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est, comme celui de Vienne, presque conlemporain de rauteur. Il dilrère beaucoup de celui de Brescia, iion-seuIeRicnl sous le rappoii paléographique, mais même au point de vue de la rédaction. Il est complet jusqu'à la fin. Toutefois le litre génL-ral manque; cest ce qui explique pourquoi Touvrage est désigné d'une manière si variée : Vanonymus Mellkensis (cap. c%ii] rintiUiic Excerpta de canonibus ; Lambecius, par conjecture, Decretate: une main c^trangère a écrit à h marge du manuscrit de Bresda De auihenticis. Quant au cardinal Mai , il se décide pour le iilre de Decreiam,
Ce savant, dnns Tédition quil a donnée du traité de Bonîthon, tout en tenant compte du manuscrit qu'il avait entre les mains, a clierché à se pénétrei' de la pensée de Tauteur, Il a même pensé qu*il serviniil encore la réputation de ce dernier si, au lieu d'imprimer l'ouvrage en entier, il se contentait de publier des extraits considérables de ce qu il contient de neuf, d'utile et d'original. 11 a pris ce parti pour deux motifs : d abord parce qu'un grand nombre des témoignages tirésdes Pères et des conciles sont très-connus^ ensuite parce que cet écrit contient des spuria , regardés comme authentiques par notre Bonithon et par les écrivains de son siècle, mais condamnés par le jugement de la saine critique.
Grâce à ces sages et utiles suppressions, l'éditeur estime que Touvrage est de nature à rendre de grands services. Il sera Fornement de rÉglise, contribuera à Térudilion des clercs et fera rédificatîon de tous les ordres. Les évèques y trouveront des renseignements précieux sur leurs dignités et leurs fonctions; les politiques sacres, un savant traité sur l'Eglise romaine; les liturgistcs, les règles des cérémonies divines; prêtres, moines, rois, magistrats, militaires, négociants, artisans etau- Ires, tous y verront leurs devoirs tracés d'après les préceptes divins. En* fin chacun, quelle que soit sa position, y pourra chercher, dans les circonstances difTicîles de la vie, des secours salutaires pour les blessures de l'àme. Le cardinal dit, en terminant cet éloge ; « JVu peu lu de livres «qui m*aient autant cljarmé que celui de Bonizon. n Puis» sous forme de parerijon /il donne quelques détails sur un ouvrage de droit canonique de saint Anselme, évêque de Lucques.
A la suite de Bonithon, nous trouvons le cardinal Deusdedit, qui fut un des soutiens les plus énergiques de Grégoire Vil. C*est ce dernier cpii le créa cardinal-prétre du titre des saints apôtres, pour le ré* compenser de son dévouement. Il mourut en 1099» laissant au moins trois ouvrages, dont deux sont encore inédits. En voici le détail :
1* De prlviiegiis Ecclesiœ RoTnami% dédié au pape Victor III. Baronius en a donné quelques fragm^^nls d après un manuscrit incomplet;
a** Collection de décrétalcs et de canons, en quatre livres, et dédiée au niénie pape. Cet ouvrage considérable est conservé au Vatican, dans un manuscrit contemporain de lauteur. Le cardinal Maï lui a consacré quelques détails dans le sixième volume (p. 3i Ix) de son Spicilegiani Romanum. Voici ce qu'en dit M. de Rozière, dans son introduction au Liber diurnas (p. 33) : w C'est dans cette collection que se trouvent in- « sérés d'assez nombreux fragments du Liber diurnas. Elle dut être ache- M vée en io86, comme le prouve Tépître dédicatoire adressée à Vicu tor in, successeur immédiat de Grégoire VIL Nous en connaissons « quelques parties, soit par le décriât de Gratien, qui l'avait mise à con- «tribution, soit par les extraits qu'en ont donnés Luc Holstein et les c( Ballerini. Plus récemment, le P. Beccaria a publié la table des cha-* u pitres disposée par ordre de matières. Mais il est regrettable que Toute vrage entier ne soit pas imprimé, d'autant que le savant cardinal «avait eu accès dans les archives du palais de Latran, et qu'il en avait (( tiré un grand nombre de textes relatifs aux possessions territoriales du nSainl-Siége et à leur administration. I^a bibliothèque du Vatican pos- «sède un manuscrit de celte collection, que les Ballerini rej^ardaient «( comme contemporain Je l'auteur. Il existe , en outre , à la Bibliothèque n impériale de Paris (fonds latin , i 458) un volume de Miscellanea , dans i' lequel se trouvent plusieurs feuillets qui ont certainement appartenu " à quelques exemplaires du môme recueil. »
3" Le troisième ouvrage du cardinal Deusdedit, est un traité contre les envahisseurs des biens ecclésiastiques, les simoniaques et les schismatiqurs.
Le cardinal Mai a cru devoir le publier en entier, parce qu'il est important et plus court que celui de Bonithon. Il regrette toutefois de n'avoir pas eu assez de loisir pour recourir aux sources, rétablir avec soin les témoignages cités par l'auteur et rejeter les documents douteux.
Le traité du cardinal Deusdedit est divisé en quatre livres, dont nous allons donner une analyse sommaire.
Dans le premier, il cherche à prouver que les rois ne peuvent établir des évêques sur les Églises. Son premier argument repose sur l'apôtre saint Pierre , qui aurait ordonné d'abord les pontifes des sièges d'Orient et , peu après, ceux des villes de l'Occident. Malheureusement cette opinion n'est appuyéesuraucun texte des Actes et des Épîtres des Apôtres. Ces premiers pasteurs, continue l'auteur, pour sauvegarder le gouvernement de l'Eglise et le protéger contre les empiétements ambitieux du pouvoir civil, ont établi parmi les Constitutions apostoliques le canon suivant: « Si un évêque se sert du pouvoir civil pour obtenir une Église, qu'il soit
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M déposé* ^» Ici, nouvelle objection : depuis longtemps la critique a prouvé que les Conslitutions ne peuvent être des décrets portés par les apôtres*
Los Eglises ayant ëlé trop libéralement dotées par la piété des fidèles, la convoitise ne tarda pa;^ à conduire à l'infàine trafic de Simon, dont rhérésie fut anatlién)atisée par saint Pierre et par ses surcesseurs» Plusieurs empereurs, quoique fondateurs de nombreuses Églises, ne voulurent exercer sur elles aucune juridiction* Et même, malgré la persécution desévcques, on ne contesta jamai5 aux fidèles le droit de nommer leurs pasteurs, L'intrusion d'un empereur dans une ordination suffisait pour la faire considérer comme illéj^ale et nulle.
Les saints Pères et les conciles sont unanimes pour recoiutaître ijue •la puissance civile na rien à \'oir dans félection ou la promotion des évêques*
I(i Tauteur réfute les objections qui pourraient venir de Téleclion du pape Grégoire et d'Ambroise de Milan, ainsi que duo décret du pape Nicolas le jeune, d après lequel la consécration n aurait lieu qu*a|ïrès notification faite au roi. Il déclare ce décret sans valeur et blâme la coutuuie de soimiettre réleeiion des évcqties h l'approbation de la puissance civile. Dans sou argumentation, il s'appuie sur Tautorite des pontifes romains, celle des Pères du premier et du septième Concile général et les constitutions des grands empereurs chrétiens.
Le second livre est consacré au sacerdoce et aux sacrifices des prêtres intius, simouiaques, scbismatiques et héréticpies. Au moyen d'un grand nombre de passages quTI cite textuellement» le cardinal Deusdedit cherche à démontrer que ce sacerdoce et ces sacrifices sont nuls. Ainsi ceux qui sont baptisés par les hérétiques ne reçoivent pas le Saînt^ Esprit en mfhne temps que le sacrement. Le sacrifice célébré dans les mêmes conditions en>péche de recevoir le corps de Jésus-Christ. Les véritables catholiques verront là une hérésie , car le sacrement du baptême tient sa vertu ex opère operato, quelle que soit rindignité du ministre.
Tous les arguments de fauteur contre les simoniaques et autres s appliquent surtout à Tantipape Guibert de Ravenne, qui» après avoir été fidèle pendant neuf ans à Grégoire Vil, s'empara du pontificat» sous le nom de Chniont II, avec l'assenliinent et laide du roi Henri. Ici se place Téloge de la comtesse Matliilde. dont la vertu et le courage ont mis fin à ces désordres.
Après avoir parlé de fhérésie d*Arius , qui a disparu sous les efforts de la sainte Eglise, fauteur fait re^narquer la différence qui existe entre Thérélique et le schismatique. Le premier n'observe pas la vérité catholique; quant au second, il prétend suivre la véritable doctrine,
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tout en rejetant ce que les saints Pères nous ont transmis. C'est ce qu'il cherche à étabhr, en s'appuyant sur saint Augustin, saint Jérôme, saint Isidore et le pape Gélase.
Il termine par quelques détails sur le repentir des simoniaques et sur la manière dont doit s'effectuer leur retour dans rKglise.
Dans le troisième livre, le cardinal Deusdedit examine comment les membres du clergé doivent être traités par les pouvoirs laïques.
D'après la loi divine et les constitutions impériales, les chrétiens séculiers sont obligés de subvenir aux besoins des prêtres et des ministres du Seigneur, afin que ceux-ci, débarrassés des soucis de la vie matérielle, soient plus libres pour méditer la loi divine, l'enseigner aux fidèles et leur conférer les sacrements. Dieu veut, on outre, que» ses ministres soient honorés; qu'ils rencontrent partout l'obéissance la plus absolue, et qu'ils soient protégés contre la diffamation et la calomnie. Il est, de plus, défendu aux rois et aux séculiers de poursuivre les membres du clergé qui ont été institués les curateurs et les juges des âmes. On pourrait objecter que tous n'ont pas une vie exemplaire; que plusieurs même se sont rendus coupables d'actions blâmables. Mais, puisque Notice- Seigneur a ordonné à ses apôtres d'obéir aux prêtres qui l'ont crucifié, il est clair qu'il a voulu que les séculiers, quels qu'ils soient, rois ou autres, lussent soumis aux prêtres catholiques, même coupables.
Cette argumentation, comme pour les livres précédents, est appuyée sur une foule de textes qui mériteraient d*être contrôlés. A l'exemple du cardinal Mai, nous laissons ce soin aux éditeurs futurs de ce traité.
En commençant le quatrième livre, l'auteur établit que la nomination des évêqucs, n'appartenant pas au pouvoir laïque, il est clair que les ecclésiastiques d'un ordre inférieur doivent être à leur disposition pour être employés au service divin. Il n'est donc pas permis aux séculiers d'introduire des membres du clergé dans l'Eglise ou de les en chasser. Il suit de là qu'ils ne peuvent rien posséder dans l'Egiise ou transporter dans leur juridiction de ce qui est du domaine ecclésiastique. Les preuves abondent pour justifier cette doctrine.
Cet ouvrage, dont nous venons de donner la substance, est écrit d'un style clair et correct. Les matières qui y sont traitées sont d'un ordre relevé et ne sont pas à la portée de tous les lecteurs; aussi fauteur, habitué au formulaire de la chancellerie romaine, n'a pas eu besoin de recourir à certains termes vulgaires, usités à son époque. Il prêterait donc peu à des observations philologiques; tout au plus poui'rait-on relever quelques mots nouveaux, mais appartenant â la
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bonne latinité ^ Il n'en est pas de même de Bonizon, qui est peut-être plus clair encore, et, dans tous les cas, plus agréable à lire. Comme il s adressait à toutes les classes de la société, puisquil traçait à chacun des règles de conduile, il a du se rendre accessible à tons» et il n a pas craint de recourir quelquefois aux expressions employées par le peuple. Les lexicographes y trouveront à recueillir quelques bonnes remarques pour la tangue du moyen âge'^.
Une planche gravée, contenant le fac-similé d un certain nombre de manuscrits grecs, remontant tous au x" et au xi" siècle, et trois tables complètent le septième volume de la Nova Patnim Bihlioiheca, Quant aux matériaux cjui devaient entrer dans les suivants, nous en connaissons ^plusieurs, grâce aux indications données par le cardinal Mai lui-même dans ses notes. Nous citerons surtout un ouvrage historique Ires-important ^, doutTimpression avait même été commencée. Voici, en ellet, ce quon Ht dans une note, page 44, de la troisième partie : «Ceterum i< proSlephano II facit cnm Bonizone etîam aurtor Draconis Normannici (dib, II, quod ingens opus versibus 4336 (non supputatis lacunis <«aliquot) anglicanaj gallicanaî histori® insigniler utile, diuque frustra *iqua^situm, nos in vaticano codîce inventum prelo jam supposuimus, « et propediem luci publicœ exponcmus. n Qu'est devenu ce grand poërae de 4336 vers, intéressant l'histoire de France et d* Angleterre , et dont rimpression était commencée en i854? Il y a là, dans tous les cas , une importante publication à faire , d'après le manuscrit du Vatican , retrouvé et signalé par le cardinal Mai, mais qui» hélas! a disparu de nouveau. Depuis lors, plusieurs savants ont fait, à Rome, de nom* breases démarches pourvoir communication de ce manuscrit; on leur a toujours répondu qu'on ne savait ce quil était devenu.