Nul ecclésiastique ne pourra avoir plus d'un bénéfice
18. Mesures pour la vacance d'une cure et garanties pour une bonne élection.
19. Aucune concession de mandats de provision ou d'expectative ne sera faite à un Cardinal. Toutes réserves mentales à cet égard sont interdites.
108 JOUnNAL^^DU CONCILE DE TRENTE.
20. Des causes ecclésiastiques et du devoir des Evéques. Les affaires conjugales et crimiuclles leur sont seules réservées. Les Léjjats, les Nonces iet les Préfets ecclésiastiques ne peuvent empêcher les l^vêques dans leurs procédures, et ils ne peuvent procéder contre des personnes ecclésiastiques que dans le cas de néglijoence de la part de TEvêque.
2L II est déclaré que les mots qui existent dans le décret de la première session, sous Pie IV, proponeiitihus Lerjatis, n'ont point été dictés avec Tintention d'altérer eu aucune sorte les usages établis pour la négociation des affaires dans les Conciles généraux, ni pour introduire aucune nouveauté contre ce qui a été établi par les saints canons.
Nouvelles. Et la sossiou prochaine fut annoncée pour le 9 décembre, avec réserve de pouvoir anticiper s'il y avait lieu de le faire. On convint d'y traiter des autres articles de réforluation et de celui des Princes, et surtout de tout ce qui serait relatif aux doijines. Pour l'article des mar'KKjcs clamleslins, il y eut seize votes contraires. Le Cardinal Morone dit que ce décret lui plaisait, s'il plaisait an
Pape. Le Cardinal Simonetta, autre Légat, disait qu'il ne lui plaisait pas, mais qu'il s'en remettait au Pape. Le Cardinal Navagerio, autre Légat, l'approuvait. Le Cardinal de Warmie, autre Légat, n'assista pas à la session sous prétexte d'indisposition, mais on estima qu'il n'avait pas voulu intervenir à la déclaration dudit décret, parce qu'il ne l'approuvait aucunement.
Dans le chapitre où il est dit que les affaires d'hérésie des Evêques seraient jugées par le Pape, on avait excepté celles qui surgiraient dans des contrées où l'Inquisition était établie, mais les Pères firent supprimer cette exception; aussi les Ambassadeurs d'Espagne et de Portugal furent-ils fort mécontents. Il se manifesta aussi quelques sentiments d'opposition contre certaines choses contenues dans les articles II, III, V et YI; mais on publia qu'on s'en rapporterait aux votes des Pères dans la congrégation, ne le pouvant pas faire en session, puisqu'il était deux heures de nuit.
Le 15 novembre, dans une congrégation Congréga-
particulière , on insinua au Cardinal Morone, LeCa.dinai
, . , ,., , . p de Lorraine
président, qu il serait bon de mettre hn au estda
JU
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de clore Coiicilc dans la session suivante. Le Cardinal
le GoDcile. j t • i- t • , , . i . i i
de l^orraine lut cl avis que c était bien de le finii' pour faire cesserV intérim de rAllemaryne, éviter le Concile national en France, éclairer les Catholiques dans les croyances qu'ils devaient avoir. Il ajouta que pour le finir il n'y avait pas d autre résolution à prendre que celle d'abandonner toutes les autres difficultés, de ne point prononcer d'anatbèmes contre les hérétiques, de modérer l'article relatif aux Princes^ de ne pas discuter les articles des Indulgences, des Images, etc. Le Comte de Luna dit que sur la clôture du Concile il ne connaissait pas les intentions du Roi Catholique son maître. Les Pères discutèrent sur les articles de la Réforma tion qui restaient et sur celui des Princes, mais fort brièvement, et pour lever toutes les difficultés qui pourraient prolon^jer le Concile, on s'entendit sur les articles de la Réformation conformément au désir des xVmbassadeurs.
Ceux de Venise firent excepter de l'article du jus pntronatus leur République, avec l'adoption des paroles du texte Régna possidentes.
L'Empereur Pcudant cc tciiips arrivèrent des lettres du du^Conciiè. Nonce Delfino annonçant que l'Empereur vou-
lait absolument la fin du Concile, et que le Roi des Romains était d'avis qu'elle dût être publiée pour le jour de Saint-André. Le Cardinal de Lorraine proposa (en énonçant ses vœux à la congrégation touchant la Réformation) de demander au Pape la confirmation du Concile. On dit que l'Empereur trouvait bon d'en finir parce qu'il espérait bien obtenir de Sa Sainteté la communion siib utraque specie et autres choses particulières ad jus positivum. Il avait une autre raison. La Diète impériale devait se réunir, et pendant sa durée il ne voulait pas avoir d'Ambassadeur au Concile. Les congrégations se faisaient avec une grande rapidité pour expédier toutes les questions. On avait en vue la fin du Concile. Le Comte de lAina se lamentait qu'on précipitât ainsi les choses et qu'on pensât â pouvoir terminer le Concile sans la participation de son Roi.
Le 30 novembre, dans une congrégation particulière, il fut question de faire une doctrine sur le Purgatoire, les Images, la Vénération des Saints, les Indulgences , etc.
Le 1" décembre, on reçut avis de Rome que le Pape était en péril de la vie. Les Légats ^^l^iH
La fin du Concile
ar
les mauvaises ourcut aussitôt des conférencos avec les Amhas-
iiouvellcs
Vfiiiies de Ito'iie.
sadcurs et les principaux Piélats, pour aviser à terminer le Concile dans l'espace de deux joiu's, avant qu'on pût avoir reçu la nouvelle de la mort du Saint-Père. Tous les Ambassadeurs y consentirent, à l'exception du Comte de ÏAuia, lequel dit que le Saint-Sié(jc venant à être vacant , il avait ordre de s'opposer à ce que le Concile créât un Pape. Mais le Cardinal INIorone dit qu'il tenait pour certain que les Ambassadeurs de France, qui étaient encore à Venise, avaient commission de protester et de déclarer que le Royaume de France n'obéirait pas à un autre Pape qu'à celui que le Concile aurait élu. Aussi, pour éviter tout daufjer, fallait-il se bâter.
Le 2 décembre, on acbeva la rédaction des articles de ÏUjformation touchant les Ileli(jicux et les Belifjieuses.
vitifîi- liC 3 décembre se tint la vinqt-c'nujuiènie
et"c?c"rnlér^e scssiou. Ellc dura deux jours et fut la der-
sessinii, . .
3<léce.nl)re UlCrC.
■*'' On publia un décret de doctrine sur le Piir-
(jatohe. Ij'l'^[}lise catholique ayant, eu des Conciles précédents et en celui-ci, déclaré
qu'il y avait un Purgatoire, et que les âmes qui s'y trouvaient retenues pouvaient être secondées par les fidèles, principalement avec le sacrifice de l'autel, le saint Synode ordonnait aux Evêques de mettre tous leurs soins à faire croire, enseigner et prêcher la doctrine des saints Pères et des saints Conciles sur le Purgatoire, laissant de côté les questions inutiles et difficultueuses qui n'étaient pas absolument ad œdificationem et n'augmentaient pas la piété. Il leur recommandait de ne point laisser publier de choses incertaines ou qui avaient apparence de fausseté ; défendant les superstitions, les gains malhonnêtes, les choses qui étaient au scandale des fidèles , et voulant que les suffrages des messes, les prières, les aumônes et autres œuvres pies pour les fidèles défunts, fussent accomplis avec les sentiments de la vraie piété et de la dévotion.
On publia ensuite un décret touchant Vinuocation et la vénération des Saints et des saintes images, dans lequel on recommandait aux Evêques et autres ayant charge d'âmes, que, selon les usages de l'Eglise cathofique et apostolique, ils devaient instruire les peuples sur l'intercession et l'invocation des Saints; sur
rhomma[je à rendre aux reliques, et sur le Icfjitime culte des images, leur apprenant cpie les Saints réjjnant avec le Christ olhent leurs prières à Dieu en faveur des hommes, et qu'il est utile de les invoquer pour ohtenir grâce de la Majesté divine par l'entremise de Jésus- Christ, seul Rédempteur et Créatenr, et que quiconque agissait autrement agissait avec impiété. Ce décret portait (jue les corps des Saints, vrais membres du Christ et temples de l'Esprit-Saint, devaient être vénérés, et que qui contredisait à cette vérité méritait la damnation, selon la loi de l'Eglise ancienne et présente; que les images du Christ, de la Vierge sa Mère et des Saints devaient être conservées dans les églises et y être vénérées, non parce qu'on estimait qu'il y eût en elles aucune divinité ou vertu qui méritât un si grand honneur, ou parce qu'on avait l'espérance qu'elles pouvaient nous valoir aucune chose, mais parce que l'honneur qu'on leur rendait retournait à celui qu'elles représentaient; que les Kvêques devaient enseigner que par l'histoire de notre rédemption reproduite dans ces images, c'était rappeler aux fidèles les articles de la foi, les miracles, la
JOURNAL DU CONCILE DE TREiNTE. 175
vie des Saints et autres exemples salutaires : qu'anathème serait doue à ceux qui penseraient autrement. Si d'ailleurs en ces choses il se rencontrait des abus, le Synode désirait qu'ils fussent abrogés et effacés, et qu'on instruisît bien le peuple que les images n'étaient point faites pour montrer la Divinité d'une façon palpable ; que toute superstition devait en être exclue ainsi que tout gain malhonnête. A l'occasion des cérémonies pour la vénération des Saints, on ne devait faire ni banquets ni réjouissances de cette sorte. Et pour donner plus de force à ses déclarations, le Synode ordonnait qu'il ne fût pas permis de placer en aucune église de nouvelles images, d'admettre de nouveaux miracles ou de recevoir de nouvelles reliques qui ne fussent point approuvés par l'Évêque avec le conseil des théologiens.
On publia encore vingt-deux articles de réformation touchant les Religieux et les Religieuses. Les hommes comme les femmes sont astreints à l'observation des règles de leur ordre, selon leur profession d'obéissance, de pauvreté et de chasteté, et de plus à celle des règles particulières qui Jeur seraient près-
crites ; de même pour ce qui est de la vie en conimim, des vêtements, etc. Nul homme ou femme ne peut avoir des biens meubles ou autres biens de quelque nature qu'ils soient, mais ils doivent tout consi[jner à leur Supérieur. L'administration des biens des monastères doit être confire à des personnes amovibles, selon la volonté des Supérieurs. Il est accordé aux monastères d'hommes et de femmes, même aux Ordres mendiants (Capucins et Mineurs de l'Observance exceptés) de posséder des biens meubles. Aucun régulier, sous prétexte de prêcher, lire, ou pour toute autre œuvre pie, ne peut se mettre au service d'aucun Prélal , Piince ou Université sans l'autorisation de ses Supérieurs. Sous peine de la malédiction éternelle, les Kvêques devront avoir soin que les monastères des religieuses demeurent inviolables , et sous peine d'excommunication les Princes devront y prêter main-forte. Aucune religieuse qui aura fait profession ne pourra sortir de son monastère qu'avec une peiniission de Tllvêque motivée légitimement et pour un temps très-court. Il ne sera permis à personne de quelque sexe (pi'il soit dCntrei' daus 1rs couvents des reli-
gienses sans la permission de TEvêqne ou de leur Siipërienr. Les élections des Supéiieurs, chez les Religieux et chez les Religieuses, ne peuvent se faire qu'au vote secret, et tout vote donné au nom de personnes absentes est illicite. Les Abbesses, les Supérieures et autres préposées doivent être âgées de quarante ans au moins. Les monastères qui ne sont pas soumis à des Chapitres généraux ou à des Evêques, et qui n'ont pas de visiteurs ordinaires, mais qui sont sous la protection immédiate du Saint-Siège, doivent se réduire en congrégation et élire leurs présidents et leurs visiteurs. Les monastères de religieuses soumises à l'autorité immédiate du Saint-Siège seront gouvernés par les Evéques comme délégués du Saint-Siège Apostolique, et ceux qui sont soumis aux délégués des Chapitres généraux ou d'autres Ordres règuliei's seront confiés à leur garde. Les religieuses devront se confesser et communier tous les mois, et outre leur confesseur ordinaire, il leur en sera donné un extraordinaire deux ou trois fois par an. Le très-saint Corps du Christ ne pourra être conservé dans le chœur ou -dans l'enceinte du monastère, mais dans l'église publique.
Nul ne pourra faire profession avant seize ans accomplis et sans avoir fait un an d'cpreuve. Aucune renonciation aux biens ne pourra être prononcée avant la profession. Passé un an , les novices seront admis à faire profession ou renvoyés. Quittant le monastère, tout ce qui leur appartient leur seia restitué.
Il sera porté anathème contre ceux qui contraignent une femme d'entrer en reli[jion ou qui en empêchent celles qui en ont la volonté spontanée. Les religieux qui voudront réclamer contre leurs vœux ne le pourront faire sans la permission de leurs Supérieurs, et cela dans un temps limité à cinq années après leur profession, et nul ne pourra obtenir d'être admis à une religion moins étroite. Les Princes seront exhortés à prêter secours aux Evéques, aux Abbés ou aux Généraux, pour faire observer toutes les règles et prescriptions touchant les monastères.
On publia ensuite le second décret de Réformation, contenant vingt et un chapitres ou articles : la vie des Evêques doit être exemplaire pour tous leurs diocésains; ils ne doivent pas enrichir leurs parents avec les biens de
l'Église , et la même prescription s'applique à tous les bénéficiers ecclésiastiques et aux Cardinaux. Dans le premier Concile provincial, tous les décrets de ce saint Synode devront être acceptés, les hérésies taxées d'anathème, et obéissance jurée au Saint-Siège. L'usage des excommunications devra être rare, le rôle des Evêques dans la formation des procès est déterminé, leurs places d'honneur désignées; les coadjutoreries et le jus patronatiis réglés; les soins des hôpitaux prescrits, ainsi que l'usage de leurs revenus. Les Princes ne peuvent porter atteinte aux libertés ecclésiastiques, et ils doivent observer tous les décrets anciens à cet égard. Toutes les mesures touchant la réformation et la discipline ecclésiastiques prises sous Paul III, Jules III et Pie IV dans ce Concile devront être acceptées, l'autorité du Saint-Siège étant sauve.
On décida ensuite de continuer la session le Dernière
. ■) . , -i. journée
jour suivant, car on n avait pu expédier toutes du conciie
11 J i 'a -i. 4- l'I 4 décembre
les choses dont on était convenu, et 1 iieure 1563. était trop avancée. Ainsi, le 4 décembre, dès l'aurore , il y eut congrégation , dans laquelle on s'occupa d'une doctrine des Indai-
180 JOURNAL DU CO.NCILH DK TKKMTE.
(/e lices, et en session on publia les décrets. Le pouvoir do conférer des induhjeiices a été donné par Jésus-Christ à rE[jlise et leur usap,e est salutaire aux chrétiens. Le saint Synode se prononçait donc pour la conservation de cet usafje, et il portait anathème contre ceux qui nieraient ce pouvoir, tout en exprimant le désir que les concessions en fussent modérées et les abus réprimés. Les pasteurs des âmes devront exhorter les fidèles aux mortifications de la chair et à la célébration des fêtes.
On décida de remettre aux délibéiations du Pape le travail du Catalogue des livres prohibés, ainsi que celui du Catéchisme, du Missel et du Bréviaire. Il fut dit que les rangs donni'-s ici à des Ambassadeurs tant ecclésiastiques que séculiers ne pourraient porter aucun préjudice à quelque Prince que ce fût. Il fut enfin publié que le Concile avait eu pour but de remédier aux hérésies présentes, qu'il alhiit se déclarer clos, avec avertissement aux Princes d'en faire observer les décrets, et que s'il advenait d'autres difficultés après tous les soins qu'avait pris ce Concile de remédier à tant de maux, le Synode avait confirmé (pie le Pape, avec le conseil de ceux qu il désignerait dans
les États où il en serait besoin, ou encore avec un Concile général, y porterait tout remède pour la gloire de Dieu et la paix de TEglise. Le Synode voulut ensuite que tous les décrets prononcés sous Paul III et Jules ÏII fussent lus, après quoi fut publiée la fin du Concile, et la confirmation en fut demandée au Pape par l'entremise des Cardinaux Légats.
A la fin, le Cardinal de Lorraine se leva, et Acdamaiions
. - -Il énoncées ] ar
renouvelant les rites antiques des acclama- le Cardinal
c, c . • T» ' / !• • ' / • <ls Lorraine.
tions, oa seigneurie neverenclissime s ecria :
Au Bienheureux Père le Pape Pie et Notre Seigneur de la sainte Eglise universelle, Pontife pour beaucoup d'années et mémoire éternelle !
Les Pères répondirent : Que le Seigneur Dieu conserve le Saint-Père à son Eglise pendant de longues années !
jlux âmes des bienheureux Pontifes Paul III et Jules III, avec l'autorité desquels fut ouvert ce Concile, paix, gloire éternelle et félicité dans la lumière des Saints !
Les Pères répondirent : Que leur mémoire soit en bénédiction !
yhix t'uues de C/iarles-Qiiint Empereur et aux Rois Sérénissinies qui ont prêté In main à Iti déclaration et à la (jarde de ce Concile universel : paix, dans le Seifjueur, gloire éternelle et félicité !
Les Pères répondirent : Bénie soit leur mémoire! Ainsi soit-il!
Au Sérénissime Empereur Ferdinand toujours auguste^ orthodoxe et paciji(jue, et à tous les Ilois, aux lîépuhliques et à nos Princes, de longues années!
Les Pères répondirent : Que Dieu conserve le pieux et Très-Clnétieu Empereur! Que l'Empereur du Ciel garde les Rois de la terre protecteurs de la Foi !
Aux Léijatsdu Saint-SiégeapostoUipie, présidents de ce Synode, de longues années et grâces infinies !
Les Pères répondirent : Que le Seigneur leur accorde des grâces infinies!
Aux liéuéiendissimes Cardinaux et Illustres And)assadeurs !
' Les Pères répondirent : Grandes actions de grâces, longues années !
Aux Irès-Saints Evéques. Vie longue et heureux retour dans leurs Eglises !
Les Pères répondirent : Aux prédicateurs de la Vérité, mémoire éternelle ! à l'Assemblée orthodoxe, longues années !
Confessons la foi du saint Synode œcunié^ nique de Trente, et observons tous ses décrets!
Les Pères répondirent : Gonfessons-la toujours! observons-les toujours!
Tous ainsi nous croyons, tous ainsi nous l'entendons, tous ainsi nous y souscrivons ! Celle-là est la foi de Pierre et des Apôtres, la foi des Pères ^ la foi des Orthodoxes!
Les Pères répondirent : Ainsi nous Tenten- • dons, ainsi nous le croyons, ainsi nous souscrivons !
En donnant notre foi à ces décrets, nous nous rendons dignes de la miséricorde du très-saint et Prêtre suprême Jésus-^Christ, Dieu, avec t intercession de l Immaculée Dame notre sainte Mère de Dieu et tous les Saints !
Les Pères répondirent : Qu'ainsi soit-il fait ! Ainsi soit-il! Ainsi soit-il!
Anatlième à tous les hérétiques !
Les Pères répondirent : Anathème ! anathème !
ptranncres.
11 fiit ensuite commandé à tous les Prélats de ne pas quitter Trente sans avoir souscrit au Concile, et cela sous peine d'excommunication. Et le Révérendissime Cardinal Morone , après s'être écrié : Cantate Domino, Itc in jjace, licencia le Synode avec sa bénédiction'.
Nouvelles Pcu dc tcuips avaut la session, on avait reçu avis, au Concile, que la santé du Pape s'était améliorée, et quand on apprit à Rome que le Concile était déclaré clos, ce fut une allégresse immense à la Cour. L'Empereur en reçut aussi la nouvelle avec une [grande satisfaction, mais l'Allemagne manifesta de ne tenir aucun compte du Concile. En Espagne, au contraire, on fut irrité de cette fin précipitée. En France, la vérité est de dire qu'on vendit les cent mille ducats des revenus du Clergé pour deux millions et demi de francs,
• Tous ensuite y souscrivirent, et se trouvèrent en lotit deux cent cinfjuante-cin«{, .savoir : quatre Légats, deux Cardinaux, trois Patiiarches, vin{;t- (•iM<| Archevêtjnt's , ci-nt soixantL'-luiil Evêques, ^cpt Abbés, trente-neuf Procureurs avec commission lé(jilinie, sept Généraux d'ordre.
somme bien faible en comparaison de Timportance de l'aliénation. Ce fut an détriment dn Roi et du Clergé, car on acheta à vil prix ce qui valait beaucoup, et le Prince de Condé, entre autres, eut pour deux cent mille francs ce qui en valait quatre cent mille.
Le Roi Très-Chrétien suspendit l'affaire de l'instruction de la mort du Duc de Guise pour trois ans et voulut que l'un et l'autre parti quittassent la Cour. Le parti des Guise alla audevant du Cardinal de Lorraine qui revenait du Concile et qui ne voulut pas aller à la Cour, donnant à entendre qu'il s'en défendait de peur des Châtillon. Mais l'Amiral et Andelot s'en retirèrent, et la Reine envoya vers le Cardinal pour qu'il vînt la trouver. Sa Seigneurie Révérendissime se rendit à Fontainebleau, et insista pour que le Concile fût accepté. Mais il s'y rencontra des difficultés si grandes que pour le moment nulles résolutions ne furent prises.
Et moi ayant narré le mieux que j'ai pu ce que je m'étais proposé dès le commencement,
je fais fin, me remettant pour tout ce que j'ai écrit au ju{;ement et à Tarbitie de la sainte Eglise romaine.
^MMOOO&O^rOS-