CONSULAT A VIE
1er Mai 1802.
Mademoiselle de Lespinasse, dans les premiers transports de l’ivresse que lui inspira l’amour de d’Alembert, s’écria tout à coup : « Mon bonheur m’épouvante. » Ce mot, qui exprime si vivement le prix qu’elle mettait à son existence actuelle, ce mot inquiet et passionné, toute la France le répète aujourd’hui.
La France renaissante étonne le monde entier de sa gloire ; tout semble revivre en elle, autour d’elle ; tout semble se mouvoir par elle et pour elle ; et cependant, elle n’a pas encore le sentiment intime de son existence nouvelle ; elle est environnée de circonstances heureuses, et son état n’est pas le bonheur ; sa sûreté paraît être bien établie, et elle n’est pas en sécurité. Un sentiment inquiet s’élève du sein de sa gloire même ; elle se défie de sa fortune, elle craint de s’y livrer ; à peine sortie du précipice dont l’idée la poursuit, elle croit en voir un autre devant elle. Serrée entre les souvenirs trop récents du passé et des craintes pour l’avenir, elle ne regarde son élévation que comme un danger de chute. Elle demande une barrière au-devant du gouffre, un soutien, un appui au sommet de la gloire.
Grands politiques, vous trouvez cette existence incompréhensible ! Vous demandez comment elle peut être l’état d’un peuple... Vous doutez...
Venez ; descendons des contemplations générales ; voyons les intérêts personnels. Pourquoi les Anglais ont-ils montré tant d’enthousiasme à la nouvelle de la paix, et nous si peu ? C’est que la paix a fixé leur sort, et a laissé le nôtre dans l’incertitude. Pourquoi l’Etat ne peut-il élever le fonds de ses rentes au delà de 60 % ? C’est que, les rentes dites perpétuelles, ne sont considérées par l’opinion que comme des rentes viagères placées sur une seule tête ! Pourquoi l’intérêt de l’argent est-il si haut encore entre particuliers ? Pourquoi le père
de famille, de la fortune la plus solide, ne peut-il trouver 20.000 francs à emprunter à constitution de rente sur hypothèque et privilège ? C’est que les pères de famille qui ont un capital à placer craignent que l’emprunteur, aujourd’hui paisible, ne soit demain proscrit.
On craint la mort de Bonaparte à quelque époque qu’elle arrive, on craint surtout qu’elle n’arrive prématurément, et qu’elle ne soit hâtée par le crime.
Si la nature dispose de lui suivant ses lois ordinaires, cinquante années de gouvernement auront cimenté et l’ordre public et les institutions capables de le garantir.
Beaucoup de prétentions seront évanouies et de regrets dissipés. Il y aura des habitudes prises. Les choses iront comme d’elles-mêmes. Le chef du gouvernement n’aura besoin que de laisser les hommes et les choses dans la place où il les aura trouvés. Mais, la mort de Bonaparte arrivant d’ici à cinq ou six ans, que n’a-t-on pas à craindre ?
Rien n’est encore affermi. Cent choses ne sont qu’ébauchées. Cent autres ne sont pas même encore préparées. Presque point d’institutions. Point encore d’habitudes prises et enracinées. Des souvenirs pressants d’un côté ; des prétentions militaires de l’autre...
Sans doute, il faut se refuser à de tristes présages ! Le sort de la France doit être de s’élever immortelle au-dessus de tous les dangers : telle est sa destinée, puisqu’elle existe encore. Mais comment ne pas voir des dangers sérieux, repousser des craintes raisonnables, et avoir horreur des précautions comme du danger même, et se faire honte de la prudence comme de la pusillanimité et d’une honteuse terreur ?
L’histoire nous montre les assassinats des princes, comme des suites des guerres civiles : Henri III, Henri IV, etc., pourquoi ?
Osons le dire : après les révolutions subsistent encore les prétentions du vaincu, et s’élèvent les prétentions de ceux qui ont aidé à vaincre... Et ces dernières ne sont pas les moins dangereuses.
Si chacun pouvait mettre un prix aux services qu’il a rendus ou croit avoir rendus à la liberté, le poids de la
reconnaissance serait plus accablant pour la nation que la servitude.
Et parce que, pour ramener à l’ordre les nations tombées en anarchie, il faut une sorte de coaction militaire, et que l’art 'du gouvernement ne peut être utile que quand l’art du commandement lui a rendu la nation, tout Français qui a commandé peut se croire propre à gouverner.
Si la France veut la stabilité des avantages dont elle commence à jouir, il faut recourir aux seuls moyens qu’offrent la raison et la prudence, il faut assurer non seulement la magistrature du Premier Consul, mais encore sa vie, mais encore la conformité des vues de son successeur avec les siennes.
Assurer la magistrature du Premier Consul, sans prendre le moyen d’assurer sa vie, ce n’est que compromettre davantage sa vie. Le seul moyen politique d’assurer sa vie, c’est de rendre un attentat inutile. Le seul moyen de rendre un crime inutile, c’est de placer son successeur entre lui et les ambitions nouvelles, ou les prétentions anciennes. Quand le Premier Consul aura le droit de nommer un successeur, ou un héritier désigné, nul ne peut plus avouer l’ambition du suprême pouvoir sans s’avouer conspirateur. Nul ne peut se faire un parti sans se déclarer ennemi de la loi ; nul ne peut former de réunion, ni prendre de délibérations hypothétiques, faire de choix, se ménager des voix.
Le seul moyen d’être sûr que son ouvrage ne sera pas détruit après lui, sinon par le crime, du moins par la vanité de créer, par l’impéritie, par l’ignorance, c’est de lui laisser le choix de ce successeur.
Vous trouvez imprudent de provoquer la permanence du Premier Consul, et de demander pour lui le droit de nommer son successeur : je ne vous entends pas.
Hé quoi ! dites-vous, n’est-ce pas réduire au désespoir les hommes qui pouvaient avoir des prétentions ?
C’est-à-dire donc, qu’il y a des prétentions ? et qu’au bout de dix ans il y aurait des prétentions ? — Sans doute ; mais alors, on les déjouerait bien ! — Et pourquoi mieux alors que maintenant ? — En attendant, on serait tranquille. — Tout au contraire ; c’est être en
crise, que d’attendre une crise. Paire évanouir en ce moment les espérances, c’est dissiper les prétentions, c’est faire évanouir toute possibilité de crise.
Mais qui sont les prétendants ? Plusieurs généraux, peut-être, qui peuvent se dire : Bonaparte est parvenu au suprême pouvoir par son épée ; son titre est aussi le nôtre : il a vaincu et nous avons vaincu ; il a été heureux ; il a été vaillant ; nous avons été vaillants et nous sommes comme lui sortis des hasards des combats.
Quelque subalterne peut tenir ce langage pour nos généraux de première ligne ; aucun d’eux n’est assez dépourvu de sens pour le tenir.
!Ce n’est pas comme général que Bonaparte a été appelé au suprême pouvoir ; c’est essentiellement comme homme d’utat. Ses victoires ont fixé sur lui tous les yeux, mais ce sont ses qualités civiles qui ont fixé sur lui toutes les espérances. Sa gloire militaire l’a fait distinguer, sa conduite morale et politiqùe l’a fait chérir. Oui, d’autres ont commandé comme lui des armées, mais nul n’a montré comme lui l’esprit de gouvernement dans le commandement ; seul, il a négocié, traité, en combattant. Seul, il eut de l’indépendance, dans son commandement même. Seul, il sut en imposer à la fois aux ennemis extérieurs, à l’impéritie du gouvernement intérieur, à son odieuse et absurde politique. Seul, marchant dans sa force et dans sa liberté, il osa, malgré le Directoire, montrer du respect pour les mœurs, les opinions des peuples conquis ; seul, il arrêta le système de révolution étrangère qui avait suscité à la France une guerre inextinguible. Le premier, il mit de l’ordre dans la comptabilité des armées, de la police, de l’organisation. Seul, il Imposa aux négociateurs étrangers par sa fierté, sa justice ; et, quand des moments de paix le ramenaient glorieux au sein de la capitale, il montrait aux philosophes, aux hommes sans préjugés, savants, un ami éclairé des sciences ; aux artistes, un homme de goût ; aux gens de lettres, un esprit original ; aux écrivains politiques, un penseur profond, éclairé par l’histoire ; aux moralistes, un cœur pur toujours prêt à se réduire aux vertus dômes-
tiques, et à se contenter des plaisirs modestes qui y sont attachés. On ne cherchait pas seulement à le voir, chacun voulait aussi l’entendre ; partout où il s’arrêtait, il se formait un groupe autour de lui. Instructif pour tout le monde, il étonnait toujours, on l’admirait souvent. Les militaires même étaient charmés de l’entendre expliquer leurs propres succès, en présenter la théorie ; et souvent il leur en donna le secret à euxmêmes. Plusieurs apprirent aussi, par son exemple, à en parler avec modestie, et avec cette mélancolie qui fait sentir un bon cœur dans un homme rayonnant de gloire ; chacun remportait dans sa famille, chez ses amis, des mots saillants recueillis dans sa conversation. Ceux qui pouvaient en rapporter quelques mots adressés à eux-mêmes, les disaient avec ivresse ; être distingué par lui, était un objet d’ambition : « J’ai vu le général Bonaparte », c’était un événement : « Je l’ai entendu parler, il a dit telle chose », c’était un sujet d’attention générale : « Il m’a adressé la parole... » faisait écouter avec respect : « Il m’a dit une chose flatteuse », c’était imposer le respect ou l’envie. Telle était la considération de l’homme civil, lorsque le général de l’armée d’Egypte revint en France ; alors la France (l’aurait-on déjà oublié ?) était près de tomber en lambeaux ; il y avait sans doute des généraux alors, mais y avait-il des armées, de l’argent, du zèle, de la confiance ? Il y avait des généraux, braves sans doute, dévoués, généreux, mais ils demandaient des soldats ; ils en cherchaient vainement... nul ne s’offrit pour en donner aux autres. Il y avait des généraux alors, et pourtant, à la nouvelle de son débarquement à Fréjus, toute la France tressaillit de joie et d’espérance ; et l’un des hommes les plus recommandables de la République, un des citoyens les plus dévoués à la patrie, éprouva une telle joie, en apprenant son retour, qu’il en tomba mort : Monument éternel des sentiments qui appelèrent Bonaparte !
Seul, fort de son nom, fort de l’approbation publique... On se jeta dans ses bras, on implora son zèle et son courage... Il rétablit les affaires, il rendit des armées à la vaillance des généraux ; quatre millions de
Français confirmèrent librement son autorité. Depuis trois années, il n’est point de restauration qu’il n’ait embrassée, pas de genre de bien qu’il n’ait commencé. Il est à la tête 'de tout ; il gouverne, il administre, il négocie ; il donne chaque jour dix-huit heures de travail de la tête la plus nette et la mieux organisée. Il a plus gouverné en trois ans que les rois en cent années. Toutes les puissances de l’Europe ont déposé leurs armes homicides, Rome même, en reconnaissant à la fois son génie et les titres qu’il tient du peuple Français. Et vous croyez qu’aujourd’hui il est un militaire qui veuille assez compromettre sa gloire pour contester les droits de Bonaparte, et élever des prétentions rivales ? Vous croyez qu’il en est un qui osât se charger de soutenir la France à la hauteur où elle se trouve ?
Aucun militaire sensé ne peut élever, sans doute, la prétention de succéder au Premier Consul ; mais tous sont-ils sensés ? Plusieurs ne sont-ils pas plus frappés de cette idée :
Soldats sous Alexandre et roi après sa mort ?
Quelques rumeurs ont annoncé les desseins ambitieux de quelques militaires. Ils s’étaient partagés l’autorité consulaire pour le moment où le Premier Consul quitterait sa place ou perdrait la vie. Ils changeaient la Constitution, etc. . .
Cet état de choses a jeté l’alarme dans les esprits déjà inquiets. C’est dans ces circonstances que le traité de paix d’Amiens a été porté au Corps Législatif, et de là envoyé au Tribunat.
Ici a commencé une époque nouvelle, un redoublement de crise ; tout a été ébranlé ; tout est jeté dans l’anxiété. Chacun a craint pour son état, et chacun a craint pour le Premier Consul.
Essayons de rassembler les circonstances de cette époque :
Vœu du Tribunat pour une marque de reconnaissance indéterminée.
Vœu du Sénat : il s’occupe de la stabilité et de la reconnaissance ; il croit réunir l’une et l’autre dans une prorogation de dix années.
Le Premier Consul croit avoir besoin du vœu du peuple.
Le Conseil d’Etat ne trouve qu’inconvenance à consulter le peuple sur une vœu limité comme celui du Sénat. Le Conseil d’Etat ne trouve qu’un danger de plus pour la vie du magistrat en perpétuant la magistrature, à moins qu’on ne rende tout attentat inutile par la l'acuité de nommer un successeur.
Le Premier Consul rejette cette délibération ; il accuse ses promoteurs de vouloir priver le peuple d’un droit sacré. Il croirait, dit-il, que cette proposition vient d’un de ses ennemis, s’il connaissait moins ceux qui l’ont faite.
On borne la délibération à une prorogation à vie, comme s’il était bien nécessaire et pas dangereux de consulter le peuple sur un choix qui n’était déjà pas douteux.
Que deviennent alors les grands corps de l’Etat ?
Le Sénat se croit déconsidéré par un appel au pleuple, et par la privation du droit de nommer un successeur.
Le Corps Législatif ne se croit pas en sûreté près du Sénat.
Le Tribunat craint depuis longtemps son incorporation au Corps Législatif : exemple de la République italienne.
Le Conseil d’Etat est humilié, inquiet...
Les membres du Corps Législatif s’en retournent dans l’incertitude et le mécontentement qu’ils vont répandre.
La notabilité se trouve au même moment menacée par la Légion d’honneur.
Entre le Clergé et la Légion d’honneur, chacun croit voir les choses marcher à la monarchie, et nous restons dans les dangers de la République ; les républicains sont encore autorisés, par ce qui existe, à s’exalter contre ce qui se prépare. On ne peut plus rester dans la Constitution ; on n’en donne pas une nouvelle.
Nous avons une royauté présente, de fait, au milieu de gens que la République autorise à la frapper. Nous voyons une royauté et point de barrière qui s’oppose à ce qu’elle soit libre. Ainsi, double incertitude : ou Répu-
blique prête à immoler son chef, ou royauté sans contrepoids et sans sûreté pour le peuple.
Motifs égaux d’aliénation, et pour ceux qui veulent la République, et pour ceux qui veulent la Monarchie tempérée.
Il est nécessaire de sortir de cette anxiété.
Il faut marcher promptement vers un système net, simple, éprouvé.
Le Tribunat est constitué désorganisateur.
Le Corps Législatif, muet, est déconsidéré né.
Le Sénat, puissance abstraite, et régulateur sans force n’est qu’un poids inutile.
L’élection n’est point représentative.
Le vice commun, c’est que la propriété n’est pour rien.
On a cru faire du Sénat un corps de propriétaires, on n’en a fait que des rentiers.
On ne fait pas l’esprit propriétaire, en faisant un propriétaire. Savoir les droits de la propriété, sans trop être appesanti sur la propriété, n’est pas une chose commune.
Il importe que la balance du pouvoir soit entre les mains des propriétaires territoriaux. Dans l'intérêt de la propriété territoriale sont renfermés tous les autres. Aucune des autres ne renferme les siens.
Le rentier ne voit pas la source de sa rente, et ne sait ce qui la féconde.
Le négociant, le fabricant voit trop sa propriété, et pas assez la propriété. Tout est soumis au calcul de son intérêt.
Le savant ne connaît aucune propriété. Son esprit travaille toujours sur ses pensées, jamais sur les hommes, ni sur les choses. L’artiste, l’homme de lettres, sont incapables en affaires.
Le propriétaire a du loisir, et connaît le prix des sciences et des arts, mais les met à leur place.
Le propriétaire est dispensé de soins appliquants et vils : c’est le caractère noble et élevé.
Le propriétaire voit toutes les richesses à leur source ; toutes les propriétés se forment de la sienne.
Le propriétaire foncier est aussi, en quelque chose,
propriétaire mobilier, propriétaire de capitaux placés dans, quelque industrie.
Le propriétaire stipule pour tout le monde ; personne ne stipule pour lui.
On ruine les sciences et les lettres en donnant pour récompense aux savants, aux poètes, des fonctions politiques. Ils passent leur vie à un métier dans l’espérance de finir en écolier par un autre. C’est un moyen de détacher des sciences que de ne pas mettre la récompense dans les sciences mêmes ; car, en montrant pour but la fortune politique, on dégoûte des sciences. Lorsqu’un homme se dit : C’est à une fonction publique que je puis arriver par les arts et les sciences, il doit se dire aussi : ma route est la plus longue, la plus douteuse, et si j’arrive, j’arriverai incapable. Dès que le but est là, prenons le chemin de tout le monde.
C’est une idée creuse que celle de prétendre établir un Corps régulateur entre deux autres, sans lui donner plus de force qu’aux deux autres.
S’il ne s’agissait, dans un conflit, que d’éclaircir une question douteuse, un tiers pourrait servir. Mais ce n’est jamais faute de lumière que deux pouvoirs sont en dispute : c’est faute d’estime ou de confiance ; c’est ambition. S’il ne s’agissait que d’une différence d’idées et d’opinions î mais il s’agit d’une opposition d’intérêts et de sentiments. Qu’importe à l’ambition puissante qu’un juge impuissant dise qu’elle a tort ! Cette déclaration, en pareil cas, n’a de danger que pour celui qui la fait. Que serait-ce que les tribunaux pour rendre la justice entre particuliers, s’il n’y avait main-forte au besoin pour l’exécuter ? Comment concevoir un tribunal, je ne dis pas seulement sans main-forte, mais un tribunal sans force contre un gouvernement qui a des millions d’hommes à sa disposition ?
Un moyen de rehausser le prix des terres en France, c’est d’attribuer à la propriété les avantages qui lui appartiennent.
Le capitaliste a toujours le moyen de faire passer sa fortune ailleurs, de la dérober au désordre, à l’impôt.
Le propriétaire foncier est attaché au sol.
Donc :
1. — L’autorité du Premier Consul est perpétuelle et héréditaire de mâle en mâle.
2. — Le Sénat est composé de deux cents membres. Les personnes qui seront appelées à le compléter ou à remplacer les vacances ne pourront avoir moins de 15.000 francs de rentes, en fonds de terre, d’ici à cinq ans et moins de 30 dans les cinq années suivantes, et moins de 60 à la suite.
3. — Ils seront choisis dans la liste nationale. Leur place est héréditaire de mâle en mâle.
4. — Le Sénat sera nommé : Chambre ou Cour des Propriétaires territoriaux.
5. — Il acceptera ou refusera les lois proposées par la Chambre des Propriétaires.