CHAPITRE II
PEOGÉDKS Spéciaux.
Ce chapitre, comme ie précédent, est du plus grand intérêt. Pour >en convaincre il sufiira, en prenant en considération le talent de M. de F'reycinet, d'énumérer le sujet dont il parte; cest de la salahriti extérieure des industries suivantes :
Les résidus liquides et solides sortant des fabriques de soude, par le procédé dit de Leblanc;
Ceux qui sortent des fabriques de couleurs, des teintureries, des fabriques de papiers peints, des papeteries, des distilleries, des sucreries, des féculeries, des amidonneries, etc.; de plusieurs usines à Télat de matières grasses ou savonneuses, des fabriques de colle-forte, de gélatine, des tanneries; il finit par rexamen du rouissage du chanvre et du lin, opéré dans les eaux naturelles. Chacune de ces industries pourrait être lobjet d'un examen spécial digne d'intérêt, mais qui serait certainement déplacé dans le Journal des Savants; et, si je n attachais pas tani d'importance à fœuvre si consciencieuse et si utile de M. de Freycinet, je croirais avoir dépassé les bornes des deux articles que j'ai consacrés au Traité d'assainissement de l'auteur. Cependant, tout en me proposant de revenir sur tjuelques points relatifs à cette partie de 1 ouvrage dans Texamen que je ferai très-prochainement de ses Principes de tassâtnissemeni des villes ^ je terminerai cet article par quelques remarques relatives aux fabriques de soude el par quelques considérations complémentaires de ridée que j ai émise plus haut sur la distribution des matières d'un Traité général d'assainissement indttstriei
Remarques sur les résidus liquides et solides des fabriques de soude.
On a pu voir combien l'extraction du sodium , à i'ëlat de sel de soude [sous-carbonate de soude) , du sel marin par \e procédé dit de Leblanc, exige de précautions pour ne pas nuire h la santé publique. Non-seulement elle donne lieu k une émanation d'acide chiorhydrique si nuisible aux hommes et aux cultures, mais à des eaux acides de chlorures de manganèse et de fer, et à des charrées, résidus solides du lessivage de la soude brute, qui produisent les inconvénients les plus graves, soit que les premières soient répandues dans les eaux ou déversées dans des fosses, soit que les résidus solides soient déposés sur le sol; là ils exhalent de l'acide sulfhydrique dans Tair, et ils empoisonnent les cours d'ea\i où les pluies qui les lavent s'écoulent.
M. de Freycinet expose les essais dont ces charrées ont été l'objet pour remédier aux inconvénients qu'elles présentent dans le voisinage des lieux oii elles sont déposées.
L'industrie a eu l'heureuse idée de les exploiter pour en retirer le soufre qu'elles renferment principalement à l'état de sulfure de calcium uni à de la chaux; mais, si de grandes difficultés ont été surmontées déjà, si l'espérance la plus légitime est permise, qu*avant peu la science aura triomphé de celles qui existent encore, on ne peut considérer la question comme résolue.
Après avoir lu avec beaucoup d'attention l'ouvrage si consciencieux et si précis de M. de Freycinet, que l'auteur veuille bien me permettre de lui soumettre quelques remarques; les unes sont relatives aux planches de l'atlas et les autres sont un complément de quelques réflexions que j'ai faites déjà sur la composition d'un Traité d'assainissement industriel.
Plusieurs figures ne sont pas accompagnées d'un texte suflisant pour expliquer clairement aux lecteurs tout ce qu'il leur importe de connaître afin d'avoir une idée claire des machines, des agencements de leurs parties ainsi que de leurs effets. Evidemment des explications plus détaillées de certains mécanismes, de certains procédés, seraient profitables à des lecteurs qui ne sont pas familiarisés avec les objets auxquels je fais allusion.
Il m'a semblé qu'un Traité d'assainissement gagnerait en simplicité et en précision en en consacrant la première partie aux G^wiiiALiTÉs, dans lesquelles je comprends les principes sur lesquels reposent les procédés d'assainissement et des procédés qui sont généraux parce quils s'appliquent intégralement à des industries diverses.
La deuxième partie traiterait des industries spéciales.
Dans chacune d'elles on énumérerait les principes crassainisseinent qui la concernent en développant ce quil pourrait y avoir de spécial dans l'application de ces principes t\ cette industrie, et ici on traiterait :
Premièrement , de la salubrité intérieure, qui concerne la santé des ouvriers.
Deuxièmement, de la salubrité extérieure, qui concerne le voisinage eu égard aux moyens d'assainissement des gaz ou des vapeiu's, des résidus liquides et solides qui sortent de l'usine.
Le lecteur trouverait donc dans une même industrie tout ce qui la concerne spécialement au double point de vue de la salubrité intérieure et de la salubrité extérieure.
Enfin, en répartissant les industries spéciales en trois groupes, à savoir :
1** Celles qui concernent exclusivement les matières minérales;
i* Celles (jui concernent exclusivement les matières organiques ;
3" Enfin , celles dont le caractère est mixte à cause de la part d'inlluence égale ou approchant de l'égalité qu'y prennent la matière inorganique et la matière organique.
Indubitablement cette distribution des matières serait favorablt- à l'exposé des généralités et des détails spéciaux aux industries; indubitablement des généralités relatives à la distinction de chacun des trois groupes d'industries ne manqueraient pas d'intérêt et pourraient avoir l'avantage, sans allonger l'ouvrage, d'insister davantage sur ce qu'une industrie peut avoir de spécial.
E, CHEVREUL
NOUVELLES LITTÉRAIRES-
INSTITUT NATIONAL DE FRANCE