‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 28 sur 41 · Page · texte numérisé non relu

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Ce qui frappe aussi dans ces dernières pages, c'est le rôle odieux joué par le gouvernement anglais. Allié de la Turquie, il ne marchande pas la vie des Turcs quand il s'agit de se battre. Leur laissant tout le choc à soutenir, il se contente au besoin de faire tirer de loin sur leurs fuyards, afin de les contraindre à sacrifier les vies dont il est si ménager pour ses propres soldats. C'est du reste le rôle qu'il a joué en Hollande, qu'il a joué à Quiberon, à Toulon, et ailleurs encore. Le gouvernement anglais se charge encore volontiers du travail occulte qui consiste à démoraliser nos troupes par de mauvaises nouvelles et à soulever les indigènes par de faux bruits. Mais son coup de maître est de laisser la Turquie régler aimablement l'évacuation de l'Egypte à des conditions honorables, recevoir de nos mains, comme garantie, les forts et le matériel qui constituaient nos moyens de résistance. Puis, quand il nous croit bien désarmés, cet ennemi loyal déclare que les conventions conclues avec son allié ne le regardent point, et qu'en perdant l'Egypte, nous perdons du même coup la liberté.

C'est alors que Kléber répondit à l'amiral anglais par la publication de sa propre lettre, n'y ajoutant que ce cri de colère : « Soldats, on ne répond à de pareilles insolences que par des victoires. »

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