NS
[que les naturalistes, et d'après eux M* Virey, se sont accoutumés a rdésigner par fa dénomination tout-à-faîi impropre de race mongoh* LSouveiit , dans nos climats , Ja même progression a lieu dans bs idividus : Tes cheveux des enfans nés l>lond\ deviennent successive* (lient châtains, bruns, et même tôut-à-faît noirs. Or ce phénomène Remarquable, sur lequel Fauteur n*a pas beaucoup insisté, sembfe l'avoir encore été étudié suffisamment ni dans sa nature physiolojique, ni sous le rapport qu*îl peut avoir avec Torigine et le mélange ïes races. Le caractère tiré de la couleur des cheveux et de Hris estdans la race caucasienne , un eflet particulier du climat ou de toute autre influence extérieure! Est-il héréditaire ou accidentel, et, >our ainsi dire , sporadîque î Peut-il , de parens appartenant à la race caucasienne, mais distingués par des jreux et des cheveux noirs, naître un enfent qui ait les yeux bleus et les cheveux blonds ou roux, et qui fes conserve toute sa vie! Ou bien, cette double particularité reconnue fixe chez un individu, permet-elle de supposer qu'un mélange avec des individus qui la présentent , ait eu lieu , soit dans la personne de ses parens immédiats , soit dans quelqu'une des générations précédentes! De l'exatnen de ces questions, peut-être un peu difficiles à résoudre par des expériences directes dans les conditions de notre état social, dépend la solution d'une autre question qui a de l'importance relativement îl l'histoire du genre humain. Les nations blondes qui occupent actuellement le nord de l'Europe, et les individus qui leur ressemblent au milieu de celles qui habitent plus au midi, doivent-elles le caractère qui les distingue à quelque influence tenant du climat ou de la température, ou est-il chez eux une sorte d'héritage qui leur soit venu d'une seule et même race dont le sang se seroit mêlé, d^ns des proportions différentes , avec celui des aborigènes de l'occident î A s'en tenir aux traditions histo* riques , la dernière supposition paroîtroit la plus probable. L'existence des blonds setnble coïncider par-tout avec une autre particularité d'une nature toute différente, mais qui pourroit bien avoir la même origine; je veux parler de cette analogie de langues qui se montre chez fa plupart des nations de la partie occidentale de l'ancien continent, et qui décèlent, je ne dirai pas seulement une origine commune, mais une affinité qui ne remonte pas toujours au-delà des temps historiques. Par-tout où nous voyons actuellement des blonds, nous retrouvons, dans les siècles passés, les établissemens ou du moijis les incursions des peuples de race gothique ei slavonne, et, en nous reportant plus haut , les Scythes > les G êtes ou les Sarmaies* Il n y a sans
SEPTEMBRE l8zj. '^ S^i
doute rien <fétonnaîU h voir des hommes à cheveux Lfaiuls en Ail -^ lungne , en Angleterre , en IVauce , en Italie même , parce que nous connoïssons assez bien Torigine de la population de ces diversf^' contrées. Procope (i) patrie dun peuple blanc à chevelure blonde, q i habitoît fort avant dans fe désert de Sahara ; mais Shaw, qui a of>sel^é h même particularité chez les habitans des Djibal cvrcs (2] » ttOK s en suggère lui-même une explication plausible, en rapportant Torigir e de CjCiie tribu aux Vandales qui ont autrefois occupé cette contrée* I^* y avuît des bîpnds parmi les Grecs t mais [personne n'ignore la part que les nations septentrionales avoient droit de revendiquer dans lu formation de l'ancienne population hellénique. Nous savons qie plusieurs tribus turques offroient les mômes traits disiînctifs ; et pir une coïncidence remarquable , ce sont justement celles qui ont tu les rapports ks plus multipliés avec les nations gothiques de TEuroje orientafe. Les écrivains asiatiques nous font connoîire Texisience c'e peuplades et même de grandes nations remarquables par leurs ytux verts et leurs cheveux jaunfSt dans des régions irès-rapprochées du centre de l'Asie; mais les noms de Djats, de Ye-tka, de Aslani , par lesquels ils les désignent, nous ramènent encore à cette même souche géïique ou gothique d'où semblent issus tous les individus qui se distinguent par cette parliculariié. Quelque opinion que Ton adopte sur des rapprochemens que nous ne pouvons qu'à peine ijidrquer en ce moment, on voit toujours quil y a là un point que ks anthropologistes doivent s'efforcer de débrouiller , et sur lequel oa peut regretter de ne pas trouver tous les éclaircissemeas nécessaires dans l'ouvrage de M, Virey,
II y auroit aussi des recherches du même genre h faire sur ces fHJnjiles d'hommes abîtardis , dégénérés, rabougris, qui habitent généralement dans les parties les plus septentrionales de notre hémisphère ; M. Virey, qui les désigne par le nom de Alyrmidons polaires, leur assimile à tort les Osiiaques , les Yakoutes et les Kanuchadales, trois peuples dont la taille , sans s'élever beaucoup , surpasie pourtant en général celte des Samoyède^ et sur- tout des Lapons. Il rejette, avec le dédain quelles méritent, les traditions fabuleuses des Grecs sur les Pygmées ; mais peut-être eût*il été convenable d*examiner si ces traditions n^avoient pas quelque fondement réel, comme ceïa s'observe quelquefois à fégard des plus grandes absurdités. Déjà les
( I ) L. l , c. 22, — (2) Voyages dans plusiturs provinces de la Barbarie, ifc. , p/t. /, p. i^^.
tom
522 JOUmiAL^DlS SAVJiSS,
progrès de la géographie et le$ relations de voyageurs dignes de foi ont fait connoîire Texislence deraces d*homines très petits dins des contrées ou riniaginauon crédule des anciens et leur goi^t pour h merveilleux avoieni placé des peuples de niiias, et rexugératïon de feurs récifs avoit seule Fait tort à Ja vérité. Ainsi diverses peuplades de rinde ultéireure et des îles orientales , et notamment les habita ns d^s îles LieoU'khieou^ se distinguent par une stature au-dessous de k moyenne. Les explications tirées du clîjnai seroient en cette occasion, comme dans beaucoup d'autres, absolument insuffisantes; car les îles Lieou-khfeou, par exemple , placées sous le vingl-sepïîèine degré de latitude, jouissent d*une température très-douce, et offrent en abondance à leurs habiians tout ce qui peut contribuer au libre et entrer développement des organes.
Le style des ouvrages d'histoire naturelle n'offre ordtnnirement matière à aucune observation critique : nous ne dirons qu'an mot de celui qu*a adopté rauteur dans quelques endroiis du traité que nous venons d'examiner. Sans doute M. Vrrey , écrivant pour les gens du monde encore plus que pour les savaas , a cru devoir consulter le goût de ceux parmi lesquels îJ a compté qui! trouveroit un plus grand nombre de lecteurs. Les citations, les emprunts, les allusions aux écrits des anciens et des modernes, se présentoient trop naturellement sous sa plume, pour qu'on puisse lui faire un reproche de kir .fvoîr multî|)liés. Mais quoique certains aspects sous lesqueh il avoit k considérer son sujet appefessent tout auisi naturellement quelques formes oratoires , et que d'autres pussent également bien justifier remploi de la plaisanterie, nous pensons qu*un ton grave, simple, naturel , exempt d'emphase et dWeciatiôn , de sarcasmes et de jeuit de mots, est celui qui convient le inieuit à la science» ne fÛt-cî cpie par la raison qu'il est le plus aisé de le soutenir constamment. Tout autre expose à de trop grandes disparates, quand i! faut passer des hautes considérations de la^ philosophie h des expositions techniques rctnplies de détails arides : quelque ridicule que Thomme puisse quelquefois paroîire à ses propres yeux , sa destinée n'inspire â ceux qui en font l'objet de leur contemplation , que des réfîexions austères, et Ion se sent peu de disposition à gofller les meilleures railleries, e'rt inédi an! sur ce que la morale et la politique ont de plus sérieux er la nature de plus imposant , Ifrs bases de l'état social , les maladies, la douleur et la mort.
J, P. ABEL-RÉMUSAT
SEPTEMBRE iSl). rj
fUMisMAfÀ ORIENTA LIA tuusTBA TA . — The Oriental Coins , ancient und modem , of his collection , descrïbeA and liistoncally illusîrated hy William MarsJen , F. R, S. &c. &c.; wiih numerous plates ,from drawings made under his inspection J part. L — Les médailles orietnales, ta/tt anciennes que mo^ di^esy du cabinet de M, Williiim Marscfen, membre de la Société royale, &c., décrites et expliquées sons le point de vue historique, par lui-mêmc'l avec un grand nombre de planches gravées d'/2prês des dessifis faits sous ses yeux: i/*^ partie- Londres, 1823, XX et 434 pages /;;-^/
Le volume que nous annonçons se recommande tellement par le nombre de médailles de diflerens sièdes et de diverses contrées de fAsie, qu'il offre aux amaieurs de la numismatique orientale, et por fa perfection avec [aquede la gravure a représenté ces précieux nionumens , que nous avons différé long-temps d'ea rendre compte ^ dans le&pérance de trouver le loisir de le faire avec Tétendue convenable. Mais d'autres occupations ne nous ayant point permis et ne nous permettant poim encore d*entrer dans une exposition déiaillée du cantemi de ce vofumei et ne voufant point cependant tarder davantage 2i remplir letigagement que nous avons pri:» de le faire connoî:re , nuus nous bornerons à en donner une idée générale , et à y joindre un pem nombre cTobserva lions critiques.
iVK Marsden a placé en lèie de ce volume une introduction où il rend cpmp e de la nianière dont s'est formée d'abor<l^ puis accrue succef>6i vement, fci coltection de médailles orientales qu^il possède. Il obéîefve que la description qu'il publie était en grande partie disposée pour i impression > lorsqu'il a pu se procurer louvrage de M. le cpmte Ga?rtigljoni I intitulé Afomu Cufiche ddl* L R, musiù di A4i/dffo, Le travail de M. le comte Castiglioni ne pouvoit manquer d'intéresser vivemeju M, Marsden , dont le ctWnct renferme un grand nombre de médailles qui lui sont communes avec celui de Mibti; ef les observations du savant auteur de fa description de c« dernier cabinet, dévoient nécessairement trouver de fréquentes applications dans uti travail consacré au même objet* M. Marsdeii a donc revu avec soin toutes ses descriptions ; et , sans rien changer à ce qu'il avoit écrît> forsqu'elles ne se sont point trouvées d'accord avec celles de roiîenialiste de Milan , il a exposé dans des articles addi-
■^ " vvv 2
ja4 JOURNAL DES SAVANS,
tionners ïes msoits qm l'ont déiemiiné à perfiiterdtés lôrt ofAttoU^ ou à rabandonner pour adopter ce He de M, Cai^rrglîonî-
Apfès quelques autres observations crune moindre împcnance, M. Alarsden irane brièvement de l'histoire dés premières montioies des khafj&s; puis, pour abréger tes descriptions spéciales des médaillW et éviter dlnuiifes répéiiuons , il donne tes légendes mabométanes enipfoytes, suivant les temps et les ircux, sur ces monumens, et Jes place sous divers numéros auxquels il se contente de renvoyer dans fe cours de l'ouvrage. *"
' Les médailles orieniales contenues dum ce volume sont rangée» sous vingt-une clauses différentes, dont tl est à propos de donner ici la liste. Ce âont, i.* les nionnoies des khalifes de la race d*Ommia , ou plus exactement fîOmayya , el qu'on a coutume d'appeler Ommiattes ; a." celles des khalifes de la race d'Abbas; puis ceHes, 3*** des Samanîdes ; 4-* des Seidjoukides \ j.** des Turcomans OrtoUde^ ; 6^ des Atabegs, ou Atabecs ; 7."* des Agiabites; 8.** des khalifes Paternités d*Égypie ; 9.* des Ayyoubites d^Egypie et de Syrie; 10.* des Mamioucs Baharites d'Egypte; 11.** de la dynastie des Mogofs de Pêne; iz^^ de Tîmour ou Tamerlan ; 1 j/* des khans du Kipichak. Ensuite viennent, î4-* '«s médailles qui offrent un type mélangé de divers sytnbofes ou légendes, apparrenani les uns à la religion chrétienne, les auti^és au mahométisme ; puis celles» 15."* des princes normands de la Sicile; 16.'' des rois de Géorgie? 17.*' des khalifes d'Espagne; ï8,** des MotabUmn ou Aliuoravides d'Afrique et d'Espagne ; î 9.** des schérîfs de Maroc el de Fezî a.o,'* des sultans ottomans ; 21.** enfin des khans de Crimée. *
Le nombre de$ médailles 'décrites et expliquées est de cinq ceiîl quinze» et vingt- sept planches parfaitement bien gravées mettent sous les yeux des lecteurs trois cent cinquante-une de ces médailles , de tout métal, ^*! /, '
La plus ancienne médaille avec un type purement musulman que nous offre la coHection de M. Marsden , est un dirhem ou pièce d'argent du khalife Abd-almélic, de Fan 84 de Thégire» et par conséquent elle n'est postérieure que de neuf ans à rétablissement de la môïinoie proprement dite musulmane. Si Ton admettoit fopinion de M. Je comte Casiigfîoni sur certaines médailles de bronze avec figure», que M. Marsden a placées dans sa quatorzième ciassey mais qiif» suivant le savant auteur de la Description des monnoies cufiques dli cabinet impérial et royal de Milan , appartiennent îi une époque 'intérieure à rinsiitutîon de W monnoie musulmane , celte médaille
d argent dut khalife Abd-almé lie ne; ^eroil pa§ la fiilijs^i^aae.fnoqnqi^ des Ommiadç;» du câliner, d*; M. AlarMlen. ^pïre, awlçpr r q««'q«4^ pbUir qu*i| f^ùt irouvéà adopter uae opiiiign qui dQun£;Ti.^it beaucoup de prix à ua 4s^z grand nombre de niédiiiJLes de sa çoUeciipiT,, ^î?3; pas, éié cgnvaiiKU pat les niotif> cju^ AU Casiiglioni a fait valpit pour attribuer c«& luooiunens numi^mauquei au règne d'Abd-alniéliir» Le témoignage positif de Makrizi, qui donne tant ^e poids à Fopinion du savant de iMilan , pareil avoir fait peu d'impresiion sur son esprit 5 et, sans même en discuter rauioriié, il s Vst contenté d'opposer an intiment qu*il rffusoit d'adopter * diverses objections dont aucune ne nous paroit avoir une grande force , et d'exprimer des doutes sur^ l'existence du nom A^Ahtl-ûlmclk , reconnu par M. Caî^tiglionii sur cinq médailles de cette classe. Le seul motif qu'il allègue 5 l'appui de ce doute , c'est qu'on ne voit aucune trace de ce môme nouv ^ur le^ monnoies de la m^me classe, de sa propre collection,, ^t staf quefques autres publiées par Niebubr et par AL Adier» Cependant il reconnoic lui-même finsufBsance de celte raison. Il y a lieu detre surpris qu'il ait omis robjection la plus forte quon pouvoit taire contre la haute amiquité attribuée b ces médailles , et qui résulioit de remploi fait dans leurs légendes du caractère arabe mikhL Cette objection avoit été prévue, et, sinon eniièrcmeni écartée, du nioius atténuée par AL Casliglioni , et elle est aujourd'hui sans aucune valeur, par ta découverte des papyrus trouvés en Éprypiè , qui sont incontestablement éc/Jis en caractère mskhif et datés de fan
I } ) de rhégirCi Et d'ailleurs , le nom du khalife Abd-alaiéfic paroit si évidemment sur quelques* unes des médailles du cabinet de Alilan, €|ue ce seul faiCj joint au témoignage de Alakri^i, suffit pour mettre foplnion de M* Castiglioni au nombre des vérités historiques les mieux démontrées.
M. Alarsden n'est pas plus fevorable h (opinion de quelques lavarn antiquairest relativement à des médailles dont le type principal paroit appartenir aux jnonnoies grecques du bas empire , et sur lesquelles on lit en arabe le nom dune ville, comme D;iiîias > Alep^ dtc.
II paroit avoir Ignoré ce qu'a écrit Al. Alarchant , au sufet de quelques-unes de ces monnoies que AL Tabbé Sestîni avoit attribuées à Léon Khazare, J en ai parlé dans mon mémoire sur les papyrus éails en arabe, qui a été inséré dans ce Journal, et je me borne à y renvoyer le lecteur. ^
Parmi les monnoies arabes» soii des khalifes, soit des dynastie» particulières! il eu est un grand nombre qui offrent des problèmes
uès-difficiies à résoudfet et mt lesquels personne n'a J€té frfus 4e jour que M. Ffaehiu Ca j^av^nt, profondément instruit du géaie fie )a Inngue arabe, et guidé par les règles dVne tigoureme cH tique» jî'a lamais proposé ou admis micune solution de ces problèines qm ne fût d*accord avec les préceptes de la grammaire et J'usage connu de la fangiie. M. Mar^den paroît n^avoir pas connu touce? les obstff: vatïons de M. Ffxhii , disséminées dans uu assez grand iioiâbm dopuscitfes , €1 if a quelquefois adopté avec irop de confiance ce que d'autres orientalistes, tels que feu M. Tychsen de Rosiock . avofent écrit sur ces problèmes de numismatique orientale. D'ailleurs, comme il n\i pas fait de la langue arabe lobjet spécial de ses étttdes, il a admis pnrfbrs, dans fa lecture des légendes, des formes touiàtait fncoiîciliabfes avec les règles de celte langue. Cesi ainsi , poui^ en donner quefcjues exemples, qu'il suppose avec Reîske ( pag. Î9 ) » quV»n n pu dire c^^ ^ pour S^ tjjM Je , œ qui est cettaînement snns exemple ; qu'ailleurs ( p, 4^ )> »' lit ^^^^1 j^Vt sans être arrêté par Tarticle fornt , contre tout u;sage , à Tantécédent de ce rapport^ d'annexi 11 ; qu'ir propose ( p. j i } de lire (^jyà\ ^^^ > quoique Te nom de Haroun ^ comme ceux de /Housa, Isa, Y^iA/a, &c. » np reçohe Jamîlis l'article arabe ; enfin , qu'il suppose que ^'jh*^ j^} . { P- ^)4) pourroit signifier ^r<7/tY/^r c/irisrianortim. Ailleurs f p. ïocT) il suppose que les mots ^j^^f jA*f p«i ^ qull prononce Kesmî amlr-
nf-miUtmentn , peuvent signifier iâSU âtljurato impinitorc /*'/' "^»j. )>3rLe qui! a trouvé dans le diçiîonnaire de Mfnînski li ^ ^e lurc^ue kascmi bîllah etmek\ k h leilte^ faire Usirment de par DUl H falloit lire j^', ce qui signifie, comme on le verr^ plus partlsfin, allir, Iw par des Siffriiiis mec qmlquun. Cest encore fams d'être famUiaiiié avtc Tusage de I^i langue arabe, quil lit S«C W/^ médaille dor du ifMlife Nasef (p. 70 J ^oJlj UJt ju*» ce,<jui.tî^ dans le fe il, ne signifie rren , ati Keu de îj© ou ^-Jtv'j Utxlt ti^/' San? douîe quelques mé|)nses de cette nature lie sont que de légèrèii^ taches dans un ouvrage de longue haleine et hérissé d'une mukiuwlé de difficultés; et, li |e m'y suis arrélé , tfest sur-to^t pout fih^'Voif^ qu on auroit tort de penser quîl suffit de posséder une connoîss^tH:^^ superficielle de fa langue d'une nation, pour expliquer les légendes de ses médailles. Feu M. Tychsen, qui ne manquon pas d*une cemfne inslructiun en fait de langue arabe et persane,' est tombé cepértdanr dans un grand nombre d'erreurs de ce genre, parce qu'il n'aroit pas étudié suffîsamnieut le système grammaîlcal de ces fatigues , et
loin .
^*îr uicrifioft les règt» les moins Bosoepubiès d'excepUÔAs à ia preinMfeintêrprétMion^ plausibles qui s'ofiroit i sou esprit.
Je passe à quelques autres '.ofiservations.
La fnéâidiie jdWgeot tC 3^.[ pt. ^6 et ph ih) offre une singularité remarquable, et dont |a ne sais coiiimeiic me rendre compte. Selon la description de' M» Mandent cdle porte dans le chahip de '» f^ce postérievirê , \cette légende t ^ i>»*>lt *M^ *»' J>-j o^*^ ^J^ î ^^ cependant fa gravure , au lieu ddf nom de RascHîd ou^^f , offre , sans aucune êquivo^é » le mot ix.*^, c*est-à-diite , le nom de Mahomet,. précédé , ce qui n*a point d'exemple , de l'article arabe Jt. Est-ce une faute de celui quia gravé. le ty|>a monétaire! Mais, alors , comment M. Marsden n'tr^ a^'t-ii pas faiD Tobservation I £t » si c'est une faute de celui qui à dessiné la médaille « ce qui est presque incroyable, comment a-t-eile échappé à Tœil si vigilant et si exercé du savant auteiu* î . '
La médaille d'argetit n.** 6 ( pag. 9 ) a été frappée, suivant M. Marsden, à Nîsabour, ville célèbre du Khorasan. Comme elle n*est point gravée , il est difficile de juger jusqu'à quel point il est autorisé à Tattribuer à celte ville. Je suis fort porté à croire qu'il faut lire^Uj, à Schajpour.
La médaille d*or n/ 60 est remarquable, eil ce qu'elle joint aux noms du khalife Motamed et de son frère Mowaffek y celui de Khomarowia, fils d'Ahmed, fils de Touloun, qui avoit cherché à se pendre indépendant en Egypte. Elle prouve que ce prince , pour ne point attirer sur lui les armes du khalife , s'étoit soumis à lui conserver Thonneur de voir son nom proclamé dans la khotba et inscrit sur^fes monnores , et rien n'est plus naturel et plus conforme à Phistoire. Mais fa chose dont on ne sauroit se rendre compte, c'est qu'une teHe monnoie eût été frappée hors de la province que gouvernoit Khomarowia. C'e^t pourtant ce quil faudroit admettre, si on lisoit^ sur cette monnoie , comme fait M» Marsden , le nom de Mowaffikiyya , ville fondée par Mowafièk. Je dois avouer que je ne partage pas à cet égard lopiniou de M. Marsden, et que je ne vois pas de traces du nom de cette ville sur cette inonnoie. .
La collection de M. Marsden o0re un grand nombre dé médailles de ce Loulou qui, d'escbve eunuque , confident de son maitrei puis successivement ministre, ou tuteur de ï^t% deux fils, devint enfin lui-jnéme le successeur de la puissance des Atabecs» avec les titres honorifiques àbAlméHc^slrahim Btdr-ald^nya oualiin y^,o^^\f^ù^\ jù*i t^J^ cLUl.
5^5 JOUn-NAL^ÔWSWSWftNS,
Parmi ces^ mécImilL's, la (>lu5 curietise est celle ( ji.° tHt ) $ur Iwqavftff un Va le nom de Alangou* knnn. Uiia pareilJe inédailfe avott dt-jà • ionné lieu ;\ une erreur de M. Castiglioni, qui avoil cru y voir ie nom de Hâhgûu , écrit contre Tusage j^ • M, Marsden n'a pas Liù plus heureux, et n'a pas reconnu le mot persan jJ^Lv^i q«f est pourtant pnrfaitenieni lisible. Maïs il reste encore à tire et k arpliquer les deux derniers nioisk de cette légende persane que MM. Castiglioni et Marsden lisent ^Jiju»^, L-e dernier a bien senti touiefois que le mot Tût/ir j^' étoit sijjel à de grandes difficultés. Pour moi, il ine parort ceriain que le dernier mot est UJui et non *k»L«. Quant au mot qui a été lu j:u par M. Castiglioni, les trois lettres dont il se compose peuvent donner lieu à bien des conjectures ; car les deux premières , faute de points diacritiques, peuvent être des u> t des <^, des t^ , des ^j ou des ^î i et la troisième peut être un ^ , un^ > un j ou j , ou un J. Je propose de lire Ckt JUî ; ce seroit alors une formule votive arabe , qui signifieroit : Puis^c-t-il obtenir dt la grandeur! Et quoique je n aie point d'exemple à cirer de cette formule > celte conjecture me paroît très- vraisemblable.
La médiiilb d*or n." 197, qui appartient au troisième prince de la dynastie des Agiabites , porte dans le champ du revers la formule 4ttt Jy^j tSé^ f Mahomet est tenvoyé de Dieu, Au-dessus de celle formule est un mot que M. Marsden lit J^, et la derrfîère ligne, au-dessous de la formule, offre Ip surnom ou titre honorifique du prince Aglabrre, Ziadet-atlak i»t i^Kjy M. Marsden a bien reconnu là le surnom du prince, mais il voit aussi dans la réunion du nom à' Ali et des mots -(lada-aUah une autre intention. « Le prince Agiabire , w dh-il , éioit de la secte d'Ali, comme il paroît par la légende; «caries mots Ali ijadet-aflah [AU est amptificatio Dd ] , en même M temps qu'ils exprinient le nom du prince, offrent une déclaration » évideaie de la qualité divine du persoimage qui étott l'objet de « la vénération religieuse des Agiabites. On pourroît objecter , il est »vrai, que dans ce cas il n'auroit pas pu y avoir des rapports i> d'amiiié et de bonne intelligence entre le prince Aglabiie et le »» khnlife Abbasîde, chef visible de la foi orthodoxe. » ( Or on s^it par rhisioire , comme le dit dans une note M. Marsden , que Ziadelallah avott fait hommage au khalife Mamoun. ) « Mais cette objection » perd tout son poids , si on se rappelle que Mamoun , au grand » détriment de ses propres intérèrs et de ceux de sa dynastie , »éioit très-attaché aux principes des Alides et à la descendance
SEPTEMBRE I&25. ja?
» d'Ali, et encouragea leurs prétentions, autant qu'il put le feire n sans s'exposer à des mouveniens populaires et à ime dangereuse » m»urreci!on. »
H est absolument impossible d'admettre la supposition de notre auteur. D abord il est fort douteux qu'on doive lire sur cette médaille le nom iTA/h et le mot que M, JVkrsden lit ainsi, et qu'on voit sur beaucoup d'autres médailles, me semble plutôt devoir être lu «.J* » quoique je n affirme rien à cet égard. En second lieu, il ny a aucune raison de crx>ire que les Agiabites fussent Schtites» •Cette famille tenoit le gouvernement de la province d'Afrique, de Haroun Raschid* Devenue en réalité indépendante, elle conserva toujours une soumission extérieure et nomînafe aux Abbasîdes , et elfe fut traitée en ennemie par Abd-allah le Schiite , quand il souleva les peuples de rAfrique septentrionale en faveur d'Obéïd-alIah , chef de la dynastie des Fatémrtes. Enûn, le titre honorifique Ziadct-a/Iûk , porté par plusieurs princes agiabttes, ne sauroit signifier amplificatlo Dd, ce qui, îl dire vrai, nauroit pas de sens, mais veut dire, sui\^nC toute apparence, nouveau don de Dieu, additim aux biinftitî dt Dieu.
Entre les monnoies des khalifes fatémîtes d'Egypte, celles d'Aziz offi^nt , dans une des deux légendes de la partie antérieure , la profession de foi musulmane, avec une addition qui caractérise la doctrine des Schiîtes , et que M. Marsden n'a pas pu déchiffrer. Au lieu que, sur les monnoies de Moèzz, on Ut, Il ny a point d'autre DUu que Dieu; Alahomet est l'envoyé de Dieu; Ali est le plus excellent des successeurs ( ou des légat*nres ) et le vi^ir du meilleur des envoyés, et que, sur celles de quelques autres khalifes de la même dynastie, on lit , Ali est l*amt ( ou le favori ) de Dieu m\ Jj Je : sur quelques médailles d'Aziz, ces formules sont remplacées par celle-ci, Ali est l'élite de Dieu, c'esl-h-dire, Tobjet de sa préférence et de soit choix m\ iyu» J.&* C'est ainsi qu'on dit de Mahomet, qu*îl est Vobjet du (koix de Dit'u entre toutes ses créatures asSà. ^ m\ ëyu». Je crois que c'est M. Retnaud qui a le pre;nitr reconnu cette formule sur les médailles d'Aziz.
Jai dit ailleurs (i) ce que je pense de la formait; optative 4^U JL , qui paroît assez souvent sur les monnoies des Fatémites , et sur laquelle on a émis bien des conjeaures* M. Marsden la lii ainsi
(r) Journal des Savans, cahier de juillet 1824; Journal asiatique, tome VI,
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jjo JOURNAIi DES SAVANS,
aJU JU I et It rend par ces mots ^ ci sit pracminentia i maïs il y iQ*!lt un point fnterrogiauf, pom exprimer le dou^e que lui i laissa cetl^ îrtterprécation. Elfe ne sauroit efi'ectivemem être admise; le verbe %^i%M sans sujet , et ^JU ^ignilieroit contra ttim ou J2^/?*t fum j et non pas ri^
Une observation que) ai faîte sur plusieurs mêdailits des taiémiift^it et qu^it est bon de constater, parce quelle ii*eii pa» sans qutlqtie importance , c'est que U surnom ou iU^^s» coinmençanl par le mol Aùoa J^y est placé, laniàl avant» tantôt après le nom*
Parmi les monuoies des AyyouUiies, il en est une de bronze ^^® Mélic-aladcf, frère de Saladin ( n." 24»)» frappée en 6o4, que M* Alarsden attribue à la ville de Palestine nojnmée Rama, parce qu*il y lit ces mots UjJUcjtH»; tt^ais cette ville, chez les écrivains arabes , est toujours appelée Ramla fUJ\ : je crois qu'il ftul lire UjJL», è Hoha ou Edesse.
Deux médailles, Tune d*or, l'autre rfargent, de Bîbars, le premier des sultans baharîtes ( n,"' 260 et j6i ), méritent de nous arrêter un instant. Elles sont rtmarquables d abord h cause qu'elles offrent fa figure d'un lion, et confirment ainsi le témoignage de Makrizi, qiii nous apprend que ce sulon tît mettre sur les dirhams qu*il tit fabrî* quer, ses armes, qui itoient la figure d'un l'ion. Nous voyons même, par ces médailles, que ce que Makriai dit des pièces d'argeni, s'applique aussi aux pièces dor. Une autre chose digne de remarque, c est que Bîbars ajoute à ses noms et surnoms Tépiihète d!allié ou partisan du prince des croyans , i^^^T?^j^ jf^\ js^' Le sens que je donne ici au mot XW9 ne se trouve pas, ii e&t vrai, dans nos dictionnaires; mais il se dérive si naturellement des verbes luï partager, et aJl Jurer ^ ou du mot iuJ jurement f que je ne fais aucune difficulté de suppléer à cet
égard au silence des dictionnaires. Toutefois ce n'est pas ainsi que M, Marsden a entendu cette partie de la légende. II regarde A-*i' cornue un nom propre, et traduit ainsi, Kaslm imptraior pdcUum^ Voici ce qu il dit à cet égard ; « Le nom de Kaslm est celui Jun » khalife qui ne fut khalife que de nom > et que Bibars avoît établi, ou 3* du moins dont il reconnut les prétentions, quand la race des Abbai> sides fut exterminée à Bagdad par les Mogols. Biliars lui donna les » noms de Mostanser billah Aboulkasim Ahmed , et en revanche il » reçut de ce simulacre de khalife Tinvesliture de ses propres états* » En note, il remarque qu'AbouIféda écrit A'Ij^; «mais, ajouie-t-il, >»les deux médailles portent iiîcontesiablemeni jÇ-J . » Mais y a-t-il un seul exemple qu'on change un surnom in\ ^ en nom , en reiran-
chant le mot aùov y) (i )*, eiqu*on ait jamaisapper' - ^ '-r -^ '^^ '"rr, fbraliim^ Afansour, parce qu'il a voit te prénom <. a-
létictàim im- Ahou-Mansaur! Gela peut arriver dans d-es >niaiiuicru$ par fa fnuce des ci : inais admoiim tjoe paréifk substitution sur W^
JTïédailfes, ce - toui conl&isdÊi». D'ailleurs, il e^t vraisemljlahle
que si Brbars eût admis sur ses monnoies le nojn de ce fantôme de Ihafife, il lauroit désigné par son titre honorifique ■' ' sir-biUah. J ajoute qu'il n'y a point, que je sache, d'exemple de ^^ , ou
%boutkâsim a-JJ' ^' > comme nom propre.
/la dernière médrrîîle de cette même cf*isse (n/ 269 ), qui est en or er de fan 7^>4> n*ayant pas été parfaîtemeoT lue par M. Marsden» j*en donnerai îcî les légendes. On lit sur la hc^ antérieure : ^^LLLJI
Li sulian MiUç^nlnûSîr Snlnh-tàdoiinya-ouaddln Mcimmmtd ^ fils de 'jMtlk-almodhaff'ir Hadji ^ fils di Altlti-aUmstr i puis, comme la tien iu h\^h\zx%û^\\^ ftûf^pé au Caire ai y 64^ Sur fVuue face 00 lit la formule \ U ny a point d* Autre dieu que Dieu ; AJahomet est l'envoyé de Dieu î il l'a envoyé avec la direction et la vraie religion, âc- iMaîs la légende commence paf ces jnois empruntés de TAIcoran : Yt j^\ Uj «ut jnJU» ^ ei la victoire ne vient que de Dieu*
Je suis surpris que, sur une médaille d'OIdjaïtou [nf Z2^)f
>ique M. Marsden a d ailleurs bien lue, il nâii pas reconnu les mois
^'^\ v'^J ^'-*5 ^ '^ (Qltre, pûssidentis ealla pûpulorum , cci>t-à-dire, le
'fnhîtrt souyerah drf itâtiânx : i^est une locotion ordinaire qui n offre
Uèucune dîlîi culte* If n^ avoit pas lieu non plus à hésiter sur le
nom du prince mogoli et à tire, con^me fait M. Marsden, y^fe}'
^iu'gaptou : on lît bien distincrement sur cette médaille lei dtux
pr<?ïnîères syllabes OlJji ^J , Sur une autre médaîlfe d'un prince
mogol , nommé Ahu-Sdid (n.* 278), autour de fa Fégende qui
* occupe [e champ de ïa face antérieure, et qui confient fa profes^vion
de rbî musulmaneVet pliis Kàs fés noms des quatre premiers khalifes,
Il 'y a une légende cîrcùlaîré qui n'a pas été bien fue ; elfe me parôît
contenir les mots *»! ^ j^-^JV^t, ij! ru^, que [;cut-êlre il faut disposer
j*airii>r, >^^-'J y^ *^! ^ n dé Dieu ; c'est fui qui est Dieu t
^et c'est lui qui enicnd : luut c^la est tiré cîe TAIcoran,
|, la colIeLtion de M- iMar&den offre une suite assez nombreuse de
^ ' i\) M, Marsden a tmcitrc admise ^ette supposition, itjlanvenieni à quelques
wédûilles des khalUVs dXsp3gue. ' '
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monooies des khalifes d'Espagne» et de quelques autres princes Jtjti^ sulmans qui ont régné dajis ce pays. Elle présente aussi quelques médailfes delà dynastie des Almoravîdes, frappées, soît en Afrique, soîi en Espagne, sans parler de celles des schërifs de Maroc ei de Fez » des sultans, et des khans de Crimée; mais je me borne, pour n« pas trop alonger cette notice , à celte simple indication. J ajouterai seulement que la médaille de bronze n»*" J79 seroit bien précieuse » si Von pouvoir s'assurer qu'elle soit efTectîvemeni d'Orkhan, fils de cet Otbmati qui a donné son nom à la famille qui règne encore aujourd'hui à Coustaniinople, M. Marsden a exposé les moiifs qu'on peut, suivant lui, faire valoir pour et contre cette attribution; mais il ii*a pas fart attention à deux circonstances qui me paroissent bien fortes en faveur de Taffirmative. La première est que cette médaille appartient à un prince qui prend les titres de sultan et de c^jU , conquérant o\i armé pour la défense di la ndgion , tandis que son père n'a que le titre de tjtjU conquérant t et n'a point celui de sultan; la seconde, c'est qu'on voir distinctement que ce sultan, dont le nom se termine par la syllabe khan (jU » étoit fils d*un père nommé Of/tman i or, quoique la suite des sultans ottomans présente deux sultans du nom ^Othman^ outre celui qui a été père d'Orkhan, aucun fils d'Othman il nî d'Othman III n'a occupé le trône, en sorte que la double qualité de suttatt et de fis d'Othman ne peut appartenir qu*à Orkhan.
En finissant cet article, je dois avertir les lecteurs que, si je n'ai offert que des réflexions critiques sur ce magnifique ouvrage , ce n'est pas que je n'eusse pu donner fréquemment de justes éloges à lerudiiion et îi la modestie de l'auteur , et relever souvent rimporiance des monumens que renferme le riche cabinet dont it est possesseur, et qu*if a voulu rendre commun à tous les orientalistes. Mon but a été de joindre mes efiToris aux siens, et d*augmenter, en éclatrcissant quelques points obscurs , ou en corrigeant quelques erreurs , ruiîHté de cette importante publication; et, pour atteindre ce but, sans me jeter dans de longs détails , j'ai évité de toucher aucun des problèmes de numismatique orientale , sur lesquels je n'aurois eu que des difficultés îi signaler, sans pouvoir en offrir une solution nouvelle plus satisfaisante que celles qui ont déjà été proposées. D'ailleurs , ua travail plus approfondi sur cette matière sortiroît des bornes d'un journal , et l'on peut espérer que la description tajii désirée des médailles orientales de Facadémie des sciences de Saint-Pétersbourg, jettera une grande lumière sur ce sujet aussi intéressant que diflrcile.
SILVESTRE DE SACT*
fAtwmimBNTAikË ùE MiNÉi^AlOGiE.pûr F. S. Beudant , chevalier de l'ordre royal de la légion d'honneur, sous-directeur du cûbwet de minéralogie panicuUer du Roi * professeur de niifiéralogie à la faculté des sciences de 1 Académie de ^Pûris^ &c, A Paris > chez Verdière , libraire, qiiai des Aogustîns» n** 25 , 1814 > ^ voi. iti-^/ /vj et 856 pages » ;et 10 planches.
second article.
Examen dv premier uvhe,
' '• ' '' Dans un premier article , nous avons fait voir que toutes les con-
sidéraiions fondamentales de la minéralogie rentrent dans les quatre rapports sous lesquels nous avons envisagé les espèces xninérales , et dans la classification de ce& mêmes espèces. Nous allons examiner l*ouvrage de M. Beudant d*aprés Tordre quil a suivi; mais nous appuierons d'une manière spéciale sur it% parties qui se rattachent aux bases de la science.
Le Traité élémentaire de^rainéralogie est précédé d'une introduciioii dans laquelle Tauteur expose les coupes principales de Ftiistoire naturelle, et les différences qui distinguent le règne inorganique du règne organique. I( indique Tobjet de la minéralogie et fait connoître les divisions de son ouvrage en quatre livres,
I/' Livre. Caractères extérieurs .propriétés physiqms a nature chimique
des minéraux.
Le premier chapitre est consacré aux formes extérieures des minéraux. Lauteur y parle des cristaux , mais d*une manière générafe et indépendante de leur structure et de leur formation; il se borne à considérer le mode de leur réunion m\ groupes réguliers , et tn groupes irréguliers. Parmi les premiers groupes 1 il cite des octaèdres, des dodécaèdres à plans rhombes formés par des cubes, des prismes hexaèdres formés par deux prismes rhomboïdaux et deux demi-prismes; il explique comment des trémies ou pyramides creuses se produisent par le groupement de cubes ou de petits cristaux quelconques. Parmi les groupemens irréguliers p il signale les groupe mens en dendriîes ou arbarisattms.
Il s'occupe ensuite des configurations accidentelles , où les inolécufes n ont pas eu le temps d'obéir aux lois de la cnstallisatlon , pendant
534 'JOURNAL;DES BAVANS.
Itur pàîisage de Télat fluide ii VétîW solide ; il décrit, r*^ UfH-JifitM^ et /is stiilfigmitcs ; 2^^ tes formrs globuleuses à couches cuncinirié)itn\ 'produites, par exemple» lorsqu'un grain de sal>le, venant à éire roulé dans une eau caltaire» se recouvre en totalité de couches de souscarbonate de chaux, de manière qu*il présente un globule de la grosseur dun pois ou d'une noisette; 3.*" les matières réniformes: parmi cellt^s-ci il en distingue qui , comme les pierres à fusil qu'on trouve au mih'eu des terrains calcaires^ sont absolument étrangères par leur nature aux terrains qui les recèlent. II pense qu'elles nont pas été produites par înfiflraiion , ainsi qu'on le croît commu* nément, mais que ia juatière qui les constitue a été mêlée îl lelât liquide avec la matière du terrain, lorsque cclle-d éloit sous la forme d'un dépôt meuble» et qu'ensuite, par la force de coliésion, les particules de la première maïière se sont séparées de leur dissolvant pour s*agréger en masses tém formes; 4*^ les géodes ; 5,® les formes Capif* /aires souî» lesqueUts plusieurs minéraux se pré sentent • II passe àUX" formes enifrunUes, ûmM les plus remarquables sont la forme rhomboïdale que le grès de Foataii^bteau emprunte au carbonato de chaux qiai Tenveloppe ; la forme de végétaux , de coquilles , que présentent des matières ( le plus souvent du carbonate de chaux ) qui ont recouvert des végétaux ou qui se sont moulées dans <les coquilles ©il dans des cavjtts moulées par ces dernières; il parle de cristaux qurv comme ceux de sulfure de fer , de carbonate de plomb , sont convertis en pcroxide de fer hydraté , en su!>ure de plomb , sans qiitt y ait eu de changement apparent dans leur forme. Ces derniers phvno* mènes servent de transition à fauteur pour arriver aux vérï/aNcs pitiifuntions, l\ parie dç^ faunes /^roJuUes par retraU t c^W distingué d'autant plus soigneusement des formrs cristaflrnes , que les preniHreî ont quelquefois été rangées parmi les cristaux. Enfin il parle des fortnTés arrondies accidentelles qu'un firottejnent prolongé donne aux pierres qui sont entraînées des montagnes par la violence des eaux.
Dans le chaj>itre n, fauteur traite de (a structure des minéraux et de la forme de leur cassure, qui est si propre à éclairer le minériilogiite sur cette structure. Il distingue la sirucfurt prop^^e t qtir n'aj^rlient qu'aux cristaux» de /-^ rm/f ^i/rr quil appelle ^V7^^^^/r//«*.t; celle-ci résulte de ce que les pariicufts ont été gênées dans leur iiiôuvemeitt au moment où elles se som niunies pour fonner xm agrégat solide* La structure d'agré^aîjon est lâmellahi, grnntilahe , fibreuse , setùsîtksf^ compacte t terreuse. Enfin l'f^uieur apprécie finfluence que le dégag^ntenl 4*110 gaz du seiiï d'una masse nioUe et Cille que le i^trait peuvent
SEPTEMBRE 1825. " — 5}î
exercer sur la structure de certains corps. Mais revenons sur la structure propre ; elle esi des plus importantes: car, quelles que soicni IfS formçs sous lesquelles les cristaux se présenteatà nota rieur structure est telfeinenl îdenn'que pouf chaque espèce de corps, que ceux de ces cristaux qui sont susceptibles de se cliver, cV*st-à-dire, de se diviser en cer» tains sens plutôt que dans d'autres, se réduisent tous par celte division -en un solide régulier qu'on a appelé noyau om forme primitive, M, Beudant dit avec raison que ce resuitiit obtenu par HnLîy sur les cristaux d'un assez grand nombre d'espèces, est une découvert^ qui a renouvelé fa fece de la minéralogie; mais tout en la présentant avec Innportançe qu'elle mérite , il remarque qu'il exisïe des clivP,ii^$ qui couduisent à differens noyaux pour une même espèce, ei en outre que fa tli^orie que Haiiy a donnée du mécanisme de la cristallisation d'après la diviijiqn des cristaux, théorie dans laquelle on suppose que Ja furriîe primiiive est recouverte par des lames formées de molécules seuiblab/es à celles du noyau, et décroîssani suivant wn certain ordre» ne doit être considérée que comnïc une hypothèse qui enchaîne beureuiement les observations cristallographtques.
La iroiMème» le quatrième et le cinquième chapitres sont consacrés à la cristallographie : non-seulement toutes les notions de cette belle partie de nos connoissances y sont exposées, mais l'auteur les présente avec une telle simplicité, quil ne faut, pour les comprendre, que (a connoissance des mathématiques élémentaires. En outre, Tordre suivant lequel ces notions sont développées est îndé[>endant de toute hypothèse sur le mécanisme de la cristaflisation , ou plutôt l'hypothèse qu'on peut faire pour lier les faits et les calculs, est rejetée au chapitre v, c'esl-à dire, qu'il n'en est question que lorsque le lecteur a saisi tout l'ensemble des faits auxquels rubservatîon des cristaux a conduit. Indiquons brièvement cet ordre.
Le chapitre IH a pour objet l'examen spécial des formes régulières. L'auteur parle dabord de fa constance des angles dans tous les cristaux dune même variété de substance; cette constance n'est vraie que pour des températures égales et de^ comjK>sitions identiques, résultats fort importans que nous de\ons à M. MitscheiliLh et à M. Beudanr.
L'auteur donne fe moyen de mesurer les angfes des cristaux avec le ^onyomètre ordinaire et avec le !gonyomèire de Wollaston, dont la précision est bien supérieure à celle ou l'on peut atteindre avec le premier, M. Beudant fait voir que toutes les formes des cristaux se rattachent à [un des sept types principaux suivans , savoir , /e (étraiJrc , U rhomùo^iire , le prisme draU à bases carrées ^ le pris mi
^tanguldire , h pnsmc droit à hasts dt pamUélcgtûmmt obUquangU,
'4i prisme ol/lrquc û bases rectangulaires, h prisme oblique â base di
^parallélogramme ôbliquangle. Quelles que soient les différences qui
Kcxisteni en apparence entre un type et les formes qui en dépendent,
ces différences ne sont dues qu*à des facettes qui remplacent des
^Irêtes ou des angles de la forme type» Dès ce moment il expost \ei
Ibis suivant lesquelles ces modifications de la forme type ont lieu •
i! examine ensuite les formcj principales que chacun des sept types
bst susceptible de donner. Enfin ce chapitre est terminé par fexameji
^*^ç% cristaux transposés et lumitropes , c'est-à-dire, par iexamen des
formes extrêmement remarquables que présentent des cristaux qui se
réunissent pour former un groupe régulier, comme une croix , une
étoile 1 ^c. Cest ici que l*on trouve l'explication des angles rentrans
de cristaux, qui semblent être, dans le règne minéral, ce que sont
I*S monstres dans le règne animal.
Le chapitre tv traite des formes cristallines fondamentales ou pri* ntitives, Uauteur y trace la marche qu'il faut suivre pour découvrir Il 'forme prinutive des différentes variétés de cristaux rfune même espèce. Aîn^i Ton cherche d'abord quel est celui des sept types auquel les formes de ces variétés se rattachent; puis, en observant les clivages les plus constans, ou les formes qui doniinent parliculièrement dans (a substance, on est conduit k choisir le noyau ou la forme primitive; par exemple, le sel marin, le sulfure de plomb, lalun, le diamant^ se' rapportent au premier type, c'est-à-dire, au tétraèdre; mais ea" examinant les clivages de ces substances, ou les formes dominantes , 0.1 voit que la forme primitive du diamant et de Talun est foctnèdrei tandis qu'elle est le cube dans le sel marin et fe sulfure de pIoml>. Enfin ^ aj)rès avoir adopté une forme primitive, il faut, lorsqu'elle n'appartient pas au premier type, déterminer les dimensions relatives de cette forme par fe calcul, C est ce que l'auteur apprend à faire.
Dans le chapitre v, M* Bt^-udant expose les lois de dérivation et fe cal<:ul des angles. Ce chapitre est , à proprement parler, le complément du précédent : ainsi, connoissant la forme primitive d'un crisial en ses dimensions relatives, il faut donner les fois suivant lesquelles c^tte-. forme i)rtmïtive pa^se aux formes secondaires ; c'est lexpoî^é de ces lois qui donne aux observations que Ton a faites préahiblemenl le caractère Je la vérité.
Après avoir recotmu cette multiplicité de cristaux, le petit nombre de formes primitives auxquelles ils se rattachent, on e«t conduit à ch^îrcher quelles peuvent être les causes qui occasionnent de si
grandes ^àrf^t?ï df.ins fe$ formes d^îne hiéme espèce dé^'^orps.^ chapitre vi de touvmgç esr consaci'*^ à Texposîtion complète des recherches que Ton a fniîe> pour coiinoître cts causes; il est d'autarit plus préci lu , (jue Fauicur y a consigné d^s observarbns du plus grand intcrét,qui lui iont propres*
M. Bt^ud^mt reconnoït trors causes fbnd;imentaks qui ont de l'influence sur fa forme des cristaux»
I-* Zes mêfangcs micûniijurx , c*est-à-dire , des matières solides qui ^ont mêlées au liquide cristalHsabfc, L*inftuence de ces matières esi telle, que, dans certains cas^ elle détermine un sel à prendre une forme pîus simple et ptus régulière que celle qu'il auroît prise s'il eût cristaKfsè dans tin liquide limpide* Ce résultat , qu'on observe dans nos laboratoires, paroît avoir eu lieu dans la formation des cristaux iiatu efs: au moins remarque-ton cette simplicité de fornîe dans des Ciiitaux daxinite , de feldspath, pénétrés de mica; tandis quon ne Tob^serve point dans des cristaux de ces mêmes substances qui sont voisins des premiers dans leur gisement, mais qui ne contiennent pas des matières étrangères entre leurs parties.
^/ La nature du liquide. Cette cause a une influence très- grande sur la cristnffîsniion* Par exemple, fe chlorure de sodium cristalline en cubes dans IVau pure, tandis qu*il cristallise en cubes dont tes angles *ont tronqués dans une solution d'acide borique, L*alun crfstalliie en ocîaédres dans fean pure, en cubes dans de Teau à laquelle on ajoute des carbonates de plomb, de fer et de chaux. Ces observations s*ac* cordent parfaitement avec;^ ce qu'on remarque dans un assez grand nombre de cristaux de diverses espèces; c'est que partout où ifs sont accompagnés des mêmes substances, ils se présentent sous fa même forme. L'arragonîtc des mines de fer est en pyramides irès-aigués; farragonJte des argiles gypseuses qui accompagnent les dépôts safifére^i , est en prismes hexagones.
}." Vinfuencc des matières qui se comtinent. Il est des cas où celte influence détermine une matière à prendre une forme plus simj>le qmf cette qu elle auroît prise si elle eût cristallisé dans les mêmes circonslaiVces à Fétat de pureté ; il est d'alJtres cas où tes résultais sont différens* Ainsi le sulfate de cuivre détermine le sulfate de proioxide de kl à prendre la forme simple duii prisme oblique rhomboidal, tandis que le sulfate de zijic donne au même sel la forme d'un priNine tronqué irèsprofondément sur Tangle solide aigu.
Uauteur traite ensuite de la formation des cristaux hotts et des cif instance* où la même substance donnç di petits crisiaux çu de
yyy
rîi JOURNAL DES SAVANS,
^gros cristaux, II examine les circonstances ci il se produit tter tnsffhix'^ Va faces creuses , des cristaux acîculaires , des grmpcnuns dendnyitfts
irrégufhrs; celles où des corps crtstallîsables qtû p.issent de Téiat liquide à l'état solide, acquièrent la structure saccharoiJe j la structun
^breuse. Au sujet de cette dernière sirucrure, Tauteur rapporte une robservaiîon très intéressante: on savoit quun morceau de sucre d*orge tou de sucre de pomme exposé h Tnir acquiert une stiucture fibreuse; ^mais on îgnoroit que, queik que fût l'irrégularité de ce morceai*» ses
fibres fussent placées perpendiculairement au-dessus de chaque fitce. Enfin ce chapitre, si riche d'observations neuves, est tenniné par
la citation de pKisîeurs cas où une même substance , en cristaffr^nt ydans des circonstances différentes, se présente sous des formes qui
apparu'enneni à des types dîflférens de cristallisation. Ainsi te nitrate Cde potasse, qui cristallise dans Teau pure en prisme rhomboïdal droit, lafTecte la forme d*un rhomboèdre obtus en crisiaflisani dans de IWu bui contient du nitrate de soude ; le soufre, qui se dépose du suMiire
fe carbone, a la forme d*un octaèdre à bases rhombes , tandis que ,quarW cristallise après avoir été fondu et refroidi lentement , il e:»t en
rîsmes obb'ques à. bases rhombes : ces belles observations appaniennetll lauteur et à M. Mîtscherlich,
Le chapitre vn traite des propriétés optiques des minéraux* Les propriétés optiques qui sont essentielles à lespèce, sont distinguéei de celles que lespèce peut recevoir de la présence de corps qui lui sont étrangers* L'auteur expose, avec tous les détails convenables , les phénotiîènes que les minéraux présentent relativement 2é k réfraction simple et à fa réfraction double , et il apprécie à sa juste vafeur Tiniportance des caractères qu'on en déduit pour fa distinction des espèces. La liaison de ces pioprîétcs avec tes formes types des cristaux fait bien sentir I étendue des services que ia minéralogie philosophique a reçus de la physique, et principalement des rec^ierches de Malus, d'Arago, et sur tout de celles de JVtM, Bîot et Brewster sur ïa lumière polarisée. On verra, par exemple, que toute substance cristallisée qui n'a que la réfraction simple, ne peut se rapporter qu'au cube; de sorte que Ion peut conclure qu'une substance douée de la réfraction simple a la forme cubique, et qu'une substance qui a la forme cubique jouît de fa réfraction simple ; en outre on verra que toutes les substances qui appartiennent au système rhomboc- *dr}ijue et au système prismatique droit a bases earrées, n'ont quun ûm4 de double rêfractwn, c'est-i-dire , une figne suivant laquelle un rayon lumineux peut la traverser sans se diviser ea deux riiyons ; tandis
qtie ïes substances qui appartienneni nnx systèmes prismatfgue droit a bûSis rtctangh'S ^ priifTiatiqiu û hasts dç parallélogramme obllquangle , pnsmaîiqut t^blique nctangaUvc , prUmatlqut oblique a hasts de par allé' logmmme obliqufVfgh » iw/ d^ujc axes de double réfraction : et il est bien tetwnrqunble cjne ces nxes se rapportent à des lignes suivant lesquelles les modifications cristallines sont orcjonnées. On a observé que les espèces douées de la réfraciion sîmple éprouvent un changeiiienl dans Pintensiié de leur pouvoir réfringent par la présence de quelques luaïières éirangères qu'elles peuvent contenir; tandis que les substances douées de la double réfraction n'éprouvent aucun changement relaiivemenl aux phénomènes de la double réfraction de la part des corjîs qu elles peuvent contenir à fétat de mélange»
Enfin M, Btot a observé que, dans certaines substances, le rayon extraordinaire {\) se rapproche constamment de J'axe ou des deux axes de dodife réfraciipn, tandis que, dan> certaines autres, il s'en éloigne: il seul Me donc que la double réfraction puisse être attractive ou répulsive. On sait encore que lecart des deux rayons est constamment le même pour une même incidence, et varie dans un rapport constant pour des incidences diverses, en outre que fécart est différent dans les différentes espèces des sulistances minérales. Après avoir établi ces faits , AL Beudant indique les moyens de déterminer si la réffactron d'une substance est simple ou double, si une substance a un ou deux axes de réfraction » si la double réfraction est attractive ou répubive; enfin il donne le moy^en de déterminer fécartement des deux rayons* L'auteur traite ensuite de la transparence, de Topacité , de leclat des couleurs , de la phoisphorescence î en parLint des iris de lopale, il combat l'opinion de Haiiy, qui îes attribuott à des fissures ï il pense quelles sont dues à des vacuoles remplies par un fluide dont la réfringence diffère de celle de la pierre.
Dans le chapitre VJM, Fauteur examine les autres propriétés physiques des minéraux, 5avoir, îeur électricité , leur magnétisme, leur pesanteur spécifique , leur dureté , leur ténacité , leur flexibilité , leur ductilité, leur odeur et leur saveur.
Le chapitre ix traite de la nature chitntque des minéraux» et des tiioyens de la représenter. M, Beudant énumère les corps simples en
(1) Quand la lumière éprouve la double réfraction, en passant dans un miiietj^ il y a un rayon qui est soumis aux lois de la réfiracnon sinipfe, tanjit que Taatrtf suit des lois différentes ; Je premier est appelé rayon ordinaire , et 1< second ^ r^'(?^ ^jttraordintjire,
Tyy a
t4o ■ JOURNAL DES SAVANS,
les diipos;int reiuenii suîvant Tordre par M/Atttf^
H tiîstmgue d^, lens mtnérnltsaUurS et de: .;-...;ns mhrnifhdf'fcs ,
•éff €Prps oxfgénéi mîfià-afisatrurs et des cùfpî 'oxïgénvs mjnt^taltTÀhhj , distinction qui n*est au fond que celle des corps en électro négatifs et éleciro'posiiifs; ceux-ci correspondent aux minéralisablei» et ceWtlà aux mînéralisatcurs. If expose les lois des combirtaîsons en proportions définies, d'après fa système atomistrque , et principalement d'après celui de M, Berzelius» If indique le moyen de cAlculer le poids relatif des atomes , de manière qu'on puisse en composer une table ( cetle tal>le est insérée à fa fin de Pouvrage ) ; purs il se sert de celte taf>le pour exprimer en atomes des composés bîndîres, des composés ternaires, des composés quaternaires, dont l'analyse a été faite, et dont les proportions des élémens ont été exprimées en ^ poids* L'autexir adopte pour principe de nomenclature de faire précéder te nom d\in des principes de la combinaison des ttjots /•/ . tri, quadrif &Ct, suivant que le corps nommé entre dajis le coinpOsé pour diux, frùh , quatre ôlc. atomes; ainsi suffure, h'iiutfurt ^ trtfuifure 9 quadrisulfutt , désignent des sulfures qui contiennent t , 2^ 3 , 4 atomes de soufre; ûxlde , Moxtde , trhxidc , désignent des oxides contenant i , a , 5 atomes d'oxfgène» Assurément cette nomenclature n'a rien en soi de répréhensîble; mais en Tadoptant , il sera bien difficile d'éviter la conftisïon ; car ces expressions, qui semblent être les mêmes que dcntoxide , trltoxhie , utro ou quadroxtde, adoptées par les chimistes, en sont très-différentes, puisque ces derniers ont établi leur nomenclature sans avoir égard, nous ne disons pas au nom}>re des atomes , maïs même aux proportions d'oxigène : elfes expriment simplement In série des oxides d*un corps, en commençant par celui qui est le moins oxidé; enfin fe nombre des atomtrs que Ton assigne ti im composé étant arbirratre, nous n'avons pfus de règle pour nommer les cori>s. Citons des exemples pour faire sentir fes înconvéniens de fa nouvefle nomencfature. Les oxMes de pititfib » appelés par fes chimistes protoxîdt, dcutoxide , friroxiffr , seront appelés par M. Beudant bhxîde i trhxide , quadroxidc , \i^xQe qu'ils contiennent suivant fui 2, 5,4 atomes d*oxigène ; enfin ceux qui ad* meittrui que fe proloxide contient i atome d*oxigène et qUi voudront se conformer à la nouveffe tiomenclalure, n'adopteront pas les dénominations de M, Beudant.
M. Beud:)nt, à rexempfe de M, Berzelîus , se sert de signés pour représenter les espèces mînérafes ; mais M. Ber^elius ayant fait usage de deux sortes de signes y les chimiques et les minérafogiques t pour
SEPTEMBRE 1825: >4î
^gner fa même substance, M/ Beudani a eu» suivant nous» raison d'adopter exclusivement Us signes chimiques qui sunt les p!us signîficmhï 11 donne le moyen de repasser d'une ;uialyse énoncée en
^ formule à une analyse énoncée en poids; il fait sentir tous les avan* lages qu'il y a à leprésenier la composition des minéraux en atome» plutôt qu*en poids ; ainsi, dit-il, il est bien difficile d*apercevoir k rapport qui existe entre les analyses des deux sulfures d'arsenic représentés par arsenic — yo — 6\.
soufre — 30 ^ — J9»
. Maïs en exprimant les proportions des élémens en atomes ^ on voit que le premier sulfure contient 2 atomes de soufre, et que le second en contient j.
Ce chapitre est terminé par des considérations de la plus haute importance sur les corps qui peuvent être mélangés dans les espècet minérales, et sur la manière dont on peut arriver à les reconnoître
. en partant des belles observations que M. Mitscherlich a faites sur les bases et les acides Isomorphes, c'est-à-dire, sur les bases qui, en se combinant avec un même acide, ou les acides qui, en se combinant avec une même base , produisent des cristaux dont les fbrn^es sont identiques; ou, si elles ne le sont pas, elles ne différent les um^s des autres que de irès-peu par leurs angles. M. Mitscherlich a en outre remarqué que ce sont les sets isomorphes qui ont le plus de disposition à se mélanger, ou à se combiner en proportions indéfinies s'il y a action chimique entre les particules des sels qui se réunissent.
Quand on examine sous ce point de vue les analyses de divers échantillons d'une substance qui a été considérée comme une espèce par les minéralogistes, et qui sont très-différentes, ainsi qu*on peut ïq remarquer pour les analyses des grenats, des axinites, des amphibolei, on voit que ces minéraux sont des réunions de plusieurs espèces simples; on arrive ainsi à distinguer plusieurs espèces de grenat, plusieurs espèces d'nxtnite , plusieurs espèces d'amphibole, qui sont toutes respectivement isomorphes. Ces résultats sont certainement une des plus belles découvertes que Ion ait faites pour les progrès de la minéralogie philosophique.
Le chapitre X, qui termine le premier livre, traite des essais chimiques que le minéralogiste peut tenter pour reconnoître la nature des minéraux. L'auteur parle d'abord des essais que Ton fait par la voie sèche, en prenant pour guide le Traité du chalumeau de M, Berzelius, dont nous avons rendu compte dans ce Journal ( v^j^r^ cahier
d'octobre tSsi)» H parfe ensuite des e%$m$ que Ton dît par la voie humide. Les corps soni-Hs soluFjles dans Teati, il iaiique les moyen:» de découvrir d'nbord la nature des acides qui peuvent s'y rencohirer, ensuhe celle des ba5es auxquelles ces acides peuvent être unis; les» corps sont-iU insolubles dans Tefiu, il les traiie par I acide nitrique et indique fes phénomènes principaux qui se manifestent; dans le cal où les corps sont dissous, il donne les moyens de reconnoîire leurs parties constituantes; enfin dans fe cas où les corps sont insolubles, il prescrit de les traiter par le sous- carbonate de soude ou les alcalis caustiques. L'auteur termine ce chapitre par des réflexions judicieuses sur Temploi qu'on a fait de quelques phénomènes chimiques, tels que leflervescence, la propriété de faire gelée avec les acides Ac. 6tc, , pour caractériser quelques espèces minérales ; il démontre rinsuffisance de pareils caractères, parce quîls appartiennent h un trop grand nombre d'espèces , et if ajoute qu'ils ne peuvent éclairer le minéralogiste qu'autant qu'ifs servent de point de départ pour faire de nouveaux essais susceptibles d'indiquer les principes immédiats des composés qui ont présenté ces phénomènes.
Dans un troisième et dernier article, nous examinerons les trois derniers livres de louvrage de M. Beudant.
E. CHEVREUL
Frac MENS de Ménasdre et ^e Phiiémon 3 suivis itun choix defnigmens de divers autres poètes comiques grecs , et de nouveaux fragmetis d'Euripide , traduits par Ai. Raoul- Rochetie, membre de f Institut, Académie des inscriptions et helles-'lettres* Paris » imprimerie de Trouvé, rire des Filles- Saint-Thomas, n,* 12, 1825, in-8.^
Lorsque le P. Brumoy voulut faire connoJïre à des lecteurs français Je théâtre des Grecs, soit par des traductions, soti par des analyses ou des extraits , il crut nécessaire de justifier celte entre* prise littéraire, dont le siècle de Louis XIV avoit su se passer.
Parmi h% causes qui concoururent au succès du P. Brumoy, je ttoh qu*on peut admettre la circonstance qu*à fépoque de ia pubfi* cation de son Théâtre des Grecs, à peine quelques littérateurs de profession se livroient à I étude de la langue de Sophocle et d*Ari$io-
lEPTEMBRE iVïj: $4j
Biie-, et^ye le défaut d*Jnsiruciion d*i grand nombre des fecteuis cojUfiliMa à la vogue d'un ouvrage qui dgiinuit une idée z^ii^ez juste , quoique imparfaite» du théâtre des Grecs, et oii Ton irouvoit des rapprochemens ingénieux» des aperçus de goût, et des parallèles piquans ei instructifs*
Le succès soutenu de la traduction du P. Brutnoy excita le zèle d^aulres littérateurs, qui donnèrent des iraductions entières des pièces de chaque poète dramatique grec, et sur- tout de celles dont le I*- Bfuinoy navoil publié que de courtes analyses ou de simples extraits*
L approbation qu'obirnrent la plupart de ces tniductions > détermina une opération de librairie qui n avoit peut être pas eu encore dVxemple en ce genre; ce fui celle de publier, et le Théâtre des Grecs du P. Brumoy, et la réunion complète de tontes les pièces qui composent ce, théâtre, au moyen de ce qu^on y inséroit la traduction entière des pièces dont le P. Hrumoy n avoit donné que des extraits*
L*édiiion publiée de 17BJ à 1789 contient treize volumes; elle fut bitfn accueillie.
II a paru dernièrement une édition en seize volumes dirigée par M. Raoul-Rochette.
Cette dernière édition auroit été recommandable par fes seules notes et observaiions que M, Raoul Rochette a répandues dans fe corps de l'ouvrage; mais elle se distingue encore par la traduction entière des fragmens de Ménandre et de ceux de Philémon , et par le choix de quelques fragmens dauires poètes comiques grecs qu*il a pareillement traduits, et qui font regretter , ainsi que je le dirai plus bas I que l'éditeur n'en ait pas réuni un plus grand nombre qui méritoient le même honneur- Ces fragjnens de Ménandre et de Philémon n'avoient pas encore été traduits en aussi grand nombre et avec un pareil soin. Poinsinec de Sivry en avoit publié plusieurs avec sa traductioti d'Aristophane.
Le succès de cette nouvelle édition du Théâtre des Grecs est trop connu, pour qu'il soit nécessaire d'indiquer les avantages qui funi procuré ; il faut dire cependant que le travail relatif aux fragmens de Ménandre et de PhiJémoji donnera ii cette édition un caractère particulier.
Avant d'en venir à la traduction de ces fragmens, je dois dire que, dans la préface qui les précède, M. Raoul-Rochette, parlant du théâtre des Grecs et sur-tout de celui d'Aristophane , a cru devoir venger ce poète de Timputaiion quoa lui a faite souvent d avoir
été fa cause de la Gondftmnaiîen de Socràféy'en le peîgniint, ^'"la comédie des NuÉES , comme un ennemi des dieiî!f» Parn raisons données en fiiveur du poëte , Je me borne rM r une
qui est décisive; c*esi que les NuÉES furent représeniccs vingt-cinq ans avant la condamnation du philosophe. ' *
En publiant une fraduiïtton nouvelle des fragmens de deux poètes céfèbres , tels que Ménandre et PWlémon, il étoit convenable de fassembler toutes les norions que Ton pouvoît se procurer sur eux ; et c*csi ce que M. Raoul- Rochet te a fait avec autant rférudîtîcm que de goût.
Ménandre avoii composé pjus dé cent comédies • dont huit seules ment obtinrent à Tauteur la gloire d'être couronné ; de tous c^i ouvrages dramatiques il ne reste qoe des fragmens.
Ne pourroit^on pas attribuer en partie la perte de ces nombreux ouvrages à rtionneur même qu'ils eurent d*êtfe heureusement traduits ou imités par les poètes Intins î Les Romains, retrouvant Ménandrt presque entier dan^ les comédies de Piaule et de Térence, neurent plus le même empressement à transcrire ou ^ rechercher leç exem* plaires d'un original très* volumineux, II est vrai qu Eustaihe , dans son commentaire sur Hot:)ère , cite souvent des pièces de Ménandre; mais il nest pas constaté qu'au xti/ siècle» lorsque Févéqne de Thessalonique ecrivoit ses commentaires, lea ouvrages de Ménandre existassent encore en entier.'
Du moins les traits de ce poète nous ont été conservés <hm une statue qui a long-temps orné le musée de Paris, et dan* une aiure petite image en bouclier, laquelle a été reproduite par le burin , <!l se trouve en tète de h biographie qui prccède h iraductiun des fragmçns qui nous restent de ses pièces.
On a peu ôe? omieigxiemens sur Philémon , qui fut souvent le rival heureux de^Mfcnsidiie , et de qui Apulée a dit : forta^se }mpar\ €€ttt ûtrnulus. Nous connaissons le titre d'environ cinquante pièces de ce poët^, qui vécut environ cent ans; sa mort est racontée de diverses maiTiéres. Il en est une qui permet de désirer qu'elle ait été la véritable; ctAt celle qui aprend qu'il mourut en plein théâtre^ dans toute la joie d\ui triomphe et au moment même où il recêvéif la couronne-
Si cette version et oit la vraie, if ^udroit admirer, autant que la circonstance de teite mort, celle d'avoir remporté Je prix à cent ans.
Les fragmens de Ménandre et de Philémon et d'autres poètes COtniques et tragiques» ont été fecuriUis piusieuu fois ; Hug. Crotius
?s publia au commencement du X.VII/ siècle, IPPIT^me versàùn idne en yen.
En i709, Lecleic fit imprimer eu grec €t en latiu les seuls fraglens de Ménandre et de Philémotif son travail fiit lobjei de critiques
lères er souvent très-fondées»
M* Raoul- Rochette a. suivi l'excellente édition de M* Meînecke, >ublfée à Berlin en 182^ , et dnns laquelle se trouve un recueil de Ivers détachés et ranges alphabétiquement, au nombre de six cent
tatre-vingt-dnq* Chacun de ces vers forme un sens complet; îb
lexprimeni chacun une idée morale: mais ces sentences paroissem
'avoir été plutôt imitées qu'extraites des ouvrages des comiques grecs,
par des personnes qui auront voulu les réduire à fa forme d'un vers.
Pour faire connoître le mérite du travail du nouveau iraducieur français» il sufRroit s.ins doute de quelques citations, d'après lesquelles on pourroit en apprécier fimporiance j mais je croîs qu'on me saura gré de joindre à ces citations quelques-uns des mêmes passages imités d'une manière agréable et facile par M. François de Neuf* chaieau y qui avoit lu, soit dans les séances particulières de facadémie française , soit dans la séance publique de l'Institut du 24 avril liîio, des fragmens d'un ouvrage inédit, la Phi/osaphie des prêtes, QU se trouvent traduites beaucoup de tirades des poètes comiques grecs. . 1 Voici un fragment de Ménandre sur les prétendus avaniages de ta naissance , que je fais précéder de la nouvelle traduction françoîse*
CCCXV. c< Quoi! toujours ma naissance! Eh! ma mère, si vous » m*aiinez , cessez de me citer ik tout propos ma généalogie. Ceux qui i» n'ont aucun mérite personnel, ont recours à leurs titres, font sonner >• bien haut la noblesse de leur extraction, et nous étalent la longue w liste de leurs aïeux ; mais demandez-leur autre chose, ils n'ont pins n rien* Cependant, est-il un seul homme qui n'ait des aïeux, qui ait » pu naître sans en avoir! ou bien ceux qu'un changement de lieu, a» la disette d'ami ou tout autre accident, ont mis hors d'état de pro* >» duire les leurs, sont-ils moins nobles que ceux qui ont cet avantage! 3p L'homme né pour la vertu , ma mère , est toujours noble. Nous » méprisons le Scythe; mats n'étoit-ce pas un Scythe que le sage Ana- !• charsis* »
Imitation di Aï. U comte François dm NeufchAteàu.
Ah! ma mère, pardon l maif vraiment m me tues Pe ces histoires-là si louvent rebattues i Cesse de i&f parier sans En de mes aïeax ,
zzz
lu
jov^k^fmiT^AffS,
Et de vouioïr tUNtotlt ^e j'en loit {lorieciY. C'est Pasylc de ceux qui n'ont point de mériic; Dn tàletit, des Vértiii, penieMu tjti^oA liéfiie Ainil que de ces bien* qui des pères aux fils Arrivcrit , par la lof , d'âge en âge tranfihh î Mats quelfê dtâfiéteitee! Oti ne tient pas des autres ^^ Des faletiS, dés VeMos qui sôtetlt vraiment fes nôtrèl; Par un tort étranger je ne mis poi^t noîrd t Le vice est personnel; rh<>ntte«r deit Pêtte aftis». Qui compte tes aiWt ne fait rien* à tout prendre. De quelque homme, en effet, tout liommc doit deseendre; Et quand ii védi itbfnbrer ses aïcui préietidus. Si, par quelque mMhèur, ses litres sont perdus , Perdra-i-i1 avec eux la noblesse de Tame, La seule <)firî *ort digne enfin qu'on la réclame! Les penrftafts géncretnc, les eïpîotts personnels, Voilà, n>n doutons point, les titres éternels. Anai^artîs» venu du fond de la Scytbie, N'avbit de sa naissânee atieune garantie; On ne demanda point quel père il avott eu, Et la Gréée en tîo Scythe honora ia vertu. Les (îoates cotîTÎqttes gftcs se iont souvent occupés de la nature de riioitime; (epaïiage tuiiwit fera souvenir de fa but rième sÉtlw? <Jë floileaa. '^^^ ^^^
'^'cccirjii. et Les ànff^ati% sont héâucotip plus heurettx et beaticénp iplus sâ^és «îne rhomiiie. Sans alfer plus loîn, jetez les yeux itir cet » âne que vofcîr tout le montfe convient qi»e son sort esKies plus à li plaindre ; maïs }( n'a de maux que cenr^ue fut imposa la nMore; » il rt*en a pas qui lui viennent de lui-même. Pour rtous, outre îés maux ji nécesTsaires, nous nous en fo^on^ s^ns ces^e d'éTrangerj: un éter- » nuement nous afflige; urte injure nous met en colère îiirtsortge nous » épouvante ; fe cri d'une choiietie nous gfece de frayeur; préjugés, » opinions, ambrrion , fois, Autant de maux ajoutés à ceux de ia » nature. >•
Imitathn de Af, U çomu François deNb^fchÀt^au,
Les' autre* animaur ^ à ITiomme comparés. Sont A\ }ù% hiè^fert iju'tîs sont pîus n4oi^éréi;
Disons KiiJi: uni !a MTeest'p^3$ sage ()ue lit cWncit/ Reçariez-fifti tfaboird cet anîmal ^e §(?nYn^, * ^^
Cet Jfne^ vU ot^jet <i*UD vulj;3Îre déibin; Eh b^l râo^f à W<^o 4^ç^j cojofood l'orgueil bi^m^in. li est bi^B p|ih«ttrc^9 U f#ut g^e f en copvie^a^; Afai^ ce n'çst pa^ 4^ lui quç yi^^ jamais sa peinç; Ou ppids dpi^t U garnît c'eit nous quî Tpcédoqs :
Maii rhomme, outre les maux quesoo jétat comporte »
Et dont , pour l'écraser , la charge est assez fofie.
Combien d'autres malheur va*t41 imagioei !
Qne d€ peîaes pour rien il aitne à &e dom\er!
Lut seul a des frayeurs aux Ip^es inconnues.
Qui lui ^it ainii £eu(! J^e^ .y^ops cojr^u^;
Un songt ridicule ou faspect d'un hibou,
Voilà ce <^ui suffit pour fendre un «âge fou*
Par un mot <je travers «n le Uesi^, op Fiji-rite;
H se fi^it uri tourruent q^u'un autre fit du inéxite:
U s'égare lui- iç^mei et court a,vec fureur
De chimère çn cbipière jet 4*e;trcur en erreuf »&c*
Pour compléter ce lableoii , j'alqutçr^ c^ttfl autrç irintation que
^M. te comte François de Neufchâteau a lait^ d'iin fragment d'Épi-
charme, rapporté dans le recueil de GrplÎMS, 1 6a.6 , i/ï^^/, p, 47^ »
[«t que M, RaouJ*Rocbette na pas admis dans le sien. En voîcî
td*abord la t^ad^ctian littérale que f e iàis pour anapacer rimitanon
f n vers :
,i^ La sagesse, chj^e £umé«, n*e»t pas le partage de Tbomme seul; a» chaque être vivant a aussi sa raison qui fe guide, Eo effet, cpnsi- I» dérez les femelles du coq; etl^ n'eniaotent pas des petits qui^ en » naissant , jouit^ent de la vie ; «'est en les œuvant quVIies la leur I» commtiniquent ; raaii icet esprit de prévoyance» ^]i(^ ne le tiennent y* que de la n^tui:e ; c'est la nature qui leur donne  toutes la même {'}> tni traction, «>
L'homme seul croit avoir la sagesse en panage;
Mais rinstinct de U brute a bien son avantage.
Descendez un moment dans votre basse-cour;
Voyez avec quel soin, quel zèle, quel amour ^
Oes iêmelles du coq la tendre prévoyance^
Durant trois fois 4^pt jours, sans perdre patience ,
Reste sur les poussins dans la coque enfermés,
Et qui, par leur chaleur^ doivent être animés.
Ce mystère étonnant^ qui Iç leur fail cpnpQhreî
xsz a
Ui JOURNAL BES SAVANS,
La natarè^ eUe sculeorst'leur-gtîde et leur mattre; Et b' ficre raison, qnf 9*àuK>ît pis mieux fiiit. De' cet aveugle instinct doit admirer l'efièt. M. Raoul-Rochette a admis dans son recueil deux fraginens considérables du poète Timoclès : il auroit pu y joindre un autre fragment rapporté par Grotius , p. Ô92 ; le poète grec y peint les cruelles privations d'un pauvre gastrohome, avec des couleurs qui rendent ce tableau aussi amusant que nos caricatures modernes dans (e même genre.
Je traduirai ce passage ^'et ensuitefe mpporterai l'Imitation de M. fe comte François dt Nieufchâteauw '
« II est agréable pour un homme riche de parcourir un marché >• fourni de mets rarreset délicats; mais, pour un homme pauvre, cette a» exquise abondance a quelque chose de pénible. Corydus , que per- » sonne n'invite» à ce que fe ci-oîs, s^occupe tristement à fkire iui- 3» même ses provisions po\ir d!fner cher lui* Quel ridicule il se donne ! » N'ayant pas plus dé quatre pièces de ciiivre , il contemple des an- M guilles, dts tortues, des langoustes, des thons. Agitant déjà ses dents » comme s'il mangeott, il parcourt le marché, questionnant sur l'excel- »Jence et le prix des mets; mais, effrayé de leur cherté, il se réduit M enfin au phas mauvais poisson. »
Imitation di M' François j>£ N£UFC H Atsau.
Au marché, le matin, l'on sait que tout abonde. Oh! d'un pavvre gourmand quelle douleur profende. Quand , pour dîner ailleurs manquant d'occasion , Il doit aller lui-même à la provision l Il retourne sa bourse, elle est i-ptu*prét vide. La halle cependant , à son regard avide Offre à choisir poissons, gibier, pâtés, gâteaux: L'eau lui vient â la bouche, et d etaux en éuux II faut voir comme il rode et comme il s'exusie Devant tout ce qui peut flatter sa fantaisie. Que de friands morceaux tentent $e$ yeux ardens. Et lui semblent déjà craquer entre %ei denu 1 Il marchande, en tremblant, chaque mets qu'on lui vante. La faim k presse, hélas! mais le prix l'épouvante. Trophenrenx si, laissant Tanguilleet l'esturgeon, H peut dans son uudis rapporter du goujon. Vwici un fragment Oèi-iemarquable parmi ceux de Ménandre :
SEPTEMBRE ifilj- p
CCCLXXXTX. « Tout homme nah avec son génie luiélaîre qui fe » dirige durant tout le cours de la vie; génie lu té faire , ai-je dit, » car il ne faut pas croire qu'il y air de mauvais génies capahfes de » corrompre et d'égarer ia vertu ; rien que de bon ne peut émaner » de fa divinité* >»
Ct; fragment a été conservé par S. Clément d^AIexandrie » Siramct* V, aôo*
M- Raotif-Roehette observe que ia belle doctrine exprimée dans ces vers de Ménandre fut celle de i'anliquité toute entière; et il ajoute ; ce Les MoraUs de Pfutarque , les Difsertaiions de Maxime cle »> Tyr et la Table de Cébès, offrent par-tout les mêmes idées; mais les >» vers de Ménandre les avoient plus profondément gravées dans » fesprit des hommes que les froides sentences des philosophes^ y>
II auroit pu aussi faire remarquer que Ménandre avoit proclamé ces belles maximes sur le théâtre lung-iemps avani que ces philosophes les reproduisissent dans leurs écrits.
Je Mavertirois pas que M. Raoul-Rochelte na traduit aucun des fragmens d^Eubule, dont un assez grand nombre a éré recueilli par Hug, Grotrus» si Tun de ces fragmens sur ceux qui se remarient, tiré^de la pièce intitulée CHRYSItLE, ne me fournissoii loccasion de faire un rapprochement avec des vers assez mahns d(j la Fontaine.
Je traduis ainsi le passage d'EiibuIe :
« Il mérite de faire une triste fin celui qui prend femme pour fa » seconde fois. On ne doit pas encourir un grand blâme la première » fois qu'on se mariet car l'homme ignore encore à quel malheur » il s'expose: mais celui qui se remaria éioit inexcusable ^ il savoit ce n que c'est qu'une femme. » '
J'aime à croire que le bon fa Fontaine connoissott cette boutade du poète grec, quand il écrivit les vers suivans:
Homme qui femme prend se met dans un état Que de tous à bon droit ort pent nommer le ptre;- Fol étoit le second qui fit un te! contrat; A l'égard da premier, }c n*at rien à lui dire.
La traducrion des fragmens des poètes comiques offre souvent dés tirades morales assez longues; on a pH' encore tn remarquer dans les diverses citations que )*zx fartes , ce qui jfï^riiietiroir de penser quelles étoient tolérées ou applaudies sur le théâtre d*Athènes autant que sur !e nôtre. II m'a seml>lé qu'il nVîî étoît pas de même du ihêâire des Latins ; Plaute et Térence v- ' ' ndomient que rarement Si de idiigues réflexions. Cette difiti il de composition de
^5o JOlîfltNAli DES SAVANS,
la pdft des Gi«c& el 4es Laiîiii serviroit à prouver queJei^SfïK^f.t t€nrs grecs aiinoieni ei appr^ioieac , plus q>ie les sf>çc(at^mi><lo^ ff^aiust les développemens moraux, tes ul»ieaux de 1^ société # ^nfîa C6i» détaili bfijfatu qui doivent être jugé$ par dei e^pfits e?(erçés et délicats. c\>
Les passages que j m eu occasion de ciicf de la traduction de M. Raoul- Rochette feront juger de son élégance; et j ose croire que le/ï personnes qui la compareront avec i original , applaudiront k s^ précision et à ^a fidélité. Le style du traducteur e^t toujours celui du ^tifet; |e dois cependant lui proposer un principe qui est sévère^ sHits doute, mais qui, à mon avis, est nécessaire pour donner k lit Yersîon d^un ou?n^ de Tantiquité cette perfection de couleur (ocale qu un goût exquis peut atteiKlre et exiger. Ce principe consiste à r^ jamais rendre des idées ou des images antiques par des expressions qui ne $e rapportent qu'à des moeurs, à des opinions plt;^ nvodemest et qui ne peuvent représenter littéralement l'expression de (original.
Je citerai à ce sujet les deux passages suivans.
Le fragment de Ménandre, ccccxLlil , ne se trouve pas dam te collection de M. Meinecke ; Je traducteur Ta tiré de la nouvelle .éduion d'Athénée, par M, Schweighatuscri tome 1, pag, ayô-i//*
•.i|k C'est une rude chose que d*étre jeté tout-à-coup au ^^ulieu d*ua m repas de famille , où , le gobelet en main , le papa prend d>bord la m parole pour débiter quelque;? vieux sermons ; puis la maman » la 3» grand- maman balbutient, &c« i»
Débiter quclqua vkux sermons est une locution qui , faisant allusion à nos prônes, à nos sermons, ainsi qu'elle est employée coni^ tatnment, n'auroit pas dû être choisie pour exprimer le passage original, qui dit simplement U pèn d*ahrd commenu un discours, wfiÊT^ç AfX*^^ Ae^or,
Le fragment du même poète, CCCXIX, est ainsi traduit :
«< 11 fiiui avouer que nous autres Thraces, et sur- tout les Gètei * »• auxquels je me fais gloire d'appartenir, nous ne sommes pas kru m sur (article de la continence* Nous n'épousons faroais moins de • dix, onze, douze femmes, quelquefois même davantage; si, par » quelque accident , un de nous nen a que quatre ou cinq, on ne vie regarde en ce pays*l^ que comme un célibataire» pu comme un u pauvre diable, n
Celte expression, comme un pauvre diable, faisant allusion au diable , su démon qu'adnaettent nos croyances religieuses , et qui étoit inconnu aitx Grecs de fépoque , ne me paroît pas exacte ; le grec dit
^SEPtÈMÏHE iBip ^^ fil
mfsifable, id^K^; pauvtt heri eûl sans doute mîeux rerrcfu rbrîgînaK Peut-être c'est pousser loin la rigueur; mais aussi c'est moim une oritfque que je i^is qu'un scrupule littéraire que je propose.
Il seroTt curieux de comparer plusieurs de ces fragmens des poètes comiques grecs avec des obiervaiions philosophiques , avec des peintures de mœurs des auteurs modernes % on seroîi étonné de voir que les anciens ont si bien observé ei si bien peint le cceur humain : mais ce détail meneroit trop loin.
Je regrette que M. Raoul-Rochetie, cédant À la crainte de grosstr le volume, àîl rejeté de son recueil beaucoup de fragmens de poètes comiques autres que Ménandre et PhiiémonT et qu'il se soit borné à un dioÎK. Les trois passages que f'aT rapportés d'Eubule , de Timoclès et d'Epicharmet et les nombreux fragmens aussi importans que l'aurois pu citer encore, m*ont fait croire que tôt ou tard on publiera en entier la collection de ces restes précieux de la litn rature grecque, et )e oie flatte même que le succès de cette édition du théâtre des Grecs que M. RaoulRochette a enrichie de ses note> et de la traduction des fragmens de Ménandre et de Philemon, ainsi que d^un choix de ceux des autres poètes comiques , donnera lieu 4 une réimpression où les fragmens omis trouveront place* et ne dépareront pas ceux qui ont été publiés jusqu'à présent* Par ces ju^Jtes regrets , ffe' crois faire apprécier Tiniportance et le mérite du travail du nouveau ftaducteur , ainsii que de rédition qu'if a dirigée , et indiquer suffisamment cous les éloges qui lui sont dus,
raynouard;
Histoire et Mémoires de l Institut rotai de France,
^,^^€iidmle des inscriptions et ùclles-lettres ; tome Vil. Paris ^
if 4e: ^imprimerie royale, 1824 (publié en 1825 )>/«-^/^
:tx> %2z et 43S pagesi avec trois cartes géogr^pluques et
-sept planches. t^wu^
Les deuit titres d'fliftoirt et de Afémdins divheM tse irokime en deux parties. La première, qui est la moins étendue, coniiem , i.* le i^ileHu de fétat intérieur de TAcadénire des inscriptions et belleslettres dejMifs (e comhiencement de l'année 1818 jusqu'à la fin de ^822 ^41 des travaux faits en commun, durant le tuéme imervalle,
2 JOURNAt I>JES SitVANS,
f>T^- •-/- -r- n:-n^' rcs OU par les co min b s ions créées dn»^^ 'f^i^ "^rij ^ jques xpniposèes par M, Dacter» re
pirpéruel* suc la vie ^t Jw ouvrages de MM, Nié]juhr,.Meaicik,t G- -né, ChoT ' ^ ^- r et Clavier; j."* ^analyse de oiizc iv . dont i .: MM. Bernardi , Brial^ Mongez ^
Caussiîi et le Prévôt d'iray. .Les notices que nous venons de rappeler éumi depuis loug-temps i . s par det» publicaiions particu'-— ^ ei Je> prugraiiimt^ ou ann- la plupart des travaux el ' .^""
Hitns de racadémie aydQt.#tè i^uérés dans ce Journal i nous devonf^ \ l'égard de cette première partie, nous borner ù exposer les sujets et les résultats des onze mémoires abrégés quVIle comprend, , ,>Fe||. M.. Bernard! a rassemblé les textes de Quintitien M de Tacite qui concernent I orateur Galerius Trachalus, qui a été consul sous Néron €1 quia survécu à Oihon. Quaire discours de ce dcri>ier sonx^ rapportés par Tacite» et rs cirjcoosiaiices permettent d^.cw^iie,.
que (e second, le troi^ième.i^t k quatrième avoient été composés par* Traçhalus. ,t . .. f
M métnoire dt M^ Brial a pour but de montrer que le personnagjp^ nommé Hugues de Aîeun par Ives de Chartres n*esi probablemem pa| distinct de celui que Sug^r appelle Humbaud^ seigneur de Saiuï^ Sévère, et den conclure que l'expédition de Louis VJ daas % Berry est de Tannée i ip4 ou ïioj» L*erreur que M. Brial cherch^, à rectifier est du genre d^ celles que les copistes oat occasionnéei^ [es uns en réduisant les noms propres à de simples initiales, et leurs successeurs en tnlerprétant fprt mal ces signes abrégés*
M. le Prévôt d'Iray, après avoir recueilli toutes les notions mythologiques relatives aux trois ce nti mânes ^ Briarée, Cottus Vt Cfygès, s'est appliqué à rechercher particulièrement ce qui concerne Briarée» son origine, ses alliances et ses actions. L'auteur pense que \h\ ceniimanes sont des êtres purement allégoriques et distincts des autres enfîins d*Uranus et de Ghé; qu*iFs forment entre eux un ensemble indivisible ; qu'auxiliaires de Neptune et de TOcéan , ils éloîeiit à regard du dieu des mers, comme les Cyclopçs à Tégard de Jupîrer; quil ny a pas lieu de distinguer plusieurs Briarées ; que les phénotnènci dont le Briarée mythologique e^t limage, se peuvent reconnorire'dans les lieux ou le Briarée historique est placé par les traditions.
Hérodote compare la distance entre la mer et Héliopolis \ celîa d'Athènes à Pise ET jttsqu*au temple de Jupiter olympien [ it«f ï3J nw r*ipy.,.]. Cette conjonction KAl adonné lieu d*élever b question dt savoir si l'historien n'indique pas ici deux chetnîni, st Pise et
SEPTE!\VBRE iSîJ- jj}
J^ T#m^ïelte' çôrft pas deux points di/Férens. M. Caiissîn présente plusreur$ observations géographiques , historiques et grammalicafes , qui Tendent à prouver qu'il ne s'agît là que d'un seul chemin qui abou-r li^soh , dansPise, au temple de Jupiter. Un autre mémoire de M. Caus* sin a pour objet de déterminer fa position des lieux que 1 hucydide iionimc* Hermahn et Mycùksse, En rapprochant les pnroies de I*historien grec de celles de Tite Live , ad Htrmœum {(uh rrûmiius ex Reatiâ m Eubœmi insulam est. M, Caussiii soutient que rHermxoii ou Hermaion éioît sîrué devant Salganée, sur le [)ord de la men La ville de Mycalesse n*é!oit éloignée de ce même rivage que de quinze stades ou une derni-h'eue: il est vrai que Pausanias , Etienne de flyzance ef Eustaihe dînent que cette ville est dans i'îiitérîeur des terres, h fjLf^'yîU; mais, $elon (auteur du mémoire, cette expression nexige pas qu'on suppose ici une longue distance ; car Strabon et Pline comptent Mycalesse au nombre des lieux marittnîes.
* Les $i% autres mémoires analysés dans ce volume sont de M- Mongez : î*an traite de fa chasse aux petits quadrupèdes, et pnriiculièrement au lièvre. If y est prouvé , par des textes de Xénophon , d'Oppien , d*Elien , d^Arrieni et par des inonumens i que les anciens ont employé dajii cette chasse divers j>rocédés ; qu'ils y ont fait usage de filets, de chiens, de massues et de flèches. Le même académicien s'est occupé des mesures gravées sur un rocher près de Terracrne, et décrites par M*Scaccja» ingénieur des Marais Pontins. Il en résulte que !e pîed romain éioît de deux cent quatre-vingt-treize tiiillimètres, ou pîus ap^ proximativement, o'^^spî^ijji [ lo pouces et un peu moins de ïo ifgties]. D*au!refi monumens ou d'autres déductions ont donné 294 jniftîmétres ou 296; doù }I semble permis de conclure que fa lom Joueur du pied romnJn a varié, qu'effe n'avoit point été déterminée par Wes procédés rigoureux, qu*t( n'est donc j)as certain que fes Grecs et le> Romains fiieut eu un 5yslème métrique déduit tout entier, par fa cjuadralqre et lacubauire, d'une seule niesure fondamentale.
tJn trobîèmé méyioire de M. Mongez n'est qu'un supplément à celui qiul a lu en iHoS sur fes masques des anciens, et dans fequeJ il i.*e>t tiîorcé de prouver que ces masques n^étoîenl point destinés à rénflireer hs son$. Le supplément, auquel t.nr donné lieu des peintures découvertes par M. Mai dans un j>alimpseste, ahourît à deux rtf^uftats ; i .'^ que fes masques à bouche enlr ouverte n'étoient jîas r<iservés aux pantomimes seuls, jnais qu'ils ser^'oîeni aussi aux acteurs qui foupient le^ toies de femme; a,** que fes masques à bouche béante i^mplnyoïçni pour représenter fes personnages du sexe masculin.
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JOUnNAL DES SAVANS.
Des inscriptions au-dessus desquelles se voient des mains levées, sont le sujet d'une autre dissertation de M, Mongez: il y confirme par de nouvelfes observations Topinion de Visconri, qui regardoit lem* blême des ntaîns levées comme une imprécation pour invoquer la vengeance contre Tassassin du personnage auquel Tépitaphe se rapporte.
On a long- temps cru que les vases appelés lacrymntoins étoient destinés à recevoir les larmes versées dans les funéraiHes; et depuis même que Schocpflin et Paciaudî ont combattu cette opinion, eJ(e i^est reproduite à l'occasion d'un bas -relief observé à Clermoni en Auvergne, sur un mur d'église. On y voyoît, en effet, dans un cortège funèbre, une figure qui approchoit de ses yeux deux petits vases de cette espèce. M. Mongez a examiné ce bas-relief, et y a reconnu tous les caractères d'un ouvrage du moyen âge tout-à-fait étranger aux Usages et aux idées de rantiquîté. Ce prétendu monument laisse donc la question entière ; et en la traitant une dernière fois, en ajoutant de nouvelles recherches h. celles qu'on avoit déjà faites pour réclaircirt M. Mongez a prouvé que les vases dits lacrymatoires conienoient les huifes odorantes que les parens et les amis du défunt répandoient sur sàn bûcher et sur ses cendres. Un sixième mémoire de cet académicien est déjà connu de nos lecteurs par l'analyse que nous en avons donnée dans le cahier de janvier 1 8 1 9 ( page 5 8 ) , et par la mention que M, Letronne en z faite, en rendant compte (mars i82j , p. 160, idi ) du tome II de l'Iconographie romaine, publit* par M* Mongez : il S'agir, en ce sixième article, de savoir s'il est vrai quOctavie ait récompensé Virgile de ses vers sur Marcellus au vi.^ livre de TEnéide.
La seconde parde du volume qui nous occupe aujourd'hui, contient le texte entier de huit mémoires, dont trois sont de M. Abel-Rémusat» deux de M. Silvestre de Sacy , deux de M. Walckenaer et un de M. de Pastoret. Les tomes précédens de la collection de l'Académie des inscriptions renferment les trois premières parties d'un travail trèsétendu de M» de Pastoret sur le luxe des Romains : il y a tracé le tableau historique de ce luxe pendant les six premiers siècles de Rome , puis au VJI.% et en troisième lieu sous Auguste. Le quatrième mémoire, qui vient d'être publié, embrasse les règnes de Tibère, Caligula , Claude , Néron, Galba , Oihon et Viteliîus, L'auteiu- a distribué sous chacun de ces règnes les détails relatifs aux lois 5om])tuaire5 , aux impots, aux produits et aux consommations de toute espèce, alimens, vètemens , meubles, décorations, édifices, àc. II a recueilli les textes des historiens, des philosophes, des poêles, qui peuvent donner des idées ou générales ou précises de tous ces genres de dépenses.
SEPTEMBRE 1825. '^k ns
8t tme matftre sur iacpielle il n'est pas toujours facile cTémblir des nouons historiques biea exactes et bien complètes; mais les faiis particufiers y abondent ; et quelle qu'en soit la diversité ou même i^incohérence, ils suffisent pour indiquer les progrès et les vicissitudes de tous les vices que le Juxe suppose et quil entretient* On peut trouver dans ce mémoire la preuve de Tinutilicé des lois somptuaîres et fiscales : on y voit les princes donner fexemple des profusions qu'ils ont interdites ou entravées , et les philosophes subir fempire des habitudes qu'ils reprochent à ieurs contemporains. Pendant les cmquante-sfx atmées comprises entre la mort d'Auguste et Tavénement de Vespasîen, le luxe ne devient pas plus élégant nî même plus recherché; mais il est de plus en plus efiVéné, monstrueux , dévorateur. Vitellius, élève de Tibère à Caprée , puis l'émule des déréglemens de Caligula, de Claude et de Néron, parvient, à force de vices, aux plus hautes dignités : Galba le trouve digne de gouverner la basse Germanie; car, dit le vieux empereur, je n'aurai point à craindre un homme qui ne songe qu'à manger. Efnpereur à son tour , Vitellius multiplie le nombre de ses somptueux repas ; il se feil inviter, le même jour, par plusieurs personnes, et il en coûte à chacune d'elles 4^0,000 sesterces ( 70,000 francs , en évaluant 4 sesterces de cette époque 1» 70 centimes » conformément aux tables récemment pul)irées par M, Letronne ). Suelone parle d'un festin dotmé à Vitellius par son frère, et oii furent servis deux mille poissons choisis et sept mille oiseaux. Toute l'Italie, selon Tacite, étoit chaque jour tributaire de la voracité de ce prince ; sqs pourvoyeurs occupoient toutes les routes d'une mer à l'autre. On voudroit pouvoir douter de ces excès , et sur-tout des dépenses non moins énormes qui tendoient à satisfeire de plus abominables passions. Il n'enlroît point dans le plan de fauteur de ce mémoire de joindre à Texposé de tant de faits . le développenveni des observations polin'ques et morales qui s'y peuvent rattacher; mais il a soîji d'en offrir par- tout les germes, et de faire servir fhistoire à finstruction des princes , des hommes d'état et des peuples.
Les deux dissertations de M, Walckenaer tiennent à fa géographie ancienne* L*une a pour objet de rechercher quels lieux antiques existoient sur une portion de la voie appienue comprise entre Barium et Egnatia , et parïiculièrement de déterminer l'ancien nom du lieu aufourd'faui appelé Polignano ou Pugiiano. Les géographes el en général les auteurs de fanliquité ayant laissé cet intervalle vide de noms, on est obligé de recourir aux itinéraires, à celui d'Antonin ^
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f^6 J O U R N A L DES S ^V AN S ,
à celui de Bordeaux h Jérusalem , à la table de Peutîiiger et auK nomenclatures de lanonyme de Ravenne, Une pieinière difiîculié consiste en ce que la mesure de cet espace n'est point indiquée d'mu manière unifarnie: c'est tantôt ireniesepi njilles romains , tantôt trentehuit, quelquefois irenie-neuf, et ce dernier nomlire est le plus exact: car on trouve précisément de Jiarîum à Egnatîa trente-neuf milles et un tiers, si Ion foit (e mille romain égal à sept cent soixante toises. En comparant et en rectifiant les différentes tables que nous venons de nommer» on en déduit qu'à quinze milles de Barium se irouvoii Je lieu appelé Aiiaatio Tunis Julianœ, aujourd'hui remplacé par Mola; à six milles ai^-delà, [a Tunis Cœsaris, dont les ruines sul»iiîiient près de la Tone di Rapagnolo; un mille f^us loin, Armcstum , dont San-Vito occupe maintenant la place; à deux milles û'Anncsium, U Aluiatio Tunis Aurc/idn/t , çorrçi^pond^iM au Pugtiauo ou Polignano moderne; ensuite, et à une distance de six milles, Dnium, maintenant Martenillo près de la Torre delF Ono ;à trois milles de Derium, ie Ponus Pedicuhrum , où est actuellement le port de Monopoli; entin à six milles de ce port» la ville Egnatia ou Gnatia» dont le nom s'est conservé dans celui de Torre dXgnazia ou Anazzo. On voit par c^es détails que ce canton étoit fort habité; aussi receloit-il un grand nombre de débris antiques , et Tauteur est persuadé qu*on en découvriroit bien davantage^ si Ton se donnoit la peine d'y faire des fouilles.
M. Walckenaer a pris pour sujet d'un autre mémoire , les dénominations de portes caspiennes, caucasiennes et all>aniennes p appliquées aux délilés de la chaîne du Caucase* Selon PliJie ( Hist, nat, L vj , chap» II), cesl par erreur qu'on a donné le nom de caspiennes aux partes caucasiennes que la nature a formées par l'interruption subite des montagnes, et que Tarr ouvre ou ferme à son gré au moyen de portes réelles composées de poutres ferrées* Au milieu coule une rivière : sur une roche voisine s*élève la citadelle Cumanîa; et là, une portion du globe est séparée de l'autre en face dMiannasiis » ville des ibères. Au chapitre XV du même livre, Pline sexprime en ces termes dans les éditions du P. Hardouin, de Brottier et de Franzius : CorrigfnJus est inar in hoc hco multarum , i^rum eiiam qui in Armi'* nia ns proximi cum Corbulonc gessên^ Nawque hi Caspias appiilawre porhu Ibcriit quùs Caacasias diximus vùçari ; situsque dcpiiti a indc missi hoc rt^men inscriptum kabenf* Ei Ntr&nis principis cmttminaiio ûd Cfispins pcnds unden dicebalur , cum piUrti illas quœ pir Ikriam in Sannahis icndunt , vix ullo , ptùpttr apposUcs monta , aditu ad Caspium
que^ po«i< rendre ce it!<(e intefli la poncuiation ,*^
metti^' un ^ point aprè* /?f// ensuite: Ad Cnsphtm mare sunî^
( antem ' . ':, et traduire : ^* .i-iatâ Jes^ «iutre$ porie4 ( âu:K(jueNts^ï »€ippù}> ïtablaneiH h n^m de ptfrtts laspunfta ) , sont vers fa'i
jï'iiter Caspienne, près de la nacioii dei Ca5j3iemî ei Ion ne i*>eut^J 3> puiser la tonn i ' ■ ' noerne que dans les écrh^f
^^ de ceux quj -I i o " loutefoîs, même après*
celte correction, il y a lied d^eKaminer encore si Pline a raijoiiy d'accuser d'erreur se& cdntemporahis, et si ce n'esr pas lui qui se trojnpe en déclarant que les portes caucasiennes ne peuvent êtrell app^elés taspknnes. M* Wakkenaer cite et discute d^s textes de Srrabon , de Tacite, de Suéïone, de Procope; il en rapproche un<f< posirion indiquée dan^ la table de Peutinger, et il conclut que*^ les noms généraux de Caucase et de monts Caspiens désignoient fiii même chafne; que les auteurs qui appeloient le défilé du Téret ou' de rihérie , perles caspiertnes , se servoient du véritable nom , de* celui qui éroii le plus ancien, le plus usité chez les naturels du' pays; qu*én fin Pline a ignoré qite le Caucase se nommoit Cûsplus^^ Or, non-.eulement la chaîne entière prenoitce nom, mars il apparlenoit plus proprement à Tun des monts qui la composent; car Sirabon* nous apprend qu'Érathosthène comptoit de Dioscuras au Caspius ciiiq journées de chemin; et Hipparque, du Phase au Cdspius, mille srades: ce» distances précises et d'autres du même genre, quTratos^'tl thène âvoît déterminées, n*éioieni applicables qu'à Tun des sommets^^ d'une si longue chaîne, qu'à cefuiqut^ par sa plus grande élévation/^ réelle ou présumée, dojninoit tous les autres et leur cumn>uniquoit sou^ nom , ainsi qu'if est arrivé à Tégard des Pyrénées, de TApenniri , er'è^ des diverses chaînes d'Alpes, Grakœ ^ Pcnninœ , marîttmœ. Dans leî(J dernières pages de son savant mémoire , M. Walckenaer recherche quelle étOTt la position exacte de ce mont particulièrement appelé Caspiuf,^ et sous quel nom moderne on peut le reconnoître. Les relations des' voyageurs, et notamment de M. Klaproth, indiquent aux deux exiré-^ mités du Kourdsch , fElbourz et le Kasi-beg, qui sont les deux' sommets les plus élevés de la chaîne caucasienne, et entre lesquels;^ ia distance est de quatre-vingts milles géographiques. L*£lhourz est\ non-seulement le plus haut, mais aussi celui qui répond le mieux' aux mesures données par Strabon d'après Eraiosihène et Hipparque : on a donc lieu de croire que c'est lui qui représente le Caspiu;^*
■j^8 JOURNAL DES SAVANS,
« Maïs y ajoute M. Walckenaeri si Pliiie avort tort d'accuser d'efreirr >t des auteurs qui n'ea cpmmettoient aucune, il avoit raiî»on de vouloir 3> désigner le déâié du Térek parun nom qui en^péchat de le confondre ^ avec les portes casprennes traversées par Alexandre, Seulement le n nom de portes caucasiennes i qu'il préfère à tous Jes autres , éiott » encore mal choisi ; car tous les défilés du Caucase » celui de TAIbanie ^ :» celui de la Colchide et autres» pouvoient aussi prétendre au nom » de portes caucasiennesi et ce nom ne les distinguott point des » défilés qui traversent la chaîne de montagnes au nord-ouest de )» rindei qui portoieni aussi le nom de Caucase, n
Nos cahiers de novembre 1816 et d'avril 182J ont fait cormoître deux prejuiers mémoires de M, Silvestre de Sacy sur la nature et les révolutions du droit de propriété territoriale en Egypte* depuis la conquête de ce pays par les musulmans jusqu'à l'expédition des Français. Cet important travail est terminé par un troisième mémoire compris dans le volume dont nous rendoru compte aujourd'hui. Mais ^ pendant que l'auteur achevoit de traiter ce sujet , M* de Hamnier publîoit un ouvrage sur la constitution et Tadministration de l'empire otlom an; et en y exposant l'espèce de système féodal qui existe entre le gouvernement» les bénéficiers ou timariotes, et les sujets qui cultivent ou font valoir les terres , il soutenoît que, dans le^ états musulmans, les pro* priétés foncières ne sont, ne peuvent être qiie des concession^ du prince. Al. de Sacy f qui a déjà combattu cette opinion dans le Jo^'|.nal des Savans ( juin 1 8 1 S , pag. 335-341 } > et dans son second mem^ re , la réfute encore au commencement du troisième, et ajoute surtout aux hiu et aux textes sur lesquels il s'est fondé , un passage cfe Makrisiy où le droit qu'a l'imam de disposer des terres délaissées et désertes est établi sur des décisions particulières de Mahomet» ce qui auroit été superflu, si toutes les terres avoient appartenu de droit divin :\ rimam. Reprenant ensuite la séiie chronologique des faits au point où il la laissée, c'est-à-dire, au règne de Saladin, M, de Sacy observe que dès-lors l'usage de donnef des domaines publics en apanages étoit connu en Egypte ; Makris^i en fournit des preuves. It y avoit tn Egypte, avant la dynastie turque, des apanagistes qui tea^iéut des khalifes ou 4e$ émirs , des domaines à titre gratuit; et il y avgit aus^i des fermiers, gens de guerre ou simples cultivateurs , arabes , coptes ou de toule autre nation, qui, moyennant un prix ou un^ redevance fixée pat des encbères, exploitoient les terres du gouvernement. Ct^ feffme$«:«n devenant, en quj^lque sorte, empi les, donnèrent naissance
au syslèi^e général d'apanage adopc- ^ la suiie, £«ire les mains
SEPTEMBRE t^ry jjj
΀$'gi^m de gdt^rre et dès personna- de fonctions publiques.
Mes baux à longues années prépare* ^lU i ^L....liss^mem des apanages I militaires en remplacement de la solde, Ce^ changement de la solde
en dotations n'est m antérieur k Tert 5^7 de l'hégire, ni postérieur à 1697: à ce dernier terme, on voit le nouveau système en pfeîne
I tîgueur. Aimélic-almansour Ladfin , qui régna de 6^6 à 699 ( 1 296
II t ipp de rère vulgaire ) , exécuta uii nouveau cadastre, c'est-à-dire, un |nouveau mesurage et une nouveîfe répartition de rimpôt* Dix huit ans .après, le suhan Ahnélic^Aînaser Mohammed fit une opération du
liïîême genre , et il en résulta .que de viitgt-quatre ka rai s (ou poftioni) qui comprenoîent toutes les terres d'Egypte , dix furent réservés au l-^ultan et à sa maison, et quatorze employés h former les apanages Ides émirs et des hommes de guerre, La suite des récits de Makrîsi l'donne Heu de présumer que, sous le gouvernement de Barltouk ( t 382 à 1599 de notre ère) et des Mameloucs crrcassiens qui lui succédèrent , beàucotip d'apanages concédés précédemment à des mïKitaires, furent réunis au domaine des sultans, ou donnés par pure faveur à des courtisans, oti vendus h, vil prix, ou cédés au moyen I de \'^nies fictives* Il paroît que Thérédîté des apanages devint trèstommune sous cette dynastie; et M. de Sacy conjecture que Tun des moyens employés pour rendre héréditaires des concessions qui ne dévoient être que viagères , et qui pou voient même être révoquées , ifut de les cortvertir ^n wakf ou fondations pieuses, ou de les hypothéquer à des rîzka oii pensions en faveur des professeurs et des :iutres membres de l'ordre ecclésiastique. C'est ce qu'on a droit de iftoncfiire d*un procès-verbal dressé par le vizir Ali-pacha, Tan 957 de rhégire ( ijjo de J* C. ) ; et Ton voit d'ailleurs par fédît de iSoIiman pour l'adjnînistratiort de TÉgypte, que les princes crrcassiens pirvoient accordé aux concessionnaires la faculté de transmettre les apanages à leurs héritiers; car Soliman révoque expressément cette permission. Ces détails et plusieurs autres que nous ne pouvons indiquer tcî , tous puisés dans les meilleures sources , font connohre aussi bien qu'il est possible le régime administratif et financier qui s'est maintenu, sauf diverses altérations, jusqu'à loccupation de FÉgypte par les Turcs, et qui s'est conservé quelque temps encore sous les princes ottomans. Le système qui depuis a remplacé les apanagîstes par des multézim ou fermiers, ne diffère pas essentiellement de rinsiitulion précédente; il s'en rapproche d'autant plus, que ces fermes ont été le plus souvent accordées à des militaires, qu'elles sont devenues héréditaires ^ et qu'enfin elles ont pris , à beaucoup d'égards , le
caraciêre de vérîtalifes prcprr :'^ ^nns cesser ppunant dé r^i^^r^de5 ïr^ices de lear origine d le, -, ';
Votd le Tésamé chronologique de tout ce travail de M«<k 5 Awhe.^, en conquérant TEgyple, sou^ te règne d'Omar, ne prcteiunrrnt poînr avoir d^truii les droits des propriétaires particulrers: les Kgyptiens s obligèrent h payer anç çnpitation îndividweUe , et à loger et défrayes pendant trois fours, quand ils en seroieni requis » les soldats de fa ii:ition victorieuse; à ces conditions, ils conservèrent tous les droiu Cl toutes les propriétés patrimoniales que leur garantissoient les tiues de po 'urs à fa coiiquéie. Les chrétiens habitans des
villes I „,.,.. .. décharger de cetre cajmanûn en se fji^ant musulmans ; et pour fes hahitans des campagnes , elle se convertissoit cn une contribution foncière appelée khnrad). Mais il faut observer quen Fgypte les terres sont plutôt des propriétés communales dont retendue varie après chaque inondation, que des possessions individuelles; qu'ainsi chaque jîropriéîaire a droit à la culture d'une partie nliqnote du territoire d'un village et ne possède point une étendue de terrain invariablement fimitée. II s'ensuivoit que les sommes dues par tous les contribuables d'an villagç , r»^ formoieni qu'une seule Côte k répartir entre les individus à raison de la partie aliqnoie qu'ils ru(tivt:)ieni. Converti en kharadj, cet imjjôt demeura exigible sans défiilcation pour les chrétiens qui se faisoient musulmans non pUi$ que pour les musulmans qui succédoient aux droits des chrétiens par acquisition, donation ou héritage. En plusieurs provinces, ce Itharadi fut en tout ou en parrie remplacé par des livraisons de grains ci dauïres denrées en nature. On y joignit bientôt différentes contribua tfons indirectes; et |>eu à peu les révolutions, les guerrfîs civiles, les fléaux publics , amenèrent le gouvernement K se considérer comme Tunique propriétaire de toutes les terres sans aucune dislinciion. Il }es afferma par des baux de quatre ans, puis de trente, le plus souvent à des hommes de guerre ou à des émirs. Ainsi, vers le dé^ citn de h dynastie des Paternités, tout se disposoit pour recevoir le système dts apanages qu'une dynastie étrangère afiort établir, et q*ji a duré* avec plus ou moiji<ï de régularité, durant quatre cents ans, sous les de^cendans de Saladin , sous lej Mameloucs turcs , sous les Circassiens. Séfim et Soliman son successeur afiolîrent V\\{ixtàx\i àt% apanages : et Iç gouvernement , rentré en possession de tant d^ domaines, chargea des régisseurs d'en recueillir les revenus, en subordonnant à ces oftrcîtr^ des percep:eurs ou agens qui, après ^voir ri abord compté de clvfc a maître nvec les régisseurs, prirènï
SEPTEMBRE i8zj. ï«»
fn receit^^rfait et deymreiit de ^ ^^s feimiers; c*est Torigiue
des mulfézimi actuels. A mesure que *c;> itiiiies pr^r^ r-nt ^vaaiageusçis, les hommes puu&aus les recberchèrt'nt: peu à j se sont con-
cenirjées enire^Iej mains drs niiJiuirei» pli^s tard entre celles des 'jeys , et sont enfin rtidcvenues •hércdiiaires- Tels spnt les résultats d*un travail qui, par h profondeur des recherches, pr la rigueur de la tritîqre et par la précision du langage » r\ou^ pareil jeter sur une matière qui étoil restée fort obscure , les plué vives et les plus sûres fumières.
En yisitam les archives secrètes de la république de Gènes ^ M.5il* vestre de Saçy y a remarqué un traité conclu à Péra, le 2.y mai f jRt» entre les Génois et un prince bulgare nommé Juançhus, tïls de Dgbordizé. On voit immédiatement, par les dispositions de ce traité, que Juanchus et la plupart de ses sujets professoieru la religion clu-éfienne selon le rit grec; que ses ambassadeurs avgieat besoin d'interprètes pour négocier avec les Génois ; que les ppsseisiojîs de Juanchus dévoient élrc voiiiiaes de h colonie génoise de Fera ; que les relations commerciales entre les deux états avoieni lieu par terre et par mer ; qu'enfin des Bulgares et des Grecs composoient la plus grande partie de la population gouvernée par le prince Juanchus. Il s'ensuit que ses états éioient situés dans la partie de la Bulgarie qui est bornée au sud par rHxmps, k Test par (a mer Noire. Cette contrée ^'appelle aujourd'hui Dohrudjé^ nom qui se rapproche beaucoup de celui de Dubordizé, père de Juanchus. Dans le langage actuel, le Dobrudfé ne s'étend pas, à 1 ouest , plus loin que Silistrie; mais M. de Sacy prùiive» par d^s textes d'historiens et de géographes, que le nom de Dobrudjé a été quelquefois appliqué à toute la Mcesie, quelque^s aussi restieioi k la Mœsie inférieure ou Bulgarie- Chalcondyle raconte que le roi de Hongrie , LadisUs , parti de la Transilvanie, passa fe Danube, entra sur les terres de lejnpereur grec» et vint camper non loin du Pont-Euxin, dans le pays de Dobroticxus le Mysien, Dobrotiocus est sans doute Dobrudjé î cest le nom d'un prince mysien auquel ce pays appartenoit ou avoit appartenu. Ce nom est sans doute d'origine slayonne; mais on sait, ^^ plusieurs témoignagesi que la langue des Bulgares diffère peu de celle des Serviens , qu'elle est un dialecte slavon. A travers les ténèbres qui couvrent Thistoii^ des derniers temps du royaume de Bulgarie, on démêle que le prince Alexandre , qui régna depuis I j jo jusqu'en i 3 jj, laissa quatre fils : le quatriëmei que les bhtoriens ne nomment pas, est probablement Dobrolicaeus ou Dobrudfé» père de Juanchus ; et Ton a lieu de croire que Juanchus tuj-mème est
Bbbb
JOURNAL blfS^^XVANS,
le personnage* cjue des écrh ams turcs désignent par It nom de Do* briua Oglî, fils de Dohritza, et quils font régner^ en 1388, sur la conirée même qiii e^l îndSqoée dans h traité de i 387, La Huîgarie na clé entièrement réduîte sous In doniînatîon ottomane qu'en » Jp^ > ou même qu'en 1 jpG, lorsnue linjazet eut vaincu, prés de Ntcopoli» (e roî de Pologne, Srgismond. M* de Sacy a joint à ce mémoi^ le texte du traifê qui en est lobjet, et deux autres pièces qui coniribuent à établir les résuftnts que nous venons d'exposer,
L*un des trois mémoires de M, Abel-Rémusat contient |îes recherches sur fa vie et les opinions de Lao-Tseu , philosophe chinois du Vl/ siée le avant Tère vulgaire ^ né vers la fin du vu/ dans le voisinage du bourg de Lî. Ce bourg étott du ressort de Kou, ville du troîsième ordre, qui dépendoît de fa principauté de Tsou, mâîs qui éfoit alors soumise aux princes de Tchin. Laotseu fut revêtu, à la cour impériale des Tchtou, d'un titre équivalente celui d'historiographe et d'archiviste* Confucjus, jeune encore, vint le consul'er sur les cérémonies, sujet fort grave aux yeux des Chinois î et Ton a conservé le souvenir d'un discours que tint alors Lao-iseu : et Le sage doit suivre le temps »et S'accommoder aux circonstances; en profiter si elles sont favon râbles, céder à Torage dans le cas contraire. La vraie sagesse est » celle qui se dissimule : gardez-vous d'un extérieur orgueilleux, el des «prétentions excessives. >> L'auteur de ces cotiseHs Jes mettoit en praîîque; îl se tenoii caché, il évitoît soigneusement tout ce qui pouvoit étendre sa réputation dans rempire. U avoit long- temps vécu dans les états des Tchéou ; mais voyant cette dynastie sur son décllh, il résolut de s'élrigrîer» et prit fa roiue des frontières de la Chine, Avant de les franchir, il mît au jour les deux parties de son ouvrage , ùii il traite, eti plus de doq mriîe mots, de h raîxtfn el de la vertu. U partit ensuite, et f*on n'a jaiuais su ce qu'il étoit devenu. Voilà tout ce que Ssema-th-ian raconte de la vie de ce philosophe; et cest en effet h ce petit nombre de feits qu'il faut fa réduire, si on veut la dégager des fictions dont l'ont surchargée les Tao-ssé, qui le révèrent comnie leur patriarche. Toutefois M. Rémusat ne révoque point en doute les voyages lointains de Lao-tseu ; il ne croit pas invraisemblable qu'à cette époque im philo^r] he chir^ois ait pénétré dans la Perse et dans la Syrie; et il trouve enfin, dans le livre qui fait le principal sujet de ce mémoiie, la preuve des communications antiques de l'orient avec Toccident. Ce livre, nommé Tao te ktng, a-t-il échappé à l'incendie de tous les monumens littéraires, ordonné par Chi-Hoangiiî II n*est pas certain qu'il ait été excepté de cette proscription j mais quand
SEPTEMBRE iSzj, J^î
îf y îiuroit éié compris» on a droit de présumer qu if s'en est conservé qudques exemplaires, ou quil s'est retrouvé d.ins la mémoire des liommes. Après des obstrvaïions sur létal et le nombre des éditions ei des commentaires de ce traité, M. Kémusat conclut qu'il n y a pas un livre h h Chine, qu'il n'y a |>eui-ètre aucun ouviage de philosophie en aucun pays, dont ratuheniicjté soit aussi camplètemem à labridusoup çvn que ceHe du Tao-le-king- C'est d'ailtt-urs un fuît ires-imporiant dans rhisïo're de (a philosophie, que la conformité dt-S lêverie;» métaphysique» de Lao*tseu avec les doctrine» professées un peu plus tard dans les écoles de Pythagore et de Platon. Le philosophe chinois établit pour pren:ièrecau>e(a m/f<>;/, ir)ef}ai le, incrtée, type de Tunivers, et n'ayant de type qu'elle-même. Il regarde les âmes humaines connue des émanations de la substance éihcree, destinée ï s' y rejoindre quand elles se s -parent des corps; il refuse néantnoins aux médians la lacuhé de rentrer dans l'arne universelle. II donne aux premitri prinui>es les noms des nombres; il rattache à un (ou â-Tun)! à deux, k trois, toute h chaiiie des êtres ï il compose une triade mystique ei suprême* soit des ifois temps de Dit-u, solide ses principauît aiiribuis ou de ses actions, et il la désigne par le nom trigrammarique / A/ u'eï ou /. H. K, mot étranger ?i la langue chinoise, et qui paroît matériellement ideaitique à lAO. X)n retrouve enfin, dans les deux parties nu livre de Lao-tseu, fes dogmes et le* opinions des Orphiques, et de ceîie aniîqMe philosophie orientale que Its Grecs allai^^nt étudier h fécule dt-s Egyptiens et dt's Thraces. Ce mémoire se recommande à-laTuis jiar une méthode lumineuse et par la haute importance du sujet.
Un second mémoire de M. Rémusat est iniiiulé Recherches sur la vîUe de Kara-Koroum, avec des éclaircisseniens sur plusieurs points obscurs de la géographie de la Tartarie dans le moyen âge. D'Anville ptaçoit Kara Koroum à 44 degrés 21 minutes de latitude septentrionale, à loj degrés 4o minutes de longitude orientale du méridien de Farisv Quoique les géographes modernes ne soient pas d'accord sur la position précise de ce lieu, loas néanmoins, d après les observations des astronomes chinois, la supposent inférieure au 4^/ degré d\: latitude. M, Rémusat prouve par des itinéraires et des cartes, par des descriptions géogrnphijues et des détails historiques, que la ville de Kara- Koroum, autemeni appelée HQ-^in ou Honing, et qui a été, pendant tin certain temps, la caj^itale de I empire des Mongols» étoit située à une assez grande distance dei frontières chinoises, au nord du désert, au midi de la Selînga, sur la rive septentrionale de fOrkhon, à l'ouest du pays; des Mongols et \ foneat des mont* Altaï. K avoue qu'une
Bbbb X
déieriniDitio!! |ilus rigoureuse ne seroit que conjecturale ; mais il peme que l'emplacement de Talarho-Karabal-gasoun sur la carte des inîssîono^ïires saiisferoit aisez exactemem à louies les conditions de ce jiroLlènie , d autant plus que ce nom a aussi quelque analogie avec celui de Kara-Koroum» Or cette position est h 47 degrés ja minutes de latitude septentrionale et h ij degrés 21 minutes de longitude occidentale du méridien de Peking, ou à 100 degrés 4/ "Uiiuies de longitude orientale du méridien de Paris.
Les relations des princes chrétiens , et particulièrement dts rois de France, avec les empereurs mongols, ont fourni à M. Rémusat la matière d'un travail fort étendu qu'il a divisé en deux parties. L.* première a cié insérée dans le tome des Mémoires de racadémie qui précède immédiatement celui que nous annonçons : elle n embrasse que cinquante-six années, depuis la fondation du grand empire des Mongols par Tchinggis-khan -en 1 106 , jusqu'à sa division sous Khoubîhï en \z6z; mais elle-conlient des faits importans qui navoient pas été assez éçkircis ou rapprochés, et qui jettent un grand jour sur rhistQÏre des croisades du xiiJi* siècle « sur les négociations et les expéditions de S. Louis. En i 2.62 , une victoire que les Egy|>ïiens remportèrent sur les Tarlares cotisomuia le démembrement de I empire des successeurs de Tchinggis-khan* Des deux royaumes mongols qui se formèrent dans les contrées voisines de TEurope, fun , savoir le Kaptchak , n eut de relations fréquentes quavec les Russes , les Hongrois et les Polonais : M. Kémusat ne s occupe que du royaume de Perse , qui continua d'avoir quelques intérêts communs avec h France, parce qu*il sentoit le besoin de se procurer des auxiliaires contre les Musulmans, Ce netott plus de Rome ou d*Avignon , c'étoit d'une cour idolâtre que venoient les projets de croisades» Quand une paix générale eut été conclue entre tous les princes de la Tartarîe, depuis la grande muraille de h Chine jusqu'aux frontières des pays occupés par les Francs, le roi de Perse se vit en état de mettre à la disposition de Philippe le Bel, pour ime expédition en Syrie, deux cent mille chevaux, deux cent mille charges de blé » plus de cent mille cavaliers, La lettre en langue mongole où ces offres sont exprimées , et qui est de Tan 1305 , est un rouleau long de neuf pied, sur dix-huit pouces de haut, qui existe aux archives royales. C'est lun des mnnumens originaux que M* Rémusat fait connoître , et qu'il rapproche des récits historiques , pour rectifier et compléter le taLle;iu deces négociations. Il cun;pîe, dans lexuï/ siècle et dans le xiv/, jusqu'à qujnze ambassade^ envoyées par les
SEPTERtBRE 1825. jt
Tariares en Europe , sur-iout aux papes et aux rois de France > et neuf tentatives principales faites par les princes chrétiens pour (1 s*aHier aux Mongols. On ne cesse de trouver des traces de ce genre de relaiTons diplomatiques que sous le règne d*Abousaïd, qui a duré depuis I jiô jusqu'en i jjj , époque de la destruction du royaume mongol de Perse, Deguigîies et Voltaire, avoîent peine à croire qu'un roi tariare eût prévenu S. Louis par des offres de services ; et leurs doutes éioient fort légitimes, quand ce fait seinbloit ne tenir à aucun auire. Aujourd'hui qu'il se rattache à un grand nombre de faits du n>êine genre, il rentre naturellement dans (a politique et dans Thistoire de ces deux siècles. M, Rémusat a rassemblé tous ces fiîits; il a résolu les difficultés dont on pou voit les trouver suscepûbles, et il est parvenu à établh- par des détails, scrupuleusement vérifiés, le système général de cette importante pariie des annales politiques, Jl y a joint des observations curteliSGy sur les règles et l'étiquette de la diplomatie orientale; et if a terminé son ouvrage par des considérations sur l'influence morale des croisades et des communications qu'elles ont occasionnées entre des peu[>Ies jusqualors inconnus les uns aux autres. Des préjugés s'eflacèrent, beaucoup d'erreurs disparurent» le cercle des idées s'agrandit* On acquît des notions plus justes de la forme et de l'étendue des contrées asiatiques : on entreprit l'étude des arts, des croyances» des idiomes de certe vaste pnrrie de fancien continent ; et Ton eut même dès-fors fa pensée d'établir une chaire de langue tartare dans runiversité de Paris. Des connoissances et des pratiques depuis long-temps répandues en orient, devinrent en Europe des découvertes qui signalèrent h fin du moyen igc% La boussole, les poudres exidosives, rimprimerie tabellaire, les cartes à jouer et d'autres inventions, ont été empruntées h l'Asie par les Européens , qui fes ont perfectionnées et fécondées. « Ainsi, dit AU Rémusat en îînissant, des catastrophes dont Fespèce >» humaine sembloit n'avoir qu'à s'affliger, servirent k la réveiller de la >• téthargie où elle étoit depuis bien des siècles, et la destruction de vingt *> empires fut le prix auquel la providence accorda h l'Europe les y» lumières de la civilisation actuelle, w
Au dernier de ces instructifs et intéressans mémoires sont annexées les lettres et pièces diplomatiques des princes mongols qui y ont été citées, et six [ïlanches lithographîées contenant la copie figurée de deux de ces pièces, savoir, des lettres adressées à Philippe le Bel en 1285 et en 150 j.
DAUNOU
NOUVELLES LITTERAIRES
INSTITUT ROYAL DE FRANCE
Al. PirRRE-JuLES DelespinE, architecte, membre de rAcadt'mie d« beaux-arts, est mort le i6 septcml)re 1825; il éioii né à Paris, le 31 octobre I7j6. On lui doit le marché des Blancs Mantcaiix, et plusieurs travaux importans , dans In rue de Rivoli, à Saint-Roch , &c. Ses élevés ont, durant plu:ieurs années, obtenu des succès dans les concours publics.
Le samedi, i/' octobre, l'Académie royale des beaux-ans a tenu sa séance publiaue et annuelle ,, présidée par M. le baron (;ro8. On y a entendu un cloge historicjue de M. Girodet-Trioson , par M. Quarcnière de Quiiîcy , secrétaire perpétuel ; et un rapport sur les ouvrages des pensionnaires du Roi à l'Acadéniie de France à Rome, par M. Garnier. La distribution des grands prix de peinture, de sculpture, d'architecture, d« paysage historique et de composition musicale, a eu lieu dans l'ordre suivant :
I. Grands prix de peinture. Le sujet donné par rAcadémie^eioit, Anti^one donnant ta sépulture à Pclynice. Créon avoit défendu, sous peine de mort, de donner la sépulture au corps de Polynice. « Vers le milieu du »jour, au t avers d'un tourbillon dç poussière causé par un ouragan, des 3» gardes, appostés par Créon pour veiller sur le cadavre, aperçurent Anti- 9>gone faisant des libations sur le corps de Polynice et se préparant à le » couvrir de terre; ils s'emparent d'elle et la conduisent à Créon. m Le moment du sujet est celui où les soldats accourus la surpreofnent dans cet acte de piété. Le premier grand prix a été remporté par M. Sébastîcn- Louis-Williem Norblin, Français, né à Varsovie en Pologne, Agé de vingt-neuf ans et demi, élève ae M. Regnault, membre de rlnitiiut. Le second grand prix a été remporte par M. Jrap-Baptiste BiiARD, natif de Toulouse, âgé de vingt-cinq ans et demi, élève de M. G^iéfin , membre de l'institut, et de M. Picot, a L'Académie a arrêté de déclarer, dans sa » séance publique, qu'elle a éprouvé le regret de n'avoir pas un autre pre- »mrer grand prix à adjuger au tableau n.*» 5 , dont l'auteur est M. Elzidor *»Naigeon, de Paris, âgé de vingt-huit ans et demi, élève de M. le *> baron Gros. »>
IL Grands prix de sculpture. L'Académie avoît donné pour sujet de concours, Prométhée attaché au rocher. « Prométhée ayant dérobé le feu >*du ciel, Jupiter irrité le fit attacher à un rocher sur le mont Caucase, » ou un aigle devoit lui dévorer éierncîlcment le foie. »> Le moment du sujet est cclii! où Promé:hée est enchaîné au rocher et où Taîgle lui dévore le foie. {Sujet de ronde- tosse,) L'Académie a jugé qu'il n'y avoit pas lieu à décerner le premier grand prix ; mais elle a décerné un second grand prix à M. Fran^ois-Gaspar-Aime Lanno, natif de Rennes, âgé de vingt-cinq ans et demi, élève de M. Cartellier , membre de l'institut.
m. Grands prix d'architecture. Le sujet du concours, donné par rAcadcmie, étoit le projet d'un H otel-de-yilU pour Paris , édifice qui doit
être iîJuc sur le bord.de la Seine «^prcfédé. d'une pUce puhUque « ^t cuoiposé de quatre parties distinctes, savoir: 1.^ les bureaux de radmti>isitaitrtn générale ; 2,» les appanemens pour le conseil de préfcciurc ; 3*" le logemeiu de JVL le préfet; 4'** ui^ grand appartement royal pont les réceptions et les fêtes. Le premier grand prix a été remporté par JVK Joscph-l-onis Duc, de Paris, âgé de vingt-trois ans » élève de M. ChatiUon , architecte du Gou* vcrnemeut; et le second grand prix, par M. Auguste-Frédéric*Félix Pries, de Strasbourg, âgé de vingt-cinq ans, élève de M. Huyol , membre tL' l'Institut, L'Académie a décerné une roeniion honorable à JVI. Enenne- Théodore DoMMï y, Franaiis, né à Barnbeck , Bas se- Saxe, figé de vint iquatre ans et demt-r élève de M. Vandoyer, membre de rineriiuf , el de Al. Lehas, architecte du Gouvernement.
JV. Grands prix de paysage msTORiQUE. L*Acadéraic avoit donné, pour àiijet du concours ^ la Cfuisse de AJélédgre. *% Un sanglier énorme, «envoyé par Diane, ravageoit les campngncs, lîéracinoit les arbres chargé? 5» de fruits, &c. Méléagre rassemble les chasseurs et bergers des environs. "Atalinte est à leur tète. Aialanie tut l'honneur de porter le premier coup «au sanglier.» Le moment principal de l'action est celui où Méléigrc sauve Aralante des fureors de Tanimnl ble,^sé. La scène se passe à fcnt ée d'une foret. On voit dans le lointain la ville de Caîydon en Etoîie. Le premier grand prix a été remporté par M* Alphonse GiKOUXj de Paris, âgé de vingt-quarre ans et demi, élève de M. Uiroux, son père; et îe secrrid grand prix , par M. Jacques Brascassat , né à Bordeaux , âgé de vingt-un ans. élève de M* Richard, et de M. Hersent, membre de rJuitittii; et le deuxième seconde grand prix, par M. Jean-Baptiste Gibert , de la Poime-à- Pitre (Guadeloupe), âgé de vingt*trois ans, élève de M. Lethîère , «lembre de Tlnstitui. « L'Acâdéniîe a arrêté de témoigner, dans sa séance '» publique, sa satisfaction sur le concours de cette année, n
V. GRAiNDS PRIX DE COMPOSITION MUSÎCA.LE. Le sujet du cOncOurs a été , conformément aux réglemens de l'Académie royale dt:s beaux-ans : |.» un coïitre*potnt à la douzième, à deux et à quatre parties; z.» un i'ontre-poînt quadruple a l'octave; 3.** une fuglie 4 ifois sujets ei a quatre voîxi 4*^ ^"^ cantate composée d'un réciiatil obligé, d'un cantabile , d*im récitatif simpîej et termine pdr un air de mouvement; 5 * Ariane à JVajuos, cantate. Le premier grand prix a été remporié par M. Albert GuiLLJON , natif de Meaux, âgé de vingt-quatre ans, élève de M. Berton, membre de rjnsiirut; et, pour le contre-ptnnt, élève de M. Fétis, professeur a IVcolc royale de m^»siquc. Le second grand prix a été remporté par M, Claude- Joseph I^ARis , né à^Lyon , âgé de vingt-quatre ans, élève de M. Lesneirr, mendjre de l'Insthui; et le deuxième second grand prix, par Ah Adolphe- Charles Adam, de Paris, âgé de vingt-deux ans, élève de M. Boteldieu, membre de l'insiitur, et de M. Keicha, professeur à l'école royale de musique, pour le couire-point-
Le prix de la tète d'expression, fondé par M. le comte de Caylus , n'a peint aé accc/rdc cette anrée; non plus que celui de la demi-figure peintf , fondé par M. de Latour. La grande médaille dVmuhtion, dite autrefois prix dépariememal , a été remportée dans Técole d'architecture , pour le cours d'études de 182J , par M, Félix-Louis LefrI-UX , de Paris, âge
56g JOURNAL DES SAVANS,
de vingt-neof ans et demi» élevé de M. P^re» irchîtèete Ai CmiV««'h«-
mciii, de M. Vaudoyer» ineinbi^ de rinstkut, et de M. Lebil», arrhirettç
du Couvernemenc. * .^
La séance a été terminée par rexécution de la cantate» Artane i NâxW-, Les^ tableaux 9 les sujets de ronde^bosse, les plans d^irchiiectorc^^r i«% paysages historiques qui ont remporté les grands prix, ont été exposés , darArît les trois derniers jours de septembre et les trois premiers d'octobre, dans les salles de l'école royale des beaux-arts.
LIVRES NOUVEAUX
FRANCE
Phétoriqite française j exiraite des meilleurs auteurs anciens et modernes, par M. Andrieux , professeur en Tuniversîté royale de France , membre de pinsieurs académie?. Paris, impr. de Fain , librairie de Brunoi-Labbe , 182^^ în^S.*, 457 pages. Prix, 7 fr. L'auteur de ce volume est distinct de M. Andrfeux, membre dt l'Institut, professeur au collège royal de France,^
Biographie littéraire des romanciers célèbres, depuis Fietdîng jusqu'à nos )0iin,par sir Walter Scott, traduite en français. Paris, impr. de Cosson,' librairie de Ch. Gosfelin, iSij, 4 vol. in-ii.
Le Roman du Renari (1), imprime d'après les manuscrits de la Bibliolhèquc du Roî, des Xlll.«, X1V.« et XV.« siècles, et publié nar M. D. M. Mcon,' édfteur du roman de la Rose, des fabliaux et contes des XII.*, Xlil.*> xiv.* et XV.* siècles, &c.: 4 vol. in-S.'^ sur beau papier, avec 4 gravures; ouvrage sous presse, pour paroître en novembre 18^5. On se.fait insciire dés k présent, sans rien payer d*avance, i Paris, à la librairie Trcutiel et- Wiirtx , rue de Bourbon, n.* iy; à Strasbourg , rue des Serruriers; à Londres» 30 Soho-Square. Prospectus. « Nous croyons rendre service à la liiterature ancienne, et faire un vrai plaisir aux amateurs, de publier le roman du Renard , si toutefois on peut donner le nom de roman à une suite de contes tous pins piaisans les uns que les autres: on pourroit peut-être l'appekr avec plus de raison une risée, un gabet, en l'appréciant d'après ses divess. auteurs eux-mêmes, dont le premier est Perros ae Saint-Clost (Pierre ^e Saint-Cloud ), <pii vivoft au commencement du XIII.* siècle. Leçrandr d'Anssy , dans le cinquième volume des Notices des manuscrits de la. Bibliothèque dû Roi, en a rendu un compte assez étendu, quoiqu'il n'ait consulté que quatre manuscrits, et qu'il n'ait parlé que de viiigt-cinqbranch<?s.. L'édition que nous allons publier en contient trente-deux, non comprb le. Renart nouvel par Jacquemart Giclée, de Lille, divisé en deux parties, dans lesquelles se trouvent quelques vers des anciennes chansons de 00s trouverres, dont le chant est noté; et le Couronnement de Renard , don^ Lêgrand d'Aussy n'a pas eu connoissance. Ce roman a été traduit et imprimé en plusieurs langues dès le xv.* siècle. Henri d'Alkmar, mattre d'école ^ le mit en vers bas-saxons vers 1470, et en tira des moralités pour Téducation de la jeunesse ; Gérard Leeu l'imprima en prose flamande à Gonde en
(1) On m donné une idée de ce roman, pag. 134 et 235 du Discours sur Téiat des ■ lettres au xui.« siècle , tome XVI de HUnoIre littéraire de U France , W*'
SEPTEMBRE i825*
1479; Caxtoa U t'î^^î^M''* rîM hollandais ea atigUti, et le mie lous presse dioj Tabbaye de W en 1481 ; il en parut une tradacûon allé-
niacde à tutcck, en t^i^o, et à Francfon-»ur-le-Mein , en 1567; une autre traducdoa fut publiée en vers latins par Hanma« ScKopper, On le mit au four en prose ù , en 1566 ei en t7}9. *ous le litre de Re-
nard, 4>u U Pnyiis d^s i nfrn, Jçan-Chnsiophe Gotcsched en a donné
une édition en allcmanvi moderne à Leipzig, en 17^2, d'après rcdinon de 1498, Maif, chose assez particulière, ce roman n'a jamais été pvi^blic dans sa langue orij^tnalc. M. Méon, déjà connu par difierente» éditions d'ouvrages de poésie ancienne, ./» s'est occupe de ta publication du roman du Renard.,., L'ordre des branches n'étant pas le même dans tous les manuscHis, rédrteur a cherché a en établir un qui les liât ensemble; il pense que la classification tju'il a adoptée ne laissera rien à désirer. L'ouvrage a été collatîonné avec le plus grand soin sur dix mànuscrîi» des Xiii.*f XIV J et XV.* siècles* Ces contes formeront quatre volumes h-S.' , avec un glossaire des mors hors d'usage» à U 6n de chaque volume, pour en faciliter a lecture. Ils seront ornés chacun d'une gravure faite sur les dessins de M, Détenue. II en est tiré un pérît nombre d'exemplaires sur papier grand raisin vélin superfin , ainsi que sur papier grand raisin de Hollande. Les personnes qui désireront se le procurer sur l*uo ou l'autre papier , sont priées de *e faire inscrire à la librairie Treuttel et Wiirtz, à Paris, à Strasbourg et à ^Londres. Oh ne puie rien d*a\^nce. Le prix des 4 voL sur papier carré fin lera» pour Paris , de 36 fr*; sur papier grand raisin vélîn supernn , fig. avant la lettre, 108 fr.; snr papier grand raisin de Hollande, fig, avant la lettre, 120 fr.«
Le Déiût des deux demôpetlts. Tune nommée ta Np/n et l'autre la Tannée j suivi delà vie de S. Hareiic, et d*autTes poésies du XV.* sièclet avec des not^s et un glossaire. Paris, Firmin Didor, 1825, in-!!,*, jS4 pages.
Lêt Amours de Psyché et de Cupfdûti , texte de la Fonraine. figuret lithographiées d'après les dessins de Raphaël, par MM. Bouillon, Baugard» &€•>
tous la direction de M. Hipp. C*"rstel de Courvaî. Paris, impr* de F. Dîdot, bourg , rt.* 17.
iSaj, in-fclh.yu r6o fr,, chez M. Castel de Courvali rue Weuve-de-Luxenv-
^uvres de AlotUre^ en un seul vol. h-iS, et Chefs-d'œuvre de Pierre fi' Thomas Cûrneîlle, aussi en un feul voK in-iS, avec des notes extraites de* meilleurs commentJCeurs, et des notices pa»^ MM. Nodier et A, Martin» On iousrrit à Paris, sans rfen payer d^avance, chez^ B(' '• fa Souche, libraire-
éditeur, boulevart Saint-Martin» n," J. Le AI oh. ira en 14 livraisons,
et l'autre volume en 8. Le m£me libraire publie un BolUau, tn-iS, 1 seul volume, en 8 livraisons.
Œuvres de ÙcLrdeau, de rAcadémie française* Pari5, tmpr* de Rigaoux, libtv de Froment, lijiy, i vol, ifi-sz,
Èpitres (en ver? )> p-^r M* Alphonse de la Martine. Paris, tmpr, de Tastu, ïibr* d'Urbain Canel, ii>25, in-S/ , 2 feuilles et demie, Pr. 2 fr,
tes Alartyrs de S^uli , ou FEpire moderne, iragédie en cinq actes, par M. Népomucène le lVkrcier| membre de Tlnslitul. Paris, impr. de Tasm^ libr. d'Urbain Canel, «825, in-ê% lij et îh pa^^es. Pr. y fr. L*auieur, dant fj préface^ rend compte des motifs qui Tgot déiermiué à livrer sa pièce à
JOURNAL t>ES SAVANS,
riniprcssîon avant Je Pexposer tut la scène: il çiàtnînç qtietkr âotvent être Tcrendue et les limites de la liberté du théâtre. L'une des hardiesses dé M* le Mercier danê ce nouvel ouvrage , est d'ini^odulrc sur !a scène françaUele langage lîitme des nègres; il fait dîne à CKrtsteh
Africains ^ moiûMttspcct'^ it$ musuîmaos.
Pouvoir mieux que chrti Uir leurs scnumcn5;
î*uis jamais des pénis n*Jvoir fut \c passage ,
Va moîhs haïr trépas ^c haïr esclavage . * . .
O toî jAdhf mon chef, 6 to! qu'eu îiûs revers
Furopeens puoîr de repousser leurs fcn,
Tousijîntî martyr $acfi de la nce africaine .
Toi qui des poirs un jour avoîr roinpu la chame ,
Sî
SaVoîr mieux étouitcr n pitié poor tes ÛU,
Tof vivre êcç.
Confiance en pervers nous ôtcr ce héroi^ ^c,
Sig'ismonJ de Bourgogne, tragédie en cinq actes, par J* P. G. Vieuntl; représenie'e, le lo septembre 18:15 » par les comédiens ordinaires du Roi. Parii» imprr de Faîn, libr. de Dupont et de Ladvocat, /«*^-'
L* Auteur ce l'AvQCûi , congédie en trois actes ei( en| ^rs^^pix^M. P*ol DuDort, repréicntée sur le théâtre iVan^ats» le Z septi^aibce iS^j. VzttêiimfX* de Loiiin, libr. de Biunet; 64 pages In-S,*
Diciionnairt historique , ou Biographie universelle classique, ouvrage enii^ rement neuf, par M. le général Beauvais l't par une société de gens de lettres; revu et augmenté, pour la panîe bibliographique * par M* &ibier : première livraiion ( A- Bog. ). Paris , impr* de Cosson , libr de Gosselin^ 1 %x% , in-S.% 196 pages. L'ouvrage paruUra en six livraîsonj, qui, réunies, t^e f<>fmeront qu'un volunie J environ 1176 pages)» Prii: de cbaq^ue itvratso^p aur papier cavalier fin , 5 U* 50 cent, .
AtLts géographique t siaiistlque et chronologuiue des deu% Amériques et des Ues adjacentes s traduit de Tailas eiécutc en Amérique, avrc de nombreuses corrections et augmentations, par J* A. Buchon, Touljmpr. de Carez; Paris, rue Hautefeuille, wJ^ l'é. L'ouvrage se con>posera de 60 cartes et coulera ixo fr. Lçi 23 premières feuilles ont dtfjà paru en deux livraisons»
Voyage de l'Inde à la AIMe, par A*bd-Ou! Kesim, favori de Thar^ias- CouH-Kan; traduit de ïa version anglaise de ses mémoires, par feu M, Langlés; deuxième édhîon , revue et augmentée. Paris, împf. d'Évcrar, libr. de Nepvfu,, iSij, in-8/ , 270 pages avec trois planches* Pr* 5 Ir.
' Collectim des mémoires relatifs à V histoire de France, depuis la fonda ûpp de la monarchie française jusqu'au XIII.* siècle (traduits du latin, &c.Kavec supplément, notices et notes, par M. Guizot, professeur d'histoire moderne à fAcadémie de Patis; onziéme^livraison. Paris, impr. de le Bel , libr. de Prière , 1825, X vol. in'S,*j contenant, l'un, la Philippide, poëme de Guillaume le Breton (trad» en prose frân<j'aise), xif et 391 pages; l'autre, les detix premiers livres de l'histoire de Normandie, d*Orderic Vital (trad.), 439 P^^*^* Nous avons indiqué le plan et annoncé les premiers tomif de ce rccneil diins notre cahier de novembre 1824, p. 69H , 699, La publication en est fnainlcnanc ton avancée] il ne manque plus qu'un assez petit nombre d*artlcfcs, com'rtio'hi
^£;^EPJ^M#^E j8i5'.
vk,il« ^Çuillannic.Ie.Coî^^^î^r^nt, par Guill de Poitiers; celU de Philippe Âu&une» p£u Rigotd»t
/A A- ' 'j inïn frises pour la délivrance de la Tcrre-sauite , par
Cl Je Tanglais par Paul ^^^Yt ^* accompagnée d*un atlas
dt^ssiné Kl grave par Ambn Tardieu : lome L*' Paris» împr* de SiaUl, libn de Boulland, 1825, /«-tf^, 360 pages et 4 planches. Pr* 6 fr*
Histoire gtnéalogiqui et chronologique de la maison royale de Bourbon, contenant lei naissances, actions mémorables, alliances ec décès de tous les princes «t princesfes de cette illustre maison, avec leurs descendances directes,. depuis Koben le Fort jusqu'à nos jours, d'après les monumens et les manuscrits lei^ plus authentiques; par N* L. AchaiDtre, Cet ouvrage formera deux volumes. in-S.* , ornés des armoiries de chaque branche principale, et imprimes par M. Jules Didot, imprimeur du Roi. La liste de MM, les souscripteurs sera imprimée à la fin du tome 11. Prix de chaque volume^ papier fin satiné, 7 fr. 50 cent.; grand papier véltn cavalier, satiné et broché en carton, 15 fr.; le même, avec les an^ïoiries peintes en or et en couleurs* sur la demande des souscripteurs, 20 fr. On souscrit, à Paris, chez Mansui fils, éditeur, rue de rÉcofe^de-Médccïne, r.' 4.
Alétnoîres et correspondance de Duvlessis-AJornay, pour servir à Thistotre de la réformatioo et i^i guerres civiles et religieuses en France sous les régnes de Charles JX^ de Henri III, de Henri IV et de Louis Xlll , depuis Tan 1571 jusqu'en 1623; édition complète , publiée sur les ma'rsuscrîts on|inauj£; tome Xl et XIL Paris, impr. de Crapelet, librairie de Treutteï et w Ortz , lîi25; 572 et jjj pages. Nous avons, dans nos cahiers d'avril ce mai 1B2J, fait connoîtrê Je plan général de cette édition, et les articles contenus dan^les deux premiers volumes* Par les annonces que nous avons faites des tomes suivans , on a vu que le X.* conduisoît les Mémoires de Mornay jusqu'au mois de février 1610. Le XL* est composé de 287 pièce*, dont fa dernière est datée du 7 janvier 1613; et le XIL* en renferme ajr qui vont îusqu^au 7 mars 1614. Parmi ces 558 pièces, qui ont touTes un caractèi-e historique, on en compte environ 344 dont les unes manquoîcnt à l'ancienne édition, et les autres n'a voient encore été publiées nulle uart. Elles contribueront i jeter du Jour sur l'histoire de la minorité de Louis XIIL Nous nous proposons d'en rendre un compte pins particulier, quand cette imporuntc collection sera terminée. On sait quelle doit s'étendre jusqu'à Tannée 1623: elle aura ij voL
Histoire d'Angleterre depuis la première invasion des Romains , par J» Lii^gard , traduite sur la deuxième édition anglaise, par M. le chevalier de Royjoux. Paris, Carrié de la Charic, 18^5 ; tome IV, in-S.* Prix, 6 fr.
fc cent- On annonce que cet ouvrage diflère essentiellement de celui dé ^ lume; qu'il est composé dans un autre esprit.
Promenade aux cimetièrts de Paris, avec 48 dessins représentant les principaux monumens qu*on y remarque, et particulièrement Iï^s tombeaux éti personnages les plus célèbres, par M. P. D, T. A.; seconJe édition considérablement augmentée et enrichie d'un plan détaillé du cimetière du P* jJUchaise. Paris, impr. ei librairie de Panckoucke , 182J , tn-iZ, ^;^ Le Joueur à Paris , ou les jeux dans leurs conséauences sur la mgralité des ^individus et la fortune des familles, par M* A* Vivien, avocat à la cour
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royale d'Amiens; ouvragt couronné par la socirté âc U morale chrflicnrr«V dans sa séance du ij avril 1825* Paris, impr.de Fïrîn\ Hbraîrrt deL. C&tts» juillei i8a5j in-iSp vHj ei i63 pages. Dans tes cinq premier! chapîwet, rameur trace le lableati des differentci espèces dejeox privés et pabllcf^ des chances défavorablei au)cqaelles les joueurs s'exposent > des anHices dont îlf deviennent les complices et plus souvent les vicumes', &c. Les eflfets de îa passion dn jeu sont exposés dans les cinq chapitres suivans, Intiloîés : tHBp'ftal de Charenton , U AJet^Mnnt du èoutevan AUntmarrrt , tê A7&Ht dt piété f T^tstament d*un jouiur , L*ne Séance de la ^'fiur d* assises, — Le volume est terminé par le rapport fait à U soctéié de la morale chrétienne sur le concours quelle avoit ouvert » en proposant un prcx ail niellitui mémoire contre les jeux. . ^
Conseils flux Jeunes filles , par M.*^* Campan; ouvrage couronné p«i^ Tacadémie française* Parts, tnipr, de Faîn ^ trbrairie des frères Daudouiin» 9n*f2, 212 pages.
De l*lnjluence des femmes dans la sodéu, et de Timponance de leur éduc lion, par M-"^^ U comtesse de Flamarans. Douai, împr. dt Wagrcz, l^2.y , in-^i^, 360 pages*
Esprit du droit et %t% applications à fa polit îque et à Torganisailon de U monarchie constitutionnelle^ par M. Albm Fritot, avocat à la cour royale de Parts; ouvrage contenant le résumé de la Science du pubticiste par le même auteur, et propre à diriger le législateur, l'homme d*craf, rclecteur et le citoyen. Paris, Pochard^ in-S', y8o pages. La Science du publiclstt, composée par M. Fritot, a été publiée en onze volumes irt-S/'^ i8iy à 1822. Dans ïe précis qu*il en donne aujourd'hui, le droit est défini, la réunron, Pensemble des pHîîcipes de toutes les sciences législatives, c'est-à-dire, des régies qoîdorveni déterminer les rapports des honimes entre eux et dci choses entre elKs en matTCre de Icglsiatfon. La science de ce droit est divii^ée en deux parties» l'une philosophique ou morale, l'autre organique ou consiiiuttonnelle ; et la première est soudivisée en trois b'anches; j,** droit public , terme par lequel Tauienr entend ce qui régie les rapports, les droits et les devoirs de chaque homme' envers le peuple dont tl fait partie, et les obligations du peuple envers chacun de ses membre.-; 2.,° droit politique^ terme que M» Fritot traduit par droit dûË nations, celui qui régie les rapports et la condnîîe des différens peuples entre eux ; 3." drt/it des gens^ ou ( continue Tauteur ) droit commun , celui qui régie' les rapports des hommes de nations dirtérentes à l'égard des peudes oii sociétés dont il ne font point partie et à l'égard des membres de cts aiverscf sociétés. Telles sont les matières traitées dans trois livres dont chacun Côq*lient deux chapitres, l'un intitulé Bases des principes , et Tautre /^rï/re/^-i ou régies et applications. Ces trois livres présentent la solution d*un grand nombre de questions particulières, dfscuïées plus au long dans la Science du publiciste* La seconde partie, savoir, celle qui est appelée or^aniqui ou consthuticiinelle , se compose aussi de trois livres dont le premier concerne les gouvernement diverti, et se partage pareillcnicnt en deux chapitres , Base des principes et Principes; mais ce second chapitre a deux sections, l'une pour les gouverneniens simples, et l'aurre pour les gouvernemens mixtes. Les simples sont ici au nombre de cinq, démocratie, aristocratie» oligarchie, despotisme ei thcocratie. A l'égard des gouTernemeuj mixtes^ M. Fritot en /
- SEPTEMBRE 1815. jf^j
<3i5tfngue jusqu'à vîngi-sîx forme» princî{>ales» dont le tableau se trouve aux pjiges 6 et 7 du tome V de la Science du pabliciste. Le jecond Jrvrc de la deuxième partie du résumé ert consacré à la monarchie consiiiationnelle, que l'auteur déclare être Je gouvernement par excellence, Apréî avoir, selon M méthode constante, établi^ dans un premier chapitre, la ttise dfs prïtutpts de la monarchie , il eijpose dans le suivant ces jmnctpes mêmes , en les distribuant sous les titres de pouvotr It^ghhrif, exémtif ^ judkia'tn ; c'est la partie U plus étendue du volume. Le livre m , intiiulé Moyens de transît ion, est fort court ; il y est question de ta rédaction , acceptation et révision de la loi consiitutionnelle* Ce travail st recommande assez par fimportance et la matière.
Recherches sitr la nat'tona/ité , l^esprit des ptuphs atletnands, et sur les institutions qui serolent en harmonie avec leurs mœurs et leur caractère^ par Ff- L* Jahn; ouvrage traduit de Talleinand, avec des notes, par M* P. Lortet de Lyon, docteur en médecine. Lyon, Milon; et Paris, Bossange^ 1825 , //t-i!.**
Entretiens sut l'économie polithpfe dégagée de ses abstractîonî, d'après Adam Smith, Sa/, Malthus, Mill, &c. Parts, impr. de HuiardCoiurcier, libr, de BoulU^d^ j 8J15 , /fî-/2^ 4 0 pages. Pr. 4 fr.
'Du Commerce, des Douanes , et du Systhne des prohibhions , considéré dans ^s rapports avec les intérêts respectiis é^t nation», par M, Bi|lei fils aîné, de Lyon, avec des additions , par Al* Marie DumesniL Paris, inïpr. de Bouchard, irbr. de Renard, 182$ , in'S,% j6o pages. Pr. 3 (r. L'Académie de Lyon, dan» sa séance solennelle du ji aoiii dernier | a décerné une médi^ille à Tauteux de cet ouvrage. , .. ^',
Essai géologique sur la montagne de Botilade près d ' Issoln , ièpÈrttmcnt du Puy-dc-Dome, avec la description et les figures lîihographiees <lts ossemens tossiles qui y ont été recueillis; par MM. Deveze de Chabriol et J. B« BouiÛer ; rroîsiêoïe livraison. Clermont-Ferrand, Thibaui-Landriot, 1825, in-foi 6 pU
y^fét/iûde llchénogrûphique, ornée de 4 planches, dont trois coloriées, don» nant les caractères qui composent la famille des lichens, avec leurs détails grossis; par M, A. L. A. Fée, pharmacien* Paris, FirminDtdot, ië2$, i#J^^.% 104 P^g^s et 4 planches. Pr, 12 fr.
Considérations gétiérales sur la classe des crustacés , et description des espèces de cei animaux qui vivent dans la mer, sur les côtes ou dans les eaux douces de la France 5 par M. A. G. Uesmarcst, professeur de zoologie â Técole royale vétérinaire d'Alfort, &c. Paris, impr. de le JNormanr, libr. de Levrault^ 182J p tn-S,"
J)fotice sur un nouvel enseignement de la géométrie et de la mécaniqtte, appli* quée«.aux arts et métiers et aux beaux-arts; lue à racddémie des sciences, dans %à séance du 16 août 182J , par M, Charles Dupin. Paris, impr. de Fain; 16 pages in- 8,*
La nouvelle mécanique agricole , H5n l'Art de rendre l'agriculture une fois plus productive avec moins de travaux de la part des hommes j suivi de Taft de faire mécaniquement, par des moyens fournis par la nature, le tracé des routes, des canaux de navigaiion, de dessèchement et d'irrigation; le creusement des rivières, des carrières, des mines, «Stc; ouvrage contenant plui de deux cents inventions jusqu'alors inconnues; par M. Legris, ingénieurgéographe, Paris, imprim. de Béraud, libr. de F, M. Maurice^ '8-Jj in-8' , 496 pagei.
Truite Complet ii VanatQmU de Vhomme , comparée, dans ses potnnlei dIu$ imporwo*,â celle des animaux» et considérée soui le dôubte rapport de lliis^ tologie et delà niorpKoîogiè; par Hîppoïyte Cloquei, docTeut- m médecine et professeur agrcgé à la faculté de Parîj , &c. Prosrfectus. « L'ouvrage de M* le docteur H. Cloqact sera composé d'environ 4^0 planches tn-J.' , et dt* loo ou Jao feuilles de lexie même format, en rappon avec les figurées a t'aide de lettres oi^ de chiffres teltemeni disposé»^ que leur mohîplictié ne nuise en aucune façon à la netteté de citt dermhrts , toutes omfcrées d*aîlleui^i , autant que beioin , d'une exactitude de détails dont on ne possède encore que trop peu d^exemples malhcureuiement, et exécutées lur une échelle qui n*a force cPeo négliger aucun* Il sera tiré sur papiar cavalier, pour fe teite, en grtt»draisin vélin , pour les planche» litnographiées. Les caractcres seront en clcéro neuf. Il paroîtra le premier de chaque mois par livraison de di« planches et de deux à trois feuilles de leite* La première livraison sera mise en vente le 1,*' novembre 1B25, et les autres la suivront imroédiarement de mois en mois. Le prix est de six francs par livraison. On souscrit, à Pari^.à llmpri» merie lithographique de Brégeaut, rue Saint-Marc Feydeau, m*» 8, et chez Doodey-Duprc, père et fils. »
BiblioJiique alletnandif journal de littérature, publié k Stra ' , et
destiné, dit le prospectus ,« à donner des analyses» des extraits et
iîddcs des ouvrages les plus importans qui paroitront en Allemagne , à entretenir les lecteurs des événemcns les plus inicrcssans de la république de« lettres et des sciences. Il sera divisé en trots parties. La première traitera de fa littérature proprement dite ; la seconde sera consacrée aux sciences morales « politiques et religieuses; et la troisième « sous le titre de Vûriéies , contiendra des notices biographiques et un résumé de nouvelles iitiéraires ci scientifiques. »? La Bibliothèque allemande parohra le i; de cha^^ue mois» à partir eu || novembre prochain , par cahiers d'environ quatre leurlles d*ini u Prix,
pour Strasbourg, izff. paran, et 7 fr. pour six mois; pour 1 remens
( franc de port ), 1 5 fr. par an , et 8 fr. pour six mois ; pour IVtrarigcr ( franc déport ), 18 fr. par an, et 10 Ir» pour six mois. On s'abonne , â Strasbourg, au bureau du Journal» place Saint-l homas » n.^ 3 , et chez M* Alexandre, au cabinet littéraire, rue Brûlée, ii.° 18; à Paris, chez Treuueî et W^urix, et chei Sautelet et compagnie ^ libraires , place de la Bourir*
(Eiivres Inédites de J* Js Rôvfseau , suivies d*un mpplément à rhi«roire de sa \'ic et de ses ouvrages, car V. D. Musset-Paihay, Paris, impr* de Gaultier 'Lagutonie, librairie de P. Dupont , tS^ç, a voh in-S:' 4 viij , 50^, viij et 484 pag«* i-e tome 1- contient, après favertisscment des éditeur»^ 119 lettres de J.J* Rousseau; des notes marginales écrites par lui sur quelques livres; celles qu'il a mises sur un exemplaire de Vin-fol, intitulé la Botanique mhe  la portée de tout le monde, par les sieur et dame Regnault, Paiis , I7T4; et des additions à Thistoire de J, J., publiée par M. Musset Paibay en 181t. La première des 119 lettres est datée de 173^, et la dernière de 1738; 95 sont adressées aux libraires Duchcsne et Guy. On y apprend plusieurs parti* cuUrités relatives a la publication des ouvrages de Rousseau, et sur-tout de son Emile, à Tétar de sa fortune et aux livres quM achcioit; elles peuvent fournir aussi quelques traits au tableau de iu haottudcs et de son caractère. Entre les a4 autres lettres , on en distingue une à M/^^^ d'Houdeioi en
SEPTEMBRE iSzj,
*7Î5 f et dçtîx i Scfvati datéet de 1768. Toutes se Usent avec intéritj « 1*011 y a joint def notei plus que suffisantes pour le parfait éclaircissement det faits quelles rappellent. L^ observations écritei par J» J. sur les marges de quelques livre» ne sont pas nombreuses. Voici celle qu'il a niise sur un cahier de musique» à la suite d'un chant pour un chœur de nymphes :<t Je 'I Cfôis entrevoir dans ces essais quelque lueur de mlent naturefi mais trop «offusqué de mauvais gOL^ acqui?, pour que j'en puisse bien Juger» Avant de » prendre on maître de composition, il faut commencer par apprendre ce que »ct5 maîtres-là n apprennent pas, à scander ^ à ponctuer, à accentuer, à npiiraser. Cela s'apprendra en écoutant long-temps une bonne musique avec »uue oreille attentive et avide d'instruction» Évitez la musique moderne; ««étudiez Pergolése; et quand vous le saurez par Cœur, étudiez-le encore »jusqu^Â ce que vous n'ayez plus besoin d'appretidre la composition*» — L'exemplaire de la Botanique mhe à la portée ^fc, , annoté par J. J, Rousseau , exîne à la biblioihéquc de la Chambre de» Députés. On a extrait ces notes, qui sont en général' fort courtes : elles n'occupent ici 90 pages aue parce qu'il a fallu y joindre les leites quelles rectifient, A ranidc au Na pel ( Aconiium Afaptllus, Lino-J , Re^nault dîsoit que l'usage âe$ anciens éioit d'aiguiser !ear» tiéchcs avec le suc vénéneux de la racine de cette plante» et qtie leurs cruelles mains lançoîem avec le iVr le poison et la mortt Roasseaii ajoute: a Ne dircâl^on pas à cette tournure que c'ctoit une pratique com- »>niUDe parnrû les anciens* Quand nous le serons devenus, nos descendans, »quî se croiront plus sages , parce qu'ils seront peut-être encore plus bavardf , » ne manqueront pas de dire t Ahî les mauvaises gens que nos ancétrea ! »»ils mordoîent leurs balles afin que les plaies fussent incurables et qu*auciin n blessé ne ptlt échapper à la mort. « — Dans le supplément historique qui compose la troisième partie de ce premier \rolume, M. Musset-Patbay s*est proposé de répondre par des faits et par des dates à ce qu'ont écrit contw la mémoire'de J. J. Rousseau, Du Saulx, Servan, Suard , et des auteurs encore vivans. Ce qui concerne le séjour du philosophe genevois â Lyon qn 1770, est un récit fait par M. Horace Coignet , auteur de la musique de Pygmalion ; récit déjà publié dans les Tablettes historiques et littéraires de Lyon, à la fin de 1822. — Le ibme II contient une relation fort déraillée des visités faites à J* J* en 1774 à Paris, par M. Eymar, et divers autres écrits de ce dernier, totis consacrés à l'auteor d'Emile ; ce sont des apologies et des analyses de pes livret, avec des observations pareillement apologtfiques sur quelques*unes des actions qui lui ont été reprochées. Le dernier article de ce recueil est de M. Musset-Paihay î c'est un examen des jugemcns portés depuis 1822 contre J. J* Rousseau* ^- Cei deux volumçs doivent servir de complément tant à Thmotie de cet écrivain , indiquée ci-dissus , qu'à Téditioû de ses (Euvret en 22 vol, in-ff,* , publiée chez M» P. EKipont en 1825 p et que nous croyons la plus complète,
— Mêlangts asiatiques, ou Choîx de morceaux de critique, et de mémoires xAÈlih aux sciences, aux coutumes, à l'histoire et à la géographie des nations orientales; par M» Abel-Rémusat. Parts, Dondty-Dupré, i82«î, tom, l.*'^; vît) et 456 pag^* /«-<?." Let morceaux réunis dans ce voliume concernent ia prédication du christianisme en orient, les deux religions du Logos et «k Bouddha , la grammaire générale et la philosophie du langage^ les écritures
orientales, riiinoire de Tlnde, les relation* diplomatiques entretenues a diverse* époques par les princes de TAsic entre eux ou avec Us Européens, &c. Le second tome sera consacré tout entier à des observaifons paléographiques» philosophiques et littéraires sur les écritures et le tangage des Chinob ; le troisième et le quatrième se composeront dVxtraits et de fragmens relatifs à la littérature , a la géographie et à la biographie. Quelques-uns des articles du tome i.*'ont
ftaru dan* notre journal mcme et sont connus de nos lecteurs, sauf toutefoîi es additions et [es moditic^itrons que l'auteur y a faites en les rapprochant : têts sont les ariictes relatifs à la mission des Baptistes dans l'inde, à \*Asra pûl/giotia de M. Klaproih, a la Grammaire turque de M< Jaubert. Deux autr*» morceaux présentent l*analysc de deux mémoires insérés parmi ceux de l'Académie des inscriptions cl belles-lettres » Tun sur la vi<t et les opinions de Lao-tteu; fantrcjsur les relations politiques des rois de France avec les empereurs Mongols; mémoires d'un très-grand intérêt, et dont nous avons exposé les résultats ci-dessus^ pages 562-56^ du présent cahier. Mais une grande partie du premier volume des Mélanges est composée d'articles qui n'avoient point été publiés encore. Nous citerons particulièrement celui qui est intitulé Urdnographk mortgûte ^ yag. zt2-ij9i et qui contient l'explication de» non\5 que les Mongols ont appliqués dans leurs planisphères à 366 constellations. De ces noms , 28 sont ceux des 28 maisons de la lune dans le zodiaque ; ceux-U sont empruntés des Hindous: les autres, savoir, ceux des constellaiions cxtr&zodiacales, traduisent des dénominations chinoises. Nous n'entrons point ici dans <tc >lus longs détails, parce qu'il sera rendu un compte particulier de ces Me* anges dans nos prochains cahiers.
Nota. 0/t peut s'adresser è la librairie de M A'f * TreutteUr Wîirn, à Paris, rue de Bourbon^ n.^tj s ^ Strasbourg, rue des Serruriers ^ et à Londres^ n/ jo , Soho-Square , pour se procurer les divers ouvrages annoncés dans le Journal d*$ Savans. Il faut affranchir les lettres et le prix présume des ouvrages.
TABLE
Histoire naturelle du genre humain , pat J, X Virey. ( Article de
M, Abel-Rémusat. )..,. ,,. Pjg. jij.
Les Médailles orientales, tant anciennes que modernes , du eabinet de
M. William Marsden, {Article de M. Stivestre de Sacy.)* • • • J^J»
Traïsi élémentaire de minéralogie, par F^ J. Beudûnt, ( Second Art.
de M. ChevreuL ) ,,^ jjj ,
Fragmens de Afénandre et de Pbilémon , iXc» / traduits par M* Raoul*
Rocttette, ( Article de AI. Kay nouard ), . ^ , , j^j .
Histoire et Afémoires de l' Institut royal de France, Académie des
inscriptions et belles- let 1res / tome Vfl. { Article de M, Daunou . ) , j f ï ,
Nouvelles littéraires j66 ,