‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 4 sur 41 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

cynisme voulu avec lequel on cherche à ridiculiser tout noble sentiment. La raillerie systématique n'a jamais fait de grandes choses. Ceux qui se font gloire de la cultiver me diront : « A quoi bon nous parler de vos hommes d'autrefois ! On n'en fait plus, leur moule est cassé », comme on dit dans le peuple.

Le peuple possède en effet le secret de caractériser une situation par un mot. Pour continuer à parler sa langue, je crois aussi qu'on n'en fait plus de ces hommes antiques, mais je ne crois pas que la graine en soit perdue. Elle peut germer aux heures de crise, les seules où les grands caractères trouvent la place libre pour s'affirmer.

Et si l'adversité ne suffit point alors pour relever chez un peuple la manière d'agir et de pener, ce n'est ni le progrès des sciences, ni l'étude des langues vivantes, ni les perfectionnements de la gymnastique, qui le sauveront.

Voilà bien des considérations pour le journal de marche d'un simple volontaire. Mais quand on s'intéresse à l'homme et aux hommes, c'est-àdire à l'histoire des peuples comme à l'observation du cœur humain, je ne connais pas une lecture comparable à celle des mémoires.

C'est aussi une mine bien riche pour les cher-

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vl\^ n'a* pari** que d*** mémoires vrais, laissant stvv v\U\v \vw\ quVu invente* ceux qu'on allonge

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