ACADÉMIE DES SCIENCES
Dans sa séance du lo juillet 1871, TAcadémie des sciences a élu M. Puiseux à la place vacante dans la section de géométrie par le décès de M. Lamé.
Dans sa séance du 3i juillet, la même Académie a élu M. de Lacaze-Duthiers à la place vacante dans la section d*anatomie et zoologie par le décès de M. Longet.
Dans sa séance du 28 août , cette académie a élu M. Beigrand académicien libre en remplacement de M. Auguste Duméril , décédé.
LIVRES NOUVEAUX
FRANCE
Saint Louis ci AJfonse de Poitiers, ét^de sur la réunion des provinces du midi et de rouest à la couronne et sur le<« origines de la centralisation administrative. d*après des documents inédits, par Edgard Boutaric, sous-chef de section aux Archives de l'Empire, professeur à l École des chartes. Paris, imprimerie et librairie de H. Pion , 1870 , in-8" de bbo pages. — L*Académie des inscriptions et belles-lettres avait proposé en 1869 , pour sujet de prix à décerner en 1861, la question suivante : t Faire connaître l'administration d'Alfonse, comte de Poitiers et de Toulouse, d'à- • près les documents originaux qui existent principalement aux Archives de TEmpire , « et rechercher en quoi elle se rapproche ou diffère de celle de saint Louis. » Répondant à cet appel , M. Boutaric traça, dans un mémoire plein d'érudition , le tableau
NOUVELLES LITTEriAIhES
<1p Fûdminislralion d'AUbnse de Poitiers, et s n travail fut couronné par F Académie PO 1 86 ï ; raftis, dcpui» cette époque , Tauleur n'a cessé d'améliorer e L de compléter son œuvre. • Le sujet, dit-U, est magniliqoe, el nous nous en sommes (^pris. Nous n'a- « vons pu voir .sans éionnenienl et sans admiration une adminislratron savante, a t une èpocjue que bien des hommes éclairés regardent comme biirbare; administra- « lion qui Bvaii r^es principes et bQ$ règles, et qui» malgré ses erreurs et ses Taule», t fut plus paternelle et plus loyale, plus soucieuse du droit et des intérêts populaires • que celle de temps moins éloignés de nous.» C'est donc sur un plan n^^randi et avec des développemenb nouveaux que M, Boutaric traite, dans ce volume» un sujet si important et dont il a si longtemps étudié tous les aspects. II n*a pas réuni moins de quatre mille documents inédits pour reconstituer raamiuistration du comte Alfonse» et les notions nouvelles et précises qu il apporte sermt dune véritable utililé pour connaître k fond le moyen â^e. Dans In forme définitive qu'il vient de recevoir, ce savant ouvrage a obtenu b plus haute distinction à laquelle Fauteur pût prétendre : l'Académie des inscriptions lui a accordé le premier prix Goberl de cette année. Ce suiïrôge. qui nous disper^sc de tout éloge, sera certainemenl ratifié par l'accueil du public
Mérnoii^s de f Institut impérial de France , Académie des inscriptimi et Mles-lettres^ tome XXVI, 2' partie. Paris, Imprimerie impériale , 1870, in-4° de 56o pages. — La première partie de ce vingt-sixième volume des Mémott-es de lAcadtmie de» ms criptions et heUcs-kUres a paru en 1867. Voici les> titres des huit mémoires compris dans la seconde partie, qui a été publiée au commencement de Tannée 1870 : Mémoire sur quelques nouveaux frognienls inédits de ruraleur Hypéride, par M. E. Fgger: Mémoire sur la dynastie des Lysantas d'Abilène, par M. E. Rejian; Mémoire sur le calendrier des Lagide», à l'occanon de la découverte du décret de Canope. pur M A. J. H. Vincent; Recherches sur les* bourreaux du Christ et sur ha agents chargés des exécutions capitales chez les Romains, par M. Edmond Lt* Blanl; xMémoire sur cette double question : 1" Thè^e particulière : Sont*ce des soldats qui ont crucifié Jésus-Chrîsl? :i* : Thèse générale : Les soldats romains prenaient-il-* une part active dans les supplices? par M. Naudel; Mémoire sur la langue de Joinville, par M. NalaJîs de Wailly; Mémoire sur les source? philosophiques de* hérésies d'Amaury de Chartres et de David de Dinan, par M. Charles Jourdain; Mémoire sui lacohorlc du préteur et le per.sonnel administratif dans les provinces romaines, nar M. Naudet. Le volume se termine par deuv notes additionnelles aux Mémoires de MM. Egger et Renan.
Histoire de la conquête de Constantinopt*^, par GcoûVoi de Ville-Hardouin, avec la continuation de Henri de Valenciennes, texte rapproché du français moderne et mi» à la portée de tous» par M. Nalalis de Wailly, membre de rinslilut. Couiommiers, imprimerie de Moussin; Paris, librairie Hach-lte et C", 187a, in-ia de \n1-387 pages. — Après nous avoir donné un texte rajeuni de V Histoire de saint Louis de JoinviUe, M. N. de Wailly met aujourcrhui a la portée de tous, par un travail semblable, l'im portante histoirede la conquête de Constantinoplc, par Geoffroi de Ville-Hardouin, avec la continuation de Henri de Valenciennes. Celle seconde publication ne peut manquer d'obtenir le même succès que la première, Linlérét de l'une et de faulre sera fiicilement apprécié de tous ceux qui aimeiU à étudier fhisloire à ses véritables sources. De tels travaux ne sauraient être trop encouragés, puisqu'ils ont pour but de propager de^ lîvrts cxcellenis, irop peu lus, et qui, ^elon la juste remarfjuede M. de VVailly, seraient depuis longtemps populaires, si tous ceux qu'ils doivent intéresser les avaient pu comprendre.
Mémoires de la Société des sciences , de Vagricalture et des arts de Lille, année 1870, III' série» Vlir voîurae. Lille, imprimerie de L. Danel, librairie de L. Quarré. Paris, librairie de Didroii, 1871. 1 vol. in-8' de 663 pages, avec nombreuses planches et figures. — Le volume de Mémoires que vient de faire paraître la Société de» sciences, de Tagriculture et des arts de Lille fait mieux que de soutenir Ja répulatiotï d*un recueil déjà supérieur aux publications analogues de la plupart des sociétés provinciales; il apporte la preuve d'un progrès incontestable. Plusieurs des mémoires qu'il renferme oifrent un grand intérêt par leur sujet même et par la façon dont il est traité. Deux surtout méritent d'être tout particulièrement signalés : Tan est une « Élude géologique sur les collines tertiaires du déparlement du Nord , • comparées avec celles de la Belgique» b par MM. J. Ortiieb et E. Qielloneix. Cest un travail très-détaillé et très-bien fait, quoique encore incomplet à certains ^ards; il ne renferme pas moins de 23o pages avec 7 planches coloriées et de nombreuses figures dans le texte. Pour ne point disperser les renseignements relatifs à chaque localité» les auteurs ont préféré décrire à part chacune des collines des deux pays; mais ils résument, k la fin de l'ouvrage, les rapprochements et les différences constatés dans la composition mincralogiquc, la faune et le développement de chaque assise. L'autre travail» dont il est inutile de faire ressortir l'importance» est une collection complète des inscriptions numidiques avec des aperçus ethnographiques >ur les Numides, par M. le général Faidherbe. On trouvera là» réunies commodément sur un petit espace (7 planches] » toutes les inscriptions numidiques déjà connues, plus une quarantaine d'inédites. Le savant général présente d'abord un État de la question, où il expose les données réellement acquises à la science» jusqu'ici dispersées dans un grand nombre de publications. 11 donne ensuite de précieux renseignements sur 1 ethnographie du nord de l'Afrique» et notamment sur la race blonde d'origine septentrionale qui envahit cette contrée environ quatorze siècles avant notre ère, figurée sous le nom de Tamchou sur les monuments égyptiens. L'auteur attribue à celte race conquérante» non aryenne selon lui. l'érection des nombreux dolmens de l'Algérie ; elle a fini par se fondre dans la population berhore indigène» qui garde encore des traces non équivoques de ce mélange. M. Faidherbe examine les tentatives de traduction de M. le docteur Judas» qui ne lui parai5S€nt pas présenter des caractères suffisants de certitude. Il reproduit à la fin les inscriptions touaregs modernes avec la transcription et la traduction françaises données par M. le colonel Hanoteau. Nous devons citer encore des Recherches chimiques sur la betterave à sucre et sur le fruit du BerlhoUetia excelsa du Brésil par M. B. Corenwindcr; un Mémoire fort intéressant sur l'industrie du lin par M. Ed. Mai (in; une analyse comparative des calcaires du département du Nord» par M E. .Savoye; des considérations sur le mode d'action des coups de feu tirés à bout portant... par M. A. Houzé de TAulnoit; des observations sur le tam-tam des Chinois, pur M. Bachy. .. etc. Indiquons enfin des études bibliographiques sur Philippe de (iomincs et Auger de Bousbecques» accompagnées de reproductions héliographiques d'anciens portraits de ces personnages.
Les Idylles de Théocrilc, traduites dugrec parC. E. Rathier, licencié es lettres, etc. Paris» imprimerie de Lahure, librairie de Hachette et C*» 1871» inia de xv-aSa. — Théocrite a déjà été traduit en France par Gail, Geoffroy» M. Léon Renier et M . Leconlc de Lisle. Longepierre et M. Ambroisc-Firmin Didot en ont donné des imilulions en vers. On ne se plaindra pas néanmoins de posséder cette nouvelle interprétation» qui pourra aider à vulgariser parmi nous ce qui nous a été conservé de l'ninuble poêle de Syracuse. Le style du traducteur, d*une allure rapide et d'une sim-
NOUVELLES LITTÉRAIBES.
piicité qui n'exclut pas la grâce, pourra donner» a défaut du lexte, une idée asâe? approchée de l^original. M. Rathier na point voulu, dit-iU s'auler des travaux de ses devanciers de peur d*être entraîné à d'iiivolonltures plagiais, et il u*?» acreplé d'autre aide que celle des scliolie^ grecques pour T intelligence de cet auteur souvent obscur. De nombreuses notes littéraires /liistorîijues et surtout philosophiques , accompagnent la traduction.
Saint- Evremont. Etude iiistorique, morale et littéraire, suivie de rrâgmenls en vers et en prose, par Gustove Merlel* Pai'is, imprimerie de Jouaust, librairie de A. Santon» 1870, in- 1 a de 336 pages, — M Merlel , l'auteur remarqué des Portraits d*hier et d'aujourd^hui , a fait précéder ce choix de iragments en vers et en prose de Sainl'Évremont, d'une fort intéressante étude sur l'écrivain élégant et parfois profond, Tépicu rien égoïste, mais délicat, qui occupe une place à part dans riiistoire de la société et des leltres du xvn* sitcle. Après avoir raronté sa vie, où il est p?^rliculièrement vrai de dire que f homme explique l'écrivain, M. Mcrlet l'apprécie successivement comme moraliste, historien et critique» On ne peut que recunnailre îa justesse de son jugement, lorsqu'il ajoute, comuie correclif à des éloges mérités, que Saint-Ëvi'emont m manque trop Je cet accent qui donne à la voix toute sa por- - lée, p.irce qu'il procède d'une âme éprise du vrai et d*un cœur ému pour le bien «ou le beau* » (P. j la,)
La Ijatrtwhomyomachic d* If omrre , combat des mts et des ffrcnoaiUes , poème hé roicomique, traduit tlu grec en vers français, par V. Q. Thouron, président honoraire de la Société académique du Var, Toulon, imprimerie de F. Robert; Paris, librairie île A. Durand et Pedone-Lauriel. 1871, in-8'* de 18 pages.^ — M. Thouron , auteur de diverses poésies provençales et françaises, après avoir publié une traduction en vers de Vlltade et de VOdyssée, a voulu y joindre celle de l'ingénieuse paroflie qui nous est parvenue sous le nom d'Homère* Le titre de Jn brochure semble indiquer que M. Thouron n'a pas le plus léger iloute sur cette attribution. Ses vers faciles et spirituels seront lus avec plaisir
Les Fastes de Rouen, poème latin, par Hercule Grise! , prêtre rouennais du xvir' siècle, publié avec une étude liltéraire et des notes historiques et bibliograpliiques, par F, Bouquet (publicalion de la Société des bibliophiles normands), flouen, imprimerie de Henri Boissel, 1870, inia de xvrn-669 pages. — Hercule Griscl, écrivain médiocre du temps de Louis XIII» a laissé, outre un certain nombre d*ouvrages justement oubliés, un poème latin contenant une histoire de Rouen, disposée dans Tordre de la succession des mois de Tannée et Aes jours de chaque mois. Cet ouvrage, dont une partie seulcmeut avait été publiée ^ a le mérite de nous ofFrir de» descriptions exactes, des détails abondants, et de mettre S0U3 nos yeux un tableau animé de la vie publique et privée des habitants de Rouen au début du xvii* siècle, c'est-à dire a rëjioque la plus brillante peut-être des annales de celle ville. M. F. Bouquet a domié les soins les plus judicieux à cette publication si intéressante pour Thistoire locale. Les notes nombreuses qu'il a jointes ou texte en l'aciliteront l'intelligence, et on ne lira pas sans protU son étude liltéraire surGrisel, placée entête du volume.
Notes s tir tes médailles gauloises offrant le triskèh, V astre à quatre rayon$ et les léfjendes ATEVLA c/ CALEDV...... par E. Hucber. Chartres, imprimerie de
Gamier» 1870, in-8' de 16 pages. — Ce travail, qui a été lu au congrès scienlii'jquc de France, tenu à Chartres en ibtjg, donne la solution de trois questions de numismatique gauloise posées en ces termes par Tau leur : 1' L'émission des stalèreâ d'or au type macédonien n'a-t-elte pas été, au début du monnayage ganfoîs.
au
difttinguce, chez les Carnates. pAr le trtskcle cantonné de potoU? ^''iLe tatouage qut se voit sur la joue du personnage de droite des sUièrea d'or ati type de l'aigle e»l* il particulier aux peupladtfs du bassin de Paris el de la Beauce? 3" Quel est le pays d émission dei médailles il'argent aux légendes ATEVLA-VLATOS el CALEDV- SENODON , mêlées n d'aulres types certainemeni élraDgers auit Carnoles et plu» nombreux fjuc les ATEVLA?
Qmli^ttes observattons sur la lecture des inMcriixiiùm Uhyquêt , par Cli- de Gressot, CbiVtellcraull» imprlmeiie de A. Rivière, iSji, in-A" de 52 pages (auto;^'ri^phiée») avec deux ()lAnclies, — PeiKlant riiiver de 1870, l'auteur de ce mémoire a y «i&t été conduit à s'ocruper des inscriptions libyc|ues, cnit reconnaître que cjuelqu^9*uiie5 d'entre elle» sont composées en la»»çiie l«line et écrites en caractères berbère*. Celle opinion, déclarée fausse par M. Lelt>ui*neux ^ président de la Société algérienne de climtilojogic, cl invraisemblable p:ij M* Renan, fut accueillie nvec plus de faveur jwir \L de Saulcy. M. de Cressot soumet aujourd'hui son travail au pubbc, et nous ne pouvons ici que le signaler a ratlention des jugea corapelcnt*.
BtiHetin de lu Société d'hiitoire natai^eUe de Calmar. Onzième année, 1870. Colmar, imprimerie de C Decker, 1870, in-8' de 466 pages avec plancbes. — Ce volume contient les f|uatre mémoires dont voici les titres : Essais sur le climat de r Alsace et des Vosges par M. Charles Grad; Introduction à Tétude météorologique de l'Alsace t par M. G. A. Hiver; Essai d'une étude géologique comparée de^ Pyrénées, du plateau central et des Vosges, par M* le docteur B la icher: Observations météorohigiques faites à l'Ecole normale de Gdmar pendant Tannée 1869, relevé dressé par M. Armbruster, proJ'essour»
L'Esprit et la lettre dtms la morale reUtjieaiû , par M. Tabbé MicKaud, docteur en tbéologie.^ — La Foi, — Paris, imprimerie deSoye, librairie de Didier et C'*, 1870, in*i8 de xx*4i2 | ages.^ — L'esprit et la leltre sont deux éléments essentiels qui le retrouvent dans toutes les choses humaines. Lesprit doit vivifier la lettre, et la lettre exprimer la vie de l'esprit ; l'ordre dans les âmes ne s obtient et ne se maintieal que par lobservaiion de cette grande vérité. Telle eal la pensée qui a inspiré M. fabbé Micbaud ; après avoir publié un premier volume sur la Piété, il vient d*en «ionner un sur la Foi , que suivront bientfUdeux autres consacrés à XEspémnce et à la Chanté. Celui que nous annonçons est écrit avec talent el fort digne d'attention; on y trouvera un grand nombre de citaltons intéressantes. Quelques chapitres paraissent avoir été composés sous l'impression des discussions qui agitaient le monde religieux , pendant que Tauteur écrivait. M- Michaud traite d'abord de l'amour du vrai , d a bien cl du beau , de Tamour de Tinfini, de la naiure el de la grâce, puis . après avoir montré comment la foi el la raison se prêtent un mutuel et néce«aire appui, il examine lavenir de la foi en face de l'esprit moderne, les te nia Lions contre la foi et les grandes objections contemporaines.
Le texte Tu es Petrus et super hanc petram dam la version sîavonne de la Bible, par le F* Gagarin de h Compagnie de Jésus, 1871. Versailles, imprimerie de Beau; librairies de Beau et de Bernard , in-ia de a4 page»» — Dans la plupart des traductions des Evangiles en ancien shvon , entre autres dans le missel glagolitique publié à Borne en 1741» les célèbres paroles ; Tu es Petrus et super hune petram sont rendues par les mots : ty csi Pelr i na sem kameni, où disparaît nécessairement toute analogie de son entre le nora commun pierre, kamen, et celui du prince des Apôtres, On trouve cependant dans quelques autres manuscrits la version fort digne de remorque : iy ai fhtn m sem Peirt , tu e^ Petrus et super hune Petrum. Cette variante se rencontre nolamnicnt dans TÉvangile d'Assemani, qui jouit de la même
NOUVELLES UTTÉRALKES. 391
auiorilé parmi Ipô manuscrils i^^la^oliliques mie T Évangile d'Oî-tromir parmi les cyrilliques, et qtii a été publié à Agram en i865 par M'' Strossniayer et le D' Rackî; cHe se renconlre également dans les deux anciens manuitrils 5erbe» d'origine glagoHlique publiés k Belgrade par JV!. Donicic, en i864. Le R. P. Gagarin, dans cette dissertation courte, mais savante et nourrie de fnils, s'attache ix prouver ranlenorite de la version na sem Petre, et à établir quVIle ne peut ôlre atlribuée qu'nu traducteur priniilif, saint Cyrille* il s^appuie a cel cflet sur l'autorilé de Schafl'ariit, qui, depuis la découverte des fragiuenls glagoliliques de Prague, «est rangé, ninsi que tous ou presque tous les Slavistes, à l'opinion qui reconnaît saint Cyrille comme rinventeur de Talphabet glagolitique. et saint Clément, évêque de Velitia au commencement du x' siècle, comme le vériinble iréaieur de récriture dite cyriUique. Le P. Gagarin, toutefois, se sépare de ïSchafforilt , lorsque ce dernier propose, san* pouvoir s'appuyer sur rautoriié d'aucun manuscrit, de substituer le pronom dé* moosirolif féminin au pronom masculin , et de \lre na sej p^lre. Ce dernier mot, qui n'a point de signification dans les langues slaves, ne serait alors que le m^l grec isétpa non Iraduiu Cela s*expHquerait d'autant plus difticilement que, dans ton?» les autres passages des Evangiles, le mot grec 'srérpa est constamment rendu par kamen,
Syndûrias, le hartk de Penmarch, par M** Auguste Penquer* Pari», imprimerie de Charles Noblet, 1870, in-8' de 21 pages» — M"'* Penqucr, dont nous avons annoncé ici Tannée dernière le beau poème de Velléda, a fait paraUre récemment une œuvre beaucoup plus courte t mais remarquable encore par la pensée qui Ta inspirée aussi bien que par la fermeté et îe coloris du style. Elle y résume très-heureusement, dans raHoculion suprême du vieux barde, Syndorix, Tesprit de la Gaule antique sur le point de se transformer, et les aspirations qui B*y faisaient jour vers un idi^nl plus élevé et une religion plus pure. Ce petit poème éltiildesliné au congrès reltique international qui devait avoir lieu à Brest en 1869.
Pfrneiie , p.ir Victor de Laprade, de l'Académie française, édition illustrée, Paris, imprimerie de Simon Raçon et C'% librairie de Didier et C**, 1870, grand in-ë*" de Tiiï-aga pages, ^- Pernetie esl véritiiblemenl une œuvre à pari dans notre littérature. On l'a comparée a Ilerrnunn el Dorothde de Gœthe; libre de toute imitation et de tout système, procédant d'une inspiration plus élevée et plus chalenreuse, elle a un charme plus pénétrant, une plus haute valeur morale el poétique que Tœuvrt' d'une régularité constance, mais un peu froide, du grand poète allemand, Pemâtit rst à la fois une idylle et une épopét', el c'est à la réalité que M. de Laprade a emprunté ses principiiles figures; il n'a eu pour les tracer qu*à rappeler le» souvenirs de son enfance el les traditions du foyer domestique.
Le premier chaut commence par une fête de fiancnilleH. Le repas s'achève à peine lorsque arrive une !«inistre nouvelle ; le conquérant qui pèse sur l'Europe , et dont les victoires coûtent si cher à la France, réclame une nouvelle levée d'Iionimes. Déjà trois fois, au prix de presque tout son patrimoine, la mère de Pierre, le lianct de Pernclte, a racheté sou fils unique, îe soutien de ses vieust jours, La haine du despote, Tamour du docher poussent les conscrits à la résistance; ils se réfugient dans des bois, sur des hnuteurs d'où on ne peut les arracher. Mais, auxjours de Tinvasion étrangère, les réfracta ires veulent cc*mbattre pour Tin dépendance de leur pays, ils se forment en corps de francs-chasseurs et livrent a Tennemi un combat sanglant. Ils sont vaintpienrs; uiais Pierre, leur jeune chef, doit payer la victoire de sa vie et Pernelle de son bonheur. Le septième chaut nous fait assister à la scène belle et touchante des derniers moments du héros : le viatique lui est porté sur le
champ de bataille el fa bénédiction nuptiale rend épouse sur Taulel de in mort celle qui doit toujours re«l6r vierge. Le poêle a su trouver là d'admirable!^ accents.
Un épilogue nous initie à la vie de deuil el de sainlelé de la vierge-veuve. Elle se dévoue à la mère inconsolable de son époux et aux entants du village auxqueh elle transmet les nobles traditions, l'amour du bien, le mâle courage. Le» habitants du Forci gardent encore 5on pieux souvenir et vénèrent le tombeau où elle repose -auprès de Pierre. — Les beaux vers par lesquels M. de Laprade dédie son poème AtJUE aïettx méritent d*être particulièrement signalés. — Pernette est le poème que le public a le mieux accueilli en France depuis plusieurs années. Diverses éditions n>8' et in-13 ont déjà paru ; celle dont nous rendons compte ici est imprimée avec beaucoup de soin, et est accompagnée de vingt^sept compositions de Jules Didier. l'on belles pour la plupart» mais d'un mérite inégal. Elles ont été gravées par Gauchard.
Albert ie Grand, t ancien monde devant le nouveau, par Octave d'AssaiUy, Paris, imprimerie de J. Claye, librairie de Didier et C'\ 1870, tome V\ luS" de vMt*4Â8 pages. — Ce premier volume conduit la vie d'Albert le Grand depuis sa naissance (1193) juî^quau moment ou il se rend à Paris pour y enseigner (ia45). L*auleur n'a pas prétendu se renfermer dans le récit des laits relatifs au fameux dominicain et à l'influence qu'il a exercée, M. d'AssalHy explique lui-même dans son avant propos quel est son plan et dans quel esprit il l'a conçu. «Notre vue, dit-il, em* « brasse une immense époque et se reporte, tour à tour, sur les trois pays qui sou- 4 tinrent jadis la chrétienté comme un trépied» la France, l'AUemogne et l'itahc; 4 notre critique la résume, cette époque, dans un personnoge émineul, aux pied^ «duquel gravitent ces diverses sphères d'activité,! H termine en expnmant le vœu qu'il lui ait été donné «d'atteindre ce point jusle qui doit désormais fixer sur le
• fort et le faible d'un gouvernement spirituel et temporel absolu, sur les causes ( tmalcs de sa politique, sur le bien et le mal, en un mol, qui se sont produits sou9
• 5on égide, le sentiment du chrétien el Topinion du philosophe • Nous craignons que, malgré le talent qu'il avait déjà révélé dans un précédent ouvrage, les Chevalter$-poétes de l'Athmagne» malgré les éludes très-variées dont il donne la preuve. malgré U constante recherche du style, l'aulcur n ait réussi que bien imparfaitemenl dans l entreprise si vaste étui hardie qu'il s'était proposée pour lèche.
TABKK.
Le commerce et llndustne d'après les peintures antiques. (Article de M« Beulé.).
Histoire des Perses , d'après les auteurs orientaux , grecs et latins, elc, par le comte
de Gobineau. (2' et d**rmer artlHc de M. Franck). , , . , . .
Histoire de la îiUérnture grecque jusqu'à Alexandre le Grand, par Oltfried Mùller. (2* article df M Eggcr.). , ,
Traité d'assainissement industriel , etc. par M. Charles de Freycinei. (S' et dernier Article de M. CUevreul.) .
Nouvelles tittérairrs
riM nZ LK TAJSLC.
JOURNAL