‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 24 sur 41 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

à la guerre où la prison n'est pas plus prise au sérieux que la réprimande. Les enfants avaient volé, je l'ai dit; mais voici un chasseur qui ne vole pas; il laisse son vieux chapeau pour en prendre. un neuf1. Cet échange non permis ne suffira point à sauver sa vie : il tombera comme les autres devant le peloton d'exécution.

Tout cela, c'est de la férocité, n'est-il pas vrai?

Et cependant elle semble humaine quand on place ces quelques victimes devant les monceaux de cadavres .qu'entasse le système contraire du laisser-aller.

Pour en avoir idée, il faut suivre l'armée de Sambre-et-Meuse dans la retraite qui suivit la. défaite de Wurzbourg (1796). On voit 2 ce que coûta l'indulgence de Jourdan comparée à l'inflexibilité de Pichegru : en fin de compte, celle-ci est mille fois plus humaine.

Nous marchions souvent dans le plus grand désordre, dit Bricard, car la déroute était presque générale et occasionnée en partie par le brigandage d'une quantité defuyards qui infestaient l'armée, et dont les infâmes excèâétaient doublement préjudiciables. De braves militairessupportaient les attaques de l'ennemi, tandis que des lâches se livraient au pillage pour éviter le combat. Arrivés dans une position, les vrais soldats n'osaient aller dans les villages pour se procurer des vivres, craignant

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