V. COUSIN
NOUVELLES LITTÉRAIRES
INSTITUT IMPÉRIAL DE FRANCE
ACADÉMIE FRANÇAISE
L'Académie française a tenu, le g novembre, une séance publique dan» laquelle a été reçu W Dupanloup (Félix-Antoine-Philibert), élu le 18 mai i854, en remplacement de M. Tiasot, décédé. M. le comte de Salvandy a répondu au récipiendaire
M. le comte de Saiote-Aulaire, membre de l'Académie française, eat mort à Paris, le i3 novembre i854.
ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES
M. Dlondeau (Jean -Baptiste- An toine-Hyacinthe) , membre libre de l'Académie des sciences morales el politiques, est mort à Ermenonville (Oise), le 1a novembre i854.
LIVRES NOUVEAUX
FRANCE
Histoire de la vit de Hiouen-Tluang el de ses wyuga dans l'Inde, depuis l'an 629 jusqu'en 6à5, par Hoeï-Li et Yen-Tksong, suivie de documents et d'éclaircissements géographiques tirés de la relation originale de Hiouen-Thsang, traduite du chinois par M. Stanislas Julien, membre de l'Institut, etc. Paris, imprimé par autorisation de l'Empereur à l'Imprimerie impériale, i853, 1 vol. in-8* de Lxxxiv-^ya. — Cette relation du voyage de Hiouen-Thsang, faite par deux de ses disciples d'après les documents qu il avait lui-même recueillis, donne les détails les plus étendus et les plus précis sur la situation de l'Inde bouddhique au tu' siècle de notre ère, sur les monuments de toute sorte qu'avait élevés le bouddhisme, sur les écoles qui le par-
logeaient, sur les ouvrages qu'il avait produits, sur les croyances qu'il avait propagées, sans parler des renseignements les plus curieux sur la géographie de ces pays qui «ont encore aujourd'hui »i imparfaitement connus. C'est un nouveau service que M. Stanislas Julien vient de rendre à l'histoire du bouddhisme. Le Foe-Koue-Ki de M. A bel Rémusat nous avait déjà fait des révélations bien importantes, mais Hiouen-Thsang est beaucoup plus instruit et beaucoup plus exact que Fa-Hien, et ton voyage a porté bien plus de fruits que celui de son prédécesseur. En attendant que nous rendions un compte détaillé de l'ouvrage de M. Stanislas Julien, nous ne voulons pas tarder davantage à le signaler à l'a tien lion du monde savant. Nous tenons d'autant plus à le faire, que ce travail de l'illustre sinologue n'est en quelque sorle que l'introduction d'au tirs travaux qui le suivront ou le compléteront, et qui sont propres a nous faire connaître de plus en plus le bouddhisme chinois dans ses relations avec l'Inde. Ces travaux, ainsi que l'annonce M. Stanislas Julien dans sa préface, sont dès longtemps préparés , et voici ce qu'ils renfermeront : 1° le récit original du voyage d'Hiouen-Tbsang, intitulé : Documents sur les pays situés à roccident ds la Chine, traduits du sanscrit par Hiouen-Thsang-, a* la relation de Fa-Hien, traduite de nouveau; la relation de Song-Yun et de Hoei-Song, avec des notices sur soixante-cinq pèlerins chinois bouddhistes de la dynastie des Tbang; la relation de Kbi-Nie ; 3* la biographie de la plupart des personnages dont parle Hiouen-Thsang; celle des vingt-huit patriarches bouddhistes, avec une chronologie bouddhique , de Çàkyamouni à Hiouen-Thsang: à' enûn plusieurs index de mots sanscrits et de leurs équivalents chinois, etc. On voit quels riches matériaux M. Stanislas Julien tient en réserve; ils sont tout prêts et, pour notre part, nous hâtons de tous nos vœux le moment où il sera mis en mesure de les livrer à la publicité. Les amis des études orientales les attendent avec une impatience que justifient le nombre et la nature do ces précieux documents, qni ne contiennent pas moins que l'histoire complète des missions chinoises dans l'Inde durant le long espace de six ou sept siècles.
Dietionnarium lingots Thaï sroe Siameniis , interpréta lione latina , gallica el*ang)ica illustrât» m , auctore J. B. Pallegoix, episcopo Mallensi, vicario apostolico Siamensi. Paria, imprimé. par autorisation de 1 Empereur, à l'Imprimerie impériale, i85a, in-4* de 89a pages.
Mémoires d'histoire orientale, suivis de mélanges de critique, de philologie et de géographie, par M. C Defrémery, membre du conseil de la Société asiatique, première partie. Paris, imprimerie et librairie de Didot, i85A< in-8* de vi-316 pages. — Des divers morceaux dont la réunion compose ce volume, trois seulement sont publiés pour la première fois : Recherches sur un personnage nommé Ica, et sur sa famille; observations sur quelques points d'histoire orientale, en réponse à un article de M. Gustave Weil; récit de la première croisade et des quatorze années suivantes, traduit de l'arabe de Kémâl-Eddin, et accompagné de notes historiques et géographiques. Les autres articles, traitant des sujets variés d'histoire, de géographie, de philologie, de numismatique orientale , avaient déjà paru daus divers recueils périodiques, mais quelques-uns ont reçu des développements nouveaux. La seconde partie de l'ouvrage comprendra cinq mémoires : Histoire de la dynastie des Boucïhides; notice sur les princes Alides du Tabarislàn et du GuilAn; histoire de* Atabeks de Fars, extraits et traduits de l'ouvrage de Kbondémir; histoire des Atabeksdu Louristan, par Hamd-AUab-Musteuly, texte persan et traduction française; la traduction du chapitre d'Ibn-Kbaldoûn , relatif aux Bénou'l Abmar ou Nasrides, rois de Grenade.
Poénn médites da moyen Anr, précédées d'an* histoire de la fable ésoaiqoe, par
M. fcdelr-siand dn Mérif Paris , librairie de Franck, i854, in-8* de 456 pages. — La plupart des poésie» du moyen âge comprime» dans ce voient sont latines. On y trouve If \owti hfopui d'Alexandre Neckam; un recoeil anonyme intitulé A'ovw Animas ; f'omedta l.riinv , par Matthieu de Vendôme, publié d'aprèa le manuscrit de la biblinlht-qne de Vienne; De Pamlino et Polla libellât, poème du XIII* siède, composé par Richardus , jnge a Venusium, patrie d'Horace, sous le règne de Frédéric II, et l>eiuconp de poésies po|nilaires. Parmi ces dernières, on remarque un cantique <l« Sainte Marie , monument curieni de la langue provençale au xi* siècle. Noua devons ii^na'er surtout romme un remarquable morceau d'histoire littéraire les retherclies de l'auteur sur h fable ésopique. C'est un travad étendu, rpn nous parait dijfne fie tonte l'aliention des érudits.
Chtirlet b Hon ; caifs Je 1a mort; tes peau meurtriers. Thierry d'Alsace, dea comte* de Me»/. seigneur de Bitche, comte de Flandre, par le comte F. Van der Straien Ponlhnz. Met/, imprimerie de Lnroort. i854, in-8* de 85 pages, avec planches. — Le meurtre de Otarie» \k Bon, comte de Flandre, tné dans la cathédrale de Bruges le t mars 1 137, a été raconté diversement par les historiens ; mais, parmi les auteurs cpii non» <nt lai «m» le récit de ce tragique événement, les plus dignes de confiance sont : Gautier, archid'acrede Thérouannc, Galbert, syndic de Bruges, et Stiger. <ous trois contemporains. M le comte Van der Straten recueille avec soin leur témoignage; il en Tait ressortir l'autorité et rétablit les faits en les dégageant de» fabuleuse* traditions adoptées par quelques historiens modernes. A la suite de ce travail plein de recherches, l'auteur a placé une liste des ouvrages imprimés ou manuscrits qui traitent de l'histoire de Charles le Bon. Nous nous permettrons de rclevcT dnns celte liste une légère inexactitude. En citant comme inédite la chronique de Jacques de Gayse, M. Van der Straten oublie qu'elle • été publiée en 1817 pur le marquis de Fortia, sous le titre d'Annales de Hainant.
Dante et les urtainesdv la Lnque et de la littérature italienne; court fait à la F* cullé des lettres de Paris, par M. Fauriel. 1 vol. in-8'. Pari*, i854, cher Ang. Durand, ensemble viii-5Ao, A94 pages. — Ce cours a été professé en t833 et i83é>; les cahiers en avaient élé disperses par M. Fauriel lui-même avec une générosité dont on a presque, le droit de se plaindre, puisqu'elle a eu pour triste résultat la perte do plusieurs leçons que des détenteurs peu scrupuleux ou peu attentifs ont ou ganU'f* ou perdues. L'héritière des précieux papiers de M. Fauriel, guidée par une amitié doli< aie <'t par un sentiment rif de la renommée de l'illustre professeur, a pu, n force de meherches tt de pénibles confrontations, réunir vingt-six leçons dont h«s auditeurs du cours de M. Fauriel avaient seuls conservé l'impérissable souvenir. Ce* leçons ont été publiées telles qu'elles ont élé trouvées et sans y rien changer, ainsi que l'alieste !<• savant éditeur, M. J. Mohl. Le premier volume renferme les leçons sur l'état politique de l'Italie a l'époque de Dante, snr la constitution de Florence en particulier, sur la vie do Dante, sur l'influence de la h'tlérat 'ire provençale en halte : enfin sur la poésie chevaleresque. On a réuni en Appendice diverses leçons ou fragments de leçons sur le but et l'esprit de la Divine comédie. Le deuxième volume, exclusivement philologique, est consacré à des généralités sur les langues indo-germaniqucs, a I étude des origines et de la propagation du latin, à des considérations snr les dialectes néo-latins, sur le latin dans l'Itah'e au moyen ége; enfin à l'histoire de la formation de l'italien et de la poésie populaire au xiu' siècle en Italie Depuis le cours de M. Fauriel on a agrandi le champ de la dis- < ussion en multipliant les recherches et en découvrant des monuments nouveaux;
mai» on n'a pas ébranlé le système de l'auteur de {'Histoire de fa poéne provençale, tout, au contraire, semble devoir confirmer les résultats auxquels M. Fauriel était arrivé. En unissant cette notice, nous ne pouvons qne renouveler l'appel fait par M. Jules Mobl à tous ceux qui possèdent encore quelques-uns des papiers de M. Fauriel.
Journal du manjuit de Dangeau, publié en entier pour In première fois par MM Soulié, Dussieux, do Chennevières , Mantz, de Montaiglon . avec les additions inédites do duc de Saint-Simon, publiées par M. Feuillet de Conches, tome I", Paris, imprimerie et librairie de Finnin Didot. 1854, in-8*de cvit-43g page*. — Le journal de Dangeau est depuis longtemps signalé comme une source précieuse ite renseignements sur l'histoire de la seconde moitié dn régne de Louis XIV. Voltaire en 1770, Mesdames de Genlis et de Sarlory en 1817, I^emontey en 1818, MM. Paul Lacroix et A. Pichot en i83o, en ont donné des extraits, mais on ne cou naissait pas dans leur ensemble ces exacts et intéressants mémoires. En les publiant aujourd'hui pour la première fuis en entier, M. Soulié et ses collaborateurs rendent un service réel a l'histoire. On leur en saura d'autant plus gré, que la tache est longue et laborieuse, puisque le manuscrit original de Dangeau, appartenant à M. le duc de Luynes . n'a pas moins de 37 volumes in-folio. Ces mémoires donnent . jour par jour, pendant trente-six ans, de itîSdj à 1730, les détails les plut variés et souvent les plus minutieux sur la cour de France. Administration, finances , armée, marine, opérations militaires, diplomatie, meeurs, costumes, chasses, jeux, tout y est décrit simplement, avec sécheresse, mais aussi sans passion, sans parti pris, avec exactitude et probité. Une copie du journal de Dangeau, conservée aux archives du ministère des affaire» étrangères, contient des annotations du duc de Saint-Simon , presque toutes inédiles et qui sont comme la première pensée de ses célèbres mémoires. M. Feuillet de Conches a fonrni aux éditeurs une copio de ces notes, où l'on retrouve le grand écrivain avec toutes ses qualités et ses défauts. Le premier volume du journal de Dangeau , précédé d'une vie de l'auteur, comprend les années i68q, i685 et 1686. Le texte du journal et les annotations de Saint- Simon sont accompagnés d'un petit nombre de remarques. Une table générale des noms cités dans l'ouvrage paraîtra avec le dernier volume.
Histoire de la souveraineté" ou tableau des institutions et des doctrines politiques comportes, par M. Alfred Sudre. h' Antiquité. Paris, imprimerie de Pion frères, librairie de Victor Lecou , i854, in-8* de vin-MJA pages. — Tracer le tableau des efforts (entés par l'esprit humain, dans la pratique et dans la théorie, pour découvrir les véritables conditions du gouvernement des sociétés, tel est le but de cet ouvrage, oui doit embrasser l'examen parallèle des institutions et des doctrines politiques des peuples anciens et modernes. Le premier volume, dont nous venons de donner le titre, contient l'histoire des institutions des peuples primitifs, des Hébreux, des Grecs, des Romains, et l'examen des doctrines politiques de Soc rate, Xénophon, Platon, Aristole, Polybe. Cicéron et Tacite.
Traité des arts céramiques et des poteries considérées dans leur histoire, leur pratique et leur théorie, par Alex. Brongniart, membre de l'Institut (Académie de* sciences), directeur de la manufacture impériale de porcelaine de Sèvres, etc. Deuxième édition revue, corrigée et augmentée de notes et d'additions, par Alphonse Salvetat, etc. Paris, imprimerie de Thunot, librairie de Béchet jeune, i8⣠, 3 volumes in-8* de xxxit-694 et 763 pages , avec un allas de 60 planches. — Nous n'avons pa< à faire ici l'éloge de ce savant ouvrage, qui est depuis longtemps en possession de faire autorité sur la' matière. La nouvelle édition se recommande par de notables amé-
lioralions. Toutes les découvertes fûtes depuis la mort de l'auteur, tous les faits nouveaux qui se sont produits, sont clairement exposés dans les notes de M. SaJvelat.
Des types et des manières des maîtres graveurs, pour servir à f histoire de ta gravure en Italie, en Allemagne, dans les Pays-Bas et en France, par Jules Renouvier, xv'-xvi* siècle. Montpellier, imprimerie de Boebm; Paris, librairie de Dumoulin, a volumes in-A° de vii-i i5 et aaà pages. — L'auteur de cet ouvrage ne t'est pas borné a une appréciation esthétique des oeuvres des graveurs célèbres de toutes les écoles. Il s'est proposé principalement d'introduire dans l'histoire de la gravure une méthode qui permît d'arriver au classement rationnel et complet des collections d'estampes; c'est dans ce but qu'il a tracé l'histoire comparative des manières des dessinateurs et des graveurs en bois, au burin et à l'eau forte dans Ici écoles d'Italie, d'Allemagne, de Hollande, de Flandre et de France, depuis iA5o jusqu'en 1648, c'est-à-dire depuis l'apparition des livres à planches de bois jusqu'à la fondation de l'académie de peinture, sculpture et gravure. Le premier volume est consacré au xv" siècle et le second volume au xvi*. Nous reviendrons sur l'ensemble de cette importante publication lorsqu'elle aura été complétée.
Mémoires de la société" des antiquaires de Picardie, H* série, t. III. Imprimerie de Duval et Herment à Amiens, librairie de Dumoulin à Paris, iSbà, in-8*de7CO pages. — Après un rapport sur les travaux de la société pendant l'année i853 et un éloge de M. Le Mercier, maire d'Amiens, on trouve dans ce volume neuf mémoires, dissertations ou notices, parmi lesquels nous avons remarqué des recherches sur les pèlerinages aux fontaines dans le département de f Oise , par M. l'abbé Sanlerre » un travail historique sur Gamaches et ses seigneurs, par M. Derby; un essai sur les monnaies des comtes de Ponlhieu, par M. Deschamps de Pas ; la suite du catalogue des manuscrits sur la Picardie conservés a la bibliothèque impériale, par M. H. Cocberis; et un mémoire de M. Brcuil sur la confrérie de Notre-Dame-du-Puy, société de rhétorique fondée à Amiens en i388, et qui subsista jusqu'au milieu du siècle dernier. On peut signaler encore une notice dans laquelle M. Peigné Delacourt cherche à démontrer que le héros du roman célèbre du châtelain de Coucy est Renaud de Magny, châtelain de Coucy, tué à Saint - Jesn-d'Acre en 1 191. Il y a aussi dans ce volume une dissertation sur l'origine des léproseries ou ladreries, publiée sous le litre de : Lettres à M. le duc de Laynes sur le château de Lucheu; c'e»t une publication qui diffère de tous les travaux sérieux que nous venons d'énumérer. La théorie de l'auteur sur les léproseries consistes prétendre que les adorateurs • delà dualité panlhéistique ■ établissaient le culte de la lèpre auprès des eaux que l'on croyait propres à sa guérison, et, pour appuyer son système, il a recours aux plus singulières étymologies. On pourra en juger par celle-ci : Le nom d' Escalope vient de escu-lapis, pierre en forme d'esca, parce que ce dieu était au nombre de ceux qui, dan» l'origine, avaient été représentés par des pierres. Si une ville de la Gaule s'est appelée Aaguslobona, ce n'est pas qu'Auguste lui eût donné son nom, c'est parce qu il y avait sur son territoire des auges sacrées.
Histoire de la municipalité de Cambrai, depuis H89 jusqu'à nos jours, par Eugène Bouly. Cambrai, imprimerie de Lévéque; Paris, librairie de Dumoulin, a voL in-8*. de xn-a5a et pages. — Presque entièrement composé d'extraits ou d'analyses des délibérations du conseil municipal de Cambrai , ce livre offre avec toutes les garanties désirables d'impartialité, un tableau d'histoire locale plein de faits curieux et instructils, principalement pour l'époque de la révolution. L'auteur s'est
depuis longtemps lait connaître par une série de publications historiques toutes relatives au Cambrésis, et notamment par une description intéressante des souterrains creusés sous le sol de la ville de Cambrai et de plusieors villages environnants.
Hiitoire de Beaune, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, par M. Rossignol, conservateur «les archives du département de la Côte-d'Or, etc. Beaune , imprimerie de Butault-Morot ; Paris , librairie de Dumoulin , 1 854 , in-8* de viu-5i5 pages, avec vingt planches. — En écrivant, d'après les sources dont l'usage lui est familier, une histoire de sa ville natale, M. Rossignol a su rajeunir un sujet déjà traité, au moins en partie, par Gandelet, Courlépée, Pasumot et quelques autres érudits bourguignons. Sans empiéter sur l'histoire générale, il a réussi à éviter la sécheresse, écueil ordinaire des écrivains qui entreprennent de retracer les annales d'une petite ville. L'origine celtique do Beaune, ses premiers établissements chrétiens, la construction de sa belle église de Notre-Dame, l'affranchissement de sa commune, l'étal de celte ville au xiv' et au xv' siècle cl pendant les guerres de religion, ont fourni à l'auteur le sujet de chapitres intéressants. 11 étudie surtout les institutions et les moeurs, et, n'ayant rencontre dans l'histoire de Beaune que des preuves de l'imperfection de la société au moyen âge et jusque sous Louis XIV, il s'élève, en terminant, contre les admirateurs du passé, et leur oppose les progrès de la civilisation moderne.
Histoire de la Chambre des comptes de Bretagne, par M. H. do Fourmont, imprimerie de Masseaux à Nantes, i854, in-8* de vi-446 pages. — La chambre des comptes de Nantes fut longtemps la gardienne des finances des ducs de Bretagne et l'âme de leur conseil. Après le mariage de la duchesse Anne avec un roi de France , celte institution fut considérée comme ayant la charge de défendre les privilèges stipulés dans le pacte de l'union; aussi resista-t-elle le plus longtemps possible à l'assimilation que le gouvernement voulut établir entre elle et la chambre des comptes de Paris. L'histoire de celte lutte anime la première partie du livre de M. de Fourmont, où l'on trouve aussi d'intéressants détails sur l'organisation, les attributions, les prérogatives de cette cour. La seconde partie contient la liste des officiers qui ont eu des charges à la chambre des comptes de Bretagne, depuis le duc Jean V (1 33g) jusqu'en 178g.
Catalogue méthodique de la bibliothèque communale de la ville d'Amiens. Médecine, belles-lettres. Amiens, imprimerie de Duval et Tiennent; Paris, librairie de Dumoulin, i853-i854, a volumes in-8' de 57G et 64<i pages. — Ce catalogue d'une des bibliothèques les plus importantes de nos départements est rédigé avec beaucoup de soin et de méthode par M. Garnier, bibliothécaire de la ville d'Amiens. Le volume consacré a la médecine comprend 3«75o ouvrages, mémoires ou dissertations sur les diverses branches de l'art de guérir; il est précédé des notices biographiques de deux médecins qui ont particulièrement contribué à l'accroissement de cette belle collection. SI. Auguste César Baudelocquc et M. LeJUerchier. Le volume relatif aux belles-lettres contient la désignation de 3,336 ouvrages. Chaque parue du catalogue est suivie d'une table de noms d'auteurs et d'une table des matières. Rien n'indique que ce travail doive comprendre la description
Paléographie des chartes et des manuscrits du xi' au xrti' siècle, par L. Alpli. Chassant; 4* édition. Évreux, imprimerie de Canu; l'aria, librairie de Dumoulin, >854> in-ia de xi-i56 pages, avec neuf planches. — Cette nouvelle édition d'un manuel très-utile pour l'étude de la paléographie élémentaire, a reçu quelques augmentations qui ne sont pas sans importance. L'auteur y a ajouté : i* une instruction sur
le.; sceaux attachés aux chartes et *ur \vs difficulté* pr»ié<>f;iaphi<jiKM de leurs légendes; i' un résumé de règles de c ritiqtic ik» Bénédictins concernant le* chartes, les manuscrits et les sccritu: 3° tmo plant lie d'empreintes similaires , avec les alphabets et les abréviations propre» au* écritures dont 5e comiwsent les inscription»
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