‹ Journal du canonnier Bricard, 1792-1802Chapitre 8 sur 41 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

qu'il faut relever par des manœuvres de force. Dans les mauvais pas, on est forcé de dételer pour tripler les attelages de chaque pièce *. C'est une perte de temps considérable. A certaines heures de surprise, on n'attend pas les chevaux, et on tire à la bricole s pour mettre en batterie dans la bonne direction. Et dans une retraite, quand on est serré de près, force est de déployer la prolonge et de faire feu à reculons, pour ainsi dire.

Il arrive encore que les artilleurs résistent (comme nous l'avons vu déjà dans Coignet) aux fausses manœuvres qui peuvent compromettre leur pièce. Bricard, sergent-major, est approuvé par son chef de brigade pour n'avoir pas voulu exécuter l'ordre de son commandant de bataillon 3. Son capitaine, « qui n'a d'artilleur que le nom », ne sait pas même choisir un emplacement favorable pour parquer ses pièces 4.

Tout périlleux qu'il pût être, le service de ces compagnies d'artillerie n'offrait pas grande chance d'avancement. On était loin de l'œil des grands chefs, sans occasion de faire une action d'éclat. L'homme qui sert un canon est toujours moins remarqué que ceux qui cherchent à le prendre. L'avancement de Bricard n'eut donc

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