Tome I", p. 1 34» — * Ibid^ p
HÏSTOlRt: DES PEBSES, 187
Un autre repi'oche qu on peut adresser à Tœuvre de M. de Gobineau ♦ c'est de manquer d'unité et de méthode* Elle nous oiïrc moins un récit suivi des événements ou une histoire proprement dite qu un recueil de mémoires historiques et de dissertations, de réflexions de diverses natures dont le lien est souvent difTicile i\ apercevoir» et qui ne so rapportent pas toutes U'ès-directement au sujet choisi par routeur. Ainsi Ton tmuve» au chapitre iv du P' livre, un long parallèle entre les quatre âges d^Hésiode, les difTérents ordres de patriarches mentionnés par la Genèse et les cinq dynasties fabuleuses du Déçalir. Ce parallèle fût-il aussi fondé qu'il Test peu, et le Décatir, sur lequel il s appuie, fût-il autre chose qu'une débauche d'imagination orientale, quelle lumière répandra-t-ii sur les origines et les destinées de Tantique race des Iraniens? Un peu plus loin, au début du II* livre, M. de Gobineau nous expose ses Idées sur les diverses manières de comprendre et d'écrire l'histoire et sur les conditions particulières que devrait remplir une histoire des Pei'ses. Que ces considérations générales eussent fait la matière d'une préface ou d'une introduction, personne ne s'en étonnerait; mais, au milieu du volume, entre le règne d'Arbacès et celui de Ferydouu» elles ne semblent pas, quelle qu'en soit la valeur, se présenter très A propos. Ailleurs c est une dissertation sur les noms propres ou sur les inconvénients attachés h l'usage des espèces monnayées, qui interrompt d'une manière tout aussi inattendue le tissu des faits. En d'autres moments « on nous signale les dangers d'une centralisation excessive et de ce qu*on appelle, dans !e langage de la politique moderne, les droits de rÉtat. Il y a même une page qui est consacrée à l'apologie de la bastonnade, employée comme moyen de discipline militaire ^
Mais, si funité fait défaut dans la composition, elle ne manque pas dans la pensée qui a inspiré et qui domine tout l'ouvrage. L'auteur a un système, il en a même plusieuis étroitement unis entre eux et que l'histoire des Perses, comme l'aurait fait toute autre histoire, lui fournit seulement l'occasion de mettre en lumière, nous n'oserions pas dire de démontrer. L'un do ces systèmes est celui que M. de Gobineau a développé, il y a déjà bien des années, dans son Essai sur riuégaliié des races humaines. Un autre, purement politique, est celui qui consiste k placer dans la féodalité le point culminant, la perfection même de Tordre social, et à regarder les nations comme d autant plus près de leur décadence qu elles s'éloignent davantage de ce régime. On rencontre aussi chez M. de Gobineau des idées personnelles, un système particu-