‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 14 sur 41 · Page 117. — 3. Page 162. — 4. Pr · texte numérisé non relu

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de leurs rations de viande salée *. C'est la revanche des quinze sous.

La remise ne peut s'effectuer, mais l'intention doit être réputée pour le fait.

Si encore on avait sa ration de sommeil complète. Mais, en campagne, à 2 heures du matin toujours, il faut se trouver rangé en bataille * sous la pluie perpétuelle, glaciale, des hivers du Nord. L'arme au pied, on attend le retour de la cavalerie envoyée en reconnaissance. Puis, on se met en marche, prêt à faire feu, sondant l'horizon, pressant le pas quand on pousse l'ennemi, le pressant plus encore quand une pointe trop hardie force à reprendre la longue route imprudemment parcourue, route déjà dévastée, n'offrant plus de ressources, bordée de paysans soulevés par le désespoir. Alors, la marche n'est plus réglée, il faut qu'elle continue malgré tout, jusqu'à ce que hommes et bêtes tombent face contre terre, sans souffle, sans forces, pour repartir au bout d'un court repos, abandonnant les moins valides, les éclopés, et les désespérés aimant encore mieux se faire égorger par le paysan, que se relever encore une fois 3.

Je m'appesantis bien sur le détail de ce qu'ont enduré ces jeunes armées de la première Répu-

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