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IV PARTIE

THEORIE ET CONCLUSIONS DES FAITS EXPOSÉS DAMS LES TROIS PEEUIER.ES PARTIES.

A. — EXPOSITION DO PRINCIPE DE H. OIETRECL CONCERRMT UNE CLASSE PARTICULIERE * M MOCTEMERTS RTOSCCLAIBES.

Il s'agit maintenant de rapprocher des faits qui sont dissémines dans les articles précédents, afin d'en montrer l'analogie et de pouvoir en déduire ensuite des conclusions assez intéressantes pour justifier la peine que nous avons prise de les réunir, et le temps que le lecteur a eu la patience de donner à leur développement.

Le principe que nous avons formule en ces termes dans l'introduction, concernant le développement en nous d'une action musculaire qui n'est pas le produit d'une volonté, mais le résultat d'une pensée qui se porte sur un phénomème du monde extérieur sans préoccupation de l'action musculaire indispensable à la manifestation du phénomène, va servir de centre de ralliement aux faits dissémines auxquels nous faisons allusion; et, afin de prévenir toute équivoque et d'éviter une périphrase, nous le désignerons dorénavant par l'expression de principe du pendule explorateur. Le mot explorateur, donné, par Gcrboin au pendule dont nous nous sommes servi, empêchera qu'on ne confonde celui-ci avec le pendule ordinaire. Ce principe n'est pas une simple conjecture, ni nu me une induction, mais une proposition déduite de l'observation de plusieurs laits expérimentaux contrôlés par des expériences instituées en conséquence, de sorte qu'elle n'a acquis pour nous la généralité d'an principe qu'après cette vérification.

C'est ce qu'il faut développer, afin que nos explication» se montrent ce qu'elles sont, l'expression de la méthode expérimentale , et non pas des suppositions dénuées de preuve.

Récapitulons les faits.

' Voye», pour le premier article, le cahier d'octobre 1 853 , "page 597; pour \t deuxième, celui de novembre, page 669; pour le troisième, celui de décembre, page 768; pour le quatrième, celui de janvier i854, page 36; pour le cinquième, celui de février, page 17a, pour le sixième, celui d'avril, page ai G; et, pour le septième, celui de mai, page a86.

Témoin d'abord de l'expérience du pendule dit explorateur exécutée par M. Deléuse , nous la reproduisons presque aussitôt.

Voilà l'expérience de Fortis, de Ch. Amoretti, répétée.

Nous nous demandons si tel corps fera osciller le pendule de droite à gauche?

Et le mouvement a lieu dans ce sens.

Nous nous demandons si tel corps fera osciller le pendule de gauche à droite?

Et le mouvement a lieu dans ce sens.

Voyant le pendule osciller au-dessus de certains corps, nous nous demandons si tels autres corps interposés entre eux ne feront pas cesser le mouvement?

Et le mouvement s'arrête.

Qu'avons-nous fait?

Nous avons répété des expériences que nos yeux venaient de voir, el npus en avons imaginé qui ont eu la réussite des premières.

Restait à savoir si les nouvelles expériences étaient une preuve de celles qui les avaient précédées, ou si, au fond, elles n'en étaient qu'une simple extension, de sorte qu'elles n'apprenaient rien de nouveau sur la cause qu'on cherchait à découvrir.

Elles n'en étaient effectivement qu'une simple extension; car elles ne conduisaient à aucune conclusion sur la question fondamentale, celle de savoir si le mouvement du pendule dépendait à la fois de deux causes , d'un corps placé au-dessous de lui et de l'homme qui en tenait le fil entre ses doigts.

Évidemment, que nos expériences eussent été continuées dans la direction dont nous parlons , sans résoudre préalablement la question de savoir s'il existe réellement des corps dynamiques et des corps adynamiqaes relativement au pendule, et nous aurions reproduit, *en 1812. à notre insu, le livre que Gerboin avait fait imprimer quatre ans auparavant; mais, préoccupé, dès cette époque, de l'utilité des méthodes et de la nécessité de s'appuyer sur des principes dont la certitude une fois démontrée serve de fil conducteur pour découvrir les vérités qu'on cherche, nous procédâmes comme nous l'avions fait déjà et comme nous avons continué à le faire dans nos recherches de chimie1 , de physiologie' et de psychologie'.

' Recherchés sur les corps aras; Considérations générales sur Y analyse organique; Recherches chimiques; Recherches physicc^himiques sur la teinture. — * Recherches sur les sens du loucher, du goâl el de l'odorat; Recherches sur les sens de la vue el de Toute. — ' De la loi du contrasta simultané des couleurs; de TabstracUon considérée

JUILLET 185 'i.

En réfléchissant à ce qu'il y a d'étrange dans la supposition par laquelle on attribue à des corps inorganiques comme à des corps vivants le pouvoir d'agir à distance sur le pendule explorateur; en réfléchissant à ce qui s'était passé en nous, lorsque nos yeux en suivaient les oscillations, nous avions conscience d'une sorte de plaisir causé par la vue des oscillations du pendule et d'une tendance de notre corps à suivre la ligne de mouvement qui captivait nos yeux.

Ces réflexions nous ont conduit à l'expérience des yeax fermés, c'està-dire à une expérience très-propre à démontrer l'influence de certains corps sur le pendule, si cette influence existait. Évidemment, pour nous, dans le cas de l'affirmative, les corps capables de l'exercer devaient agir tout aussi bien lorsque les yeux de l'expérimentateur seraient fermes que lorsqu'ils étaient ouverts, et, dans les deux cas, les corps doués de la propriété adynamique devaient pareillement, par leur présence, arrêter le mouvement du pendule. Or le contraire étant arrivé, c'est-à-dire tons Us phénomènes attribués à une action des corps s'étant évanouis lorsque nos yeux eurent été bandés , il est impossible d'admettre que, dans le cas où les yeux de l'expérimentateur sont ouverts, les corps exercent une action qu'ils n'exercent plus dans le cas contraire.

Quelle objection peut-on nous faire?

Quelle influence la vue pourrait-elle exercer, si le mouvement du pendule était produit à la fois par un corps et par \in fluide qui serait en nous?

Évidemment aucune.

Sommes-nous le seul auquel un bandeau sur les yeux ait enlevé la faculté d'agir sur le pendule? Non.

Le général Planta, grand partisan du magnétisme, en présence de MM. Ampère, Bailanche, et Dugas-Montbel , le traducteur d'Homère, après nous avoir montré le pendule oscillant de droite à gauche et de gauche à droite, suivant le doigt de la main libre qu'il lui présentait, fut stupéfait lorsqu'il eut reconnu son impuissance, après que ses yeux avaient cessé de voir les oscillations du pendule.

L'expérience qui nous avait réussi, répétée par un vrai croyant au magnétisme, a donc donné, dans les deux cas, un même résultat.

Ces faits, parfaitement constatés, nous autorisent à affirmer l'exactitude de ce que nous avons écrit. C'est aux personnes opposées à notre manière de* voir qu'il appartient de montrer où est l'inexactitude

comme élément Jet corumssancet humaine dont la recherche de lu rérité absolue. (Inédit.)

de nos expériences et l'erreur de nos raisonnements. Quoi qu'elles Cassent, quoi qu'elles disent, elles ne changeront pas des conclusions qui reposent sur de telles bases.

Insistons sur les différences de ces faits avec les actes que nous exécutons sous l'influence d'une pensée qui est une volonté.

J'ai soif; un verre d'eau sur une table frappe mes yeux; j'en approche la main, je l'ouvre, mes doigts s'appliquent sur le verre, ils le pressent et dès lors je le saisis et le porte à ma bouche; je l'incline, et, lorsqu'il est vide, je le remets sur la table.

Voilà une suite d'actions dont chacune est l'effet de ma volonté.

Ma volonté a commandé à mes muscles, et mes muscles, sous l'influence immédiate de mes nrrfs, ont exécuté tous les mouvements nécessaires à la préhension du verre , à sa translation de la table à ma bouche sans répandre une goutte de l'eau qu'il contenait, a son inclinaison pour le vider; enfin, à sa translation de ma bouche à la table.

L'ignorant exécute l'ensemble de ces actions tout aussi bien que le savant. S'il ne se rend pas compte de chacune d'elles comme lui, il a conscience de l'obéissance de son bras et de sa main à sa volonté.

Eh bien, dans les actions comprises dans le principe que nous avons posé, rien n'accuse une volonté comme celle qui préside si incontestablement à l'accomplissement des actes précédents.

En effet, lorsque j'ai répété l'expérience dont M. Dcleuze m'avait rendu témoin , mon intention, mon désir même de voir le pendule osciller entre mes doigts n'était point une volonté commandant à mes muscles; car que celle-ci eût existé en moi, et il n'y avait plus d'expérience. Ma volonté ne pouvait donc être de mettre le pendule en mou vement; ma volonté était l'exécution d'une expérience propre à mettre un terme à l'incertitude de mon esprit sur la question de savoir si le pendule serait mû ou s'il resterait en repos.

Même état de cl) oses et même résultat, lorsque, pendant les oscillations d'un pendule que je tenais au-dessus du mercure, je me suis demandé si, en interposant entre eux un certain corps, le mouvement cesserait. Cette demande que je m'adressais était incompatible avec «ne volonté qui aurait commandé à mes muscles.

Nous avons cité la baguette dans notre lettre à M. Ampère comme devant présenter des faits analogues à ceux du pendule et conséquemment susceptibles d'être interprétés de la même manière, mais ce n'était qu'une induction , car nous ne nous étions point encore occupé des sciences occultes. Aujourd'hui que nous les avons étudiées, et que les

JU1LLKT 1854. 431

écrits examinés dans la première et deuxième partie de ces articles nous sont familiers, nous allons montrer que cette induction peut être parfaitement justifiée.

B. 4PPUCAT10M DO FUNCIPE DU PIXDCIL» SIPLOMTKOR Ut K1PKIUEKCES PAITtS ATANT iHli

ATEC CE MÊME PEKDCLX.

Le passage d'Ammien Marcellin , reproduit précédemment 1 , quelle qu'en soit l'obscurité, offre la preuve que le pendule explorateur était employé dans l'art divinatoire au iv* siècle. Le pendule explorateur dont parle le père Schott se composait d'un fil et certainement d'un anneau. Celui-ci avait-il quelque rapport avec les anneaux constellés? Nous l'ignorons. Quoi qu'il en soit, c'était un instrument de divination. Tenait-on f anneau suspendu dans un verre ou une coupe, il frappait un certain nombre de coups contre la paroi du verre, en réponse aux questions qu'on lui adressait, absolument comme font les tables parlantes d'aujourd'hui. Le passage de la Physica curiosa du père Schott, que ndtis avons cité*, apprend qu'on en faisait usage pour savoir l'heure qu'il était. Entre les doigts d'une personne de bonne foi , le pendule frappait un certain nombre de coups, conformément, selon nous, à une pensée qui n'était pas une volonté, mais une simple présomption de l'heure réelle; ou bien, si la présomption n'existait pas, une circonstance indépendante d'une conjecture déterminait le nombre des coups-, par exemple, quelque disposition physique des doigts qui ne durait qu'un moment, une circonstance fortuite dont l'expérimentateur ne se rendait pas un compte exact; ce que nous disons n'est point une vague allégation, ce sont des faits observés sur nous-même.

Les recherches expérimentales de Gerboin rentrent dans notre explication. Qu'on les lise attentivement, et l'on sera convaincu que rien ne prouve que les phénomènes décrits dépendent d'un fluide, ni que les corps qualifiés de dynamiques aient la moindre action sur le pendule. Qu'on lise ensuite nos observations, et sans doute on nous approuvera d'avoir dit que, si nous n'avions pas suivi le précepte donné par la méthode expérimentale, savoir le contrôle des inductions déduites de nos premières expériences, nous aurions refait, en i8iî, le livre de Gerboin imprimé quatre ans auparavant.

Nous ajouterons, conformémentà notre manière de voir, de nouvelles observations et quelques citations du livre de Gerboin.

' Journal des Savants, avril i854. p. ai6. — ' Idem, octobre i853, p. 6io; <.«• passage est extrait de la page i53a de la Physica canota.

bb.

Gerboin, après avoir observé que le pendule tenu au-dessus d'un disque de zinc décrit un cône en allant de gauche à droite, tandis qu'audessus d'un disque d'argent il le décrit en allant de droite à gauche (pages 35 et 36), dit (note, pages 45 et 46) : «Dans toutes celles « (les expériences) qui ne demanderont pas une forme particulière de «•mouvement, on cherchera à faire naître un mouvement circulaire rt- >• gulier. A cet effet, on pourra placer au-dessous du pendule un disque *. de zinc ou d'argent. »

En faisant anciennement cette expérience, nous constatâmes que la nature des corps était indifférente, pourvu qu'ils présentassent une forme ronde. Aussi l'expérience répétée avec des disques de divers métaux . des gâteaux de résine, des disques de verre, des cercles de papier et de carton, et un simple trait circulaire tracé sur une planche, réussit-elle toujours. Notre intention était évidemment d'observer des oscillations coniques, ou, ce qui revient au même , de voir le pendule décrire des cercles. Eh bien , la vue fixée sur une forme circulaire déterminait le mouvement musculaire propre à l'effectuer.

Gerboin rapporte une expérience différente de la précédente, mais qui y est t6*ut à fait analogue par l'explication qu'elle nous a suggérée , quoique nous ne l'ayons pas répétée.

Un disque d'argent ou de zinc est placé à 38 centimètres d'un couple voltaïquc, argent et zinc; on tient le pendule suspendu entre eux. Le mouvement devient circulaire, parce que la pile a plus d'intensité, suivant Gerboin, que le disque. Mais, si on superpose sur celui-ci un second disque qui en fasse un couple voltaîque identique au premier, le pendule, également attiré par les deux piles, oscillera dans le plan vertical qui les sépare, et les oscillations ne seront plus coniques, mais planes.

Selon nous, la pile, pas plus qu'un seul disque, n'a d'action sur le pendule; mais Gerboin, ayant pensé que la première devait l'emporter en puissance sur le second, 4e mouvement a eu lieu conformément à celte pensée. Dans la seconde expérience, suggérée par l'idée d'égalité de puissance de deux piles semblables, le mouvement, conformément à l'idée , a dù procéder d'une action moyenne dont la conséquence a été des oscillations planes; et notons , en outre, que la vue dirigeait le mouvement que la pensée concevait possible.

Gerboin dit que les oscillations cessent lorsqu'on ferme les yeux brusquement, résultat conforme à notre observation; mais la conséquence de ce fait est loin d avoir clé pour lui ce quelle a été pour nous. La raison en est simple. Gerboin a fait celte expérience d'après une théorie

préconçue , si vraie à ses yeux , que toutes ses recherches n'out eu qu'un but, celui de l'étendre, et toujours, avant à! exécuter une expérience, il a eu la pensée ou l'intention a" obtenir un tel résultat, tandis qu'en faisant cette expérience notre but a été le contrôle d'une induction déduite d'expériences antérieures.

Le livre de Gerboin aussi bien que celui de M. de Tristan sont des faits les plus propres à notre connaissance à démontrer que des expériences entreprises et continuées sans l'esprit de critique, ne font qu'éloigner de plus en plus l'expérimentateur de la vérité , parce que chaque expérience que lui suscite une certaine pensée , n'étant que le développement de cette pensée , ne doit , dans son esprit , qu'ajouter à sa conviction , tandis qu'en réalité c'est une erreur qui s'ajoute à une autre.

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