‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 18 sur 41 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

une plantation d'arbre de liberté dans les environs de Gharleroi. C'est le cri du cœur... et de l'estomac. Mais, à la guerre, l'estomac a si rarement complète satisfaction!

Ce journal a été tenu jour par jour; son auteur y a tout porté : l'heure de la prisé d'armes, la durée de la pluie qui tombe, la longueur du chemin parcouru. On le suit à l'attaque, on rétrograde avec lui quand arrive l'heure de la retraite, on se chauffe à son feu de bivouac quand il en a un, ce qui n'arrive pas toujours. On compte les obstacles rencontrés sur la route, les difficultés de la lutte non seulement contre l'ennemi, mais pour les moyens d'existence. Le retour quotidien des mêmes informations permet seul de voir quelles sont les misères de la guerre et ce qu'il faut d'énergie morale et physique pour les supporter.

L'hymne des Marseillais , comme l'appelle Bricard, ne vient pas la surexciter aussi souvent qu'on le croirait. On chante plutôt le Ça ira, dont le refrain semble sonner la charge. Cependant un volontaire de Paris i entonne la Marseillaise dès qu'un boulet ennemi lui emporte les deux jambes. C'est son Dies irœ.

Pour marcher à l'ennemi, même en 4794, les

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