‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 13 sur 41 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

jours de raffinement; le dénuement des paysans est parfois plus navrant que celui de leurs hôtes de passage. Le 49 messidor an II ', la plus grande partie des soldats en arrivent à partager avec eux leurs rations * : c'était dans les environs de Gand, non loin de PEscaut.

Quelquefois, la misère des temps fait que les grandes villes n'offrent pas plus de ressources que la campagne. A Aix-la-Chapelle, pendant l'été de 1795, nos soldats sont obligés de couper de l'herbe et de manger les chats des habitants pour subsister 3. En 1794, à Cambrai, on donne un sou pour remplacer la ration de riz qui manque à la distribution *.

Du moins, l'a-t-on en poche, ce sou. Une autre fois, on annoncera quinze sous de gratification; mais, quand on se présente à la caisse, elle est vide, comme de coutume. Il n'est question que d'arriérés de solde, et il faut tout l'entrain de nos troupes, pour que leur discipline n'en souffre pas davantage. A l'occasion même, elles font largesses au gouvernement; elles lui font solennellement remise en 1794 d'une partie

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