BOUTIQUES DE POMPÉI
dans les boutiques de Naples, Tout cela a dû exister è Pompéi, mais a Aie condamné, par la malièi e même , à périr prompleojcnt .sans laisser de traces.
Les industries de luxe avaient des coffres, des armoires, où Ton serrait les étoffes, les métaux précieux, etc. , • Les habitants de Pompéi, lorsqu'ils sont venus fouiller les cendres sur l'emplacement de leur maison, dont les terrasses et les toits sortaient du sol, ont emporté suriout ce genre de richesse» aussi bien qne les tableaux, les mosaïtiues mobiles ► l'ivoire, les slatnettes. Ils nont recherché ni le savon, ni les couleurs au fond de la cuve, ni les pains desséches dans le four, ni les légumes pourris dans le cellier; en un mot ils nous ont laissé ce qui était peu digne de coûteuses recherches; ils ont retiré tout ce qui avait plus de valeur. Si quelques boutiques ont été négligées, c est que leurs pi opriélaircs étaient morts, soit asphyxiés sur place, soit foudroyés dans leur fuite par le gaz acide carbonique qui s'échappait du soK Cest ainsi que dans une boutique attenant à la maison du poète Iragique, on a recueilli deux colliers d'or, des bracelets, quatre boucles d'oreilles, des anneaux pesants, et des squelettes, Évidemment ces malheureux avaient rassemblé leurs bijoux pour les emporter : mais nous ne sommes pas dans la boutique d'un joaillier, qui serait ou nriieux garnie ou absolument dégarnie,
Enlin, pour compléter faspect des rues commerçantes, il faut se ilgurer les auvents, les branchages de laurier, de chêne vert et d'oranger, les guirlandes mêlées de fleurs \ Les boutiques de Portici et de Rcsinn, surtout celles des marchands de fruits, sont encore ornées àv cette façon. Il faut imaginer les toiles tendues d'un côté «le la rue à l'autre* les peintures qui brillaient partout et qui égayaient le fond même des petites boutiques, toute la menuiserie extérieure rehaussée des tons les plus vifs; les comptoirs en plein vent des marchands d*eau à Naples [mjuaioU) en conservent la tradition. Il faut ajouter, pour IVclat du coup dœil, les étalages faits à la porte et jusqu'en ptriiie rue, comme i\ Scville, comme à Gênes et surtout comme au Caire et à Tunis; les étofl'es brillantes, la gaze transparente, les tapis, les armes, etc., sont suspendus sous la main des passants* Les rues, marchandes sont un mélange d'obscurité et de fraîcheur, de mollesse et d'activité. De toutes parts, les eaux des petites fontaines courent le long des ruisseaux î^ la pente rapide. Les marchands sont assis sur le seuil ; les femmes . les oisifs» les esclaves, causent avec eux; les costumes eux-mêmes sont variés: f Alexandrin et TAfricain se mêlent auxOsques et aux Latins; les
^ VElpsmévï} des anciens, Ogurée sur les monnaieâ d'Athènes.
sa
esclaves syriens coudoient les esclaves grecs. A travers les portes des maisons qu une grille légère ferme seule pendant le jour, on voit les atria, avec leurs colonnes frappées obliquement par le soleil, le jet deau babillard, les fleurs qui croissent auprès de la table de marbre, le chien qui sommeille. Pompéi me reporte malgré moi en Orient, pendant les ardeurs de l'été. J y retrouve les mêmes oppositions d ombre et de lumière; la vie m'y apparaît avec les impressions si diverses du commerce et de l'indolence, de la chaleur et des précautions pour radoucir, du luxe et de la simplicité. Le soleil, la beauté, la couleur, rehaussent les détails les plus vulgaires : lea bazars de TOrient en sont, j'en suis sûr, l'image la plus juste et la véritable tradition.
11 résulte des obsei*vations qui précèdent que deux choses sont également difficiles à deviner, d'abord quel était le nom du propriétaire ou du locataire de la boutique, ensuite quelle était son industrie. Heureusement, il y a des exceptions; par exemple, à l'angle de la voie Stabienne et en face de la maison de M. Epidius Sabinus, on a déblayé, le 9 décembre i853S une boutique qui contenait divers objets, deux sonnettes, un anneau d'argent, une garniture de meuble incrustée d'argent et gravée, un vase de bronze, quelques terres cuites et une lampe à deux becs; une des chaînes qui servaient A suspendre cette lampe portait sur une plaque l'inscription suivante : D-IVNI PROCVLI. Quelle était la nature du commerce de Junius Proculus? Rien ne le laisse soupçonner.
Û n'en est pas de même de la boutique de Nonius Campanus, située à l'angle de la rue des Thermes, pavée de briques et de petits morceaux de marbre, revêtue d'un enduit blanc sur lequel tranchent des lignes rouges tirées par le peintre. Sur un mur, on lit en belles lettres tracées à la pointe , les noms et qualités de M. Nonius Campanus, ancien soldat, propriétaire de la boutique où des esclaves travaillaient pour lui. Ces esclaves étaient des corroyeurs ou pelletiers^, ainsi que le prouvent deux tranchets à lames recourbées, propres à tailler le cuir, neuf autres tranchets à manches de fer, des crocs pour tendre les peaux, un marteau, une hachette, des tenailles, etc. On a remarqué encore les restes d'un banc de bois, une plaque de travertin sur laquelle on battait et assouplissait les cuirs, deux petites chaînes de bronze, le fléau d'une balance , des serrures, des ornements d'os et detnétal qui avaient revêtu un coffre de bois, des monnaies, quelques vases de terre,
* Fiorelli, Histor. Pompeian. antiq, t. Il, p. 687. — ' Fiorelli, Giomale degli Scavi, 1862.
BOUTIQUES DE POMPÉL ki\
trne ampoule en verre. Sur le mur, au-dessous de Tinseriprion tracée par la main du soldat Nonius, on lit en lellres cursives Scaïua AngipUi mdit hic biiaria^ : uScaura Angipta (peut-être faudrait-il lire Scaura u l'égyptienne} a cousu ici des peaux de bœuf. >» Ccst ainsi qu'on trouve parmi les inscriptions funéraires de Rome une certaine Julia Tananea qui prend le titre de Satrix Aagiistœ ^ w cordonnière de Livie. »
Après l'industrie du pelletier, nous rencontrons celle du marchand de coaleiirs (pigmenlarias). Le iG avril i856, les explorateurs de Pompéi ont déhlayé une boutique pavée de briques; les murs étaient blancs. Ils y ont recueilli deux amphores, des coupes, des vases avec leur couvercle, beaucoup de couleur blanche, rouge et verte; un couteau de fer, un disque de marbre pour broyer les couleurs, une coquille, huit poids en mai'bre noir, un en marbre blanc, un petit fermoir en os, une tessère ronde avec finscription lOV- A'X, enfin un gros morceau de bitume*
Les trous d'un escalier en bois et d'un plancher indiquent nettement f entre-sol. On y a trouvé un squelette avec deux pièces de monnaie, quatre vases, deux fourneaux, deux lampes, sept charnières en os qui appartenaient h un coffre, de gros morceaux de couleur rouge et de couleur bleue. Le marchand de couleurs s était réfugié dans son entresol, et y avait été asphyxié.
Le teinlarier [offector) vient après le marchand de couleurs. Une inscription électorale, tracée en gi^andes lettres sur le pilier de la boutique, nous apprend que le maître de la boutique votait pour Posthunnu»^ Proculus. La boutique a deux entrées, Tune sur la rue qui descend du forum, Tau tre sur la rue qui meneau temple dlsis. Ces ouvertures étaient fermées la nuit par des planches à recouvrement qui se glissaient dans les rainures. Les planches ne joignaient pas exactement; en poussant on les faisait fléchir de façon à agrandir leur écartement. C est ce qui explique facte de ce philosophe pythagoricien qui vient payer son cordonnier, trouve sa boutique fermée, apprend quil est mort, et. ne voulant point frustrer même un mort, écarte deux planches et ghsse dans le magasin les pièces de monnaie qu il apportait. On remarque dans la boutique du teinturier des vasques pour l'immersion des étoffes, revêtues d'un stuc très-dur; cependant le ciment est rongé par les acides. Dans le fond dVme vasque un a recueilh une poudre noire qui a été soumise ù l'analyse chimique : c'était du sulfate de fer.
L*industrie dufoalon, ou blanchisseur de laines et apprêteur d'étoffes»
* Stidil esl pour suit. L*orthoj^raplie de cea graffiti est souvent fort peu éditianle
iil2 JOURNAL DES SAVANTS. — SEPTEMBRE 1871.
a drjà éié décrite d après les peintures du musée de Naples. On sait quelle était l'importance de celte industrie dans I antiquité. Les foulons de Pompéi formaient un collège, avaient une basilique, c est-à-dire une Bourse où ils se réunissaient. La prêtresse Euinachia, à laquelle ils avaient élevé une statue, avait contribué à fembellissement de cette bom-se, ce qui rappelle la Bourse à la Soie [Seteria) de Valence, construite, dit-on, par Cbimène. Les vêtements de laine jouaient un si grand rôle dans le costume antique, et le voisinage des Apennins couverts de troupeaux devait donner au commerce de la laine une telle importance, qu'on s explique la richesse des foulons de Pompéi et leur nombro'. J'ai décrit la principale usine : il y en avait d'autres, une notamment à côté de la maison de Siricus. C'est là qu'on voit encore les bassins de ciment sur les fourneaux et les capsules ou revêtements de plomb qui les protègent.
Les boulangers ne sont pas moins nombreux, quoique, dans les maisons riches, il y eût des fours particuliers et des moulins. La maison (le Pansa contient encore trois moulins en lave , un puits , un four A ventilateur. Dans la rue Domitienne, après la maison de Polybe,on entre dans une boulangerie. La boutique communique avec l'atrium, et, de ralrium, on passe par le tablinum dans la boulangerie proprement dite. Les moulins sont montés sur une base encastrée dans une chaussée bien pavée. Le récipient, en forme de double cône qui sert de meule (calillus), pivote sur la borne [meta) de lave; une cavité circulaire, ♦Mitnillée au pied de cette borne fixe, recevait la farine. Non loin, des jarres pour contenir l'eau , une table pour pétrir, un vase pour la fleur de farine, deux serpents peints sur le mur, pour écarter le mauvais œil et procurer une bonne cuisson.
Du reste, les boulangers avaient, comme de nos jours, un talent et une réputation inégales. Les plus renommés marquaient leur pain roiume la boulangerie viennoise à Paris. Des pains recueillis à Herculanuin portent les inscriptions suivantes : CELERIS Q^GRANI ou VERI- SERV.
Vu boulanger de Poujpéi fut nommé duumvirà Tunanimité; il s'appelait P. Paquius Proculus. La maison a été fouillée et reconnue en i8(>8, par Fiorelli qui. en lisant sur une colonne de l'atrium, l'ins-
Nous connaissons diverses corporations de Pompéi. Ainsi, sur le pilier qui sépare la toulounerie de la maison voisine, on lit . MHOLCONIVM PRISCVM II VIR l-D-POMARI VNIVERSI CVM HELVIO VESTALE ROGANT. La corporation des fruitiers, avec son président Veslalis. recommandait la candidature ^ie M. Hojconius.
BOUTIQLES DE POMPÉI. ^13
Trîplion à la pointe PAQVIA, n'a plus douté qu'il ne fût dans la demeure trunefaniillc Irès-cstimée à Pompéi, et dont plusieurs membres avaient rempli des fonctions municipales. Or celle demeure est une boulangrrie; elle s*esl même successivement agrandie; car un mur a été abattu el Fa mise en communication avec la maison voisine. Le pétrin» le four, cinq moulins, dont trois sont intacts, ne laissent aucun doule sur !e genre d'industrie exercé par le propriétaire.
Dans la rue des Augustales, au coin de gauche, au n" *ih^ une autre houlangerie se fait remarquer par la peinture qui a été placée au-dessus du four; cette peinlure représente un magistrat en toge distribuant des pains.
Une boulangerie plus grande a été fouillée, en 1866, par Fiorelli. Cest là quil a trouvé quatre-vingts pains, toute la fournée du jour, carbonisés dans le four où féruption du Vésuve les avait fait oublier; les esclaves, évidemment, avaient pris la fuite. Les cinq meules du pistriuirm sont ébréchées par fusage. Des tuyaux de plomb ame* liaient Teau de Taqueduc de Pompéi dans un réservoir. Uïi tour aidait à passer directement les pains pétris et préparés à celui qui les tmfournaît. Les latrines sont voisines, ce qui n ajoutait pas au charme du lieu, surtout si Ton songe qu'il était couvert, r/est-à dire sombre et rnfumé ^ Il est vrui quaujourd'hui encore, dans certaines parties de la Sicile, les lalrines sont dans la cuisine, dans un enfoncement séparé ]>ar un simple rideau : c'est la tradition de Pompéi. On remarque» sur le trottoir qui est en face de la boulangerie, deux piliers coniques de lave tout neufs qui allaient remplacer les meules usées et ébréchées tpjc je viens de citer,
I^es boutiques de barbiers [tonsinnœ) sont plus diffîrilesà reconnaître, Ta ménagement étant moins caractéristique. On en voit une cependant en prenant à gauche dans la rue de ^ie^cure. Dès fentréc, un banc odVait aux clients le loisir d attendre leur tour. Au-dessus du banc, deux niches, ménagées dans Tépaisseur de la muraille, servaient à déposer les coîfFures ou vêtements qui gênaient Topéralion. Les rochers taillés auxquels étaient adossées certaines maisons d'Athènes sont percés de niches, rectangulaires ou cintrées, qui étaient comme de petites armoires. Les maisons et les chapelles de l'Orient ont conservé cet usage. Au centre de la boutique, un tabom^et en maçonnerie était destiné au
Dans la mabon du l>oiibiiger Proculus, les latnnes sont mieux placées; liuï>cription SECVNDVS HIC CACAT tie perint?t poiut d'en raécommitre Iti destination.
patient. Je ne parle ni du rasoir court et arrondi, avec son manche, ni des ciseaux, ni de la pince à éprler, ni du miroir à la main; tout cela doit être étudié au musée de Naples.
Une pharmacie a été signalée par une boite à drogues, des pilules, un vase de verre qui contenait six litres (mesure italienne) de baume. De même que le droguiste de la rue de Stabia (n** 25)^ a été trahi par une certaine quantité de drogues noircies et de pâte décomposée. A droite, dans un atrium, est un triple fourneau avec trois chaudières établies à des niveaux différents. Une mosaïque squamée orne le prothyrum. Les fouilles qui ont eu lieu le 12 juillet 18/47 ^^* ^^^^ trouver deux statuettes de Jupiter, une dlsis, une d'Hercule et une de TÂbondance, en bronze.
Les fabriques de savon offrent encore moins d'intérêt. Des tas de chaux excellente, sept bassins au niveau du sol, des débris de matière grasse que Fanalyse a fait estimer du savon , furent observés dans les fouilles de 1 y 83. Une autre fabrique, située dans la rue des Augustales, au coin d'une petite ruelle, est remarquable uniquement par son four construit en encorbellement, comme le trésor de Mycènes.
Le four me fait penser au potier dont la fabrique était située hors les murs, sur la voie des Tombeaux. Lui aussi avait un four, et un four à réverbère, construit en pierres et en briques. La voûte du fourneau était plate, percée de petits trous pour laisser entrer la flamme dans la partie supérieure du four proprement dit où les vases cuisaient. Dans les parois, des ouvertures étaient ménagées et des tuyaux de terre cuite permettaient d'activer ou de modérer la cuisson. Trente-quatre petites marmites étaient encore dans le four, que j'ai vu en 1 85 1 et qui s'est malheureusement écroulé en i85/i.
Lorsque j'ai décrit la boutique de Nonius Gampanus, j'ai omis à dessein, parmi les objets qu'on y a trouvés, cent quatre couvercles de vases. Il n'y avait que des couvercles; les vases étaient restés en débris dans la boutique située en face, qui était celle d'un potier ou d'un marchand de vases. Quand l'immense quantité de vapeur d'eau que vomissait de temps à autre le Vésuve se condensait, de véritables torrents tombaient sur Pompéi et entraînaient les objets ainsi qu'une inondation. J'en ai cité jadis des preuves, en voici une nouvelle. L'eau a bouleversé la boutique du marchand de vases, renversé et brisé les vases eux-mêmes; mais, comme les couvercles étaient à la fois plus résistants
^ Je n'ai pas besoin de dire que ces numéros sont modernes et ajoutés par FiorelH pour la clarté des explorations.
BOUTIQUES DE POMPÉl. kib
ei plus propres à flotter, le courant les a entraînés dans la boutique de Noiiius Campanus^ où ils ont éié rejetés et entassés.
Je m'élais promis de ne point parler des marchcuids d'huile, Cepen^ dant les fouilles de i852 ont découvert une boutique assez belle pour mériter une exception ; elle est située au coin de la rue de la Fontainedu-Bœuf et donne sur la rue de Stabia. Le comptoir est revêtu de marbre gris et de cipollin. Sur le devant, il y a une plaque ronde de serpentin et des rosaces. Sur l'appui du comptoir» le pied d'un vase de bronze est resté adhérent; le vase lui-même a disparu. Huit jarres sont encastrées dans la maçonnerie du comptoir. La neuvième est dans Tangle» auprès d*une petite cave ou puits revêtu de ciment. C'était là qu on conservait Tbuile dans sa fraîcheur et qu on la puisait. La même habitude s'est conservée dans l'Italie méridionale.
Quant aux tavernes propi'ement dites ou boutiques de marchands de vins, elles ont été trop souvent décrites pour qu'il soit utile d'y revenir. J'en citerai deux seulement, parce que le nom de leur propriétaire est connu. La plus vaste est celle de Fortunata, derrière la fontaine qui représente un aigle tenant un lièvre dans ses serres , sujet ligure sur les monnaies d*Agrjgente. L'inscription qui mentionne Fortunala est sur le pilier extériem'; le comptoir de maçonnerie est recouvert de marbre, et, sur ce marbre, les tasses et les verres ont laissé une marque ronde, trace évidente de leurs pieds. Au fond de la boutique, ficux petites chambres recevaient les consommateurs plus importants. La taverne de Phœbus est à côté de la citerne publique; elle contenait, quand on l'a fouillée, une tirelire, un squelette d'homme et deux squelettes d animaux. L'inscription , qui a fait connaître le nom de Phœbus, est ainsi conçue : « Phœbus avec ses clients vous prie d'élire duum*u virs M- Holconius Priscus et C» Gaulus Rufus Kn ie puis citer encore Pérennius Nymphérois, le marchand de boissons chaudes. Les verres et les tasses ont laissé une marque sur le marbre du comptoir, dont leur pied protégeait la surface. Une tête d'enfant en marbre est engagée flans la maçonnerie d'une niche; sans doute, c'était un fragment de statue brisée dans le récent tremblement de terre et recueilli par Nymphérois. On a trouvé dans la boutique une lampe et un phallus de bronze avec des clocliettes.
Pompéi avait aussi ses auberges. 11 y avait, comme dans ritalie, Vaiber^o uohile cl lauberge plus vulgaire , la locanda. L'auberge plus riche était
* M. Hdconium Priscam, C. Gadom Huliim Ilvir. Phœijus «mn ^tnptoribus suis rogat.
1 16 JOl RNAI- DES SAVANTS. — SEPTEMBRE 187 1 .
«liiON ia villo. auprt's de la porte d'Hcrculanum. Elle appartenait à Albimis, dont le nom. Iract^ en lettres noires, a élé recueilli pendant les (ouilles do i 770. On voit encore la pierre pour les cavaliers qui mon- U\cu\ sur leur cheval . le seuil abaissé pour le passage des chars, la vaste cour avec cuisina et chambres de voyageurs, les deux cafés (thcr- 'Ni'jv/ç's'. Tun intérieur, fautre voisin et communiquant avec lauberge. H c!i csl do morne encore dans nos villes de province. Dans Técurie, on .1 u'ouoilli dos ossements de chevaux, des essieux, des débris de chars. I .» cno a *v> molivs de largeur et trois soupiraux.
Sur la vo.'o dos Tombeaux, en dehors de la ville par conséquent, .'tait uno auborgo moins élégante. Elle fait partie d*un long bâtiment ivtv un portique et des boutiques sous les arcades. Une fontaine et un abivuvoir indiquent un lieu de halte pour ceux qui entraient dans Pompo\ ot allaient au maivhe. Los pavsans s'v arrêtaient volontiers, car on a îivuvo le squelette d\m ;uie et les débris d'une petite charrette, divers .NMuostiblo. un iuv>r>. Le Kitûnent est couvert en terrasse; les chambres ot.Mout au dessus des boutiques.
Je toMuiuorui on citant la petite auberge de l Éléphant, découverte, ;*n iS(îi ; o^'^io do la maison ilo Siricus. A lextérieur est peint un olophant ontouiv }Mr un i ïiormo serpent et conduit par un nain. Une lUMMiptiou nou> appn lul que Sittius a restauré ou fait restaurer cette |vu)tuto , car Ton no s.ut si c est le propriétaire ou le peintre qui sapivlail Sittui>. Jo oivirais plus volontiers que c'est le propriétaire, parce »juo lo% p;'intiv> do IVinpoi navaiont point Thabitude de signer leurs vj:\ro> l no auliv in>onplion avertit les passants qu*ils trouveront dans . .'tto in,iiNOu lu»^pitalioro toutes les commodités désirables et une salle ^ man»;rra\oo tiviN li:s. MOSPITIVM HIC LOCATVR. TRICLINIVM V \'M IKU^VS ll-\MÎS FT CO.M.m;ODIS;. Lintérieur est petit, trèsuKsK>to. la doivrativMi nulle. Du na trouvé que des ustensiles de cuixuio Jo >uppo>o qu'on \onait à rtJtphant faire des parties fines, comme do uk^x |vnn> cher, lo tiMitour; peut-être mèuïe étaieiit-ce des parties de Jokuuiio, attendu que le quartier était mal fumé; en face est le lupa- Kii.vpu* Non plan, sos pointnn^s. ses inscriptions , ne permettent point iv HuVxMinadiv. Mus i\uTivo ici i un genre d'industrie qu'il ne me xKXvni potul do dooriiv. le termine Siuis avoir épuisé mon sujet.