amant et une amante qui projettent une fuite, un enlèvement. Ils rencontrent des obstacles; ils sont découverts; la maîtresse de la maison veut écarter l'amante, et femmène pendant la nuit. Une voiture doit les conduire au loin; mais le conducteur, qui se refusoit à cet éloignement, fait sans cesse circuler et

^o JOURNAL DES SAVANS,

cahoter la vohiure autour de la campagne , et Ton se retrouve enfin au point d'où Ton étoit parti. Des explications, des rapprochemens, amènent les parties intéressées à b conclusion du mariage.

Les deux intrigues sont bien liées Tune^à l'autre; e^es se mêlent avec art sans se nuire. II faut sans doute beaucoup de concessions de la part du spectateur pour tolérer de nombreuses invraisemblances; maisi quand on a &it ces concessions , la pièce amuse; les situations sont souvent plaisantes. Il faut dire , à l'honneur de Goldsmith, que la pièce est écrite d'un ton très -décent , et qu'elle prouve que les autres auteurs dramatiques anglais auroient pu se passer du langage licencieux que j'ai eu occasion de leur reprocher.

Page 1