‹ Journal du concile de TrenteChapitre 5 sur 11 · T> , Rcformaliûii · texte numérisé non relu

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nage, on publia vingt et un articles de ne- des Princes. formation. Et comme les Légats avaient cru devoir retenir Tarticle de la Réformation des Princes, les Prélats s'irritèrent et le demandèrent avec instance aux Légats, assurant que si on Tclusait l'article relatif aux Princes ils se refuseraient à laisser traiter des autres.

Le Cardinal Morone s'adressant à la congrégation, convint alors de proposer le reste des articles de réiormation avec celui qui concernait les Princes , que du reste il déclarerait le Concile terminé et non suspendu, ainsi que plusieurs le croyaient.

Des difficultés ayant surgi dans la question relative aux mariages clandestins, il y eut discussion publique dans laquelle on s'efforça d'y apporter remède, afin que pour cette seule affaire la session ne dût pas être remise; mais on n'obtint aucun résultat, et le

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15 septembre on ajourna la session au 11 novembre.

L'Empereur écrivit au Cardinal Morone qu'il ne consentirait jamais à rarticlc de la Reformation des Princes, et que le moment était mal choisi pom' les irriter.

Nouvelle» T.e 18 septembre, le Cardinal de Lorraine

«Je Rome. ^^^^.^J^ p^^^, RomC.

En consistoire, le Pape se plaignit des Princes qui ne voulaient pas la clôture du Concile, et il écrivit au Pioi Catholique sur le peu de satisfaction que lui donnait le Comte de Luna , disant aussi qu'en matière de réformation, les Cardinaux assuraient que les Princes n'en voulaient aucune pour ce qui les regardait, mais qu'ils en voulaient une entière pour la ruine des ecclésiastiques.

Le 4 septembre, arriva à Piome un envoyé des Patriarches d'Arménie pour jurer obéissance au Pape.

On disait à Rome que, de France, ordre avait été expédié aux Prélats français du Concile d'avoir à partir secrètement avec les Ambassadeurs.

Le 2 octobre, le Cardinal de Lorraine arriva

à Rome. Le Pape lui fit toutes sortes d'honneurs et de faveurs.

A l'endroit de la Réformation des Princes, le Pape était d'avis qu'on n'en vînt pas à des particularités, puisqu'il suffisait de renouveler les décrets anciens, et quant au jus patro^ natus, Sa Sainteté n'avait pas l'intention de prescrire rien de nouveau.

Le 13, le Pape fit citer la Reine de Navarre pour crime d'hérésie.

Le serment que le Roi des Romains voulait faire au Pape était dans cette forme : Que Sa Majesté aura tout respect, manifestera toute dévotion et rendra tout hommage à Sa Sainteté et au Siège Apostolique, avec L'engagement nonseulement d'observer, mais de propager autant qu'elle le pourra la sainte foi catholique.

L'Empereur était conseillé par les Lé^oats Nouvelles pour qu'il consentît à la clôture du Concile, enchohs! et par les Rois d'Espagne et de France pour cju'il s'y opposât. Il était dans le doute et l'incertitude. Mais le Roi des Romains disait que le Concile pouvait se terminer quand il voudrait, car il voyait que de toutes manières on n'en retirerait aucun fruit.

Le 2 soptcnibrc , ce Roi entra à Passaii avec sept mille clievaux, ou se réunit la Diète. [jC 14, il lut couronne, oint et sacré Roi de Hongrie par T Archevêque de Strigonia. 11 portait la couronne de saint Etienne et un manteau de brocart des plus anciens, et en dehors de la ville, sur une hauteur, il jura l'observation des privil('[;cs. La Reine fut couronnée le jour suivant.

Le 5 octobre, 1 Empereur envova Tordre à ses Ambassadeurs de favoriser la clôture du Concile, et lorsque le Comte de Luna fit en sorte que Sa Majesté prescrivît à ses repiésentants de Taider dans ses instances auprès des Légats pour qu il ne fût point parlé de clôture, cl!e le refusa net.

Le Roi de Danemark mit en défaite l'armée du Roi de Suède.

Le 9 novembre, les fils du Roi des Romains partirent pour se rendre en Espagne.

Le Roi Catholique, pressé par le Pape de trouver bon que le Concile fût déclaré clos, répondit qu'il y avait encore trop de choses à faire pour que cette clôture ne fût pas préjudiciable.

L'évéque Visconfi fut alors envové |)ar li'

Pape au Roi Catholique pour qu'il traitât avec lui du projet d'uue entrevue enti'c Sa Sainteté, l'Empereur, le Roi de France et Sa Majesté Catholique.

Le 23 septembre , le Roi de France en- Nouvelles voya l'ordre à son Parlement de Paris d'eure- ''^i^gs"'*'' gistrer le décret qui le déclarait hors de tutelle , et pour qu'il publiât la couclusion de la paix ainsi que l'avis de ne pas déposer les armes. Et comme il y eut parité de voix dans le Parlement , la compaj^nie envoya à Sa Majesté trois de ses membres chargés de faire des remontrances sur ce qu'elle s'était déclarée hors de tutelle à Rouen et non pas à Paris ; qu'en temps de paix il était accordé à chacun de vivre à sa guise , et qu'ils désiraient que la viUe de Paris déposât les armes, qu'elle n'avait prises que pour maintenir le Royaume dans l'obéissance de Sa Majesté. Le Roi leur répondit que pour cette fois il voulait user de clémence, mais que si jamais ils commettaient encore cette erreur de s'opposer à sa volonté, il leur ferait bien connaître que le gouvernement du Royaume le regardait et non pas eux. A l'instance de la maison de Guise, le Roi

remit l'affaire de la mort du Duc au Parlement, puis il révoqua la commission et la confia au (jrand conseil. Le 3 novembre, on exécuta la vente des biens ecclésiastiques jusqu'à concurrence de cent mille ducats. L'Amiral entra à Paris avec une grosse compagnie, et la maison de Guise quitta la Cour. Le Roi dit de sa propre bouche que quiconque était à la solde de Sa Majesté ne devait suivre qu'elle et n'obéir qu'à elle. Il fit entrer dans Paris de nombreux gens d'armes, et la maison de Guise revint à la Cour. Ce fut avec déplaisir qu'on apprit la nouvelle de la citation de la Reine de Navarre au tribunal de Rome. Le Parlement de Provence, pour avoir sévi injustement contre des huguenots, fut suspendu dans l'exercice de son autorité par un décret du Roi.

L Empereur Lc Papc , auimé par le désir où il était d'en finduconciie vcuir à la clôture du Concile, écrivit aux Légats pour qu'ils tinssent la session, lors même qu'on s'opposerait à la déclaration relative aux mariages clandestins, et leur donna des pleins pouvoirs pour transférer, suspendre ou terminer le Concile; s'en rapportant d'ail-

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leurs à leur jugement et les prévenant toutefois d'agir avec une extrême prudence, pour éviter un schisme.

Le 21 septembre, l'Ambassadeur de France Affaire de la

. ^ , Réformalion

du Ferrier nt un discours en congrégation des Princes. publique; il protesta contre la Réformation des Princes et contre toute dérogation portée à l'autorité et au pouvoir du Roi Très-Chrétien. Ce discours lui fut imputé à mal : ce que voyant, il le publia avec une apologie dans laquelle il reproduisait toutes les oppositions qui lui avaient été faites.

Le Pape consentit à ce que le Roi des Romains lui prêtât serment sans faire mention d'obéissance , pourvu qu'il en fit la cérémonie comme Roi de Hongrie et de Bohême.

Les Légats envoyèrent en Pologne l'évêque Commendone, Vénitien, afin qu'il intervînt à la Diète annoncée dans le Royaume, et qu'il la contînt autant que possible dans la religion catholique.

Le Pape avisa par écrit les Légats de ne pas disputer avec les Prélats français sur leur départ du Concile, mais de les laisser partir comme ils voudraient. Beaucoup se retirèrent

ir.O JOURNAL DU CONCILE DE TRENTE.

en effet, et les Ambassadeurs ne comparurent plus en public. Aj)rès T^ansac , Fabre partit aussi.

Après qu'on eut fini de discuter les vin;;t et un cbapitres de Réformation, les Ambassadeurs s'opposèrent à la proposition de l'article relatif aux Princes. liC Comte de Luna se plaignit que des tentatives lussent faites pour que les mots pvoponentibus Legatis fussent prononcés, et il annonçait une jirotestation en forme, cberchant vainement du reste l'appui des Ambassadeurs de l'Empereur.

Le Pape donna aux Légats l'ordre de continuer le Concile, malgré le départ des Français. On résolut donc en congrégation générale de tenir la session avec le dogme du Mariage et les vingt et un articles de lîéforiDation.

Le Nonce DeKino ayant écrit que l'Empereur était d'avis de clore le Concile par une session et que l'article concernant les Princes fût énoncé sans anatbème et en rappelant les anciens canons, le troisième Ambassadeur de France, du Ferricr, partit, et se rendit à Venise y attendre les ordres du Roi.

Le Pape s'occupait alors de l'entrevue qu'il avait projeté d'avoir avec les Souverains, mais

le Nonce Delfino fit savoir au Cardinal Morone qu'il n'était pas opportun d'en faire la proposition à l'Empereur, car Sa Majesté ne voulait pas même en entendre parler.

Le Pape donna enfin l'ordre aux Légats d'avoir à clore le Concile, ajoutant que Sa Sainteté s'arrangerait ensuite pour terminer la série des articles commencés, et qu'ils prononçassent cette dissolution, lors même que l'Ambassadeur du Roi Catholique y mettrait opposition ; et pour en finir, il ordonna d'abandonner l'article des Souverains ou de le renouveler simplement avec l'énoncé des canons anciens et sans anatbèmes. On déclarerait aussi les mots proponentibus Legatis, sous la réserve qu'ils ne porteraient aucun préjudice à la liberté des Conciles. Le Cardinal de Lorraine, revenu de Rome, parlait beaucoup des bonnes intentions du Pape à l'endroit du Concile,

he 11 novembre, se tint la vinnt-qaa- vin,r;t-

' quatrième

trièine session. On lut les lettres de la Gou- session,

] 1 novemlire

vernantc des Pays-Bas qui accréditait trois 1^63 . Evêques, le mandat du Duc de Florence pour son nouvel Ambassadeur, et celui de l'Envoyé

de r Ordre de Malte. On fit la doctrine du sacrement du Mnrincje.

Il fut dit que le lien du mariage est perpétuel et indissoluble; qu'il n'existe qu'entre deux seuls êtres; que le Cluûst par sa Passion nous a valu la [jrâce qui rend indissoluble l'union du mariage ; que le mariage nous accordant méritoirement la grâce , est un des sacrements de la Loi nouvelle. Le Synode prononça alors douze canons avec les anathèmes contre ceux qui émettraient que le Mariage n'est pas un des sept sacrements de la Loi évangélique instituée par le Christ; qu'il est permis à des Chrétiens d'avoir plus d'une femme; que les seuls degrés d'affinité et de parenté désignés dans le Lcvitique peuvent empocher le mariage, et que l'Eglise n'a pas le droit de dispense; que l'Église ne peut pas définir des empêchements qui font dissoudre le mariage; qu'un des époux peut casser son mariage pour cause d'hérésie, de chagrins ou d'absence volontaire; que le légitime mariage non consommé ne se dissout pas par une profession solennelle religieuse; que l'Eglise est en faute lorsqu'elle enseigne que pour cause d'adultère le lien conjugal n'est pas dissous;

que l'Église commet une erreur lorsqu'elle sépare les époux pour un temps déterminé ou indéterminé quant au rapprochement charnel ou à l'habitation en commun; que les ecclésiastiques consacrés et les profès réguliers peuvent contracter mariage , et que l'ayant contracté, ce mariage est valide, malgré la loi religieuse; que l'état conjugal est préférable à la virginité et à la chasteté , que la défense de se marier à certaines époques est une superstition, que les causes qui concernent le mariage n'appartiennent pas au tribunal de l'Eglise.

On publia ensuite dix articles de Ré formation du Mariage. Le mariage clandestin fut déclaré mariage réel; mais en considération de beaucoup d'inconvénients qui en peuvent résulter, le Synode établit que pendant trois jours fériés non interrompus , on le publierait dans la paroisse des fiancés, et qu'à moins d'oppositions, et après avoir reçu le consentement de l'homme et de la femme , le prêtre devait leur dire : « Je vous unis en mariage au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Ces publications pourraient cependant être omises avec la permission de l'Ordinaire. Le mariage devrait se contracter en présence

lÙV .lOURNAI, DU CONCILE DE ÏREME.

du prêtre paroissial, et de deux ou trois témoins. liO Syuode déclare inliabiles à contracter tous ceux qui ajjiraient autrement, et nuls les contrats qu'ils auraient faits. T^e curé doit bénir lui-même les contractants et tenir nu livre pour y enregistrer les noms des époux, des témoins et la date du jour. Le Synode exhorte les époux à se confesser et à communier avant de consommer leur mariage, li'empcchement par affinité ne s'étend pas au delà du premier et du second degré. Celui qui aiu'a contracté mariage à un degré qu'il aura su être défendu, ne pourra pas être dispensé. Les dispenses devront être rares, basées sur des motifs véridiques, et accordées sans frais. Au second degré, on ne pourra accorder de dispenses, si ce n'est aux Souverains, et ])0ur des raisons publiques. Le ravisseur d'une femme ne pourra contracter mariage avec elle tant qu'elle ne sera pas séparée de lui; mais si, séparée, elle consent à l'épouser, le contrat sera possible, moyennant qu'une dot lui sera assurée. T^es adultères avertis trois fois par rOrdinaire, et qui ne se corrigeront pas, seront excommuniés, et au delà châtiés. Défense est faite de se marier pendant le temps de l'A-

vent jusqu'à rÉpiphaiiie et depuis le premier jour de Carême jusqu'à l'Octave de Pâques.

On établit ensuite vingt articles de réformation :

1. User de toute vigilance à s'informer de la doctrine et des qualités de ceux qui seront appelés à l'épiscopat et au cardinalat.

2. Tous les trois ans , tenir des Conciles provinciaux, et chaque année des Synodes diocésains.

3. Visite par FÉvêque de son diocèse une fois par an, et sinon par lui, au moins par son représentant. Les inférieurs qui seront élus par les Chapitres pour faire des visites seront approuvés par l'Evêque, et leur principal soin sera la conservation de la religion catholique et l'extirpation de l'hérésie.

4. Les Evêques et les curés devront prêcher ou faire prêcher les jours de fête, et pendant tout le Carême et Tx^vent.

5. Les affaires criminelles contre les Evêques seront jugées par le Pape, et si, par nécessité, on est forcé de les instruire hors de Rome, elles ne seront confiées qu'à des Métropolitains ou à des Evêques désignés par le

Pape. Ils enverront les pièces du procès à Sa Sainteté, laquelle prononcei^ en dernier ressort. Les affaires peu importantes seront jugées par le Concile provincial.

6. Les Évêques peuvent absoudre dans les cas d'irrégularité ou de suspension pour cause d'hérésie et pour tous les cas réservés au Saint— Siège.

7. Les Évêques et les curés de paroisse feront leurs sermons en langue vulgaire au peuple, pour lui expliquer l'usage, l'utilité et la force des Sacrements.

8. Aux pécheurs publics sera infligée pénitence publique, l'Évêque pouvant cependant la changer en pénitence secrète.

9. Visite des églises qui ne sont d'aucun diocèse par l'Evêque le plus voisin comme délégué par le Saint-Siège.

10. Pouvoir des Évêques dans l'exercice de leur visite et pour la correction de ceux qui leur sont soumis. Il est égal à celui des Légats ajiostoliques.

IL Les charges honorifiques de pronotaires, comtes palatins, chapelains royaux ou aumôniers des armées, ne dispensent point les personnes de l'autorité de l'Évêque.

12. Nul ne pourra être admis aux dignités ecclésiastiques ayant charge d'âmes, à moins qu'il n'ait vingt-cinq ans et qu'il ne soit versé dans la doctrine. Les archidiacres devront être maîtres en théologie, ou docteurs, ou licenciés en droit canon.

13. Mesures de prévoyance pour les églises cathédrales et paroissiales pauvres.

14. Le Synode est opposé à toutes les institutions faites pour acquérir des titres ou possessions, à moins que ce ne soit pour en user pieusement, déclarant simoniaques ceux qui les usurperaient.

15. Aux cathédrales ou ^collégiales où les prébendes et les distributions sont trop faibles, l'Evêque peut unir des bénéfices.

16. Mesures à prendre pendant la vacance d'un siège épiscopal.

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