EMPLOYE COMME MOYEU DE DIVINATION
Lorsque l'esprit de l'homme fixe son attention sur quelque objet nouveau , le besoin de connaître ou d'aller au-delà de ce qu'il aperçoit actuellement l'excite à user de tous les moyens qu'il croit susceptibles
' Journal det Savants, janvier i854, p. 3g.— ' Idem. p. 43.— * Idem. — 4 Idem.
de satisfaire ses désirs. Il faut l'avouer, ce besoin noble et louable , tant qiiïl s'agit de connaître la vérité scientifique ou d'étendre la connaissance de ce qui est utile à la société, se (ait sentir pour des choses oiseuses , qui ne donnent que de simples distractions.
Ce besoin de l'esprit de l' homme d'aller au delà de ce qui fixe actuellement son attention se montre dans les applications diverses que l'on a faites successivement de la baguette.
Employée d'abord à découvrir les métaux, puis les sources, etc., elle l'est plus tard à découvrir le déplacement des bornes des héritages, les criminels, les voleurs et les meutriers, etc., enfin des choses du monde moral. Mais la matière apparaît encore dans ces dernières recherches , puisque celui qui tient la baguette la présente au-dessus d'un certain lieu, au-dessus d'un objet, au-dessus d'un homme. 11 n'en est plus de même du cas où l'on consulte la baguette avec l'intention de savoir une chose du monde moral, indépendamment de la présence de tout objet ou de tout être corporel; c'est précisément de ce cas dont nous allons nous occuper, en rappelant d'abord les trois faits suivants, qui y rentrent.
Premier fail.
11 est exposé dans l'ouvrage du père Menestrier et rappelé dans notre article1.
La personne qui tient la baguette est assise dans un lieu où elle ne peut être distraite.
Nous ne reproduisons que quelques passages abrégés de notre citation.
D. La baguette est-elle un don naturel ? R. Elle tourne.
D. Le démon n'y a-t-il aucune part ?
R. Elle ne tourne pas.
D. Ce talent est-il donné en naissant?
R. Elle tourne.
D. Tourne-t-elle par les constellations ;> R. Elle tourne.
D. Peut-elle faire faire des choses mauvaises ? R. Elle tourne.
1). Peut-elle servir à édaircir les matières qui sont douteuses en théologie ?
R. Elle tourne.
' Journal <U$ Savants , janvier i854, p. 3g.
D. Peut-elle servir à acquérir une parfaite connaissance de l'astrologie pour faire des almanachs.
R. Elle tourne.
Elle répond sur des questions de médecine, sur les talents, la capacité des personne», leurs noms connus ou cachés, leurs péchés et le nombre de ces péchés
Elle répond lorsqu'on lui demande comment une personne absente est vêtue; elle tourne sur la couleur et la forme de l'habit, etc., etc.
Deuxième fait
Il est exposé dans l'Histoire critique des pratiques superstitieuses , etc., du P. Lebrun, et rappelé dans notre article1 :
Un curé manie la baguette de manière à la faire répondre aux questions qu'on lui adresse.
Elle s'abaisse pour l'affirmative.
Elle se relève pour la négative.
Elle dit ce que font les personnes absentes, si un homme a de l'argent, en quelles espèces et combien.
Elle répond sur le passé , le présent et l'avenir.
11 est indifférent d'exprimer sa demande de vive voix ou mentalement.
Troisième fait.
11 est exposé dans l'Histoire critique des saspertitions du P. Lebrun8 :
Mademoiselle Alloûard est citée pour deviner avec la baguette ce qui se passe en des lieux fort éloignés.
Nous ne doutons pas que l'idée de faire servir la baguette à répondre à des questions qu'on lui propose n'ait été la conséquence d'une longue habitude de la manier ou de la forte impression d'un esprit vivement frappé , soit d'un effet produit par soi-même ou d'un effet dont on aura été le simple témoin.
La faculté de faire tourner la baguette dans un sens ou dans l'autre une fois acquise, ainsi que la foi en l'intelligence de cette baguette, nous nous expliquons sans peine comment une question adressée à la personne qui la tient éveille en elle, sans qu'elle s'en rende compte, une pensée dont la conséquence est un mouvement musculaire capable d'imprimer à la baguette la direction correspondante au sens de la réponse qui paraît la plus vraisemblable à cette personne.
1 Journal des Savants, janvier i854, p. M. — ' lbid. p. 45.
likk JOURNAL DES SAVANTS.
E. — APPUCâTIOS DO PRINCIPE DC Ï'E\'DULE EirLORATECR kV MOCVEME3T DU TABLES
Rappelons les faits exposés dans le premier paragraphe de la troisième partie, consacrée aux tables tournantes.
fait.
Une personne applique la main sur un guéridon , une petite table ronde, etc., il arrivera que le meuble restera en repos ou qu'il tournera sur lui-mêmp.
Troisième et quatrième fait.
Plusieurs personnes appliquent les mains sur un guéridon ou une table ronde , de manière à établir une chaîne continue , parce qu'elles se touchent par les doigts, ou bien elles les y appliquent sans se toucher.
Le meuble restera en repos ou prendra un mouvement de rotation.
Nous rappelons encore que le mouvement est produit lorsque, la pression cessant d'être perpendiculaire à la surface de la table, une partie de l'action agit dans le sens latéral, que la résultante n'est pas égale à zéro , et qu'elle suffit pour vaincre l'inertie de la table.
Les personnes qui appliquèrent notre explication du mouvement du pendule explorateur à celui des taoles comprirent les choses comme nous allons le dire, en distinguant la circonstance où il y a repos de celle où il y a mouvement.
i" circonstance. — Repos.
On conçoit qu'il peut y avoir repos dans les trois cas suivants ■
Les mains sont appliquées perpendiculairement sur la table; dès lors sa stabilité dans la position où elle est se trouve augmentée de cette pression.
Les mains appliquées sur la table cessent de la presser perpendiculairement, il y a donc action latérale; comme il y a plusieurs mains, si l'action latérale de gauche à droite neutralise la pression latérale de
droite à gauche, ou, en d'autres termes, si la résultante des forces est égale à zéro, il ne peut y avoir de mouvement.
Troisième ca».
La résultante des forces latérales n'étant pas égale à zéro est insuffisante pour vaincre l'inertie de la table.
* 2" circonstance. — Mouvement.
Il y a mouvement toutes les fois :
î* Que les mains ne pressent pas perpendiculairement la table; a° Que la résultante des forces agissant latéralement n'est pas égale à séro; ,
3° Que cette résultante est asses énergique pour vaincre l'inertie de la table.
Bien des gens, qui n'ont jamais cherché à se rendre compte de la manière dont un corps en repos reçoit le mouvement, sont extrêmement surpris de certains phénomènes produits par une cause motrice dont l'action, très-faible dans une seconde, se continue durant un certain temps.
Par exemple, la pression d'un doigt sur un bloc de. pierre de quelques décimètres cubes devient sensible au moyen d'un iudex , comme Fraunhofler l'a démontré au moyen d'un appareil très-ingenieux, dont M. Oerstedt avait vu les effets avec admiration.
Un pendule ordinaire, dont les points de sustention sont pris dans un mur, communique un mouvement d'oscillation à un pendule placé semblablement de l'autre côté du mur..
Le frottement exercé à l'extrémité d'une barre de fer dans le sens longitudinal met l'autre extrémité en vibrations sonores.
Ces faits démontrent comment des efforts excessivement faibles, wais continus et multipliés dans un même sens, peuvent mettre en mouvement un corps dont la masse paraît hors de proportion avec la cause motrice.
Enfin, il est bon de rappeler le cas suivant :
Un régiment , passant au pas militaire sur un pont suspendu , communique aux matériaux de ce pont des vibrations qui, suffisamment répétées, en opèrent la rupture, parce que la résultante de ces vibrations porte les molécules hors de leur sphère de cohésion. Or cette rupture n'aurait point eu lieu, si le pas du régiment eût été irrégulier, parce
qu'alors, si la résultante n'eût pas été égale à téro, elle aurait été tout à fait incapable de surmonter la résistance des matériaux du pont.
Voyons le rapport de ces faits avec l'influence que nous attribuons à l'idée d'un phénomène du monde extérieur dépendant de nousmêmes et occupant actuellement notre pensée, lorsque celle-ci, sans être une volonté, donne lieu pourtant au mouvement musculaire nécessaire à la production du phénomène.
Si on suppose maintenant que des personnes aient les mains sur une table, d'après notre manière de voir, elles se représentent la table tournant de droite à gauche ou de gauche à droite, puisqu'elles s'y sont placées pour être témoins de ce mouvement; dès lors, à leur insu, elles agissent pour imprimera la table le mouvement qu'elles se représentent Si elles n'agissent pas dans le même sens, il pourra se faire-qu'il n'y ait pas de mouvement-, c'est ce que j'ai observé : cinq personnes faisaient la chaîne sur un petit guéridon , une d'elles désirait vivement qu'il tournât, et, malgré cela, il resta immobile pendant une heure. Après une demi-heure, on reforma la chaîne, et trois quarts d'heure s'écoulèrent sans qu'il se mît en mouvement. Si les quatre personnes qui coopéraient à l'expérience n'avaient pas un désir égal à celui de la première de voir tourner le guéridon , aucune assurément n'était animée d'un désir contraire.
Lorsque les personnes désirent que la table tourne, le mouvement doit être plus faéquent que le repos; par la raison qu'il suffit que l'une d'elles remarque un certain mouvement dans une autre pour qu'ellemême suive ce mouvement par une imitation dont elle ne se rend pas compte, mais qui n'en est pas moins réelle, d'après la tendance au mouvement que détermine en nous la vue d'un corps qui se meut.
Dans la comparaison que nous faisons des tables tournantes avec la baguette divinatoire et le pendule, on ne doit jamais perdre de vue la différence très-grande qui peut exister, d'une part, entre les tables, aux phénomènes desquelles plusieurs personnes concourent, et, d'une autre part, la baguette et le pendule, au mouvement desquels n'intervient qu'une seule personne,
En effet, la cause de l'assurance avec laquelle nous exposons notre explication du mouvement du pendule explorateur, tient à cette circonstance principale qu'ayant été seul à expérimenter sur ce phénomène, aucune certitude ne peut dépasser celle que nous avons acquise en soumettant des conclusions tirées de notre propre observation aux expériences de contrôle que nous avons rapportées, et, en outre, que personne aussi bien que nous ne peut apprécier le désir qui nous ani-
mait de connaître la vérité, abstraction de tout intérêt et de toute hypothèse.
Or, cette conscience d'avoir fait seul des expériences sans aucune influence étrangère, d'avoir recherché la vérité pour elle-même, en ne reculant devant aucune épreuve propre à dissiper des doutes, vous ne l'avez plus, dq moins, au même degré, avec des coopéra teurs . lors même que vous leur accordez l'intelligence et la bonne foi. Que serace, si, les connaissant peu, vous élevez des doutes sur leur bonne foi, leur gravité et leur capacité ?
Cette difficulté d'apprécier l'exactitude d'expériences résultant du concours de plusieurs personnes est la raison pour laquelle tout esprit sérieux refusera de se rendre dans un salon pour y voir, dit-on , des expériences auxquelles coopéreront plusieurs personnes qui lui sont aussi inconnues que le maître de la maison où on le prie d'aller; jamais, dans une telle réunion, des expériences ne deviendront un -sujet d'étude : les convenances vous ôtant toute liberté de les répéter, 3e les modifier et de les soumettre à un contrôle suffisant pour vous donner une conviction.
Un autre motif aurait diminué beaucoup le désir que nous aurions pu avoir de multiplier nos observations sur les tables tournantes, c'est la connaissance que nous avons eue des expériences de M. Faraday ; leur conformité avec celles que nous avions imaginées , notre grande estime pour leur auteur, l'analogie de l'interprétation qu'il en a donnée avec notre explication du pendule explorateur, nous ont fait penser que de nouvelles expériences de notre part auraient été absolument superflues.
M. Faraday, après avoir constaté que, dans le mouvement de la table déterminé par des personnes de parfaite bonne foi, il n'y avait aucun effet électrique ni magnétique, a parfaitement démontré que le phénomène est produit par une pression des mains, qui est dirigée latéralement, ou, comme il le dit, horizontalement. Il fit deux expériences principales pour mettre cette pression latérale en évidence.
La première consistait à superposer quatre ou cinq morceaux de carton à surface polie entre chacun desquels il mettait de petites pelotes d'un mastic de cire et d'huile de térébenthine. Le carton inférieur posait sur une feuille de papier de verre appliquée sur la table ; les cartons diminuaient d'étendue du supérieur h l'inférieur, et une ligne tracée au pinceau indiquait leur position primitive. Le mastic était tel , qu'il faisait adhérer les cartons ensemble avec une force insuffisante cependant pour ne pas céder à une action latérale exercée durant un certain temps.
Lorsque ce système de cartons eut été examiné après le mouvement de la table, on constata qu'il y avait eu un déplacement plus grand dans le carton supérieur que dans le carton inférieur, de sorte que la table ne s'était mue qu'après les cartons , et ceux-ci après les mains.
Lorsque la table n'avait pas été mise en mouvement, le déplacement des cartons indiquait cependant une action de la part des mains.
La seconde expérience de Faraday a eu pour objet de montrer aux yeux par an index si c'était la main ou la table qui se mouvait d'abord , ou encore si elles commençaient en même temps à se mouvoir.
Qu'on se représente une tige verticale fixée à la table, visible à l'œil, et touchant à un index de papier de onze pouces de longueur, qui est fixé lui-même au bord d'une feuille de carton poli rais sur la table, a laquelle elle adhère au moyen de petites pelottes de mastic. Une marque indique sur la table la position de la feuille de carton et de' l'Index. C'est sur cette feuille que les mains sont appliquées. L'index peut être visible ou caché à Vatil de lopératear, à la volonté de l'observateur.
Dans le cas ou l'index était caché la table tournait, et l'index indiquait toujours alors qu'il y avait eu pression latérale. On pouvait constater encore que l'index indiquait cette pression avant que la table tournât.
Dans le cas où l'index était visible, tout mouvement cessait , lors même que le carton poli, étant dépourvu de mastic, n'avait plus d'adhérence à la table, et pouvait dès lors glisser au moindre effort.
Quelle est l'explication de ce dernier fait? La voici par M. Faraday.
Si la table ne tournait plus lorsque l'opérateur voyait l'index, c'est que le déplacement de l'index contre-balançait la tendance del'opératear, qai s'apercevait ainsi que, sans en avoir la conscience, il avait exercé an effort latéral.
Conçoit-on une confirmation plus satisfaisante de l'explication du mouvement du pendule, explication donnée vingt ans avant la précédente? Nous ne le pensons pas.
En effet , lorsque nous avons eu te&yeax ouverts, et que notre pensée s'est représenté le mouvement d'un pendule dans un sens déterminé et dans le lieu que nous voyons, le pendule d'est mu en ce sens et dans ce lieu, par un acte de nos muscles dont nous n'avons pas eu conscience. Le mouvement a cessé lorsque notre pensée a été qu'il pouvait cesser. Enfin , lbrsque nous avons eu les yeux fermés , et que notre pensée a cessé de voir le pendule et le lieu où il pouvait se mouvoir, il est resté en repos.
Dans la dernière expérience décrite par Faraday, l'opérateur croit que la table tourne sans qu'il produise d'effort; il est donc dans la
condition où nous nous trouvions lorsque le pendule oscillait entre nos mains. Maintenant l'opérateur aperçoit-il un index apte à lui rendre sensible le,moindre mouvement qu'il fait pour que la table tourne, cette vue paralyse une action dont il n'avait pas conscience auparavant, et la table ne tourne plus.
L'explication des tables tournantes par M. Faraday est donc identique à celle que nous avons donnée du pendule explorateur.
Application du principe du pendule explorateur au mouvement des table* frappantes ou parlantes.
Nous avons fait remarquer, en parlant des tables frappantes (III* partie), qu'un grand nombre des questions auxquelles elles répondent, diton , sont absolument semblables à celles que citent les PP. Menés trier et Lebrun dans des ouvrages dates de 1 6gA et de 170a, comme ayant été adressées à la baguette divinatoire, et nous avons fait remarquer, de plus, que l'analogie des questions se retrouve dans les réponses.
Or, parce que nous ne doutons pas que la cause du mouvement du pendule explorateur n'intervienne dans le mouvement de la baguette interrogée avec l'intention de connaître des choses du domaine du monde moral concernant un passé plus ou moins éloigné, le présent et l'avenir, nous croyons que, parmi les faits dont nous avons parlé, il en est qui se rapportent à des hommes de bonne foi, conformément à ce que nous avons dit de nos expériences sur le pendule explorateur. Par le même motif, des faits analogues découlant de la même cause peuvent, selon nous, se manifester quand on interroge, non plus une baguette, mais une table; une table non isolée, mais qu'on touche avec une émotion qu'il faut avoir éprouvée soi-même pour la connaître et savoir les illusions auxquelles se laisse aller l'esprit qui, affranchi de l'observation du monde visible , passe à la contemplation exclusive du monde invisible.
Lorsqu'une table répond aux questions qu'on lui adresse, c'est donc par l'intermédiaire d'une personne. Or, que cette personne soit de bonne foi , et les réponses auront , en général , les rapports les plus intimes avec l'esprit, les sentiments, les connaissances de cette personne : en un mot, il y aura une parfaite harmonie entre les réponses et la personnalité. Or cette remarque est absolument applicable aux cas que nous avons cités des réponses d'une baguette aux questions qu'on lui adresse.
Nous nous résumons en disant que notre principe peut trouver son application aussi bien pour les tables frappantes que pour la baaaette eth-
ployée comme moyen de divination; et nous disons, en conséquence, que la faculté de faire* frapper une table d'un pied ou d'un autre1 une fois acquise, ainsi que la foi en l'intelligence de cette table, nous. concevons comment une question adressée à la table éveille en la personne qui agit.sur elle, sans qu'elle s'en rende compte, une pensée dont la conséquence est le mouvement musculaire capable de faire frapper un des pieds de la table conformément au sens de la réponse qui paraît la plus vraisemblable à cette personne.
Voilà ce qui nous paraît très-probable dans le phénomène des tables frappantes; mais, eu égard aux réserves faites précédemment, disons que, quelle que soit, à nos yeux, cette probabilité, nous ne présentons pas notre opinion comme la vérité, et avec l'assurance que nous avons mise à exposer la théorie des phénomènes du pendule explorateur déduite de nos expériences et de nos observations personnelles.
Que l'on ait recours à des esprits pour faire tourner des tables, compter les bougies ou les lampes d'un salon et des pièces de monnaie; pour leur demander les heures, le jour du mois, l'âge des personnes, la conduite à tenir ou le parti à prendre dans une circonstance donnée, le régime le plus favorable à un malade; qu'on les consulte sur le» sciences, les arts, la politique, l'économie des sociétés et. la théologie; ce sont des choses hors de notre domaine, que nous devons nous abstenir de discuter.
Mais, comme ami de la vérité et de l'humanité, nous adjurons les hommes de bonne foi qui se croient la puissance d'agir sur les esprits d'user de leur influence autrement qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici. Au lieu de questions oiseuses sur des choses qu'on sait et qui témoignent du peu d'estime que l'interrogateur a pour l'intelligence de l'esprit auquel il s'adresse; au lieu de questions dictées par l'égoïsme le plus naïf dans l'intérêt de l'individu , proposes des questions vraiment dignes de ces intelligences qui, délivrées des infirmités d'un corps matériel , obéissent à votre voix; demandez-leur les moyens d'échapper au choléra, àia fièvre jaune; et, quand vous aurez obtenu des réponses vraies à ces hautes questions, vous pourrez alors exalter avec raison la sublimité de votre science et montrer la vanité de la philosophie nalurelle.
' Ayant entendu parler de l'impossibilité qu'une table à plusieurs pieds lève indifféremment un d'entre eux lorsque les mains d'une personne restent appliquées à une même place ou à peu près , je déclare qu'une jeune dame fort adroite à (aire tourner les tables, et douée d'un assez bon sens pour croire qu'elle les fait tourner sans recourir k un autre esprit qiie le sien, m'a rendu témoin de ce fait , qu'on m'a- Vait dit être impossible.