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DBS TABLES TOCRNANTXS ET DES TABLES FRAPPANTES

Le pendule explorateur, objet d'un travail spécial de notre part, a pu être examiné précédemment avec quelque détail, comme la baguette

1 Les documents arabes, fort curieux pour l'histoire moderne de l'Inde, ne nous apprennent rien sur ces temps reculés; on peut voir le savant mémoire de M. Reinaud sur l'Inde antérieurement an milieu du xf siècle de fère chrétienne, iuV* moires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t. XVIII. — 1 Vojez, pour le premier article, le cahier d'octobre i853, page 597; pour le deuxième, celai de novembre, page 66g: pour le troisième, celui de décembre, page 768; pour le quatrième, celui de janvier »85a, page 36-, pour le cinquième, celui de février, page 17a; et, pour le sixième, celui d'avril, page a 16.

divinatoire a pu l'être pareillement a cause de l'analogie de son mouvement avec celui du pendule, et de l'étude des sciences occultes à laquelle nous nous sommes livré" à l'occasion de nos considérations sur l'histoire de l'alchimie. C'est donc spontanément que nous avons écrit sur le pendule explorateur et la baguette divinatoire. Il en a été autrement des tables tournantes; l'examen que nous en faisons est tout à fait accidentel, et nous voulons que le lecteur le sache bien avant d'aller plus loin.

L'Académie des sciences renvoya à l'examen d'une commission , dont nous étions le rapporteur, d'abord un mémoire sur la recherche des eaux souterraines an moyen de la baguette divinatoire, par M. Riondet (da Var), et , plus tard , une lettre sur le mouvement circulaire des tables , par M. Kœppelin , de Colmar. Ce fut dans le temps écoulé entre ces deux communications que nous entendîmes parler pour la première fois des tables tournantes, et que nous apprîmes l'application que plusieurs organes de la presse avaient faite à ce phénomène de l'explication que nous avions donnée du mouvement du pendule explointear. Voila ce qui nous a engage à traiter ce sujet. C'est donc, nous le répétons, une cause purement accidentelle. Dès lors le lecteur ne devra pas s'étonner de notre brièveté et de ce que nous n'insisterons guère que sur le moavement rotatoire des tables, voulant, quant à leur langage, nous borner à un résumé historique, suffisant pour montrer l'analogie qu'elles peuvent avoir avec la baguette divinatoire répondant aux questions qu'on lui adresse. Par ces motifs,' et dans l'impossibilité où nous serions, lors même que nous le voudrions, de faire un examen critique des écrits concernant les tables tournantes et les tables frappantes ou parlantes , en les prenant dans l'ordre de leur publication, nous parlerons des phénomènes des tables suivant l'ordre où ils sont parvenus à notre connaissance; nous traiterons, en conséquence, des tables tournantes, et ensuite des tables frappantes ou

S 1". — Des Ukifti tournantes.

Nous l'avouons, lorsque nous entendîmes parler des tables tournantes, et que nous apprîmes qu'on en avait expliqué le mouvement rotatoire, conformément à l'explication que nous avions donnée, en i833, du mouvement du pendule explorateur, l'explication nous parut fondée, et, malgré toutes les objections qu'on y a faites depuis, nous la croyons vraie encore dans bien des cas, comme nous le dirons dans la quatrième partie. Quant à présent , parlons des faits dont nous avons été

témoin, et exposons-les méthodiquement «fin d'en rendre la raison plus facile avec ce que nous avons dit de la baguette et du pendule

Pftater et deuxième bit.

Une personne applique la main sur un guéridon ou une petite table ronde , et il arrive que le meuble reste en repos ou qu'il même.

Nous avons été témoin des deux faits.

quatrième

bit.

Plusieurs personnes appliquent les mains sur un guéridon ou une table ronde, de manière à établir une chaîne continue parce qu'elles se touchent les doigts, ou elles les y appliquent sans se toucher.

Le meuble reste en repos ou il prend un mouvement de rotation.

.Témoin de ces faits, mais bien plus souvent de faits négatifs que de faits positifs, nous n'avons jamais eu l'occasion, dans le cas de mouvement, d'observer qu'il ait été hors de proportion avec une action que les mains apposées sur la table étaient susceptibles d'exercer latéralement; nous ne parlons, bien entendu, que de ce que nous avons vu.

Le mouvement, en effet, n'aura jamais lieu tant que les mains presseront la table perpendiculairement; mais, à cause de la difficulté de maintenir cette pression constamment perpendiculaire durant un laps de temps variant d'un quart d'heure à une heure et plus, il arrive que l'action des mains est représentée par une action perpendiculaire inefficace pour le mouvement et une action latérale de gauche à droite ou de droite à gauche, qui seule est capable de mettre la table en mouvement. C'est pour mettre cette pression latérale en évidence que l'on avait propose : i° de faire presser la table par l'intermédiaire d'une bille placée sous chaque doigt. Dans le cas où la pression aurait été simplement perpendiculaire, la bille serait restée en place; dans le cas contraire, elle se serait échappée à gauche ou à droite, et même en avant ou en arrière, i' ou de la faire presser par l'intermédiaire de dames, dont la place aurait été circonscrite d'un trait. Dans le cas d'une pression latérale, elles seraient sorties de leurs cercles respectifs; 3° ou de la faire presser par l'intermédiaire de deux cercles égaux dont l'inférieur eût été fixé à la table d'une manière quelconque, tandis que la surface supérieure de ce cercle, excessivement lisse ou polie, aurait été en con-

tact avec la surface inférieure du second cercle pareillement polie. Pour peu qu'il y eût eu pression latérale , ce cercle, en glissant, aurait cessé de couvrir le cercle inférieur} h" ou de faire placer chaque doigt entre deux traînées de sable fin; dans le cas d'un pression latérale, le sable aurait été déplacé dans le sens du mouvement.

Plusieurs* auteurs ayant attribué le mouvement des tables à un Jlaide impondérable obéissant à une volonté d'homme, un physicien d'Italie a imaginé un appareil composé d'un anneau métallique, qu'il jugeait de nature à conduire le Jlaide supposé dans une table entourée de l'anneau et y communiquant ; il n'y a pas eu le moindre mouvement les mains étant apposées sur l'anneau.

L'illustre M. Faraday n'a pas été plus heureux lorsqu'il s'est agi de rechercher s'il y avait manifestation d'électricité ou de magnétisme; il a fait dépendre le mouvement d'une suite d'impulsions qui se distribuaient dans toute la masse de la table, de manière qu'il arrivait un moment où leur somme, en en surmontant l'inertie, la mettait en mouvement.

S 2. — De» Ublei frappantes ou partant*!.

D est clair, par ce que nous venons de dire des tables tournantes, quelles se sont présentées à nous comme des objets d'étude qui ne sortaient pas de nos recherches habituelles, surtout après l'application faite à leur mouvement par d'autres que par nous, de notre explication du mouvement du pendule explorateur. Ce n'est que plus tard que nous avons entendu parler des merveilles de leur intelligence. Un examen critique des écrits dont elles ont été l'objet, correspondant à celui que nous avons fait précédemment des écrits concernant la baguette et le pendule explorateur, serait impossible ; car les premiers n'étant pas spéciaux comme les seconds, nous serions entraîné dans des discussions tout à fait en dehors du cadre de ce journal. C'est ce que le lecteur verra par le . résumé succinct que nous allons tracer des choses les plus générales qui sont exposées dans les écrits auxquels nous faisons allusion.

L'extrême variété des matières traitées dans les écrits américains sur les tables, que nous avons eu l'occasion de parcourir, est telle, que celui gui voudrait en rendre un compte critique et raisonné véritablement instructif devrait aborder toutes les questions principales que soulèvent les diverses manières dont on s'est représenté le monde invisible. Car ces écrits admettent sans discussion la réalité du magnétisme animal ,

de l'art divinatoire, de la nécromancie ou plutôt des moyens d'évoquer les esprits des morts. Il faudrait donc discuter d'abord si cette réalité existe, et, dans le cas de l'affirmative, discuter le degré de probabilité des propositions particulières qu'on avance comme faits démontrés , et , de plus, envisager le sujet au point de vue théologique, afin de distinguer le licite de ce qui ne l'est pas. Le critique serait donc obligé de traiter des sujets tout à fait en dehors de celui dont nous avons posé les limites, en parlant, dans notre introduction, des réserves que nous y faisions pour ne pas sortir du champ de nos études habituelles.

S'il est vrai qu'en Amérique l'origine de la direction des idées vers le monde invisible remonte à la famille Fox, voici comment les faits se seraient passés.

A Hydcsville , village de l'État de New-York , se trouve une maison dans laquelle un locataire entendait des bruits qui semblaient des coups frappés à la porte et dans différents endroits de la maison , sans qu'il pût s'en expliquer la cause. La famille Fox , méthodiste , qui , après lui , habita cette maison en 1 848 , entendit des bruits semblables, mais plus forts et plus fréquemment répétés.

La famille Fox comptait quatre individus, le mari et la femme et deux jeunes filles.

Un soir, celles-ci étaient près de se coucher et des coups se faisaient entendre, quand une d'elles, sans intention, ayant fait claquer ses doigts, le bruit fut aussitôt reproduit comme par un écho; l'autre jeune fille frappe dans sa main en disant comptez 1,1, 3,4,5, et on lui obéit.

M"* Fox demande l'âge de ses enfants, et un nombre de coups égal à celui des années de chacun d'eux est la réponse.

A la question, êtes-vous un être humain ? Silence absolu.

Si vous êtes un esprit, répondes par deux coups? Et les deux coups sont frappés.

Enfin l'esprit répond qu'il est celui d'un colporteur que l'on assassina à l'âge de 3i ans, et que l'on enterra dans la maison : il se nommait Charles Rayn, dit-il.

Le langage de l'esprit était fort simple ; on prononçait successivement la série des lettres de l'alphabet , et il frappait à chaque lettre que l'on prononçait dans l'ordre des mots de la réponse. Exemple : pour le mot Charles il frappait successivement :

Dans la première revue de l'alphabet, aux lettres CH;

Dans la deuxième, aux lettres A R;

Dans la troisième, à la lettre L;

Dans la quatrième, aux lettres ES.

En écrivant successivement les lettres frappées, on avait le mot Charles.

A peine ces faits furent-ils connus, que des voyageurs en foule voulurent les constater à Hydesville, sur les lieux mêmes. La famille Fox ayant quitté ce village pour habiter à Rocbester, les mêmes faits s'y reproduisirent, et des milliers de personnes en furent témoins.

C'est ainsi que les manifestations spirituelles, ou le spiritualisme, comme on dit en Amérique, se propagèrent rapidement dans tous les États de iUnioo.

Les phénomènes par lesquels les esprits se manifestent sont trèsdifférents et fort variés; nous en citerons, comme exemples, de plusieurs

A. — PHÉNOMÈNES DACOCSTIQUE.

Il est des bruits que l'on compare aux sons que rendent des planche», des tables frappées plusieurs fois de suite par l'articulation d'un doigt ployé en deux; d'autres rappellent le cri de la scie, les bruits d'un rabot passé contre une planche, de la navette du tisserand, de la pluie tombant contre un toit ou des vitres, le mugissement des vagues de la mer , et même le roulement du tonnerre.

On entend quelquefois le son des cloches, des marches militaires, des airs de violon , de guitare . . .

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