‹ Journal des savants (volume 5)Chapitre 35 sur 79 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

PROCÉDÉS SPÈCIVUX.

M. de Freyeinct traite avec détail des procédés les plus efficaces pour mettre les ouvriers à fabri des émanations dangereuses que présentent le grillage des minerais de cuivre et de plomb, la préparation des alliages de ces métaux, la coupeilation des alliages de plomb et dargent. Il fait connaître les grands perfectionnements apportés depuis une vingtaine d années à la fabrication de la céruse (3 (C/>i) + (HH/ji),) et il insiste avec raison sur la part qu ont prise à ces perfectionnements MM* TIk Lefebvre, de Lille; Bezançon, de Paris; Ozouf, de Saint- Dcivis : c'est en évitant autant que possible le contact de Foxyde de plojiib avec la peau qu'ils ont atteint ce but. Les ouvriers travaillent avec sécurité lorsqu'ils ne sont plus ex[)Osés aux poussières plombcuses, parce que celtesd se produisent dans des capacités closes, ou quelles sont tenues mouillées, ou enfin quelles sont réduites à l'état dune pûte Imileuse préparée avec un vrai succès par M Bezançon, de Paris, à l'avantage ih' ses ouvriers et du consommateur. Voici son procédé : la réru^e destinée à élre vendue en pâte huileuse eti sortant des prenriières meules à eau, est intt^oduite demi-humide dans des pétrins mécaniques avec une certaine quantité J'un mélange de i partie d huile de lin et de i parties d'huile d'œillette. La pâte qui en résulte est passée entre des cylindres broyeurs ou lamineurs, qui lui donnent fhomogénéité convenable en en expulsant feau» de sorte que la céruse pâteuse, ne retenant pins que flmiU', peut être livrée au commerce, sans que la .smté de fonvrier ait été exposée. Ce procédé ingénieux et salubre réponse sur une sorte iïaJfinUc élective, que j'ai qualifiée de capillaire parce (pi'cllc sVxcrce a la surface d'un corps (jui conserve sa solidité en adhérant iuliuiement a un liquide qui conserve sa liquidité. J'ai montré que

l;i poudre de céruse, réduite en pâte avec de i'eau mise en contact avec une huile, perd son eau rn absorbant retle huile, tandis que des terres argileuses, le kaolîn, par exemple, réduit en pâte avec de Thuile, perd cette huile par son contact avec Teau; les affinités électives des miitières solides, eu égard à Feau et à Thuile, sont donr invriv^^es dans les deux exemples que je viens de citer; ils rappellent ainsi ces fails curieux à'ajfinités électives où nou^ voyons , par exemple, la potasse précipiter la magnésie, et l'ammoniaque précipiter l'alumine de leurs sulfates respectifs, en s'emparant de lacide sulllirique, à fexclusiun de la matière précipitée.

M de Freycinct décrit ensuite le procédé au moyen duquel M. Ozouf prépare h Saint Denis Lt céruse d après une méthode précise, où il dérompose lacétate tribasique de plomb par lacide carbonique pur. Le produit qu'il obtient sans compromettre la santé de ses ouvriers a eu le grand avantage d'etrr dépouillé de 5 A 6 centièmes d'acétate de plomb contenu dans beaucoup de céruse du commerce, et cet acétate augmente sensiblement rinsakibrité de la céruse dans les usages auxqnels on remploie. Le procédé de M. Ozouf est donc préférable, A tous égards, à l'ancien procédé dît de Clichy.

iVl.de Freycinct, après avoir examiné les perfectionnements apportés à la préparation de la céruse avecrinlenlion surtout de la rendre moins insalubre, dit quelques mots de fusage de la peinture au blanc de zinc, qui, en définitive, résument fopinion qu'en portent tes fabricants de céruse. Quant a la mienne, je ne fexprime pas en disant renoncez à la peinture au hlanc de plomb, mais, après avoir mis deux ans à lexamen comparatif des deux peintures et avoir rédigé un mémoire de 8o pages, imprimé en i85o dans le vingt-deuxième mémoire de rAcadémie des sciences; déplus, après avoir suivi pendant plus de dix ans les effets de faction des agents extérieurs sur la peinture au blanc de zinc d'une maison qui m'a appartenu , je dis avec assurance : Je préfère la peinture au blanc de zinc à la peinture à la céruse: et probablement je publierai bientôt un examen comparatif de ce que sont devenus en ce moment ( 1 87 i ) les essais comparatifs des expériences décrites dans le mémoire de i85o.

M. de Freycinct parle de femploi de la céruse pour le blanchiment des dentelles pratiqué induslriellrment par des femmes en Hollande et en Belgique, industrie déplorable pour ces femmes, et qui a plus d'un inconvénient pour les personnes qui se parent de ces dentelles» Il est pénihle de penser que de tels procédés existent encore quand il serait si facile de leur en substituer de parlaiteuient saliibres! J'en dirai autant

de remploi de verts arçenicaux pour colorier des tissus destiné» à faire les feailles des fleurs dites artificielles et même des vêtements de bal. En y substituant le vert de Pannetier, donl M. Guignet a décotn ert la fabricntion . on remplace une matière vénéneuse pai' un scstftiioxyde de chrome hydraté, qui n*a rucuu inconvénient à tous égards

M. de Freyrinet entre dans des détails nécessaires pouc que ses lecteurs prennent une idée juste des améliorations rjpporlées ii lappliratirMi des émiuix plombeux sur dilTérents objets; à la préparation des produits arsenicaux; à rintervenlion du mercure dans plusîetïrs industries, telles que Tétamage des glaces, la dorure et rargenture; au setrétage des peaux et à Tarçonnage; au repassajT;e sur la meute des couteaux, des outils à tranchant, à l'aiguisage ou empointage des aiguilles. L'assainissement de ces dernières industries consiste à soustraire les ouvriers k des poussières résultant d'un mélange de l'usure de la meuJe et du métal quon.y présente. Dans la fabrication des épingles faites avec du laiton, ramétîoration consiste à soustraire Touvrier aux poussières cuivreuses.

M. de Freyciuet, en parlant des allumettes chimiques» fait connaître les procédés les plus récents; ils présentent dos modifirations considérables relativement à ceux qui ont été employés d'abord; car, dr»!is rorigine, on appliquait le phosphore blanc ou plutôt incolore et transparent sur rallnmette soufrée, et le malheureux ouvrier, en respirant la vapeur du phosphore, était exposé à la nécrose des os maxillaires; aujourd'hui il n'y est plus exposé.

M, de Freyrinet parle aussi des allumettes chimiques préparées avec le phosphore dit roarje ou amorphe: il expose le procédé suivi a Lyon par les frères Cognet avec un grand succès.

En fait d'industrie concernant les malières minérales, il parle encore des poteries, du bleu d'outre-mer, du chlorure de chaux, du blanchiment au chlore; de la concentration de lacide sulfurique. et enfin des amorces fulminantes préparées avec Tazotate de mercure et l'alcool.

Kn décrivant l'étamage du fer, il fait voir que les incouvénienis principaux tiennent moins aux deux métaux qu'à raltération par la chaleur du suif ou de la matière «crasse qui recouvre le bain d'étain où plonge le Fer qu on veut étimier.

La première partie de rouvrage relative à la satubrtté intérieure traite encore des sujets importants et susceptibles de suggéi'er plus d'une réflexion intéressante; il s*agit d'industries dont !a matière première est d origine organique,

La préparation du tabac a été prodigieusement améhorée par fem-

TRAITÉ IVASSATMSSEMENT. 325

ploi des macliines que M. Rolland n introduites dans les manufactures de lÊlat, et ici dislinguons la préparation du tabac à priser exigeant ce quon appelle une fermentation, de la préparation du lahac à fumer, qui n'eu exige pas et qui consiste essentiellement dan*^ la dessiccation des feuilles.

Le tannage des peaux, au point de vue de la salubrité, a donné lieu à des opinions qui ne sont pas toujours exactes dans rexpression, par la ïaison que Ton confond le travail dit de rivière avec la mise en fosse de la peau préparée et de la matière astringente destinée à la tanner. Or, cest le travail de rivière ^ commun au tannage et à d^aulres industries» qui donne lieu aux plaintes dont le tannage est l'objet ; en effet, épiler et i'fkarner, voilà la cause de ces plaintes. Les débris de ces opérations, les plaim de lait de chaux dans lesquels les peaux ont macéré, jetés hors de Tusine * portent l'infection dans le sol et dans les eaux stagnantes. La salubrité exige donc que ces détritus et les eaux sorties de Tusine soient immédiatement dispersés au loin.

M. de Freycinet parle du blancliiment au chlore, de la fermentation produisant la bière et le vin, du sciage des bois, du dévidage des cocons, de la préparation de la laine, du coton, du chanvre et du lin, de la boyauderie, et signale encore, dans le travail du caoutchouc, le fâcheux effet sur tes ouvriers de la vapeur du sulfure de carbone.

Mms il existe un«^ industrie nouvelle, la préparation du sulfate de (jaininer qui donne heu à des accidents aussi graves que singuliers, dont je dirai quelques mois; malheureusement la cause n en est pas connue : ce qu'on admet, en fait, cest que, dans la préparation de ta (juinine, toutes les opéraiiom sont dangereuses , et plus purtirulièrement le broyage et le tamisage de técvrce, ainsi que la purification da sulfate Imd, On ne compte guère que quatre établissements de ce produit dans le monde : à Nogent-sur-Marne, à Londres, à Francfort et à Ne\v-York<

Je termine ce trop long article par la citation suivante, que j'emprunte à Touvrage de M. de Freycinet; c*est M. Armet de Lisle, le fabricant de Nogent, qui parte.

«Il suDfil quelquefois de slalionner dans Tusine pour contracter la a maladie. *> Elle consiste en nue éruption sur la peau, accompagnée de démangeaisons, parfois .'^î douloureuses, que le malade est porté au suicide.

Je reprends la t^itatian de M. Armet de Lisle.

«De trois frères du même père et de la même mère, fun, faîne, «reste dix ans sans rien avoir; le plus jenne, depuis trois ans, na pas '(encore été atteint; le second attrape la mabidie au biut d'un mois,

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«quitte la fabri(ftie et reste un an ou quinze raois sans vivre avec ses u frères. Au bout de ce temps, donnant la main à un voiturier de l'u- «sine pour décharger une voiture de loiles enveloppes des ballots de u quinquina, il est repris de la maladie, qui le tient huit jours au lit avec tt les yeux fermés.

<i Une servante, travaillant près de Tusine. est forcée de quitter la n maison.

u Plusieurs ouvriers, prenant des vêtements ou des outils de leurs w camarades, sont malades pour deux, trois et qiielqurfois huit jours.

(» Un ancien ouvrier passant sur la berge, l'usine étant ouverte, est «repris de la maladie pendant deux ou trois jours. >>

E. CHEVREUL

NOUVELLES LITTÉRAIRES-

INSTITUT NATIONAL DE FRANCE

ACADEMIE FIUNÇAISE,

Dans sa séance du 39 juin 1871, rAcadî'mie française a élu M. Patin a la placi? *ie secrétaire perpétuel, vacante par le décè^ de M. Villemain.

ACADEMIE DES INSCRIPTIONS ET BLLLES-LETTRES

Dans sa séance du 3o juin, l'Académie des inscriptions el blîea-lettres a étu M. Thurot à la place vacante par le décès de M. Viltemain , et M. de Rosière à la place vacante par le décès de M* Alexrmdre.

Dans la même séance. rAcadémie a élu M> Amari, à Florence, associé étranger en remplacement de M. Amédée Peyron, décédé.

Dans SR séance du 7 jitillet, ta même Académie a piocédé à l'élection de deux

NOUVELLES LITTÉRAIRES. 327

académiciens libres. M. Robert a été nommé en rcmjilacemenl de M. Prosper Mérimée, el M. Thomas-tJenri Martin, en remplacement de M. Dehèque.

ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES

Dans sa séance dti ag, juillet, l'Académie des sciences morales et politiques a élu M, Henrr Martin à la place vacante, dans la section d'histoire, par le décès de M. Pierre Clément.

LIVRES NOUVEAUX

FR4NCE.

L'Académie des scienc^i pendant k siège de Paris , par M. Grimaud de Caux« Paris, imprimerie de E. de Soye, librairie de Didier et C'\ 1871, in-ia de 3uixu»u4o pages* — Ce livre est consacré à raconler, en ce cjui roncerne l'Académie des sciences, un des épisodes ks plus glorieux que Tlnstilul de France ait eu à eurcgiâtrer dans ses annales, et en même temps un des traits les plus caractéristiques du siège de Paris. M, Grimaud dcCaux, dans son avant-propos, rappelle dans quelles circonstances ont été composés Jus etdisctilés, les travaux dont il rend compte, et il décrit

• ces séances d'Académie, tenues quelquefois ii la lueur des bougies, au bruit des ■ obus éclatant non loin du monumcut, dont il avait fallu blinder les ouvertures

• pour préserver de riucendte les trésors que la science y a accumulés. ■ Après des considéralions générales fbrt justes et fort élevées, cl quelques détruis sur l'organisation de rinstitut, l'auteur Tait connaître le nom des membres présents aux diverses séances, et donne ensuiti.' l'anidYse, parfois môme le texte entier des kctureSt cornmuiûcuîtons et f/ïja«jî(**wi,qui,de septembre 1870 à février 1871» ont excité le plus d'intérêt, soit à cause de l'opportiniité, soit par le fond même et la grandeur du sujet. Nous citerons, entre autres, les travaux de MM, Cbevreul, Paye, Payen» Sainte-Claire Deville» Dubrunfaut, Slanislas Meunier, Grimaud de Caux, etc. Un chapitre de réflexions (mâles vi une table analytique des matières terminent le volume.

Le Parlement de Pans à Troyes en il 87, par M, Albert Babeau, Troyes, imprimerie de Bertrand Hu, Paris, librairie de Dumoulin, 1871, in-ia de ia8 pages, — L'exil du Parlement de Paris a Troyes (17 août — ai septembre 1787) est un des evéneaienls qui caractérisent le mieux Tétai des esprits en France, pendant les années qui [^recédèrent immédiatement la révolution. On sait que cet exil eut pour cause l (ipposition du Parlement à renregistrenient de l'èdit de subvention territoriale» qui établissait î'égalilé de l'impôt foncier, en frappant les propriétés du clergé et de la noblesse comme celles du reste de Ja nation. «Telle était» dit avec raison <♦ M. BaLeau, la fatalité qui poursuivait le gouvernement royal, que ses inteatio"» ties plus équitables étaient méconnues et tournaient contre lui. Le Parlement, qui

JOCllKAL DES SAVAMS — iniOAT l8Ti.

• fepou»5atf ÏA lubventiott Icffilurkic, éiaîl ttpude ctmtam le plus fentie i « du peuple, en ùktetat dafiiil cflr éiail Jécvéiée. • L*MUa&r rvcoolc arec j Uté et (TtiDe lâ^fi tntefiesmiie loii» les incîclavt» de exile lu Ile do pooToir j eoirtre le poofoîr rotai : maii loci tratBtKi|in eg| ioftool aiie e4i»de dlyjloire locale «

§m recointnandc particolièreiiieBl par de» dâuSk curies . pocir la phipert inédite, %uri* u PaHeipeittde PamdioaU tille dt^

Ar vidiMa* «^ ^(sitf« «I Lorrmme, par An t^ , profeasair t k Fa-

col ié de& ieltrrs de Pans. Paru, ûnprunerîe de Yteniie et CapiomoBl, iiWaîfie de Didier et O, ib'ji, ii^td de ni loS pa^. — H- llezièfe* a réoiii totia ce lîliv dhrers nrlides. tint»* â reEceplkiti â*un teul, éertts et publiés peodant ïe siîge de Paru. Le» drcoD&laotet ao oiHko dexjuelles ds ont l'ié compo^ k laide de lettres particuiîcres et de fn^uicnU de jottruanx tlraDgcrs. ddi été cau^e, laa» donle. qu^ïU oiïrviU . sur plusieurs point* . àes Inexactitudes de détaîL L'&oleor s^eil décade nëaDmoiitA a les publier tel» qu ils ont paru sans aucun cfaangeiDenl. Il R*a poa voulu altérer le seniimeot qui le» a dktèf : il sdoiveni rester cxnrnne on flftoaoïiMnt fidèle de» pen&éej et des préoccupalions de ta capitale pendant Tiaivcstiieeakeiil tft le boujbaraemeni. L^iiivasion en Lorraine, Timasion en Alsace, le sié^ de Hati en i8yo« U ré^i^tance dan* U Mn^Ue. la Lormine pendant ramif^tiee. ff»niient autant de* chapitre» ^parés de ce na%faiU d pourUat gioiieux recii. La délibération du conseil municipal de Metz, en date du 1 1 lévrier dernier, a été ajoutée em appendice.

Histoire de Verdie ri eî du payt Verdanois, par M. Tabljé Qouèt, bibliotbécaire de la Tille, elc, , tomes I, 11 et 111. Verdun « imprimerie et Itbruiric de Cb. Laurent, 1870, 3 volumes in-S"* de 538 « ^^9 et 656 pages. — Ce travail considérable, fait d'après les sources, s'arrête, dans 1*; troisième volume, à Tannée i43o. Nous notis proposons de revenir sur l*enseriibte de l'ouvrage dés qu*il sera terminé.

Cartulaîres inédits de la Sainton^e , itar Ttibbé Tli, GrasiLier, Saint-Moixent , imprimerie de Reversé; Niort, librairie deCfouzol , 1871, deux volumes in-4' de Lxxvtit- 176 et xxix-a^Q pages, — Cette rninortniite publication, entreprise sous les auspices de M** rêvèque de la Rochelle et de Saintes, et exécutée avec autant de sotn 3ue d'érudilioo par M, labbe GrasiUer, nicl en lumière trois monuments qui sont 'une grrtiide valeur pour Ibistotre de la Sainlonge et intéressent en même temps, à plus d'un titre, Thistoire générale de la France, Le tome 1" comprend : 1' le cartulaire tic Tabbâvc de Saint-Etienne de Vaux, de Tordre de Snint- Benoît, publié d'après le nianuscril du xin* siècle conservé u la Biblintlièque nationale de Paris. fonds latin n* 101^^ ; ik''\es chorte5du prieuré conventuel de Notre- Darae-de-h-Garde en Arvert, diocèse de Saintes, ordre de Gnriinont, publiées d'après des copies transcrites au xviii' b\tr\e sur Ir* ori|^maiK aujourd'hui perd «j s. Les charte> de Tabbayc de Vaux, dont Imit .*ieuleraent ont èé imprimées cIjuk^Ic Galliachristiana^ sont au nombre de soixante et douze; la plux anfienne est de Tarvnée 1075 , date de la fondation de Tabbiiye, el la phis réienie de T«n 1270. Les soixante et qualoree chartes du prieuré de la Garde en Arvert s étendent de Tonnée 1195 a i*anoée i342* Le «leccuid voinmc est rempli tout entier par le carlulaire de l'abbaye royale de Notre- Dame de Saintes, de Tordre df .Saitit Bemiil, ni u»ia stère de femme», fondé en 1047 par GeofiVoi Martel, comte d'Anjou, et sa femme, Agnes de Bourgogne, veuve de Guillaume le Grand, dut: d'Af|uiliiine- Ce cartuliiire» donl le manuscril original est à Ifi Bibliotbètjue pulili<|ye de Saintes, a été >ouvenL cilé et mis à pjolit par Du Cange et par les auteurs du Galita rkrisiiana. 11 coutienl deux cent soixante et seize pièces, presque toutes du xi' el du xïi* siècle. Le savant éditeur a placé en télé du

NOUVELLES LITTÉRAIRES

premier volume des prolëgoinènes éteniluâ, où il réunit les rcnseignemrrilb historiques fournis par les Irois cartulaîres» et traite, sous cies ttlros cL»niniuiis, les questions auuujuellcs donne lieu leur étude, Itidépendamjaenl de ce grand tiavail, M. l'abbé Grasilier a eu soiii du faire précéder chacun de cvs Irois docntuents d une iulrodut lion spéciale et de Je faire suivre d'une table des noms et d'un indeK chronologique et analytique des tharles.

Franz Schubert, m vie et ses œuvres, par M"* A. Audioy. Saint Germain * imprimerie de L, Toinon; Paris, imprimerie de Didier et C'', 1871, t vol. in-ia de ni- 352 pages. — M**" Audhîy, dont une Vie de Beethoven, réccnmicnt publiée et annoncée ici, a été fort bien accueillie du public, fait paraître aujourd'hui une étude Irès-inléressanle aussi sur un ^énie moins grandiose sans doute, mais original et profond dans le genre auquel il s'était particuhèrenicnl consacré, et qu'il a porté à sa perléclion. 11 y a quelques années encore, on savait bien peu de chose en Allemagne et presque rien en France sur h vie de Franz Schubert; fouvragc du docteur Kreiszîe von Hellboru, complété tlaos plusieurs éditions successives» a lini par combler cette lacune et a été la base principale du travail de M"** Audiey. Il s'ouvre par uo cliapitre préliminaire sur le Lied^ cette création spéciale de la muse allemande» à laquelle Gœlhe et Schubert, unissant leur génie, ont donné tant de puissance et de charme, et se termine par un catalojL,'uc des œuvres de rarliste avec la date de leur composition. On sait qn un grand nombre sont restées inédiles,

Mis&ionscientijiqaeaa Mexique et dans V Amérique ceairale , ouvrage publié par ordre de S. M. l'Empereur et par les soins du Ministre de f instruction publique. — Linguistique, Manuscrit Troano. Eludes sur le système grapliique et la langue de» Mayas, par M, Brasseur de Bourbourg. Imprimerie impériale, 1869-1870, a voL grand in-i', lu premier de viii-aii pages, avec xxxvi planches coloriées et ligures dans le texte, le second de ïlïx-464 pages. — M. Brasseur de Buurbourg, à qui ses nombreux travaux sur les lanffues et l" histoire des anciennes nations civilisées de rAmérique marquaienl une place à part dans la commission scientihque du Mexique, a fait paraître Tannée dernière les deux voîumes que nous annonçons et qui renlermcnl les résultats de ses recherches comme membre de cette commission. Ses investigation» se sont portées principalement sur le Yucalan, région la plus riche en ruines de villes antiques, en monuments ligures et en inscriptions hiéroglyphiques, et où la race indigène a conservé assez de vitalité pour garder sa langue et en faire adopter T usage par les descendants de la race conquérante. M, Brasseur, après s*y être nerfectiorme dans la coimaissancc de la langue du pays , le maya, et y avoir rectieilli les éléments d'une grammaire, d'un dictionnaire et d'une chrestomadiie, essaya sans succès d'appliquer au déchilTrement des inscriptions de Copan Talphabet incomplet donné par un evèque contemporain de la conquête, Diego de Landa, dans sa Reiation des chosùSih Yacaian [publiée par M, Brasseur, texte et traduction, Paris, i8G4). Toutefois ce n'était pas sur la pierre seulement que les anciens Yucatèques avaient essayé de hxer I expression de leurs pensées. Les premiers conquérants espagnols du Yucalan parlent des livres nombreux qui se trouvaient en la possession dis indigènes. Ce> livres consistaient en une grande feuille repliée plusieurs fois sur elle-même et renfermée enire deux planches ornées avec sohi* Le papier était fait d'écorces ou de racines dWbres et enduit d'un vernis blanc sur lequel on traçait les hiéroglyphes et les peintures symbohques. Ces précieux documents furent pour la plupart livrés aux llammes dans les premiers temps de la conquête. Un peut supposer que les indigènes parvinrent à en cacher quelques-uns, mais uu certain nombre lut transporté en Europe

NOUVELLES LITTÉRAIBES. 331

restante question, de rlïsculer succeiisiveiiietit ceux i|ue cbaque ordre de connaissances pouvait lui fournir, et de ne conclure qoe d'aprê^i rensemble de^ résultat*» acquis d*une manière iiiconlestable. AprèA uniî inlroducLion renlermaiU des couiiidéralions générales et une étude sur les conditions d'existence, la situai! en sociale el lo degré de civilisation de* Breton» avant la conquête romaine (civilisation que les témoignages comparés des auteurs de Tantiquité représenlent comme plu& avancée qu'on ne le suppose généralement), Tautcur retrace à grands traita te tableau des quatre invasions romaine, anglo-saxonne, danoise et normande; puis, entmnl dans le cœur de son sujet, il étudie avec beaucoup de soin et de détail les documents bis torique s qui peuvent jeter quelque lumière sur la façon dont s'est opérée la fusion des races à la suite de ces diverses invasions et particulièrement de la seconde. Il fait voir que l'extermination fut loin d'être aussi générale qu*on l'a prétendu; il montre des tribus entières faisant alliance avec les envabtsseurs et se fondant avec eux* des villes restées bretonnes au milieu niéine des royaumes saxons; il cite des documents constatant Texistence de serfs bretons attachés à la glèbe. Toute cette partie est très-habilement traitée et convaincante ; mais Tauteur en tire selon nous une conclusion exagérée lorsqu'il a 01 r me qu'a T époque de la conquête normande «la population de la Grande-Bretagne était principalement ■ composée de descendants des ancien» Bretons, » Le chapitre suivant est réservé aux preuves phtîologiifues ; c'est la partie de beaucoup la moins bonne de fouvrage. L*au* teur croît trouver un élément celtique considérable dans la langue anglaise r les listes de mots qu'il apporte comme preuves ne sont nullement satisfaisantes. Les mots d*origine vraiment celtique y sont fort peu nombreux : or on s'expliquerait dillîcilement que les conquérants saxons aient imposé si complètement leur langue à un peuple vaincu plus civilisé qu*eux, s*ils n'avaient eu en débnitive, dans les^ royaumes de rHeptarchic, la supériorité numérique. M. Nicholas lait resBorlir plus loin les témoignages d'un mélange des deux peuples qu'apportent \e» noms de lieux et de personnes en Angleterre; il indique aussi finfluence des lois bretonnes sur l'ancienne législation anglo-saxonne. La dernière partie est consacrée à développer les indices de la fusion de races que présente la constitution physique du peuple auî^dais ainsi que ses qunUtés inlellectuellcs et morales. Cest là encore un excellent travail, rempli de bonnes observations et de remarques ingénieuses. Les conclusions de l'auteur terminent le volume» qu enrichissent divers appendices et une table alphabétique des matières» En résumé fouvrage du D' Nicholas, bien conçu, bien écrit et d'une lecture facile ^ prouve certainement la non-destruction du peuple indigène et le caractère mixte de la nation anglaise; il réussit moins bien à prouver que les deux éléments s*y trouvent en proportions égales; tout semble indiquer, au contraire, dans Test et dans le centre de file , une prédominance décidée de iélément anglo-saxon.

îrishfolk hre , traditions and superstitions of tbecountry, witb humorous taies. Tradilions populaires irlandaises, légendes et superstitions, par La^eniensis , Glascov^» imprimerie de Bail et Bain; Londres et Glascow, librairie de Cameron et Ferguson , 1870* in- 12 de x-3ia pages. — L'Irlande est par excellence ie pays des légendes et des traditions. Nulle autre contrée en Europe n'offre une mine plus riche, peut-être même aussi riclie, de poétiques trésors et d'antiques souvenirs, le peuple qui Thabite étant privilégié, connue on le sait, sous le double rapport de» iacultés imagina lives et de la fidélité a la tradition. Déjà cette mine a été explorée dans diverses directions, et les récits populaires, aussi bien que les monuments connus de rancienne littérature nationale, ont été mis à pro£t, un peu par

JOURNAL

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