‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 30 sur 41 · Page · texte numérisé non relu

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2. L'histoire de cette tactique ne tardera point à paraître; elle a tenté le directeur de la Revue rétrospective, M. Paul Cottin, dont le livre portera ce titre : L'Angleterre et ses alliés.

XLH JOURNAL DU CANONNIER BRICARD

l'appelle, de ceux qu'il appelle avec indignation les scélérats 4, c'est-à-dire les pillards.

Le vrai militaire, nous le retrouvons dans ce récit d'une retraite qui ne perdra pas à être relu * : il relève les cœurs.

Un petit bois nous favorisa beaucoup contre la cavalerie ; à la sortie, les ennemis serrèrent de très près; mais, avec nos pièces à la prolonge, nous ne cessions de tirer, ce qui arrêtait leur marche. Cependant nous faillîmes perdre une pièce de canon. Chargés par un peloton de cavalerie ennemie, et obligés de passer un petit fossé, les sus-bandes d'un de nos affûts se levèrent et la pièce tomba; nous fûmes assez lestes pour la replacer vivement dans son encastrement.

Notre premier bataillon reçut Tordre de s'embusquer à l'angle d'un bois pour arrêter la cavalerie qui menaçait de mettre la colonne en déroute. Lorsque cette cavalerie se présenta, le bataillon embusqué fit un feu de file qui lui détruisit beaucoup de monde; mais elle revint en forces sur le bataillon qu'elle somma de se rendre; celui-ci ne répondit que par un feu roulant. Néanmoins abandonnés par la colonne qui était déjà loin, ils furent contraints de déposer les armes.

Comme plusieurs reçurent des coups de sabre, le chef de bataillon commanda aux soldats de ressaisir les armes* et le «combat redevint meurtrier, mais ces malheureux furent obligés de céder enfin. La plupart furent hachés, entre autres, le chef de bataillon qui fut coupé en morceaux.

Ce brave et estimable chef se nommait Laforesl; il était âgé de soixante-dix ans et fut bien regretté de la demibrigade.

Je ne sais si ce fait d'armes figure à l'historique du 2e régiment, ni si on Ta honoré comme il le

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