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CHAPITRE PREMIER

rnOC£DES GENÉnAOX.

Ariliinl la ventil:*tion fui négliger iuilrefoîîi, autant elle est pratiquée aajouiïl'hui clans tous les ëdificcs et constructions où se trouvent réunies un certain nombre de personnes, comme salles de spectacle, aniphi- Ih^àlres» écoles, lieux d'assemblées quelconques, etc. Aujourd'hui les écuries, les étables, les bergeries, les ipagnaneries bien construites, sont

En venlihint 1 almos|)hère limitée d'un <'»djfice, on ne se propose pas seulemont dVni pêcher qur lair expiré |)uisse être inspiré de nouveau. lïUiis on veut encore enlever tout re qui s0!"t du corps ;i Tétat gazeux, ou qui, comme l'eau de la transpiration cutanée, est susceptible de le prendre. Par exemple on n admis qu'en une heure il suffît de -} de mètre cube (;i33'"7i} i un homme pour obtenir le premier elFel; mais, si Ton veut rntrainer à 1 état de vapeur toute Teau de la transpiration cutanée t^t jjulmonaire avec un air dont la température est de i5 degrés et a moitié saturé de vapeur d eau » il faudra un peu moins de 6 mètres cubes. MM. F. Leblanc et Peclel ont constaté que Tair d'une salle ainsi ventilée ncst pas odorant» quoiqu'il soU fétide dans la cheminée de tirage où il est en mouvement; ce fait, dont on n'a point donné la cause , rentre dans une catégorie de faits organoleptiques qui m'ont semblé nVtre point inexplicables. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui beaucoup de personnes admettent que, ]]our ime température de i5 ii jo degrés, il laut 3o mètres cubes d'air par heure et par personne pour assurer une bonne venhiation,

M. de Frtyrinet ne donne aucune formule, les jugeant peu utiles an but qu'il s'est proposé. En parlant de la ventilation naturelle qu'on opère dans les édifices et quelques ateliers, il cite deux appareils à ventilation d'un usage assez frécpient en Angleterre ; l'un est appelé .çjpl/ oh automaftque de Watsnn, son inventetu-; fautre consiste en un bec de gaz qui est adapté à un appareil très-simple placé au plafond ile la pièce qu'on veut

voniilei'; iniagitié par un chirurgien, M. de la GajxJe» il a été perfec» lionne par M. Slevens, construcleiir d appareils u gaz.

Mais ces appareils, et dauli^s qui leur sonl analogues» sont impuissants à proléger les ouvriers occupés d'une industrie où les opérations produisent on dégagent des poussières assez ténues pour rcstei^ suspendues dans Tair, et pénétrer avec lui jusqu'aux poumons, Longlemps plusieurs personnes très-instruites, parmi lesquelles je citerai Magendie, ne voulaient pas admettre, je ne dis pas Imconvénicnt, mais le danger de ces poussières. Il s*agissait, dans l'exemple que je cite, du poussier de charbon employé par des fondeurs en cuivre à saupoudrer les moules où Ion coule le bronze. Une commission nombreuse de savants, dr médecins et de membres de TAdministration, constata le danger du poussier et l'avantage de le remplacer par la fécule de pomme de (erre, [^e rapport établit le fait qu'un malheureux ouvrier fondeur était mort à Larihoisière de Tintiltration du poussier de rharbon flans ses poumons* ainsi que je le reconnus moi-même par un examen approfondi '. Ivnfin, conronnément au rapport de la Commission des arts insabibres, l'Académie des sciences décerna, en i85i. un prix Montyon à M, Pierre-Aimé Bouy, auteur de la substitution de la férule au poussier de charbon, dans le moulage du bronze. Si cet art fut amélioré par la substitution d'une matière blanche tombant sur le moule, à cause de sa grosseur» sans se tenir en suspension dans l'air à Tinstar fin poussier de charbon, il ne le fut pas par la ventilation, mais je le cite comme un exemple frappant de l'utilité de la ventilation pour soustraire les ouvriers aux poussières qu'ils seraient dans le cas d*aspirer avec fair.

M. de Freycinet répartit les moyens de ventiler les ateliers (Tnidustrie à poussière en (rois groupes de puissance inégale :

Le premier conipreud les plus elTicaces; ce sont les l'entilatears mécanîfjaes les plus puissants, tels les caisses à piston, les pompes, les soulllets, les ventilateurs à aubes, à hélice, etc.

Au deuxiènip appartiennent des appareils de chaullage ou calorifères^ poêles, cheminées h double courant d'air, cnvfs h air chaud, etc. Ces

' Cet examen approfondi était nécessaire pour qu'on n^aUribuat pa;» la présente de la matiètr notre a de la mélanose^ matière que» je connaissais depuis longtemps pari'étude que j'en avais faitf, h f invitation de Dypuytren , et plus lard de L.4ennecî re grand médeciu m'avail avoue q»ie, la première foin qu'd eut occasion d observer l;i métmiosc, \l eul !a pensée de la considérer comme du noir de fumée provenant d'une couibuslion incomplète du combustible .servant à lùelairage; j'ai donc eu tAi- ^*>n de dire, après un cxamt^n iPPROFoxor . p(»ur prévenir Inute abjection.

Jî« JOURNAL DES SAVANTS. — JUILLET 1871.

appareils diffèrent des premiers , dont Tusage se continue riiiver et Tété* en ee que Tusagc des calorifères cesse avec la belle saison, époque de l'année où les fenêtres des ateliers peuvent être ouvertes, telles sont les fabriques de cigares, de cartonnages, etc.

Le troisième groupe comprend \es foyers à cfieminées d' aspiration , principalement d'usage dans des ateliers voisins les uns des autres , etdisposés circula ire ment au foyer* M. de Freycinet cite comme un exemple remarquable de celte disposition, les labriques d engrais chimiques de Glasgow, au centre desquelles est établie mie cheminée haute de i /ia mètrt^s, dont h puissance de tirage est prodigieuse.

On trouve dans fouvrage de M, de Freycinet de très-bons renseignements sur les meilleures dispositions pour assurer refficacité de la ventilation.

Sous le titre de : Moyens destinés à prévenir les dégagements à tintérieur des ateliers, M. de Freycinet fait connaître divers moyens ingénieux de soustraire les ouvriers à des dégagements de gaz, de vapeur, de poussière, non plus cette fois qui peuvent être perdus sans inconvénient, mais de matières utiles ou vénales, capables d'aflcclêr la santé des ouvTÎers; tel est le chlore du chlorure de chaux, la poussière de chaux. de ciment, de céruse, etc.

Parmi les procédés dont parle M. de Freycinet, il en est un que M. Perrîgault, de Rennes, dit avoir imaginé en i863, après qu'il eut fait Tobservalion que des poussières suspendues dans rair d*une chambre où parvenait un rayon de lumière qui les rendait visibles se fixaient sur des surfaces solides, en vertu d'une attraction particulière, lorsqu'elles en étaient à une distance de i à a mihimètres. Cetle observation le conduisit à imaginer une caisse à laquelle, on a donné son nom; elle est longue de à"*,5o, large de i^'.yo, et a j", lo d^élévalion, L ultérieur est divisé par des planchettes en dix compartiments de g centimètres de hauteur, disposés de manière quunc poussière quelconque, par exemple, de tan moulu, de farine, elc, étant entraînée par un courant d air mo* déré du compartiment inférieur au compartiment supérieur, s'échappe après avoir déposé toute ou presque toute la poussière dont ce courant tfair était chargé. L ecorce de chêne destinée au tannage est broyée dans un moulin à noix couvert, et sa poussière est lancée dans le compartiment inférieur par un petit ventilateur aspirant fair du moulin chargé de poussière. M. de Freycinet ne dit pas si le dessous des tablettes est aussi chargé de poussière que le dessus, comme cela devrait être si la cause qui! indique de la fixation de la poussière est la véritable.

Appareils a protéger les organes respiratoires.

Les procédés décrits jiisqii a cette partie de louvrage sont insuffisants poyr préserver les ouvriers du dégagement de certaines matières, gaz ou poussière ♦ qui affectent les organes respiratoires.

Afin d'y parvenir, on a imaginé deux sortes de petits masques, dits respirateurs , au moyen desquels on préserve le nez et la bouche de la poussière; ils sont maintenus au moyen de cordons noués derrière la tête.

Le respirateur tlu docteur Stenltouse consiste en une couche uiîuce de charbon de bois serré entre deux toiles métalliques à larges mailles. Ce charbon, dit plaiinisé, parce qu'il est préparé avec du bi-chlorure de platine, est préférable à tout autre : il sert un mois et plus san^ être rf'nouvelé. Il agit par ajjimlé capillaire sur fes gaz et les vapeurs.

Le respirateur du docteur Stenhouse a été employé dans les égouls. et daus les hôpitaux où régnent des maladies contagieuses.

Le respirateur de la maison JeiTreys, propre h préserver Touvrier de> poussières, est formé de plusieurs épaisseurs de toile métallique à mailles très fines, laissant passer les gaz* On peut le fabriquer eu fil de cuivre plaqué.

Ce n-spiratour est bien plus fréquemment employé que le précédent, cl les ouvriers l'estiment extrêmement; il sert dans le moulage des métaux, le broyage des pierres, le polissage, etc. I\L dr Freycinct rite la pulvérisation de iemeri, la composition des mélanges dan.s lesqueL*» entrent la chaux, le sulfate de soude, le bioxyde de manganèse, l'acide arsenieux, etc.

Dans des villes très-industrielles, lorsque le temps est bas et humide et que ratniosphère est chargée, les particuliers font usage du respiraleur dans les rues.

En France, les respirateurs ont eu moins de succès quen Angleterre, et, en effet, ceux qu'on a imaginés contre la poussière pionibeuse .sont en pailic délaissés. Quoi qui! en soit, M. de Freycinet parle des mas(fues hygiéni(jue$ de MM. Paris et Poirel, de lappareil de M. Galibert, destinés principalement aux ouvriers puisatiers, égoutiers, vidaujieurs, .uix pompiers, etc.

M, de Freycinet fait remarquer quon t^mploir encore avec succès un simple voile de batiste rabattu, une toulïé de clianvre ou de lin, une éponge humectée, même un mouchoir sur le ne^E et la bouche, noué derrière la tête, pour se préserver des poussières.

Mesorcs fleatiiices à coin battre l'miectioii.

On comprend que la bonne tenue» des ateliers exige des sains de propreté de tous lc5 instants, tels que le balayage, des lieux d'aisance en comniunicalion avi^c des foyers d*appel, le lessivage des murailles h la rhaux, elc, M. de Freycinet parle, dans les temps de maladies dites épidémùf tt€$ ^ contafiieuscs , de Temploi d'agents chimiques tels que le chJore. le chlorure de chaux, le perchlorure de fer, et de quelques autres préparations dont Wtcide phéni()ac est l'agent, préparations que fait en grand, à Manchester, avec un grand succès, M. le docteur Calvert. Aujnurdliui l'usage en est répandu dans le monde entier.

Il im|)orte que Ton sache bien la difierencc existant entre les agents ehimiques d'assainissement que je viens de nommer; mais cet article, trop long déjà pour les sujets qui me restent à y traiter, m'oblige de renvoyer Texamen des actions respectivcs*de ces divers agents a lartiele où je traiterai de Thygiène des villes.

Mesures hygiéniques diverses.

I^es mesures dont parle M* de Freyeînet, prises par les patrons en faveur de leurs ouvriers, montrent qu'en France aussi bien quen AngleleiTC les industriels prennent rinitîative de précautions excellentes pour combattre les inconvénients de rindustrie en donnant à ceux qui l'exercent des liabitiules de propreté, et en veillant encore sur leur santt^S lorsqu'ils sont hors de 1 atelier.

Cest ainsi que, dans beaucoup de grandes usines, un local est afTecté aux repas des ouvriers, et, en Angleterre, la loi en fait même un article obligaloii^c pour les femmes et les adolescents dans les fabriques insalubres et même dans des fdatures et établissements analogues.

Les ouvriers attachés à des ateliers d'acétate de plomb, de réruse, sont obligés, avant de lescpiiller, de se laver les mains dans des baquets d*ean de sulfure de potassium très-faible, qui neutralise foxyde de plomb en le sulfuninl; les ouvriers attachés à des fabriques d*allumettes phosphorées $i' lavent les mains avec un savon caustique mêlé de sable , propre i\ détacher de la peau des parcelles de phosphore qui seraient A^ causes de nécrose, sans cette précatHion.

Limite d'Age et durée du travail.

^iixcnieU le Gouvernement français attache avec raison

TRAITÉ DASSAIMSSEME\T. " 321

le plus (llmportancc, en fait d'industrie , est la législation relative aux ouvriers, en ajant égard à Tage» au sexe et à la durée du travail. La loi de ï8/n n'ayant pas réalisé tout ce qoon pouvait eu espérer, le Gouvernement français, avant d'y apporter quelque changement, a tlésiré connaître ta législation étrangère. Aussi M. de Freycinel a-t-il eu mission de Tétudier dans les pays où il est ailé, et ce n est eflectivemeut qu*api es avoir comparé les lois étrangères avec la nôtre et en avoir étudié les résultats comparatifs que l'on sera en mesure de justifier les propositions de changements qu on jugera convenable d'apporter à la loi de i 8/t i .

M. de Freycinet dit qifà Tétranger' on est à peu près d accord pour aduiettie :

i** Que les enfantî^i ne doivent pas être reçus dans les fabriques avant huit ans , et qu^its nr: peuvent être assimilés aux hommes qu a fâge de dix huit ans;

3"* Que les enfants sont distingués en deux catégories :

La premièi'ê, de huit à treize ans;

La seconde, de treize ans à dix-huit;

y Que les enfants doivent être exemptés du travail de nuit, sauf le cas de force majeure;

4° Que les femmes âgées de plus de dix-huit ans restent assimilées aux enfants de la deuxième catégorie;

5" Que les ejifants de la deuxième catégorie et les femmes de plus de dix-lmil ans ne doivent pas être retenus à Tusine plus de douze heures par joui ;

fi"" Que les enfants de la première catégorie ne doivent faire que la moitié du service des enfants de la deuxième.

M. de Freycinet ne dissimule pas quil existe des industries tellement Insalubres, qu on ne pourrait y admettre sans inconvénient des enfants de huit ans. Aussi fail-il remarquer que la loi anglaise u'autorise quà onze ans ladmission des enfants dans les usines où l'on repasse les métaux, ou Ion coupe la futaine, et qu*à douze ans, celle des enfants dans des usines où Ton fond et recuit le verre, etc.

Enfin M. de Freycinet cite un certain nombre d^industriels anglais qui reconnaissent que les lois qui élèvent Tùge d admission des enfants et qui abrègent la durée du travail ont été avantageuses plutôt que nuisibles aux patrons.

Telles sont tes matières traitées dans les PROcéoés généraux de la

Sn JOURNAL DES SAVANTS. — .lUlLLET 1871,

Htlabriié wiérieare. En évitant les détails, je crois en avoir dit asse^ cepctidaiit pour donner à mes lecteurs une idée juste du mérite de çeUe partie de ruuvnige de M, de Freyrinet; Texposc de-s faits est précis ♦ et la coordination, bien rélléchie. permet à fesprit de la saisir ^aas peine et d*ea tirer toutes les lumières désirables dans les applications qn*il voudra en faii e. Je serai bien plus bref dans lexposé que je vais faire du deuxième cliapitre concernant Ins procédés spéciaux des industries considérées au poîiU de vue des précautions prises dans rintérieur des usines où on les pratique.

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