‹ Journal du Comte P.L. Roederer; notes intimes et politiques d'un familiar des Tuileries. Introdution et notesChapitre 21 sur 24 · MISSION EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

MISSION EN ESPAGNE

Dès 1812, après les échecs de Ciudad-Rodrigo el de Badajos, la situation des armées françaises en Espagne était devenue difficile. Les rivalités des généraux, l'épuisement des troupes, laissées sans ravitaillement, avaient rendu impossible la conquête , l'armée devrait désormais non plus attaquer mais se défendre. Sans doute des renforts el l'intervention personnelle de l'Empereur eussent pu conjurer le péril mais c était l'heure où les désastres de Russie obligeaient Napoléon a rappeler ses troupes el lui imposaient le souci de songer d abord à la France. La tardive nomination du roi J?setp%Ji0mï?e- commandanl en chef, avec Jourdan comme cnef d Etat-Major, pouvait à peine retarder la défaite.

'tuf- ' de jum 1813, Madrid étant évacué, le roi Joseph

établi, a T alladolid, il fallut commencer la retraite, el dans la pms fâcheuse occasion , alors que l'armée était encombrée a immenses convois de bagages et que Wellington tentait de couper a nos troupes la roule des Pyrénées. Le 2 juin nos

années étaient à Médina del Rio-Secco, le 16 elles alleiqnaienl Miranda , le 21 Vitoria. C'est là qu'il fallut livrer bataille. Une partie des troupes étant employée à escorter les convois , 38.000 hommes restaient, à opposer à 65.000 ennemis. Ce fut ün désastre : nos soldats ne se rallièrent qu'à Salvalierra , qyant abandonné presque tous leurs bagages. Dans le même temps , Clausel battait en retraite sur Saragosse et Suchet devait abandonner Valence. Le 2 juillet l'armée française avait repassé la Bidassoa et le roi Joseph gagnait Sainl-J ean-de-Luz. Il ne s'agissait plus d'occuper l'Espagne , on avait maintenant à défendre la frontière des Pyrénées.

L'Empereur jugea qui'l convenait de confier à des mains résolues le commandement en chef des troupes, et fit choix de Soult. Encore convenait-il de faire entendre au roi Joseph , qu'une telle nomination risquait de blesser, que son amourpropre devait céder devant les nécessités de l'heure. L'Empereur songea immédiatement à confier cette mission à Rœderer.

Le 6 juillet, au malin, le comte Rœderer reçut de l'archichancelier Cambacérès une lettre le convocant pour quatre heures de l'après-midi (1). Il avait mission de « l'entretenir de quelques objets relatifs au service de Sa Majesté l'Empereur et Roi ». Cambacérès exposa à Rœderer les intentions de l'Empereur et le pria de partir d'urgence pour la frontière d'Espagne.

Les préfets et commissaires de police (2) reçurent l'ordre

A Son Excellence Monsieur le comte Roederer, Ministre secrétaire d’Etat du Grand Duché de Berg, a Paris.

Paris, le 6 Juillet 1813.

Je vous prie, Monsieur le comte, de vouloir bien vous trouver chez moi aujourd’hui mardi, à quatre heures aprèsmidi ; j’ai à entretenir Votre Excellence de quelques objets relatifs au service de Sa Majesté l’Empereur et Roi.

Recevez, Monsieur le comte, la nouvelle assurance de mes sentiments d’attachement et de haute considération.

Le prince archichancelier de l’Empire.

Cambacérès.

Paris, le 6 Juillet 1813.

Monsieur le Comte, j’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence copie de la lettre que j’écris à M. le commissaire général de police de Bayonne pour qu’à votre arrivée dans cette ville, il se trouve en mesure de se rendre à vos ordres. Je suis très satisfait de ce fonctionnaire, et j’ai lieu de penser que vous n’aurez qu’à vous louer de son zèle et des renseignements qu’il vous donnera, etc.

Le duc de Rovigo.

Le Ministre de la police,

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