‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 16 sur 41 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

là. Je le vois à son récit d'un départ d'Aix-la-Chapelle f.

Le 2 floréal fut employé à faire nos sacs et nos adieux; beaucoup de militaires avaient des maîtresses; il leur en coûta de se mettre en route. Le 3, départ à six heures du matin pour Juliers. Les larmes coulèrent des yeux de nos jeunes amants; les échos retentirent des cris de nos ivrognes. Cependant la longueur du chemin calma ces excès.

C'est dit en quelques mots, mais cela fait image. On a donc pleuré en quittant les bonnes amies d'Aix-la-Chapelle. La liaison avait duré là quelque peu; mais ailleurs, elle laisse en quelques heures des racines profondes. Les femmes d'Erlangen, du genre leste (il a soin de l'ajouter), font la conduite au soldat pendant deux lieues. C'est de la belle et bonne reconnaissance pour une nuit passée avec des misérables, honteux de leurs déchirures d'habits et noircis par le soleil. Vraiment, je ne sais trop si nos Françaises les plus lestes feraient aujourd'hui ces deux lieues.

On voit que Bricard aime à tout connaître.

Il veut goûter de la moutarde et du fameux vin à Dijon f, et des dragées à Verdun, où l'amabilité des confiseuses le charme.

Les goitres de la Savoie lui serrent le cœur 3; il apprécie mieux les Italiennes, en regrettant toutefois leur dédain des choses du ménage. Il

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