CONCLUSION GÉNÉRALE RELATIVE A LA BAGUETTE
Comment des idées mystérieuses se sont-elles attachées à la baguette ? ,
Nous l'avons dit, en montrant que, dans l'antiquité la plus reculée, elle était un signe d'autorité, de puissance, de commandement, enfin un instrument de divination.
C'est comme telle qu'elle fut employée à rechercher les métaux vers le xv* siècle, et les eaux souterraines dans le xvn\
Les explications qu'on a données de son mouvement rentrent dans deux catégories différentes :
La première comprend celles qui rattachent ce mouvement au monde moral, à une cause spirituelle, qui peut être Dieu, les anges , le démon ou encore l'esprit de l'homme ;
lia seconde comprend les explications qui se rattachent au monde physique;
i° A des propriétés dont la matière est douée.
Des péripatéticiens ont mis en avilit des propriétés occultes connues sous les noms de sympathies et d'antipathies ;
a" A des corpuscules, à des vapeurs, à la matière subtile;
Cette opinion a été professée par des Cartésiens ;
3° A un fluide impondérable, tel que l'électricité ,1' électro-magnétisme, ¥ électro-organique, etc.
Cette opinion est celle de plusieurs *le «os contemporains.
L'examen critique des écrits les plus remarquables auxquels la baguette a donné lieu nous a conduit à rejeter toute cause du monde physique d'après les considérations émises par le père Malebranche , l'abbé de Rancé, l'abbé Pirot, le père Menestrier et surtout le père Lebrun.
En effet , les phénomènes produits par une cause du monde phy-
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sique se produisent d'une manière constante et comme fatale dans les mêmes circonstances.
Eh bien, nous avons vu les partisans de la baguette partagés en deux camps, lorsqu'il s'agit de reconnaître avec elle la nature spécifique d'un corps caché : les uns prétendent que le mouvement de celle-ci est augmenté par le contact d'une matière identité à celle qui a déterminé le mouvement, tandis que le contact d'une matière différente l'arrête; les autres prétendent absolument l'inverse. Or, comme tous affirment réussir, nous demandons si, dans des circonstances aussi semblables que le sont celles de la recherche par la baguette de corps cachés, on peut admettre l'influence d'une cause physique qui produirait des phénomènes absolument contraires i*
D'un autre côté les partisans de la baguette, quels qu'ils soient , théoriciens ou exclusivement praticiens, reconnaissent eu fait l'influence de la pensée, que ce soit volonté, désir ou intention, de celui cari la tient.
Cette pensée peut neutraliser l'action des corps matériels, de telle sorte, que le métal qu'on prétend actif sur la baguette est sans action si l'on cherche de l'eau, comme celle ci cesse d'agir si on cherche un inétal; enfin il y a plus, c'est que toute matière cesse d'agir lorsqu'on cherche à savoir si des bornes d'héritages ont été déplacées , ou qu'on suit à la piste un voleur ou un assassin.
Les choses amenées à ce point, il est évident à nos yeux que la cause du mouvement de la baguette n'appartient pas au monde physique, mais au monde moral.
Les pères Lebrun , Malebranche et Menestrier, les abbés de liant e et Pirot, sont unanimes pour l'attribuer au démon. Quant à nous, sans hésitation, nous pensons que, dans la plupart des cas au moins où la baguette est tenue par un homme probe et qui a foi en elle , le mouvement est la conséquence d'un acte de la pensée de cet homme. Telle est la cause, par exemple, des phénomènes décrits par M. le comte de Tristan, et de ceux dont il va être question dans l'article suivant consacré au pendule explorateur.
E. CHEVREUL
^ (La suite à un prochain cahier.)
NOUVELigES LITTÉRAIRES.
INSTITUT DE FRANCE
ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
M. Guérard, membre de l'Académie des inscririons et belles-lettres , est mort à Pari», le lomars.
ACADÉMIE DES SCIENCES
M. Beautcxups-Beaupré, membre de l'Académie des sciences, section de géographie et de navigation, est mort à Paris, le 1 G mars i854
M. Mauvais, membre de l'Académie des sciences, section d'astronomie, est mort à Paris, le a 3 mars.
M. Bouir membre de l'Académie des sciences, section de médecine et de chirurgie, est mort à Paris, le a U mars.
LIVRES NOUVEAUX
FRANCE
L'Acropole d'Athènes, par E. Bculé, ancien membre de l'École d'Athènes, publié sous les auspices du ministère de l'instruction publique et des cultes. Tome I", Paris, imprimerie et librairie de F. Didot, i853, in-8* de iv 354 page», avec quatre planches. — M. Beulé se propose de rendre compte, dans cette publication, de la découverte déjà célèbre qu il a faite récemment de plusieurs parties importantes de Y Acropole d Athènes. Le premier volume de son ouvrage est consacré à l'histoire et y à la description du monument à ses différents âges. Après avoir exposé et discuté tout ce que nous ont transmis les anciens sur Y Acropole avant les guerres médiques, au siècle de Péridès, et ses transformations jusqu'aux temps modernes, il décrit successivement l'Acropole , les Propylées, la Pinacothèque, le piédestal d' Agrippa , le temple de la Victoire sans ailes , l'enceinte de Diane Brauronia, celle de Minerve Krgané et la roule des Propylées au Parlhénon.
Les derniers Valois, les Guise et Henri IV, par M. le marquis de Sainlc-Aulairc , ancien député. Paris, imprimerie de Raçon, librairie de Micnel Lévy . i85A, in-ia
de 407 pages. — Eu étudiant l'histoire des crises politiques qui ont agité notre pays au xvi* siècle, M. ie marquis de Sainle-Aulaire a été particulièrement frappé des inconvénients de l'intervention des masses populaires dans la conduite des affaires publiques. Démontrer ces inconvénients, combattre le principe de 1 autorité du nombre, tel est le but, l'idée fondamentale de son livre. 11 s'ogit donc d'une donnée historique et politique qui pourra être appréciée diversement, et que nous n'avons pas ft examiner ici. Ce que l'on ne contestera pas . c'est le talent avec lequel l'auteur a soutenu cette thèse dans son chapitre préliminaire sur la souveraineté du peuple au xvi" siècle, et l'intérêt qu'il a nu répandre dans ses divers chapitres, dont nous donnerons ici les titres : le Chancelier de IHospilal, la Saint- Barthélémy, la Ligue, les Premiers États de Blois, la Journée des barricades, la Mort du duc de Guise, la Réconciliation des princes , le Rétablissement de la monarchie. M. le marquis de Sainte- Aulaire. a fait un livre instructif et agréable, et, dans ce premier onvrage, continue dignement un nom que les lettres ont adopté, etqni tiendra une place si honorable dans l'histoire diplomatique de notre temps.
Elude de {homme, par M. de Latena, conseiller maître à la cour des comptes. Paris, imprimerie de Bacon, librairie de Garnier frères, i854, in-8' de xxivf>if> pages. — Cet ouvrage se compose d'une suite d'observations détachée» , de pensées justes et ingénieuses qui décèlent une étude approfondie dfs sentiments et des passions de l'homme. En les coordonnant, l'auteur a divisé son travail en trois livres, qui traitent de l'homme sensitif, de l'homme intelligent, de l'homme moral et de l'homme social. Ce recueil de pensées est précédé d'une introduction conte rtant des aperçus philosophiques sur la vérité dans l'ordre physique et dans l'ordre moral, sur Dieu et les lois générales de la création , sur l'Ame et son immortalité, sur le sentiment religieux et sur la morale.
Œuvres (TOrihase, texte grec en grande partie inédit, collationné sur les manu» crits, traduit pour, la première fois en français, avec une introduction, des notes, des tables et des planches, par les docteurs Bussemakcr et Dareiubcrg. Tome 11 ; Paris, imprimé, par autorisation du Gouvernement, à l'Imprimerie impériale. Se trouve à la librairie de BailKèrc, i854, in-8* de xn 90a pages. (Collection dtt mtdtetns grecs et latins, publiée sous les auspices du ministère de l'instruction publique par ie docteur Ch. Daremberg.) — Ce volume, dont il sera rendu compte dans le Journal des Savants, comme il a été fait du tome I", contient le texte et la traduction des livres VII -XV de la collection médicale d'Oribasc. et d'un fragment du livre XVI, précédés de l'indication des livres et des chapitres de Galion, d'où Oribase a fait ses extraits. Des sebolies et de» notes nombreuses accompagnent le texte, et le volume est terminé par deux tables, l'une pour les chapitres, l'autre pour les notes.
Etudes sur la comédie de Ménandre, par A. Ditandj, licencié ès lettres. Paris, imprimerie et librairie de Lenormant, i854, in-8* de xiv-àoA pages. — Dans ce livre intéressant, centre d'un esprit très-édairé . Ménandre est surtout considéré comme moraliste : c'est à la pensée de l'écrivain plutôt qu'aux formes de son style que « attache M. Ditandy. On trouve dans ces études des recherches savante» et d'ingénieux aperçus sur le but général de la comédie de Ménandre . sur les passions et les caractères chez ce poète, considéré comme élève ou imitateur de Théophraste; sur son génie et son influence. Le volume est terminé par un dialogue intitulé : Caltias, ou de la morale de Ménandre.
Réfutation inédite de Spinosa par Leibniz, précédée d'un mémoire, par A. Foncher de Careil. Paris, imprimerie de Brière. i854 . in-8* de cvi-77 pages. — L'ouvrage
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de Leibniz, dont M. Foucljer de Cnreil donne le icxlc latin et la traduction, est conservé en manuscrit dans la bibliothèque de Hanover, et a pour tilre : Animadverswnes adJoh. Georg. Wachtcri ULrum dei-econdtta Hebrœorum' philosophia. Cette critique inédile, entièrement de la main de Leibniz, renferme une réfutation de Spinosa, dont Wachtcr élait accusé de soutenir les opinions. Dans le mémoire développé qui précède ce travail . 1 éditeur fait ressortir l'inlérêl du document qu'il publie et s'altache à démontrer que les principales opinions philosophique» de Leibniz ont été contraires à celles de Spinosa.
Œuvres sociales de W. E. Channing, traduites de l'anglais, précédées d'un essai sur la vie et les ouvrages de Clianning, et d'une introduction par M. Ed. Laboulaye, professeur nu collège de Franco, membre de l'Institut Paris, imprimerie de Grimaux, librairie de Gomon, i854, inia de t.v-3ia pages. — Williams-Ellery Channing, ministre de la socle des unitaires, né à Newport, dans l'État ,de Rhode- Island.le 7 avril 1780, mort en i8a2 .jouit d'une grande célébrité aux États-Unis; il a publié un assez grand nombre d'ouvrages où il traite de* questions sociales à son point de vue religieux, c'est-à-dire en rationaliste chrétien. La traduction de M. Laboulaye comprend cinq de ces écrits de Channing, intitulés : de l'Éducation personnelle ou de la culture de soi-même; de l'Élévation des classes laborieuses; Discours sur la tempérance; Ministère pour les pauvres-, de l'Obligation pour les municipalités de veiller à la santé morale de leurs membres.
Essai sar l'inégalité des races humaines, par M. A. de Gobineau, premier secrétaire de la légation de France en Suisse, membre de la Société asiatique de Paris, tomes I et H. Paris, imprimerie et librairie de Didot, i853, 2 vol. in-8° de xi-Aoa et 5 12. page;. — L'auteur de cet ouvrage pose en principe que l'inégalité des races, dont le concours forme une nation, suffit à expliquer tout l'enchaînement des destinées des peuples. Après avoir exposé dans ses préliminaires les lois qui régissent le monde social, il retrace la généalogie et l'histoire des races humaines dans l'antiquité , depuis les premiers temps jusqu'à l'empire romain.
Recherches numismatique* concernant principalement les médailles celtibériennes , par Gust. Dan. de Lorichs, chambellan cl charge d'affaires de S. M. le roi de Suède et de Norwége près S. M. catholique, etc. Tome 1", Paris, imprimerie et librairie de Didot, i854. grand in-4' de 268 page», avec 81 planche*. — L'auteur de ces recherches adoplc pour l'interprétation des médailles celtibériennes un système fondé principalement sur les deux points suivants : 1* Les fonctionnaires romains employés en Espagne et dans plusieurs autres provinces sont les auteurs des légendes dites celtibériennes; a" le sujet de ces légendes consulte dans le numéro d'ordre des ateliers où les médailles ont été frappées ; dans la désignation du genre d<* métal qu'on y employait ; dans la qualification très-variée des monétaires chargés de celte fabrication; dans la dénomination des différentes espèces de pièces de monnaie ; dans la désignation des provinces à l'usage desquelles on les destinait. C'eat tout à fait gratuitement, selon M. de Lorichs, qu'on a presque toujours cherché sur ces médailles des noms de villes espagnoles.
Cartul'tire de l'abbaye de Savigny, suivi du petit Cartulaxre d'Ainay, publiés par Aug. Bernard. Paris, Imprimerie impériale, i853, a volumes in-4* ensemble de cxxvi et 1 167 pages, avec une carte. (Collection des documents inédits sur l'histoire de France, publiés par les soins du Ministre de l'instruction publique.) — Le cartulaire de l'abbaye de Saint-Martin de Savigny, au diocèse de Lyon, forme la panie la plus importante de cette publication , et occupe, avec l'avant-propos et l'introduction, tout le premier volume. Il contient neuf cent soixante chartes, dont U
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pins ancienne est de l'an 8a», ee-qui, |x>ur la plupart, appartiennent aux x', xi' et xu" siècle*. Ce cartulaire a été écrit par ordre de l'abbé Ponce, qui gouvernait le monastère de 1 1 1 1 a i i4o. L'original ne se retrouve plu* aujourd'hui, mais il eu existe quatre copies intégrait s, à l'aide desquelles l'éditeur a établi son texte en le* collalionnant avec soin, et en notant toutes les variantes. Apre* un avant-propos contenant des détails préliminaires sur les différentes parties de son travail , M. Bernard a placé, en tête du premier volume, une introduction qui signale et discute avec érudition les notions fournies par les cartulaires de S.ivigny et d'Ainav sur l'histoire de la géographie locale, et une notice historique sur le monastère de Savigny. Le second volume contient, d'abord, le carlulaire d'Ainay. abbaye fort an cieune, devemie paroisse en 1690, et comprise, depujs le siècle dernier, dans l'enceinte de la ville de Lyon. Ce cartulaire, dont l'original est conservé à la Bibliothèque impériale, renferme deux cent une chartes de l'an 901 à l'an jaoo environ. Le texte de ces chartes est suivi d'un index chronologique des pièces comprise» dans les deux cartulaires, et d'une loble générale des noms et des matières; viennent ensuite des appendices où l'on trouve divers pouillés anciens des diocèses de Lyon , de Màcou et d Aulun. L'ouvrage se termine par des éclaircissements comprenant une nomenclature des subdivisions territoriales des diocèses de Lyon et de Màcon et pays circonvoisins aux x* et xf siècles, un dictionnaire géographique et un glossaire. La carte, dressée par l'éditeur lui-même, offre à la fois les divisions du paons major Luodunemis ou diocèse de Lyon au x* siècle, tt celles «les diocéses de Lvon, Màcon et Saint-Clande avant et après la formation de ce dernier en 1743.
Mémoires de l'Académie des sciences de l Institut de France, tome XXIV. Paris, imprimerie de F. Didot frères, i8:>4, in-4* de vi-cx.vn-7 1 4 page*, avec planches. — Voici la table des articles contenus dans ce volume : Biographie de Gaspard Monge, par M. Arago, secrétaire perpétuel; Mémoires sur le système nerveux des mollusques acéphales lamellibranches ou bivalves, par M. Duvernoy, Mémoire sur plusieurs réactions chimiques qui intéressent l'hygiène des cités populeuses, par M. L. Chevreu); Recherches de quelques dates absolues, qui peuvent se conclure des dates vagues inscrites sur des monuments égyptiens, par M. Biol; Happort sur un mémoire de M. Pasteur, intitulé : « Nouvelles recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le phénomène rotatoirc moléculaire. « par M. deSenarroonl-, Recherches chimiques sur la teinture, par M. Chevreul ; Septième mémoire sur la composition immédiate de la laine, sur la théorie de son désuintage et sur quelques propriétés dérivées de sa composition immédiate, qui peuvent avoir de l'influence dans les travaux industriels dont die est l'objet (lu à l'Académie des sciences le 20 avril i84o); Huitième mémoire: Considérations sur la théorie de la teinture et applications de cette théorie au perfectionnement de plusieurs procédés pratique» en général et à celui de la teinture d'indigo dite en bleu de cuve en particulier (lu le a3 novembre i84'>); Neuvième mémoire : De l'action que des corps solides peuvent exercer, en conservant leur état, sur un liquide tenant en solution un corps solide ou liquide (lu le 6 juin i8â3); Dixième mémoire : De l'action de l'indigotine et du bleu de Prusse sur U soie (lu le ag mai i8a6);Sur un calendrier astronomique et astrologique trouve à Thèbes, en Egypte, dans les tombeaux de Bhamses VI et de Khamsès IX; Deuxième et dernier mémoire, par M. BioL
Mémoires de l'Institut de France, Académie des inscriptions et belles-leUrts , t. XX (deuxième partie). Paria, Imprimerie impériale, i85A, in A' de 3<>i pages, avec
vingt et une planche». — Dans un m» moire lu, en i833, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et qui avait pour objet le taureau et le lion considérés comme Attributs caractéristiques de Vénus, M. Lajard avait parlé de quelques monuments figurés asiatiques paraissant de nature à établir qu'en Orient le cyprès pyramidal servit à représenter «Tune manière symbolique, non-seuletuent le soleil et la luue, mais Venus elle même. Dix ans plus tard, en i8A3, il lut, à la même Académie, un travail particulier sur le culte du cyprès chez le» peuples civilises de l'antiquité. Depuis celte époque, l'auteur s'est livré à de nouvelles investigations; il a mis à profit plusieurs monuments figurés et quelques écrits qui lui ont permis de remonter avec pins de certitude à l'origine du culte du cyprès chez plusieurs peuples civilisé» de l'Asie, de l'Afrique et de l'Europe, à la signification symbolique qu'eut primitivement cet emblème , et à l'emploi particulier qu'on en fil , soit dans le culte public ou secret des divinités génératrices, -soit dans les cérémonies funèbres et la composition des monuments funéraires. L'ensemble de ces recherches remplit tout le volume que nous annonçons. Le travail de M. Lajard se divise en deux mémoires : dans le premier, il considère le cyprès pyramidal comme symbole de vie, et, à ce titre, emblème on attribut des divinités génératrices en Orient et en Occident; dan» le second, il le considère comme symbole funéraire el comme emblème ou attribut des divinités infernales.
Bulletin monumental, ou collection de mémoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France, par les membres de la Société française pour la conservation des monuments, publié par M. de Caumont. Seconde série, t. IX (XIX* volume de la collection). Caen, imprimerie de Hardel; Paris, librairie de Derache, i853, in-8* de 679 pages, avec gravures sur bois dans le texte. — On trouve dans ce volume, outre les procès verbaux des séances de la Société française pour la conservation des monuments, un grand nombre de mémoires parmi lesquels nous citerons les suivants : Excursion archéologique de Saintes a Luron ; Notes recueillies sur l'arrondissement de Domfront; sur l'emplacement d'Alise; «ur la ville de Flavigny ; Notice sur l'origine du château de Hain ; Essai sur la statistique monumentale do la Marne; Histoire symbolique et iconographique du lion. Des sépultures romaines et des sépultures mérovingiennes, et divers travaux sur les monuments anciens du département de la Gironde étales villes de Troyes et de Coulommiers.
Histoire de la Bourgogne pendant la période monarchique, par M. Rossignol, conservateur des archives de cette ancienne province. Conquête de la Bourgogne après la mort de Charles le Téméraire. Dijon , imprimerie et librairiede Lamarche et Drouetlc. i854, in-8* de 43 t pages. — Plusieurs historiens disent qu'après la mort de Charles le Téméraire il en coûta peu au roi Louis XI pour se mettre en possession Ju duché de Bourgogne, et que les habitants se rendirent volontairement. Le livre que nous annonçons tend à établir le contraire. M. Rossignol, dans un intéressant récit des événements qui se passèrent en Bourgogne, de 1479 ' "483. s'allache à démontrer, en prenant pour base les documents conservés dans les archives du pays, que celte province fut réduite par les armes en même temps que par l'astuce de Louis XI ; qu'il y eut une guerre civile de trois ans ; qu'en un mot la Bourgogne fut véritablement conquise.
L'Alsace illustrée, ou recherches sur l'Alsace pendant la domination des Celtes, des Romains, des Francs, des Allemands et des Français, par J. D. Schœpflin , traduction de L. W. Ravenez. Imprimerie de Silberroann à Strasbourg, librairie de Perrin à Mulhouse, 1849-1854, 5 volumes in-8* de vii.6o5, 61a, 743. 6o4 «t 901 pages,
avec planches. — L'AUatia illustrata, publiée par Scbcepflin, de 175 1 à 1761,611 a vol. in-fol. , esl considérée a juste titre comme un des ouvrages les plus savants qui aient été écrits sur l'histoire de nos anciennes provinces. La traduction que donne aujourd'hui M. Havcnci de ce livre connu de tous les érudits, quoique peu lu aujourd'hui, se recommande par une grande exactitude et par les addition* importantes que le traducteur y a faites.
Notice sur les émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du musée du Louvre, par M. de Laborde, membre de l'Institut. Seconde partie, documents et glossaire, Paris, imprimerie de Vinchon, 18W. in-8* de x-548 pages. — La collection des émaux réunis au Louvre, si complète d'ailleurs et si belle, ne possède qu'un petit nombre de bijoux émail lés d'une époque antérieure au xvi' siècle, tandis que le duc d'Anjou, frère du roi Charles V. en avait à lui seul près d'un millier dans son trésor. C'est son inventaire, dressé par se» ordres en 1 3Go, que publie M. de Laborde, comme appendice à la notice des émaux du Louvre. Il y a joint un glossaire et un répertoire pour faciliter les recherches.
Souvenirs sur Gaspard Monqe et ses rapports avec Napoléon. . . Paris, imprimerie de Thunot, librairie de Benjamin Dur ru t. i853, in-8* de 176 pages. — Ces souvenirs font connaître d'intéressants détails sur la vie de Mongc depuis 179a jusqu'en 1816 , particulièrement en ce qui concerne l'expédition d'Egypte, dont 1 auteur, M. Jomard, faisait lui-même partie. On trouve, dans l'appendice placé à la fin de ce volume, des notes sur l'École polytechnique sur l'expédition d'Égypte et sur le monument élevé a Mongc par la ville de Beauue.
Grammaire française à l'usage des Arabes de l'Algérie, de Tunis, du Maroc, de VÈgypleetde la Syrie, par Gustave Dugat, membre de la Société asiatique, et le cheii Fàrès EchchidiàL Paris, imprimé par autorisation de l'Empereur à l'Imprimerie impériale; se trouve à Paris, chex Benjamin Duprat, i85&, in-8*. —Cet ouvrage, rédigé en arabe, est principalement destiné à répandre la connaissance du français dans nos possessions d'Afrique. On peut le considérer comme la contrepartie des Eléments de Ut langue algérienne, publiés en i85i par M. Pihan, pour faciliter l'élude de l'arabe aux Français résidant en Algérie.
Histoire des Basques ou Escualdunai* primitifs, restaurée d'après la langue, les caractères ethnologiques et les mœurs des Basques actuels, par A. Baudrimont , professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux. Imprimerie de Gounoulhiou, à Bordeaux, librairie de Benjamin Duprat, à Paris, in-8* do ix-a84 pages. — C'est principalement par des recherches de linguistique comparée que l'auteur de ce livre a cru pouvoir reconstituer l'histoire des Basques; il a formé un vocabulaire chronologique de la languo basque, dans lequel sont coordonnés les mots dans l'ordre successif de leur formation. Ce travail, appliqué à tin peuple qui n'a laissé aucun monument écrit, paraîtra peut-être conjectural, et les conséquences qu'en tire l'auteur un peu hasardées. Les noms d'animaux, par exemple, étant de première formation, suivant le système de M. Baudrimont, il lui suffit de trouver dans la langue basque les mots elefandut (éléphant) et orenu ( cerf et renne) , pour en conclure que les Basques ont habité successivement los régions méridionales et le nord de l'Asie.
Mémoire» inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l Académie royale de peinture et de sculpture, publiés d'après les manuscrits conservés à l'Ecole impériale des beaux-arts, par MM. L.Dussicux, E. Sonlié, Pli. de Chcnnevièrei , Paul Mantz. A. de Montaiglon, sous les auspices de M. le ministre de l'intérieur. Tome 1", imprimerie de madame veuve Belin à Saint Cloud, librairie de Dumoulin à Paris,
i854, in-8* de viuA8o pages. — Les archives de l'ancienne Académie royale de peinture, transportées du Louvre à l'École des beaux arts après la Révolution, renferment de précieux documents jusqu'ici fort peu consultés , su nombre desquels on doit signaler surtout les mémoires écrits au xvn* siècle par Guillet de Saint- Georges, historiographe de l'Académie, qui avait été chargé par elle, en 168a , de recueillir tous les faits relatifs à l'histoire et aux travaux de ses membres. Ces mémoires, continués el refaits en partie par les successeurs de Guillet, Dubois de Saint-Gclaù , Hulot, le comte de Caylus, Lépicié, Gougenot, Vidory, n'avaient pas encore vu le jour. En les publiant aujourd'hui , M. Dussieux et ses collaborateurs reudent un véritable service à tous ceux qui s'occupent de l'histoire de l'art. On peut les considérer comme formant le recueil le plus important qui ail été fait depuis Félibien sur les artistes français. Chaque mémoire est classé à la date de récep tion de l'artiste qu'il concerne, et reproduit sans noto et sans commentaire. Les éditeurs y ont joint seulement des notices historiques sur les auteurs des mémoires, el ils annoncent que le recueil sera terminé par des tables destinées à faciliter les recherches. Le tome I" contient trente-huit mémoires ou notices lus à l'Académie depuis 1690 jusqu'en 1749. Rédigées avec soin et puisées au meilleures sources, ces notices pourront servir à compléter ou a rectiGer les biographies, el feront connaître beaucoup de faits et de travaux ignorés. Parmi les artistes dont la vie et les œuvres se trouvent ainsi éclairées d' une lumière nouvelle, nous citerons comme les plus célèbres Charles Lebrun, Sébastien Bourdon, Eustache Lesueur, Louis Boulogne, Philippe de Champagne, Girardon, Michel Corneille, Anguier. Un second et dernier volume complétera prochainement cette intéressante publication.
Analyse des documents historiques conservés dans les archives du département de la Sarthe, par M. Edgard Bihrd , archiviste du département. Le Mans, imprimerie de Monnoyer, i854 . in-4* de vti-a4A pages impnmées sur deux colonnes. — Ce volume contient l'analyse de 778 chartes et documents divers des x\ xi\ xn* el xiii' siècles, qui font partie de la section ecclésiastique des archives du département de la Sartlie. La plupart de ces documents proviennent des abbayes de l'ancien diocèse du Mans. L'auteur n'a rien omis de ce qui pouvait rendre ces analyses intéressantes pour les études historiques, et il a joint à ce travaU utile deux tables très-amples des noms de personnes et de lieux.
TABLE
Notice sur les fouilles de Cumes. ( 1" article de M. Raoul-Rochelle.) 129
Charles Quint, son abdication, sa retraite, son séjour et sa mort au monastère
biéronvmite de Yuste. (8* et dernier article de M. Mignel.) 143
Eiamen d'écrits concernant la baguette divinatoire, le pendule dit explorateur, et les tables tournantes, etc. ( 5* article de M. Chevreul.) 1 72
Nouvelles littéraire*. 180
ri* OR LA TAM.E.
JOURNAL
De la découverte de la circulation du sang, à propos du livre de M. Bianchi-Giovini sur Sarpi.