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modéré toutes les fois que les circonstances rexigeoient, et pour ne laisser dans son langage que de la dignité et de la raison» nous aurions l>esofn d*un plus grard nonilire de preuve?* et d'éclaîrtmemens , avatit d*adopier sur ce démêlé fanieux des opinions si contraires à celles qu'ont professées Dupuy , Boisuei p Fleurit et presque tous les hi:»torjens français. M. de Sisniondi lui-m^me donne un extrait fort étendu des dépositions reçues par Clément V contre la mémoire de Boniface VIII, et il avoue qu'on ne peut refuser toute croyance h un tel nombre de témoignages volontaires et désintéressés : or ils tendent précisément à prouver que te pontife n'avoit pas la gravité, la prudence et la justesse d'esprit que Fauteur vient de lui accorder.
II ftit remarquer en France, parmi les adversaires de la cour de Rome, le chancelier Flotte et qutiques autres juristes qu*ïl persévère à représenter comme les instigateurs ou les instrumens de la plupart des désordres de cette époqtir. Après leur avoir reproché leur ex trac tfoti roturière, il assure qu'alors ^t aucun bourgeois n'avoit assez d expérience» ï> assez d'éducation, assez d'étendue dans fesprit, pour embrasser /a » Trance de ses regards* ^» Lei appeler à de hauts emplois , leur accorder des lettres de noblesse, c*étoit, poursuît-il» supprimer îùuns les nolabUltés nationales, et consommer la destruction des literies féodales. Le président Hénault, en terminant le tableau du règne de Philippe le Bel, s'étoît déjîi plaint de ces anoblissemens , qui , disort-tl . •c ne sauroient forcer la nature» ni rendre noble d'extraction celui » qui n'est que roturier, ni par conséquent empêcher la différence >• qu'if y aura toujours entre un anobli et un noble* >3 Sans entrer dans ces questions, nous observerons, d'une part, que Philippe le Bel a rétabli les duels judiciaires, et que son règne est l'époque d'un accroissement considérable dans le luxe et Taj^pareil poinf^ux des seigneurs; de l'autre, qu'en appelant en t^fîet la bourgeoistie à rassemblée de f jo^ , il dotma le piemier exemple d'une convocation des états généraux» A la vérité, cette assemblée ne dura qu'un seul jour, et n'étoil qu*uii moyen de défense employé par le roi contre le pape; mais chacun des trois ordres y rédigea , dans une salle distincte, des remontrances à Boniface , et une supplique à Philippe pour « qu'il lui plût garder la » franchise de son royaume; w et il nous semble que c'est là, dans notre histoire, un fait beaucoup plus important que M. de SismoïKii ne paroii fe croire*
Du le^XQ les historiens D*ont pas dissimulé les \ice% de Philippe IV ;
Jétoit, nous disent-ils, plus avide d'argent que de gloire» prodigue
dios ses dépenses, lubile à augmenter ses recettes par des cxtûrifOOi »
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contrilmé k la formation de celte nouvflle écriiure. Le système de AL KInptoihi qui d'abord avoit pro(^oî*é Talphabet sabéeii comme J'uiiique source de lecrhure cuigoun , et qui, dans la seconde édition de sa dissertation , y a fait intervenir les autres genres d*tcriture syriaque, lui paroît reposer sur des fondemens peu solides. Mais, pour faire prévaloir son opinion, il se trouve o!)ligé d^établir qu'il a existé effectivement de nombreux pointîf de contact j sur- tout en fait d'idées religieuses , entre les sectateurs de Zoroastte et les hubîtans delà haute 4sie, d*une part» et, de Tautre, entre ces derniers et les 3abéens. Je vais le suivre dans la démonstration de ces propositions.
Après quelques remarques génératen sur Jes traces qui existent encore, dans les monumens historiques, des anciennes communications des habiians de I occident de f*Asie avec ceux de TAsie centrale, Tauteur, s'a|>puyant de Tobservation faite, il y a long-temps, que les peuples nomades, tant qu ifs conservent ce genre de vie, detneurent étrangers à Fart d'écrire, dont ils n'éprouvent pas le besorn , en tire cette induction que le bouddhisme qui limite la lecture ei fétude aux seuls prêtres, éiuîi par -là même très-convenable aux nomades des contrées élevées de I*Avie centrale. La religion de Bouddha, qui, partout ou elle a été admise, y a porté ses livres sacrés, a d'ailleurs inx autre caractère qui a dt\ faciliter sa propagation ; c'est qu elfe ne repousse pas les préjugés qu'elle trouve antérieurement établis chez (es peuples parmi lesquels elle s'introduit, ei qu'elle sait au contraire leur donner place dans sa doctrine. Aussi voyons-nolis que chez les Mongols , et avant eux chez les Tibétains , fe bouddhisme ne conserva pas sa pureté primîdve. Avant que cette religion passât du Tibet chez les Atbngols, on avoît composé dans le premier pays une iluiltilude d'ouvrages oîi le bouddhisme se trouvoit mêlé d'idées étrangères, Or^ bleu que les Mongols aient leur projire littérature, cependant la plupart des livres qu'ils (>ossèdent sont des traductions du tibétain.
Suivant le récit d^Sanang Sat^œa , Godan, prince Tchînghiz^khanide , fifs SOkîai , attaqué d'une maladie dangereuse, fit venir du Tibet , pour lui rendre la santé, le lama Schûgkia Pandida, Pandida se rendit auprès de Codan en ii47f ^t resta près de lui jusqu'à sa mort, arrivée en 1251* Ce fut lui qui introduisit che« les Mongols la religion de Bouddha. Pour le succès de ^a mission , il lui falloir une écriture adaptée h la langue mongole. Sans doute il reconnu^ que récrimre tibétaine ne puuvoit pas remplir son but; cela le détermina, à ce que conjecture M. Schmidt, à invenier une écriture pour laquelle l'alphabet zend ou pehlvi lui servît de modèle , concurrem*
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dont îl confesse cependant h supériorité au-dessus de fui, et de qut il reçoit f instruciîon. De même que Hormuzd et ses Amschaspands combattent contre Tannée desDews» Chormoasda et ses Tagris sont dans une guerre perpétuelle avec les Assouri qui habitent les cavernes au bas du mont Soumer ; et les livres mongols ajoutent que le bien et le mal prédominent sur la terre, suivant que la vicioire penche du côté de ces bons ou de ces mauvais génies. Sans pousser plus foin ce parallèle , j'ajoute seulement que Chormousda joue un grand rôle dans tous les livres des bouddhistes mongols et mandchous, et semble être identique avec oindra de la mythologie brahmanique. Si Ton ne peut méconnoître dans tout ce qui vient d'être dit une doctrine analogue à celle des livres zends , on doit , conclut M, Schmidt , en tirer l'induciion que ces livres ont été apportés dans la haute Asie centrale par les sectateurs de Zoroaslre qui fuirent au vu/ siècle devant fes conquérans arabes pour se soustraire à leur intolérance. Voyons maintenant ce qui concerne les Sabéens.
L'origine de cette secte remonte nécessairement aux premiers temps du chri'itîanisme, et sa naissance appartient à la Palestine et à la Syrie, C'est de là que , ainsi que d'autres sectes persécutées ou condamnées comme hérétiques , elfe s^est réfugiée dans Tintérieur de TAsie, où nous fa trouvons encore de nos jours. L'alphabet des Guèbres, qui se rattache à celui des Sabéens , prouve la haute antiquité de ces derniers , Tancienneté de leur établissement dans la Perse , et la connoissance qu'ils ont eue des livres zends. Rien de tout cela ne peut se dire des Nestoriens. M, Schmidt répète ici ce qu'il avoit déjà dit pour atténuer toutes les preuves Iiistonques de la propagation du christianisme, par les Nestorîens, dans l'Asie centrale et orientale : if regarde comme une fable ce qu'on a dit de la conversion de toute une nation rartare avec son roi Oung-chan, de la tribu Kérah Oung-chan ou son frère est fe ffrêtre Jean, sur lequel on a débité tant de contes ridicules , qui toutefois doivent avoir un fond de vérité , et que notre auteur explique ainsi. Ces prétendus chrétiens nestorîens ne sont que des Sabéens, et \^ prêtre Jean est Jean- Baptiste, quils croyoîent présent au milieu d^eux en esprit, ou peut-être même en réalité r par une suite d'incarnations ou d'incorporations successives» M, Schmidl croit trouver un indice de cela dans un fait rapporté par Marc-Pol, mais qui , en réalité, ne prouve point du tout cette hypothèse, qui me paroîi purement gratuite. Notre auteur pense que les voyageurs du moyen âge ont pu facilement confondre les Sabéens avec des Nesio riens, ce dont ii n'apporte que des raiso^is extrêmement foibles. La
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secte des Sabéens , toujours suivant fui, se sera par la suite éteinte ef fondue dans le hpuddhisme» et elle semble même avoir laissé quelques traces de ses dogmes dans ie lamisme de la haute Asie cenlrafei car ][ est avéré que ce n'est quau xv/ siècle seulement que commence la série non interrompue des iiiçarnaûons successives de Kho:nschin- BoJhi'Siulou dans les dafaï- lamas (i), et celte idée seroit , d'après Cela, fondée sur celle des incarnations de JeanBapiisie chez les Sabéens, Je n'ai pas besoin de faire remarquer qu'il y a là péljtioa de principe. Ainsi, de conjecture en conjecture, notre auteur croît avoir démontré l'origine de Tinfiuence qu'a eue Técriture sabéenne dans la formation de celte des Mongols, Pour moi ^ quoique je ne nie point le grand rapport qu il y a entre Técriture des Sabéens et celle des Mongols, rapport que M. Kiaproth le premier a fait remarquer,. je dois avouer que je n'ai jamais bien compris comment cette écriture avoit pu se propager dajis le centre et à Test de FAsie par les chrétiens nestoriens ; que les hypothèses de M, Schmidt me paroissenl et trop arbitraires en eiles-mênies et trop contraires à des témoignages historiques dont il ne présente point une réfutation solide, pour que je puisse leur donner mon assenliment ; enfîn qu'en ce qui concerne en particulier les rapports qu'il croît pouvoir éiabllr entre Técrilure zende et {^écriture mongole , ils me paroissent peu frappans. Toutefois le rapprochement qu'il fait de certaines doctrines zoroaslriques , bouddhiques et brahmaniques, me semble fort important, et mériteroii peut-être de devenir Tobjet d*une étude spéciale, ou le sdjet d*un concours académique*
Ici se termine ce qull y avoit de pénible dans la lâche qui m'étoii imposée , et fe n'aurai plus qu à appeler , par une courte analyse dégagée de toute polémique, I attention des lecteurs sur la quairiè/ne partie des Recherches de M- Schmidt, relative au bouddhisme, et à Fhïstoire de son origine et de se% progrès, spécialement dans' le Tibet, Pour tracer Thistoire du bouddhisme, auquel il attribue la plus grande influence dans la civilisation et la culture des parties hautes de TAsie centrale, notre auteur supplée, par ce que lui a fourni la lecture des livres mongols, à Tin suffisance ou au défaut d'exactitude des renseignemens déjà donnés par Pallas et M. Bergmann. Il observe cependant qu*ii faut apporter beaucoup de critique dans Fusage de ces livres, qui ont reçu de fréquentes interpolations. Ils sont distingués
(i) Suivant M. Rémysat, la suite des daliU* lamas remonte au lUlK* siècle^ Voyez AJhnQÎns asiate tora. I, pag. 157,
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H en S9udùurs ou jouiras , ou Bouddha lui-même est cen^é pailer, et en V jchastirs ou sastras, cVsl-à-dire, légendes , cosmogonîes , commentaires, B «t livres ascétiques, composés par des lamas. Beaucoup de ces derniers H $>nt d'une époque moderne.
I Par Bouddha on entend communément Tètre qui » sous le nom
^^Krtie Schagkia-mouni , ou Schagkia-tcubba » reçoit les adorations de ses ^" sectateurs^ Dans les trois âges du monde qui ont précédé Tâge actuel , il y a eu tfois autres Bouddhas, ei il doit y en avoir, jusqu'à la fin du monde, en tout mille, dont Schaghia-mouni est le quatrième. Ici M. Schinidc raconte (a naissance, Téducation , le mariage, la vie, la retraite, fa pénitence et la mort de Schngkla-mounh Sa morr, de laquelle date toute la chronologie historique des Tibétains et des Mongols, est fixée à lan 2i}4 avant J, C* C'est au moins mille ans d'exagération ; et cette haute aniiqui é se trouve contredite par une prédiction insérée dans h^ livTes mêmes de Bouddha , concernant Tépoque à laquelle le bouddhisme de voit s'introduire dans la Chine,
Bouddha lui-même n'a rien écrit. Sa doctrine a été consignée par écrit k trois époques différentes : la première fois seize ans , la seconde cent dix ans , et la troisième trois cents ans après sa mort. Les Bouddhistes admettent une multitude de Bouddhas imparfaits , qu'il faut Lien se garder de confondre avec Schaghia-mounL^
Dans le système bouddhique, il n'y a point d*être éternel, créateur, et par conséquent point de création* Vespace v'idi est la source de tout. Tout ce qui existe se divise en six classes dont la réunion forme YoHschilang^ c*est-à dire , Tunivers, Ces six classes sont le royaume des E^run ou Tœgri , c*est*à*dire , des bons génies, celui des Assourt <mx mauvais génies, ceux des hommes, ée^ brutes, dés monstfes qui habitent les avenues de Tenfèr, et enfin des créatures infernalei. Vùrischflang, que l'on compare à un océan toujours agité par les flots et la tempête, nVsi qu une maladie, une altération de Vespace vide. Au-delà de cet océan est une septième classe d'êtres ; c'est celle de Bouddlia; qvjconque y est parvenu, estéchappé à l'agitation perpétuelle de Vonscktlang, L anéauiissement de YortsckUang , la réabsorption de lout ce qui existe dans ïespace vide, tel est le but de tout I^ système bouddhique. LV/^ijr/ v/Vf^qui rappelle le nmps sans àorncsdes secfateurs de Zoroastre, le T^xifi^fm. des gnostiques, semble une dénomination contraire^ à Fidée qu'elle exprime, idée qui est plutôt positive que négaïîve ; mais il paroît que les livres bouddhiques ne donnent à cet égard aucune explication. L'anéantissement de Yoreschitartg étant le bur de la religion, le Bouddhiste, pour atteindre ce but et se perdre
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dans Bouddha , doit travailltr à s*anéantir lui-mèine , autant q possible, par loule sorte de privations, ce qui va jusqu'au sacrif de sa vie. On rapporte de nomlweux exemples de ce dévouemer njaîs il n*est plus de mode, et les lamas aujourd'hui en sont quîr à meilleur marché.
Auquel des deux systèmes , du bouddhisme ou du brahmanisme, app tient la priorité î Notre auteur pense que ces deux sectes viennent d'à même source, qu'elles ne sont que deu» branches défigurées cFune do trine plus ancienne, pure dans son origine, et que de ces deux branch le bouddhisme a la priorité. Les rapports entre ie brahmanisme et bouddhisme ne sont au surplus ni très-frappans, ni très-nombreu M. Schmidt regarde la doctrine des Djaïnas comme une altératic du bouddhisme, et comme postérieure tant à cette religion quî brahmanisme. Toutefois les Djaïnas sont ennemis des Bouddhiste mais leur doctrine n'a point étendu son influence au-delà de la part ouest de la presqu'île; et chez les Chingulais , l'ordre des divinrti bouddhiques est le même que ches les Mongols. M. Schmidt s'attacA à faire ressortir les caractères qui distinguent les Bouddhistes di Djaïnas.
L'introduction du bouddhisme au Tibet forme pour cette rcligîo une éffoque nouvelle : elfe y fut introduite en lan 4o7, bien pk tard par conséquent qu'à la Chine, où elle avoit pénétré dès le premit siècle. II âut lire dans notre auteur lui-même l'histoire de la conversio du Tibet au bouddhisme , par le Khouiouctou Nïdoubar Usœktch\ Celui-ci , nommé aussi Khornschin-Bodhi-sadou ( i ) , est , après Schagkia mouni , le principal objet du culte des Tibétains. M. Schmidt croi qu'il est le même que la dixième incarnation de Vischnou, et orf [ trouve nommé quelque part le dixième Bodhi-sadou. Est-ce , comm^ Schûghia-mouni , un personnage réel et historique! Notre auteur n\ rien trouvé qui le mette en état de répondre à- cette question. Ce qu'i y a de certain , suivant M. Schmidt, mais qui ne me paroît pas démontré c'est que, dans le système des Bouddhistes, c'est Khomschin-Bodhi-sado. qui est le génie tutéfaire du Tibet ; c'est lui , et non Schagkia-mouni qui s'incarne dans les daldï*lamas.
Les Tibétains croient fermement que le premier auteur de feu
(i) Voyez, sur le nom de Bodhi-sadou om Bodhl-satoua , et sur i*origtne d ce nom ^ M. Rémussit, Alélangesasiat.tom.l, p. 120, 175 et 176. Khomschi ne seroit-il pas le même Ëçd/ii-satoua que M. Rémusac nomme Khouan^ck y^", P* 75 î ^
"race fut un singe, et ils sont loin de rougir de cette orrgine. Ce singe fut converti au bouddhisme par NiJoubœr Usœktchtt et ses descendans furent changés de singes en hommes, par la vertu des cinq céréales que le mêine NiJoubœr Usœkichi jeta du mont Soumirou sur la terre* Ensuite les hommes se muhiph'èrent dans fe Tibet , en sorte qu'à farrivée du roi Sœgœr Sandaliiou , on tomptoit déjà plu^eurs villes dans ce pays. Ce Sœgar Sandalitou étoit un descendant de Bouddha , venu de l'Inde par une suite de circonstances niiraculeuses, et que les Tibélains .redonnèrent pour roi, trois cent treize ans avant notre ère, parce qu*ih reconnurent efi lui un fils du ciel , ou de Dieu. C'est avec lui jque commence rhistoire du Tibet , dont il fut le premier ror-
M. Schmidt ne devant parler ici de Thistotre du Tibet que dans ses rapports avec celle du bouddhisme dans ce royaume , passe de su ire au commencement du v.* siècle après notre ère^ époque à laquelle il est, dit-il , indubitable que le Tjbel reçut ^ immédiatement de l'Inde, la religion de Bouddha. Une fable» rapportée dans les chroniques tibétaines à Fan 4^7» indique d'une manière obscure Farrivèe de quelques docteurs bouddhistes dans le Tibet ; mais il y a tout Heu de croire que la perséculion des Brahmanes contre les Bouddhistes de Tlnde, qui fut dans toute sa force au v/ et au vi/ siècle , et qui força un grand nombre de Bouddhistes à sVxpatrîer , donna lieu à une émigration de prêtres bouddhistes dans le Tibet. Ce nest au reste que vers la moitié du Vif/ siècle, sous le règne d'un prince nommé Srong-dsan-gamh , que le bouddhisme se propagea avec une extrême célérité dans le Tibet et les contrées voisines; et c est aussi à parrir de cette même époque qu'on commence à voir clair dans l'histoire du Tibet- La renommée de ce prince est telle, qu'on le regarde comme une incarnation de KAornschln-Eadhi-jadou,
Srong'àsûn-gûmlo naquit en 6ij^ et succéda à son père en 62^^ En 6}2, désirant lire les livres sacrés, et ne trouvant personne qui fût capable de lui procurer cet avantage , il envoya dans Flnde quelques jeunes gens pour s'y instruire dans récriture des purs esprits ( le déiVûnagarl)* Tougmi Sûmbodka , le chef de cette mission, apprit à lire ce caractère; et le comparant avec la langue tibétaine, il composa pour cette langue un alphabet de trente consonnes et quatre voyelles* Le caractère quil avoit choisi pour modèle étoit celui qu*on nomme landsa , qui contient trente-quatre consonnes et seize voyelles : il en rejeta comme inutiles onze consonnes et onze voyelles ; aux vingt-trois consonnes qu'il admit, il ajouta 1*^ long ; puis, pour
rendre le nouvel alphabet propre il écrire la langue du Tîb^t , ii inventa sir nouvelles consonnes, y compris l*a bref. Quelques écrivains disent que Tougmi SamboJha donna aux Tibétains deux alphabets- Le roi s'occupa à répandre dans ses états la connoissance de Fécriture, et forma toute sorte dnistituiîons pour fétude des sciences, le gouvernement et la prospérité du royaume : il publia aussi des lois sages. Il épousa deux princesses qui professoient la religion de Bouddha, ce qui contribua à attirer dans ses états des lamas, et à y multîpfier les livres, les statues sacrées et les temples, H mourut en 698 , c*e$i*à* dire, suivant les Tibétains, qu'il rentra dans le cdur de KhomscAln- BodhUsadou. Avant sa mort, il prédît la persécution contre le bouddhisme, qui devoit arriver sous un de ses successeurs, la destruction presque totale de cette religion dans le Tibet, et son rétablissement. If avoit augmenté l'empire par ses conquêtes.
L'auteur donne \a suite dts rois du Tibet jusqu'en 878, et raconte leurs guerres avec les Chinois* Le bouddhisme s'étoit conservé jusqu'à cette époque ; tl avoit cependant éprouvé quelques contradictions dans les premières années du ix/ siècle. Sous le roi Thi-dsong-dadsan , qui commença à régner en 878, un de ses frères, Dharma , qui avoit éié éloigné du trône comme ennemi de la religion de Bouddha, forma des intrigues» En 901 il parvint à faire étrangler Je roi, et il monta sur le trône, qu'il occupa jusqu'en 925, Il mît tout en oeuvre pour anéantir le bouddhisme et lui substituer le mahométi^me; mais il périt par la main d'un hermiie» L'assassin avoit eu soin de cacher un arc et une flèche sous %^^ habits blancs, et de mettre par dessus un vêtement noir; car iJ éioit défendu de paroître devant le roi autrement qu'avec des habits noirs. Sous Dharmn, Tempire du Tibet perdit beaucoup de sa puissance. Son fils, qui lui succéda, liaïssoil aussi fe bouddhisme; mais de son temps fa persécution cessa. Après fuf, la division du Tibet en plusieurs petites principautés sou* mises h des parcns ou des descendans des Dsanbo ou empereurs , fui favorable au bouddhisme, et en io64 cette religion avoit repris dans le Tibet route sa splendeur,
M. Schmîdt termine cet aperçu historique par quelques réflexions sur le bouddhisme, sur la nécessité d'étudier cette religion dans ses sources, ei non dans le culte, les traditions ou les mœurs de ses sectateurs aciuefs , et sur ses rapports intimes avec la doctrine des gnostiques. Quand même on regarderoit Simon le magicien comme le fondateur de cette doctrine dans fa Syrie, il ne faudroît pas croire pour cela que ce soit de la Syrie qu'elle ait pénétré dans flnde; d'un
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autre côté^ il n est plus permis de croire aujourd'hui , ave que c^est à Manès que le Tibet doit ce système religieux : Ja doctrine des Sabéens et celles de quelques autres sectes juives ou demi-chrétiennes, ont bien pu avoir quelque influence sur les développemens de ce système dans les contrées où domine le bouddhisme ; mais il faut reconnoîlre, dans le fond de cette religion, une très -ancienne doctrine qtii a régné autrefois sur une grande partie de roccîdent, comme elle embrasse aujouïd'hiu presque tout Torient de l'ancien inonde. M, Schmidt finit en rapportant les termes par lesquels Sanang Sm^œn conclut son ouvrage.
J'ai déjà dit que M. Schmidt a placé à la fin du volume, sous forme à'affpendix, trois morceaux détachés» et j*en ai indiqué (e contenu. Je me borne pour les deux premiers à cette simple indicaïion ; mais je ne puis me dispenser de dire quelques mots du troisième. II s*3git d'un long passage de Raschid-eddîn sur les Ouigours , rapporté en original ei traduit par M, Klaproth dans sa Dissertation, M- Schmidt , craignant que le traducteur ne se fût pas rigoureusement attaché au sens du texte persan^ et ne pouvant pas en juger par lui-même, a obtenu une nouvelle traduction de ce textet qui diffère, en effet, assez essentiellement, en plusieurs endroits, de celle de M, Klaproth. Elle a pour auteur un jeune élève de fécofe des langues orientales de Saint- Pétersbourg» M. Wolkow. Dans sa réfutation des Recherches de M. Schmidt, M. Klaproth a cru pouvoir défendre sa traduction, qui ne diffère guère, à son sens, de celle de W- Wolkow , que parce que ce dernier a traduit littéralement ce qu'il avoit rendu d'une manière plus libre. Il seroit aisé de faire voir qu*ÎI y a entre les deux traductions beaucoup de différences essentielles , et que le sens de fauteur est toujours celui qu'a exprimé M. Wolltow. Je ne m arrêterai icf qu'à trois endroits où M, Klaproth croit trouver en défaut la traduction de M. Wuikow.
!.• Les mots 4;;>Uim-* ,^t j»>«m ^ doivent être réunis , et oU^jJU ^}
forme le régime d'un rapport d'annexion ; le sens est donc, comme la suite des idées Texige, et comme M. Volkow fa rendu, sans amr égard k ces prémisses , ou plutôt, sans prendre la peine d'exposer ces observations préliminaires , et non pas,- comme fa traduit M. Klaproth ^ incontestûUewent. La traduction de ce dernier dailleurs ne rend point du tout, dans ce passage» le sens de fori^inab II est vrai, comme
le dit M, Klaproth, que j»>w ^ ( et non jrJ^t comme x)n lit dans
sa dissertation ) pourroic signifier sans objection , s'il n'avoit pas de
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P LA TON I S Philebus. — Recettsuit , prolegomenis et commentariis illustravit Godofredus Stalbaum; accesserunt Olympiodori SchoUa in Philehum ptiunc primiim édita. Lipsise, 1821, in-S.^ , 300 pages.
SECOND ARTICLE
Il semble qu*il en soit de la critique verbale comme de la critique historique et d*autres branches plus importantes de la littérature et de la civilisation ; qu'elle soit condamnée à passer successivement par deux époques de crédulité et de scepticisme , où d'abord on admet presque sans examen Jes textes les moins purs et les authenticités les plus douteuses , où ensuite l'orgueil de quelques corrections heureuses pousse jusqu'à la manie le dédain des autorités les plus positives et le goût des innovations , avant de parvenir à Fépoque où la raison plus étendue et plus ferme emprunte aux époques précédentes ce qu'elles eurent de légitime , à l'une le respect de Faniiquité , à Fautre le droit d'examen , discute toutes choses sans préjugé comme sans suffisance , et les prend et les donne pour ce qu'elles sont. Ici , comme par*tout, les degrés et les intermédiaires sont inévitables, et utiles. D'un côté, on ne peut pas commencer par le doute , et, d'autre part, la raison a le droit de ne croire qu'après avoir examiné. Il n'y avoit qu'une foi vive et un peu superstitieuse qui pût inspirer le courage et soutenir la patience de ces hommes admirables qui, au renouvellement des lettres, entreprirent de nous rendre les monumens écrits, de rantiquité : trop de sévérité envers eux seroit une ingratitude^ Et il faut aussi savoir respecter ces savans ingénieux et hardis qui, se trouvant en possession des textes , au lieu de s'y reposer avec une foi stérile, osèrent les rappeler à un examen sévère, et tenter des hypothèses souvent arbitraires , qui du moins avoient Pavantage de fëconder le terrain qu'elles remuoient. L'enthousiasme du xv.* et du xvi.'' siècle a recréé l'antiquité ; le scepticisme du dernier siècle l'a éctaircie : c'est à nous aujourd'hui à la comprendre.
On diroit, à des indices graves et presque généraux^ que la critique du texte de Platon approche de ce troisième période. Après Page de Ficin et de Henri Etienne» donc les travaux, empreints d'un caractère admirable de naïveté et de grandeur , ont droit à une reconnoissance éternelle, sont venus d'habiles investigateurs qui» avec moins de {énioi mais plii^ de critique 1 examinant en détail et décomposant
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miiiutieusement chaque dialogue, après avoir commei admirer quelques-uns , fîoiient par douter entièrement tîcîté; et qiiî , dans fes dialogues mênies quîls Imu cous les passages difficiles, remplacèrent Tanciert leKl luiions les plus savantes, mais les plus arbitraires. U laîre ramène aujourd'hui au respect de Fancten texte ] de fa critique* Déjà le savant célèbre qui semble avo son nom à Fcpoque du scepticisme historique et verb; platonicienne, M, Ast, avec ses hypothèses aveuH|rei d*hur presque abandonné et traité avec une sevérit justice. EnBii celui que 1 on peut , à plus d'un Henri Etienne de notre âge, Thomme existant sai avec M, Coray , a le plus lu et imprimé de textes, et p| de tous les temps qui a tenu entre les mnins un pli de manuscrits, et qui, je crois, a reconstitué à lui s« que la plupart de ses devanciers nen avoient gâté, N d*imnienses recherches dans toutes les bibliothéq savante, et une collaiton de manuscrits dont lexactii due, M. Bekker a presque par-tout rétabli les pre son édition complète de Platon , en consignant ce par^tout répandu et transporté dans la plupart des qui viennent de loin à loin enrichir la philologie allenî quelques dialogues de Platon.
L'édition du Philèbe que nous annonçons est-elh esprit! Le Philèbe a tellement la réputation d'être m taiu répété , qu'il est curieux de rechercher quel pa nouvel éditeur, dont le vaste commentaire atteste le fi plus, Téditeur est le disciple d'un homme que Ion peut pas resté tout-à-faît étranger à un ouvrage qui lui es a été exécuté sous ses auspices et presque sous demande avec intérêt ce qu*ûn disciple de M. H devoir ajouter à M. Bekker. Or, une étude atteniiv M* Statfaaum nous a conduit à trouver qu'il n*a **specté laocien texte, qui! y voit des facunes où il oère violemment des transpositions arbitraires dai logue el dans celui de la phrase, introduit des corn aucun besoin, et qiie, dans Imterpréiation , U assez des sens raffinés sur les passager les pbis souvent il glisse sur des passages difficiles et vraini^ h sagacité et la subtilité de la critique auroie
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Icgiiinie; qu en général enfin sa méthode na pas la rigueur et I crrconspeçiion qui recommandent si honorablement plusieurs travaux réceis sur Platon, et qur commencent à caractériser Fépoque actuelle de la critique en Allemagne. Ces reproches sont graves ; pour les justifier, de nombreuses citations sont nécessaires.
i. Nous avons fait voir, dans Tariicle précédent, comment le but du Philél>e étoii de montrer que le souverain bien réside dans Tunion du plaisir et de h raison , dans la combinaison des plaisirs purs et véritables avec ce qu*il y a de pfus pur et de plus vrai dans les sciences, Platon devoit rechercher d*abord ce qu'il y a de pur dans k$ plaisirs; ce qu'il ne pouvoii faire sans entrer dans une théorie et dans Uiîe classification des plaisirs; il devoit ensuite reconnoître ce qu il y a de plus pur dans la science. H est clair que cette dernière recherche devoit erre plus courte que l'autre, Télément de pureté étant plus difficile à dégager dans le plaisir que dans la science, et darlleurs I appareil de l'analyse, de la division et de la classification n'ayant pas besoin d*étre employé symétriquement dans le second cas comme dans le premier* Platon se garde bien de répéter ici les formes ianlei et les procédés successifs de ses recherches sur le plaisir; il va droit tl son but, qui est le dégagement de l'élément scientifique. M* Sialbaum, qui ne voit pas que tout cet appareil d'énumérations, de divisions et de classifications n*est pas le but, mais le moyen, moyen ici inutile» ne ly trouvant pas, st plaint qu'il y a un vide et une lacune considérable; et, préoccupé de fidée fixe qu'il auroit fallu pour les sciences, comme pour les plaisirs, une dissertation parallèle à la première, de même étendue et sur le mêtne modèle, if >'imagine qu'elle existoit, mais quelle est perdue: Tris ti fa ta accîdii ut ta pattkula , in ^uo ( lisez quâ ) de scientw naturâ ac distributione tibtriiis fuit txpositam , perieriL Quœ ns mïhi 4}uidan {tdeo manffsta VidttUr, ut viril docUT nullam lacunœ suspiclonem in menfem vcnissc vfhemenur mirer, Prolegomen. p* 79. Si M. Stalbaurn veut bien suivre le véritable but de Platon et Tordre des idées du Pbilèbe, tel que nous lavons exposé dans notre premier article, il verra qu'il ny a ici aucune solution de continuité, et que renchaînement et les proportions logiques de toutes les parties de la discussion sur les plaisirs et les sciences sont d'une telle rigueur, qu*on ne pourroit, sans danger pour la légititïiité du résultat, ni abréger la première partie , ni étendm la seconde.
U. Presque au début du. dialogue, Socrate, pour savoir si le plaisir ou la segesie t&t le souverain bien, veut entier dans Texamen du
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Schleierinacher ; Diest GUtcki deines und mtines Sat^cs geniigi mit. Or ce sti\s est toui-à-fiiît inadmissible, puisque, loin de s'accorder, Protarque et Socrate sont d'avis absolument contraires; de sorte que le raisonnement exige, pour Tordre et la suite des idées, que l'on cherche un autre sens. II est singuh'er que M. Stalbaum se taise sur cette difficulté sérieuse. Nous proposons lexplication suivante : Tu nies qu'il y ait des plaisirs , par esprit de système ; moi aussi je pourrois nier qu'il y a des sciences différentes , et cette mauvaise foi ne nous ineneroit à rien. Mettons donc un peu d'égalité dans cette discussion , et convenons qu'il y a des plaisirs différens et des sciences différentes. Partons de cette différence , de cette pluralité d'élémens dans le plaisir et fa science , que nous regardons comme le bien ( car telle est la signification véritable de Jiaçoernilciy que ni Grou,'ni Ficin nont entendue); mettons-la dans tout son jour, et fiûsons l'un et l'autre une analyse des plaisirs et des sciences. To >* fcir ïa9P toS ^©2 71 atj t^5 ?<i}eu AûîoxH se lie donc à tout le raisonnement et à -nip mtvv ^tt^o^rila, AfioKH est la formule usitée pour ifiCKi-n^p/acet pour p/aceat. Ce sens une fois bien établi, il est aisé de voir comment tout s'enchaîne facilement : Et moi aussi , à ton exemple , je pourrois faire de^i difficultés ; je pourrois soutenir que les sciences ne sont pas différentes les unes des autres , et me tirer d'affaire contre toi par l'absurdité ; mais non , il ne le faut pas , et il faut également tomber d'accord que les plaisirs et les sciences contiennent des élémens différens. 11 est clair que ce membre de phrase , non , il ne le faut pas , doit appartenir au même interlocuteur que ce qui précède, comme il faut aussi rapporter au même interlocuteur la conséquence définitive, savoir, qu'il faut, cette diversité d*éiémens pour les plaisirs et pour les sciences bien établie, la développer au grand jour. En effet tous les manuscrits sont ici unanimes, et le passage entier est par- tout rapporté à Socrate. Or, M. Stalbaum s'avise de le diviser, d'attribuer à Socrate jusqu'à non , il ne le faut pas . . . a^^ J /btir. . . et d'attribuer ce morceau à Protarque, jusqu^à Tir Wifvf Jïtt^o^vllay conséquence du morceau précédent, et que Socrate, selon M. Stalbaum, exprimeroit ici pour son compte, tandis que les divers membres du raisonnement auroient été partagés entre Protarque et lui. Id quod non modo colloquii concinnitas, sed etiam sensus horum verborum postulat: ri >4 /u«r iW tv tnZ -ni^ ifiov Xq)pu ifimn. Or , remarquez que le sensus horum verborum est fort douteux et n'a pas été le moins du monde établi par M. Stalbaum. Voilà sur quel motif on se permet de changer Tonlre du dialogue
ayant établi quatre grandes classes d'existences, Protarque lui demande en plaisantant s'il n'en a pas encore une cinquième. Socrate lui répond : Et pourquoi pas , si Yen ai besoin pour expliquer de nouveaux faits incontestables l ^Wf Ji «r «Adi , avyfman Ttwi fioi ay fJidetJ^ixûrTf mfjL'igop Ihiop; c'est-^-dire, une citiquième manière d'être, une cinquième classe d'existence. Schleiennacher n'admettant pas le sens de fiiop^ selon nous fort naturel, propose mfjiàSlf vwf\ mais M. Stalbaum, forçant les choses, rejette or, et propose seulement infAiSôf -n. M. BeLker n'hésite pas y avec tous les manuscrits, à laisser myiwnf filcf.
V. Mais voici un passage où les corrections de M. Stalbaum ont de plus graves conséquences : c'est celui ou Platon traite de la classification des lettres de l'alphabet et de la constitution de la grammaire. ce Ce fut, dit-il, selon la tradition égyptienne, un certain Theuth »qui, le premier, découvrit les voyelles...., puis d'autres lettres ^qui, sans être des voyelles, ont pourtant un certain son; .... » ensuite il distingue celles que nous appelons aujourd'hui muettes. • . »
Vfoç, . . T^cTor Ji SJhç, . . ri fiv X%)ifjLwa «^«r«. . . Bekker« p. i^6\ Stalbaum, p. ^9, 4o. Ainsi , d*abord et au premier rang, les voyelles» -ri. Ç(»fi%yla; au dernier rang et à l'autre extrémité, les muettes, 7« ifmpA'y puis des lettres intermédiaires, /xicm, comme Platon le dit plus bas, et qui, sans être voyelles, ^tàniç (mt h /xt7i;fy7cc, ne sont pourtant pas tout-à-fàit muettes, comme l'est B, lettre qu'on ne peut absolument prononcer seule, et ont un certain son, ^iéyfu  fj^m^fldy comme 2, qui donne un son. Cette classification se trouve aussi dans le Thésctète. ce L'S (2) est un simple bruit que forme la langue en u ^ifHanr. Le B (b) n^est ni une voyelle ni même un bruit, m Le b , dans la phraséologie du Philèbe, est une muette, iipufùç^ ou même une lettre i^^yy^ç^ privée de son, et qui n'a pas même Tavantage du D. Le Cratyle ne laisse à cet égard aucune incertitude. Je citerai le texte : Si^ Sr 1^ ifdÀç ^iw Ju ^fu-m /àr 7» ^mfi%fla, AiX%ômjt. . . . 7»7i i^ufn j^ ccf3é>^A, . • . . <5f4 li iut ^9n%f\a fur oiy où fjLîrni}^ i^^yycL. . . . Cette phrase reproduit entièrement celle du Philèbe.
La raison et les ipanuscrits s'accordent donc pour faire lire avec Bekker, dans le passage du Philèbe, f^vw^ fùv .^i y ^y^uJï luii^m,. Mais M. Stalbaum, sans aucune .discussion, et si^r un soupçon de M. Baumgaj-ten-Crusius , propose et introduit dans \p texte., f «nii'^jMr» •i fd^99^</^ (An^gflàL. . . . , ce qui est absurde; car toute voy«Ilç €|t> ^ fntiori , p^it lé^m^ÊP , cpmai^ tQiile lettre ^la^ç m i^m^ç^
ïandh qu'elle peut être ei^moç sans être (t<p^yyciy et ne pas a%'0!r son déterminé de la voyelle, et pourtant avoir un certain son ei pr duîre un simple bruit.
VI. Je ne veux plus donner qu'un exemple de la facifiré av laquelle M. Stall>aum se laisse entraîner à modifier le texte ordtrufi Dans l'énumération et fa classification des diverses espèces d'ex' tences, Socraie, après avoir décrit Tespèce de rinfini» dit h ProlnrqiM Préseniemenl, ajoute à cette espèce -mv rod m^n -^wwf. — npWÎ. n©i
îr» oUTt» J^ tir ToS ^n^^^Mç ^urayetym ^ ou ^mnya.y^w* i»! J^mç i^ w 't^Ctqv J^dL^t' TCUTWK ijj,^Q7ip6iv ^t^vttypLiVààv i(/letÇai^itç ^gi^tâivn >%î^a9^ct^* rifcij, Uoi^ ^ ttSç At^< j — %ù»KfsLl* *Tliv roZ ïffvu i^ «/iTrAae^tt . , , StaîbaUfl
p. 64 1 6j; Bekker, p* 161, \6i.
II y a dans ce passage plusieurs drfiicuhés qu il faut éclaircjr. L> aL-o que signifie litv roZ m^oç )wexjfl Si c'est Tespèce, fiSiç^ >^f» comnl tout le monde paroît Tavoir entendu, il en résulte le sens sun'jin te A l'espèce de Tinfinî ajoute l'espèce du fini, — Quelle espèce ! — yy L'espèce que nous aurions dû tout*à-rbeure rassembler soUs une seu ^espèce.» En effets «f tb iv veut dire ici incontestablen^etit ui idée collective, une classe, une espèce; il est donc ridicule de sembler une classe sous une classe, une espèce sous une espèc Nous pensons qu'il faut entendre , par reS m^ù^ ^i/v^ ,• non p; Tespèce du fini, mais la génération du fini, les individus de cet espèce, les phénomènes de cette classe; et il en résulte le sens plus satisfaisant. Afé/e à Vfsphe dt thifini les phênomènts^- du ^nl phénomènes dont nous avens d\t plus hmn quc^qtn chose, sans itF^atm méthodiquement rnngés sous une seule idée et rapportés o fa ctitxse ^ r espèce à laquelle Us appartiennent* En effet, plus haut Socrate a touchi Qts phénomènes et en a décrit que'ques-uns, savoir, ceux de ï*égâl du double, aie. Il ne les a pas approfondis; il ne le fait pas înême ici ces phénomènes étant assez clairs par eux mêmes, et il se ha te d^aljep à son but, au mélange des deux ordres de phénomènes, de rinfinî et du fini. Mêleles, dii-il, et if en va résulter un nouvel ordre, une nouvelle classe ou espèce; et Socrate, s'exprimant nvec vivacité, é&ti Mêle ces deux espèces , il en va résulter celle-ci : toÛtS^ ipL^oiipm m/93^^ (iifu¥^ fjlctpaj^iç j^KâifH }%yie{}gf. Rien de plus clair; mais la vivacité tie cette forme, i^uvny combinée avec Finterruption brusque de Protarqtie, noiW i^ tSç Af^ç, a jeté du louche sur toute la phrase: en effet Utim >.tyHÇj au premier coup d'œil, a bien Taîr de se rapporter à ii^V»; et pourtant cela e$t inadjiHssibkj car la réponse à no/ccr xi^i #st i4f
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tS i<rfï/ j^ JhrKùLtnu^ qui appartient , comme oa Pa vu» \ Il seconde espèce, celle du fini, tandis qu*îci niiuitn indique une iroisièine espèce. H feut donc rapporter mw Kiynç à >%rr«r, cl supposer que Protarque, trouvant que Socrate est aifé trop vile dans rindication des phénomènes du fini, ce qui est assez vrai, ne fait pas anenîion 2i ni^uifn qui est à la fin de la phrase, et l'interrompt en s'écriani: Que veuxtu direî je ne t'entends pas: de quels phénomènes veux-tu parler î Et Socrate alors se développe, et lui rappelle avec précision les phénomènes dont il lui a déjà touché quelque chose, îtK rQ ïç9v ^ <AwAain«.... Cela fait, il procédera à Texposition de la troisième espèce* Nous doutons que Ton puisse adopter raisonnableitîejit vn autre sens que celui-ci; nous avouons pourtant que n^ulfit et mw paroissent , au premier coup d*œil , avoir Tair de se rapporter Tua à Tautre; mais c'est là une de ces obscurités apparentes qui sont si fréquentes dans Platon, parce que sa diction suit avec une flexibilité admirable tous les mouvemens et, pour ainsi dire, tous les hasards de la conversation, qui amènent souvent de pareilles rencontres. C'est un an dans Platon, et souvent on le fui a donné en reproche. Ceux qui îu sont pas habitués à la souplesse de son sryfe et à l'enchaînement de ses idées ^ que les détours perpétuels de la conversation développent sans Jamais les troubler, lîe le comprenant pas, veulent le rectifier et le gâtent* Ici, par exemple, M. Sialbaum , pour éviter Tappajente relation de vr^Ur et de n^iu/rM , propose pour plus de cbné de retrancher K^Kêlv» , qui fiiit toute lobscurité ; or , on ne peut retrancher nixjtivn sans la phrase entière, i^ptS^ i^fùiifuf ^ufa^péiirmf n^Apetfnç ttinmn )4ni<7i7c(/; il faudra donc retrancher toute cette phrase qui, tenatit à la précédente, cîM* î'^wc j^ pZp mi/wf J^tt^u^ doit jTenvelopptr aussi dans sa ruine; et M. Sialbaum, ne reculant devant aucun scrupule, retranche le tout comnje interposé, quoique pas un seul iranuscrit ne contienne même la plus légère variante.
Nous pourrions prolonger cet examen; mais son utilité compenserottà peine son aridité, et nous croyons que les nombreux exemples que nous avons cités prouvent abondamment tes assertions que nous avons avancées sur le peu de sévérité critique de cette nouvelle édition , et stir la hardiesse souvent téméraire avec laquelle M* Stalbaum sVsi permis d'altérer le texte de Platon; ce texte qui, comme celui de In plupart des grands écrivains attiques, et, plus particulièrement qu*aijcun autre, accueilli, conservé, transmis d*âge en âge, avec un respect et des scrupules presque relîgfcvjx , jusqu'à l'entière destruc* tion du paganisme ; amnistié , honoré même par le christianisme ,
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remplissint toutes tes bibliothèques publiques et particulières , a di présenter à fa barbarie avec toutes les chances de Salut , et qui » au nouvellement des lettre», objet d'un nouvel enthousiasme et c nouveau culte, n admet guère, dans les nombreuses copies que en fit alors sur tous les points du monde savant, d'autres altératic ou même d'autres diversités possibles , que celles qui peuvent résu du plus ou moins de diligence ou d'habileté de la part du copi Encore, jusqu'à ces derniers temps, pouvoit^on se fiiire une iilus sur les ressources que fourniroit la découverte de nouveaux manuscr et autoriser ses conjectures de l'espérance de variantes nouvelles. JV aujourd'hui que les deux derniers volumes de l'édition de M. BeU en attestant son zèle et son infatigable activité , ne laissent plus gu de bibliothèques nouvelles et de nouveaux manuscrits à consuit et trahissent , au milieu de tant de l^ns diverses soigneusenK recueillies, Funiformité des manuscriu, la pureté du texte ancien, Tinsignifiance de la plupart des variantes , la route des hypothèses des conjectures est fermée ; nous savons que nous possédons le tea de Platon tel qu'il est permis de le posséder et tel qu'on le posséd dans Tantiquité. II ne reste plus, au lieu de le défigurer par c corrections hypothétiques, qu'à Fétudier, et à essayer de le comprend tel qu'il est , à l'aide des ressources et des procédés d'une critique éclair qui connoft ses droits et leurs limites. Cependant les dé^ts grai que nous avons cru devoir signaler dans le travail de M. Stalbau ne nous empêchent point d'en reconnoître d'ailleurs le mérite. Ccl qui le distingue particulièrement, et recommande avec honneur cei nouvelle édition à tous les amis de la littérature et de fa phUosoph grecque, est la publication du commentaire jusqu'alors inédit d'OIyr piodore sur le Philèbe. Cette publication toute seule est déjk % service important; elle fera fobjet d'un dernier article.